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Remettre au plus vite les pieds sur terre
II faut ranger l'émotion de la belle face à Kosice au placard, déjà. Et revenir aux joutes traditionnelles du championnat, à l'occasion de la venue des Normandes.
Même pas le temps d'en profiter, de rester sur son petit nuage. Ou si peu, alors. Mais c'est ainsi : les rires et la joie de la rude issue du huitième européen contre Kosice commencent à peine à prendre les teintes du passé, qu'il faut revenir à l'ordinaire, au nécessaire quotidien.
« Cette qualification appartient déjà au passé, », assure Pierre Vincent, le coach berruyer. « II ne faut pas perdre de vue que l'objectif premier du club, c'est de se qualifier pour l'Euroligue de la saison prochaine, et donc de se battre pour la première phase de la saison régulière. On l'oublie trop souvent... »
Retour, donc, au déroulé de ce championnat de France que Bourges domine, pour l'heure, de la tête et des épaules.
Mais sans avoir une marge de manœuvre suffisante pour voir venir, même si trois points d'avance sur Tarbes, le deuxième (*), ça commence à peser. D'autant que Bourges, meilleure défense, laisse, en moyenne, ses rivaux hexagonaux à quinze longueurs.
On rappellera également qu'au match aller, les Normandes avaient payé une sévère addition (77-53). Reste que, depuis cette fin octobre, bien de l'eau a coulé sous les ponts, dans les deux cités.
Les deux protagonistes de ce soir n'ont plus le même visage. Bourges, depuis, a grandement peaufiné son jeu, son mental. Et sait que la fatigue, physique comme nerveuse, laissée mercredi soir face aux Slovaques sera un handicap supplémentaire.
« On a livré un gros match, riche en émotions. Ça laisse forcément des traces, mais quand on gagne, elles sont positives », estime Pierre Vincent. Dans le même temps, Mondeville, qui n'a pas passé le cut de la phase éliminatoire d'Euroligue, a joui d'un repos complet. Ce qui peut aussi avoir des conséquences néfastes, par manque de rythme de compétition justement. « De toute façon, on ne peut rien lâcher », rappelle le coach berruyer.
« On a trois matches de championnat, avant de retrouver Valence en quarts d'Euroligue, puis Tarbes. On doit s'accrocher. »
Et continuer de saper la résistance adverse, à commencer par celle de Mondeville. « Cette équipe n'a plus que le championnat et la coupe de France et a donc du temps pour récupérer. Ça nivelle forcément un peu les valeurs. »
La défense tango va devoir s'employer
Certes, le coach tango n'a pas été sans noter que la constance n'est pas le point fort des Normandes. Ou que certaines joueuses majeures de l'USO Mondeville ont, visiblement, un coup de moins bien.
Mais l'ensemble reste capable de tout, et peut vite s'avérer dangereux, pour peu qu'on n'ait pas la rigueur défensive voulue. Il y a des joueuses vite tournées vers le cercle, à l'image de l'Américaine Lenae Williams, toujours capable de mettre le feu et d'aligner des séries. Le renfort de l'ancienne meneuse aixoise, KB Sharp, est « un vrai plus », comme le souligne Pierre Vincent. Elle est tout simplement la meilleure marqueuse de la formation normande, avec 16 points de moyenne.
On sait la force défensive du Bourges Basket, qui ne laissera certainement pas le duo faire la pluie et le beau temps. On peut aussi s'attendre à des joutes intéressantes, sous les cercles, avec une véritable opposition de styles. Il faudra trouver le moyen de faire face à la combativité d'Aurélie Bonnan, dont la réputation en la matière n'est plus à faire, et qui ne lâche jamais rien. Avec tout ça, pour le relâchement, vous repasserez...
(*) Les deux équipes comptent un match en moins.
Hervé Le Fellic