Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Déjà entré dans la belle histoire tango
Et au final surgirent les Berruyères...
II a fallu un grand Bourges pour sortir un également grand Kosice, Quel match, hier soir, au Prado ! Une de ces victoires dont on se souviendra longtemps !
Emmeline Ndongue qui bâche pour le compte Miljana Musovic, en train d'allumer à trois points ; et, dans la continuité, Maja Miljkovic qui s'en va au cercle, pour le 76-64 de la 39e minute.
On pourrait faire de cette action le symbole du match, de la qualification tango. Oui, puisque les Berruyères n'ont rien lâché, et ont, par leurs incessantes provocations et pénétrations, usé leurs dangereuses rivales.
Mais un tel symbole serait aussi un sacré trompe-l'œil. Parce qu'avant que les travées du Prado ne hurlent leur joie, c'est leur angoisse qu'elles ont tenté de ne pas laisser transparaître. Ce fut vraiment le match de toutes les émotions, et le plus beau de la série, entre Berruyères et Slovaques.
Que peut, d'ailleurs, regretter Kosice ? Sans doute pas grand-chose, et c'est un peu l'avis du coach, Stefan Svitek. « On a vraiment eu notre chance, sur cette troisième rencontre. Certes, on avait mal débuté la partie, mais on avait su trouver notre justesse défensive, dans le deuxième quart. » Au point de mettre Bourges au régime sec, avec deux paniers sur la période.
Si près du but, Kosice
La suite ? Ce fut un grand un intense combat. Avec des envolées d'un côté, de l'autre ; de l'énergie, du flottement, du doute, de la sueur, des coups, des chocs. Une vraie dramatique.
« II faut bien sûr féliciter Bourges », estima Stefan Svitek. « Pour moi, le fait d'avoir la belle à la maison a tout de même eu une importance. On l'a vu, sur la fin : c'était serré comme pas permis, et le public a pu pousser Bourges vers la victoire. »
Quelle combativité !
Il a surtout parfaitement accompagné, et même amplifié, la hargne, la volonté, des Berruyères. Elles ont été loin d'être parfaites, sur cette belle comme sur ce huitième. On en a vu qui ont franchement montré, sur cette série, qu'elles n'avaient pas encore le niveau requis. Ceci écrit sans leur faire injure aucunement. Et on a craint, un instant, que Pierre Vincent ne garde trop longtemps ses joueuses majeures sur le banc.
Mais la fin lui a donné raison. Cathy Joens, mise à bien des sauces depuis pas mal de temps, était moins en réussite sur la première mi-temps ? Pierre Vincent l'a laissée souffler ensuite, pour la relancer dans le poignant final. Et ce fut l'avalanche à trois points, dans le sillage d'une Stella Kaltsidou revenue en pleine lumière.
« le suis vraiment très fier de mes joueuses », put soupirer le coach berruyer. Il l'avoua sans ambage : depuis samedi et le retour de Slovaquie, il l'a vu, revu, et encore et encore, le jeu slovaque. Sans trouver de pistes qui n'aient pas déjà été explorées. Il fallait donc continuer dans la même voie, mais tout faire mieux. Avec encore plus de combativité, plus d'agressivité, plus de réflexion tactique aussi.
« On a bien tenu en défense, en neutralisant Dupree, ce qui n'est quand même pas rien. Mais ce qui fut important, c'est qu'on a trouvé des solutions offensives. On n'avait pas fait ce qu'il fallait, sur les deux premières rencontres. Là, on a pu démonter leur défense, trouver des brèches par Maja (Miljkovic, NDLR), du jeu posté avec Emmeline (Ndongue} et Endy (Miyem). »
II fallait y aller, forcer son destin, attaquer le cercle. « Pour battre ce Kosice-là, il fallait de toute façon sortir un grand match », estima Pierre Vincent. Qui, une fois n'est pas coutume, s'est même projeté vers l'avenir : « Maintenant, on n'est plus favori... » À bon entendeur...
Hervé Le Fellic