Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Les Tango peuvent avoir des regrets...
« On parle toutes le même langage »
Disputer le Final Four, c'est le rêve des Tango. En bonne capitaine d'un groupe berruyer exemplaire, Emmeline Ndongue donne ses raisons d'y croire.
Emmeline Ndongue ne boude pas son plaisir d'être à la tête d'un groupe exemplaire, passionnant, intelligent et réceptif. Rencontre avec la capitaine.
Emmeline, ce quart de finale d'Euroligue, est-ce le tournant de la saison ?
Un énorme tournant ! On a tout fait pour en arriver là. Il faut être prêtes à se battre, à tout donner pour passer. Tout le monde rêve d'aller au Final four. Il faut au moins tout mettre en œuvre pour ne pas avoir de regrets. Moralement, un échec serait difficile à digérer... On a déjà donné pour le savoir. Certes, il y aura d'autres matches importants à jouer, en championnat et en coupe de France. Mais ça n'a pas vraiment la même saveur que l'Euroligue. Même avec un titre de champion de France au bout...
Mais Valence, c'est un très gros client, non ?
Oui, mais on veut croire que le coup est jouable. Certes, en phase de poule, à l'aller, on avait pris 26 points ici. On avait complètement déjoué pendant les vingt premières minutes, et ça avait été très dur. Mais à Bourges, on avait su inverser la tendance. Maintenant, je ne sais pas comment ça va se passer demain soir (lire ce soir). Un quart de finale, c'est toujours particulier. Ce n'est pas vraiment une rencontre couperet puisqu'il y a derrière un match retour, voire une belle. Mais la première manche est toujours très importante. La pression sera davantage sur les Espagnoles, qui n'ont pas trop le droit à l'erreur à la maison. D'autant qu'elles ont déjà perdu au Prado. En fait, on n'a pas trop à se poser de questions. Il faudra être présentes d'entrée de jeu, et tout donner ! Se montrer plus intelligentes que nos adversaires et on verra...
Avec le changement de coach (Natalia Hejkova a succédé à Jordi Fernandez, ndlr), vous risquez de ne pas reconnaître le jeu des Valenciannes ?
Collectivement, il y aura sans doute des différences par rapport à nos deux précédentes confrontations ; mais individuellement, les joueuses sont les mêmes. Brunson nous posera toujours autant de problèmes, Laïa Palau aussi, tout comme Vesela, Douglas et toutes les autres. Ce sont des joueuses très fortes et en un contre un, ce sera toujours compliqué. Cela dit, en si peu de temps, Natalia Hejkova ne peut pas non plus tout changer...
« Un bonheur d'être à la tête d'un tel groupe »
En tant que capitaine, tu es la mieux placée pour parler de la vie du groupe. Comment ça se passe chez les Tango ?
Super-bien ! Par rapport à la saison dernière, l'équipe a encore progressé. Elle est plus mûre. Maja (Miljkovic) et Cathy (Joens) se sont tout de suite adaptées et elles apportent un véritable plus. Ce sont des joueuses intelligentes, qui se sont aussitôt mises dans le rôle que le coach leur propose. C'est un groupe qui a une énorme envie de progresser ; d'aller le plus haut possible et qui travaille pour ça. Tout le monde tire dans le même sens, parle le même langage. C'est passionnant, un bonheur d'être la capitaine d'un tel groupe où l'on s'entend aussi bien sur le terrain qu'au dehors. Où la solidarité n'est pas un vain mot. On a encore vu samedi que quand l'une d'entre nous est en difficulté, les autres arrivent immédiatement à la rescousse. Il faut savoir se faire respecter, non ? On oublie les stats personnelles au profit du collectif. Car on a compris que c'est collectivement que l'on pourra battre des équipes qui, sur le papier, peuvent sembler intouchables.
Le collectif, c'est la marque de fabrique de la maison tango et de Pierre Vincent...
Oui. Et ça se voit dans notre façon de jouer. Défendre fort comme on sait le faire, par exemple, ça ne peut se faire que collectivement. Avec des aides. Mais il y a aussi le revers de la médaille. Car à être trop collectif, ça empêche parfois de prendre des responsabilités individuelles...
Tu te sens à l'aise dans ce contexte ?
Franchement oui ! J'ai toujours préféré faire une passe à une joueuse que prendre un shoot. Même si on peut y voir un refus de prendre mes responsabilités... Non, l'important, c'est l'équipe ! La victoire ! Pas ma ligne de stats. Ça doit toujours être comme ça. Si les filles à côté de moi ne font pas de passes, ne vont pas au rebond, ne mettent pas d'impact dans ce qu'elles font, je ne suis rien...
« Dans nos têtes, on est paré ! »
Alors, le Final Four, c'est possible ?
On veut y aller ! Même si Valence, c'est costaud, on se dit aussi qu'on aurait pu tomber sur plus fort encore. Ekaterinbourg ou Fenerbahçe, par exemple. On a déjà battu Valence, qui a également peiné face à Sopron en huitièmes de finale ; on doit avoir confiance en nous. Pour tout ce qu'on a fait jusqu'ici et sur ce qu'on sait faire. Dans nos têtes, on est prêtes ! On manque d'infos sur le Valence version Natalia Hjekova ; on ne sait pas trop ce qu'elle va nous proposer. Mais on fait confiance au staff pour nous donner des pistes. À nous, ensuite, d'être intelligentes et de ne pas les louper...
Christian Ragot