Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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« Vraiment, seule la victoire est belle ! »
Tout sauf bâtir des châteaux en Espagne
Construire des châteaux en Espagne, c'est s'attaquer à l'infaisable. Ce soir, ce sera tout le contraire pour les Tango, qui ont les moyens d'arracher une belle, mercredi prochain, à Valence. Même si la porte est étroite...
Si c'est au pied du mur qu'on reconnaît la basketteuse de haut niveau, on sera fixé dès ce soir, concernant l'effectif berruyer. Il n'y a pas à tergiverser, aucune question à se poser, et finalement aucune pression parasite à se mettre : c'est la gagne et la survie sportive, ou la porte !
Et Pierre Vincent, le coach berruyer, ne donne pas dans la méthode Coué, quand il affirme : « Je n'ai aucun doute sur le fait qu'on peut mettre Valence dans les cordes. Certes, il n'y a pas beaucoup de place, mais il y en a. Si on parvient à les faire douter, on peut aller au bout. On peut les battre chez nous, mais aussi là-bas ! »
Diantre ! Et le technicien berruyer d'étayer cet optimisme qui n'est pas de façade. D'abord par l'attitude même de l'équipe de Valence. « Je trouve que cet adversaire manque d'humilité. Et je pense au contraire qu'il y a de la fébrilité dans ses rangs. Vesela, Douglas, Brunson jouent beaucoup, d'autres beaucoup moins... »
Pierre Vincent voit aussi de très belles raisons d'y croire dans les leçons à retirer du match aller de mardi soir, perdu 65-58 par les siennes. Qui, un temps, ont pourtant été menées de dix-sept longueurs.
« On s'est battu, on s'est accroché, on est revenu deux fois au score. » Sans pouvoir en ces deux occasions prendre le commandement, ce qui aurait installé le doute dans les têtes espagnoles. Et, si elles ne doutent pas, ces joueuses sont difficiles à stopper.
Même si, dans l'ensemble, la défense berruyère a plutôt fait bonne garde, mardi soir. « On a par exemple' bien contrôlé Brunson. C'est vrai, on a été plus en difficulté devant Douglas, mais quand elle est placée ainsi en poste deux, cela m'oblige à mettre Cathy (Joens, NDLR) sur elle. Or défendre n'est pas sa spécialité, même si elle le fait correctement. On ne peut pas lui demander d'être au four et au moulin... » II y aura sans doute sur ce point particulier un ajustement, ce soir.
Gagner en précision
Mais le gros chantier réside dans le secteur offensif, dans la conduite du jeu. On s'attendait à ce que la puissance physique de Valence pose problème, notamment au rebond. Elle a aussi poussé les Tango à de coûteuses pertes de balle. Résultat, sans ces munitions, Bourges n'a tiré que 51 fois, soit 14 de moins que son adversaire. Qui, pourtant, a terminé avec une réussite moindre (40% contre 45,1 %).
« On a eu de l'adresse et de l'efficacité, mais c'est sur la qualité même du jeu qu'on doit progresser », va demander Pierre Vincent. « II faut qu'on gagne encore et encore en précision, qu'on gère mieux nos options de jeu. On ne peut pas se permettre, face à de telles adversaires, d'avoir un dixième de seconde de retard dans nos enchaînements. Au contraire, il nous faut un temps d'avance. »
II faudra donc faire tout mieux, plus vite, mais sans déchet. C'est la mission des meneuses de jeu, mais pas seulement. Il faut que les Tango parviennent à s'offrir ces quelques paniers dits faciles, qui ont le don de mettre tout un effectif en confiance. Il faudra aussi répondre, si l'arbitrage le permet, à la dureté physique de la défense de Valence. Qui n'hésite pas à tout mettre en œuvre pour déséquilibrer, gêner. « Nous aussi, on doit être plus dur. Il faut faire payer cet engagement », martèle le coach berruyer.
Le droit à la belle ne récompensera, de toute façon, qu'un collectif berruyer proche de son meilleur niveau. Un collectif qui, au Prado, sait prendre une autre dimension...
Hervé Le Fellic