Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
article du Berry précédent :
Si l'arbitrage respectait jeu et joueuses ?retour à la liste article du Berry plus récent :
« On parle toutes le même langage »
Du connu à une inconnue pour les Tango
Bourges ne va pas reconnaître le Valence du tour préliminaire. Qui, depuis les huitièmes, a changé d'entraîneur : ce n'est pas le meilleur signe de quiétude.
On remet le couvert, mais on ne prend pas tout à fait les mêmes. Deux fois déjà cette saison, les deux clubs ont croisé le fer, chacun restant maître chez soi. Et pourtant Pierre Vincent, le coach tango, a eu un mal fou à obtenir quelques images récentes du jeu de son dernier adversaire avant un nouveau Final Four. Et quand on sait l'importance qu'il attache à la vidéo...
L'équipe de Valence a été confiée à une pointure
À cette rareté, une raison simple : juste après avoir décroché sa qualification pour les quarts face aux Hongroises de Sopron (en trois matches), Valence a... viré son coach, Jordi Fernandez. Comme il l'avait fait l'été précédent d'Isma Canto, coupable de n'avoir été que vice-champion d'Europe.
C'est désormais une vieille connaissance du club berruyer qui a la responsabilité du jeu du champion d'Espagne : Natalia Hejkova qui, de Ruzomberok au Spartak Moscou en passant par Sopron, fait quasiment partie de l'histoire du club tango.
Cheval changé au milieu du gué...
Elle est forcément arrivée avec ses idées, ses conceptions du basket, ses changements. « Ça ne va pas être radicalement différent dans l'expression », estime Pierre Vincent, « mais elle va mieux utiliser les qualités des joueuses dont elle dispose. Ainsi, je trouvais étrange que Vesela, l'une des meilleures ailières d'Europe, joue si peu. On risque de la voir plus... et ça m'arrange moins, forcément. »
On peut aussi penser que la naturalisée Cindy Lima sera davantage utilisée comme pivot, ce qui décalerait l'explosive Brunson au poste quatre. Plus loin du cercle, elle peut perdre de cette efficacité qui avait fait si mal aux Tango, notamment au match aller de la phase éliminatoire.
« Le changement de coach peut aussi amener une nouvelle dynamique, de façon éphémère », estime Pierre Vincent. Que cette manière de changer de cheval au milieu du gué interpelle quand même. « C'est le signe qu'il y a beaucoup de pression à Valence. » Et que cet affrontement en plusieurs actes avec Bourges est craint. Aux Tango de profiter de la faille, s'il y en a une. Les dernières sorties ont apporté un grand enseignement, que se plaît à souligner le tacticien berruyer. « Les filles sont bien, en pleine confiance, fraîches, efficaces. Maintenant, personne ne sait non plus combien de temps ça va durer... »
Faire douter Valence
On a senti ces derniers jours (depuis la qualification acquise face à Kosice, en fait) qu'elles l'attendent avec impatience, ce rendez-vous, les Berruyères. D'abord pour effacer l'affront subi en ces mêmes lieux il y a quelques mois (-27 à l'arrivée). Ensuite parce qu'elles sentent bien que, si le passage est étroit, il existe.
Reste à voir comment toutes vont se comporter devant une étape forcément stressante. Et que toutes n'ont pas encore vécue. Heureusement, Pierre Vincent sait pouvoir s'appuyer sur des joueuses stables émotionnellement, « Stella (Kaltsidou, NDLR), Cathy (Joens), Emmeline (Ndongue], Endy (Miyem)... ».
Il faudra que toutes soient au diapason, et pas loin de leur meilleur niveau individuel et collectif, pour espérer faire douter la mécanique espagnole. « C'est une formation un peu particulière, qui vit sur l'euphorie, mais qui peut aussi manquer d'humilité et de patience », estime Pierre Vincent.
Pas question de mettre du temps pour entrer dans le bain : il faudra tout de suite répondre au défi physique, au rythme. Tout mettre en œuvre pour faire sentir à Valence que rien ne sera facile, pour que le doute s'immisce dans les esprits adverses. Pas simple, mais...
Hervé Le Fellic