Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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«On a mis du temps a bien défendre»
Les Tango ont su prendre la mesure
Au terme d'un match serré jusqu'au bout, le Bourges Basket, après un quart d'heure de sieste, a fini par prendre la mesure d'une coriace équipe nantaise.
Le bon gros match de Ligue féminine par excellence. Serré, accroché jusqu'au bout. Avec des temps forts, d'autres plus faibles. De belles phases de jeu mais aussi des bourdes grossières. Des gestes techniques haut de gamme mais aussi des maladresses étonnantes à ce niveau. Bref ! On ne s'est pas ennuyé hier après-midi au Prado.
Nantes devant pendant 19 minutes
On s'attendait d'ailleurs à un match serré entre une équipe berruyère assurée de terminer à la première place de la phase régulière, intrinsèquement plus forte mais sans doute moins motivée (sinon la motivation de rester invaincue au Prado et de faire plaisir à ses supporters) et une formation nantaise toujours en course pour le top 4 et (quasi) obligée de réaliser un exploit pour continuer à rêver. Et serré il le fut, ce match. Jusqu'au bout (+ 1 pour Bourges au repos, 34-33 et + 3 seulement, 67-64, à une minute du buzzer).
Il le fut aussi parce que, comme à chaque fois qu'elles jouent l'après-midi (c'est habituellement l'heure de la sieste...), les Tango eurent du mal à entrer dans le match. À mettre suffisamment de rythme et d'agressivité des deux côtés du terrain pour contenir la fougue des Nantaises. Si bien qu'après avoir marqué d'entrée par Ndongue, elles durent ensuite courir après le score jusqu'au repos.
Sous la pression des joueuses de Buffard, les Tango multiplièrent ainsi les pertes de balles (6 dans le premier quart-temps) et prirent moins de tirs (6/12 contre 10/17 aux Nantaises). On sentait surtout davantage d'envie, d'agressivité, côté nantais... Ce qui se traduisait aussi par de nombreuses fautes bien exploitées par Ndongue (100 % aux lancers). Nantes mena donc le bal avec une belle détermination : 7-11 (5e) puis 11-15 (7e) avant l'entrée sur le parquet de l'immense (2,03 m) Lindsay Taylor. Encore 11-19 (8e) pour arriver à 16-21 à la fin du premier quart. Les Tango étaient toujours dans leur premier sommeil. Ce n'est qu'à partir de la 15e minute (20-29) que les joueuses de Pierre Vincent sortirent enfin de leur torpeur dans le sillage de Paoline Salagnac et d'Emmeline Ndongue. Une action d'école Ndongue - Miyem envoyait Kaltsidou au panier pour un 8-0 berruyer (28-29 à la 18e). Avant qu'une interception de Bip Bip Pao ne donne l'avantage à Bourges juste avant la mi-temps : 34-33 (20e). C'était quand même mieux comme ça, non ?
Nantes avait quand même mené au score pendant 19 minutes... Et cela lui avait donné des idées. Bourges resserra sérieusement sa défense, mais Nantes s'accrocha avec cœur pour revenir à 41-41 à la 26° (panier plus lancer de Taylor) et même repasser devant, toujours par Taylor, sanctionnant une faute inutile de Burgrova par deux lancers : 41-43 pour un 0-7 nantais.
Bourges hausse le ton
Vexées, les Berruyères haussaient encore leur niveau et trouvaient la faille par Kaltsidou et Joens pour aborder la dernière ligne droite avec deux points d'avance : 47-45 (30e). Pas de quoi cependant crier victoire... D'autant qu'à coups de missiles à trois points (1 pour Andreyeva et 3 à la file pour Caroline Aubert), Nantes restait au contact d'une équipe berruyère qui récitait enfin un bon basket. Avec une belle alternance dans le jeu. Surtout, tout en défendant fort, les Berruyères jouaient beaucoup plus juste à l'image de Kaltsidou (2 passes et 7 points dans le quart) ou encore d'Endy Miyem (6 points en 6 minutes) alors qu'Emmeline Ndongue restait dans le rythme d'un match de belle facture (18 points, 9 fautes provoquées et un impeccable 10 sur 10 aux lancers). C'était suffisant pour gérer au mieux le money time. Car si Nantes resta longtemps au contact (55-54, 34e puis 63-62, 37e et enfin 67-64 39e), deux ultimes lancers de Ndongue tuèrent le match pour de bon.
Christian Ragot