Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Montpellier n'a pas usurpé son succès
Avertissement sans frais pour les Tango
Sans Emmeline Ndongue, le Bourges Basket, maladroit et emprunté, n'a pu résister à la furia montpelliéraine. Après prolongation, les Tango ont concédé leur première défaite de la saison au Prado en Ligue féminine... Avant de retrouver Montpellier en demi-finale.
Même si le résultat n'avait pas vraiment d'importance pour le Bourges Basket, assuré, depuis longtemps, de terminer à la première de la phase régulière, les Tango avaient quand même en mémoire que la seule défaite concédée cette saison en Ligue féminine l'avait été à Montpellier. Un petit camouflet qu'elles avaient à cœur d'effacer à la maison.
Aussi, avec Ilona Burgrova au poste 5 à la place d'Emmeline Ndongue, ménagée, elles ne laissèrent pas le temps aux Héraultaises de s'organiser. Le temps de le dire et Bourges menait déjà 6-0 grâce à Lardy et Kaltsidou. A 100 % de réussite. Après cinq minutes, Montpellier était mené 13-2 sur une magnifique passe volleyée de Kaltsidou pour Miyem. Ça jouait alors plutôt bien (2 pertes de balle seulement dans le premier quart contre 7 à Montpellier) côté berruyer malgré quelques petits oublis (déjà) en défense. Miyem avait la main chaude et le score évoluait gentiment : 18-6 puis 21 - 8 sur le premier panier primé du match signé Cathy Joens (9e) pour arriver à 25-10 à la fin du quart (10'').
Contraint d'innover en l'absence de sa capitaine, Pierre Vincent tenta ensuite des choses comme Digbeu puis Miyem en 5, Kaltsidou en 4 et forcément, le collectif s'en ressentit (7 pertes de balles dans le deuxième quart contre deux seulement à Lattes). Et Montpellier, obligé de s'accrocher pour espérer préserver sa place dans le top 4, et bien plus agressif, en profita pour revenir à -10 (32-22, 15') et même à -8 (35-27,28c) sur deux lancers de Lelas avant qu'une belle attaque de cercle de Lardy ne sonne la mi-temps : 42-30. Heureusement, Paoline Salagnac (10 points dans le quart), avait su limiter la casse.
6'25" sans marquer !
Malheureusement, la reprise fut terrible pour les Berruyères qui restèrent très précisément 6'25" sans marquer avec un affligeant 0 sur 11 aux tirs et des pertes de balles inhabituelles. Incapables de trouver des solutions dans la défense héraultaise, les Tango voyaient leurs adversaires, autrement plus agressives dans les duels à l'image de Perovanovic, fondre sur elles : 42-37 (22e), puis 41-42 (25") avant d'être menées 42-45 après un cinglant 0-13 (27e). L'absence d'Emmeline Ndongue en défense avait pesé lourd dans le combat. Trop lourd. Et même si Bourges, relancé par un panier primé de Joens, virait en tête à la fin du troisième quart-temps (51-49), ça ne sentait pas bon.
Le dernier quart-temps se disputa au couteau. Mais de façon trop désordonnée côté berruyer où l'on envoyait bien trop facilement les Héraultaises sur la ligne des lancers. Ça permettait à Alicia Poto et à ses copines d'y croire jusqu'au bout alors que les Tango n'eurent jamais plus de quatre points d'avance dans le quart : 57-52 puis 59-54 (38'). Sur la quatrième faute de Digbeu, Sacko passa les deux lancers qui envoyaient les deux équipes en prolongation : 61-61 alors que, juste sur le buzzer, il n'y aurait pas eu à crier au scandale si les arbitres avaient sifflé faute contre Kaltsidou face à Sacko.
Dans la prolongation, le dernier mot resta à l'équipe qui en voulait le plus ; Montpellier prit l'avantage d'emblée par Perovanovic pour ne plus le lâcher. Moins d'adresse, moins d'interceptions, moins de rebonds, moins de lancers (7/9 contre 18/25) et plus de pertes de balles, trois quart-temps et la prolongation perdus, ce Bourges-là ne méritait pas de gagner. Un avertissement sans frais avant de retrouver... Montpellier en demi-finale. Mais cette fois, Emmeline devrait être là et ça pourrait tout changer.
Christian Ragot