Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Les Tango peuvent se mordre les doigts
Et pourtant, il y avait bien de la place...
Le Bourges Basket a vécu hier soir un bien mauvais scénario, en Slovaquie. Sans rythme, sans adresse, incapable de creuser l'écart, il a laissé échapper la qualification directe, et devra recourir à une belle, mercredi prochain, au Prado.
Il y avait pourtant tellement la place de s'éviter ce supplément de programme. La déception n'en est que plus grande.
Déjà, à la pause, il y avait même de quoi être déçu, dans les rangs berruyers. Parce qu'assurément, la place était royale, pour rentrer au vestiaire non seulement en tête (32-29 pour les Tango), mais avec une avance substantielle, à défaut d'être définitive.
Les occasions perdues
Le premier quart avait bien donné le ton des débats. Un ton étonnamment monocorde, dans une ambiance presque froide. Comme si dans les travées slovaques on y croyait peu...
Sur le parquet, les filles de Stefan Svitek ne semblaient guère plus vaillantes. Comme anesthésiées. Bien loin en tout cas de la combativité affichée mardi au Prado. C'était presque... tranquille, un comble à ce stade de la compétition.
Alors, pendant dix minutes, Bourges mena sa barque à sa guise. Avec Stella Kaltsidou ou Cathy Joens depuis les positions extérieures, pour alimenter le score. Langhorne était enfermée dans la nasse berruyère. La troupe d'Emmeline Ndongue maîtrisait le rebond, considéré comme le point de rencontre crucial. La défense tenait, le repli défensif tango ne laissait aucune place. Du bon boulot.
Mais du boulot dont les Berruyères ne tirèrent pas tous les fruits. Kosice, avec Dupree curieusement gardée sur le banc en début de deuxième quart, prit pourtant un premier écart, sur un coup d'accélérateur propre à Paoline Salagnac (10-17, 11e). Mais, par manque d'adresse près comme loin du cercle, et par la faute de quelques transmissions mal assurées, Bourges se remit à portée des Slovaques. Qui, par deux fois, et pour un total de... seize secondes, parvinrent même à prendre le commandement, au tableau d'affichage (22-20 à la 17e, 26-25 à la 19e). Il se trouva toujours une Berruyère, Cathy Joens ou Stella Kaltsidou, en l'occurrence, pour remettre les pendules à l'heure. Mais, avec le trois points réussi par Jalcova en toute fin de deuxième quart, ce ne fut pas vraiment pas cher payé pour des Slovaques vraiment pas plus vaillantes que ça.
On sentait la fatigue, des deux côtés. Le match aller, visiblement, avait laissé des traces. Le trois points de Cathy Joens, dès l'entame du troisième quart (31-35, 22e) ne fut malheureusement que feu de paille. Presque poudre aux yeux.
Un sommet d'ennui
II y eut bien cet alley Oop entre Cathy Joens et Stella Kaltsidou, mais ce fut un éclair dans un énorme nuage gris de neige. On atteignit même un sommet d'ennui, sans saveur. Et le Bourges Basket en perdit son deuxième quart de suite, pour une parfaite égalité (43-43), presque incroyable vue de Kosice.
Les spectateurs slovaques n'étaient pourtant pas au bout de leurs (bonnes) surprises. Les dix dernières minutes virent les deux formations rater les évidences à qui mieux mieux. Bourges, empêtrée dans une défense adverse à géométrie variable. Ne mit qu'un panier, par Emmeline Ndongue, en six minutes.
Pour la troisième fois, Kosice prit l'avantage, par Kupcikova (45-43, 33e). La réaction vint encore, sur l'action suivante, d'Emmeline Ndongue. Mais Candice Dupree, pourtant bien loin de son rendement habituel, remit les siennes devant, pour la quatrième fois. Et définitivement.
Il faudra redescendre à la mine mercredi
Depuis le temps que ça sentait la mauvaise plaisanterie, pour le Bourges Basket. Une nouvelle incompréhension défensive entre Tango permit à Hrickova, muette à l'aller, de réveiller pour de bon un public qui n'en espérait vraiment pas tant.
Pierre Vincent eut beau griller les uns après les autres ses temps morts. Emmeline Ndongue, seule à surnager un peu, y alla bien d'une interception tellement précieuse à cet instant avant de bâcher pour le compte Langhorne (53-51, 39e).
Mais il y avait bien longtemps que le bon wagon avait filé sous le nez des joueuses de Pierre Vincent. La fin ne fut qu'un concours de lancers, tout juste propre... à ne pas inverser le cours des choses. Il faudra redescendre à la mine, mercredi.
Hervé Le Fellic