Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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« De la tension, oui, mais pas de doute »
Maîtriser l'Hérault et ses propres maux
Redevenu vulnérable, sonné par ses deux dernières défaites, Bourges a un double défi à relever : contenir Montpellier, tout en retrouvant la flamme.
Etonnant, tout de même, comme les tendances peuvent vite s'inverser, en basket. Il y a un peu plus d'une semaine, on aurait donné Bourges archi-favori de sa demi-finale, quel que soit l'adversaire. Deux défaites tango (et au Prado en prime) plus tard, c'est presque Montpellier qui a les faveurs du pronostic.
« Finalement, je préfère que Montpellier soit en confiance et pas nous », surprend Pierre Vincent, le coach tango. « Tout le monde considère que Montpellier va nous battre. J'espère qu'on s'est suffisamment brûlé les ailes, maintenant. »
Mieux contrer le jeu héraultais
Bourges a deux gros problèmes à régler. D'abord celui d'un adversaire qui l'a battu deux fois cette saison, et qui sait le moral tango touché, ce qui ne peut que décupler ses forces. « Rien ne m'a surpris dans le jeu de Montpellier, mercredi dernier », assure le coach tango. « Sauf Perovanovic, qui a fait la différence. »
L'équipe héraultaise, par sa composition, son style de jeu, a de quoi gêner les évolutions berruyères, c'est certain. « On peut avoir du mal face à leurs changements défensifs. Par leurs intérieures mobiles qui posent des soucis à nos extérieures, sauf peut-être à Pao (Salagnac, NDLR), qui peut jouer dans des intervalles étroits. Et nos intérieures ne sont pas toujours suffisamment costaudes. » II faut aussi que, cette fois, les Tango appliquent strictement les consignes. « Sur un de leurs mouvements, on a ramassé à quatre reprises. On leur a laissé trop de paniers, et trop de paniers faciles. Franchement j'étais insatisfait de notre défense, mercredi dernier, face à Montpellier. »
Le Bourges Basket doit aussi, et peut-être surtout, chasser ses propres dé- mons. Ceux qui l'ont fait passer d'une équipe irrésistible à une formation qui ne fait plus peur.
« Le plus grave, c'est d'avoir écouté tous ces commentaires qui nous disaient si dominants. On répétait partout on joue, on gagne et on s'en va. à force, ça rentre dans les têtes », peste Pierre Vincent. « On parlait de Bercy avant même d'avoir joué les matches. Franchement, j'ai eu l'impression que les filles ont disputé la demi-finale face à Mondeville comme un match normal. C'est la pire des choses, parce qu'en face, l'adversaire, Mondeville en l'occurrence, qui soit dit en passant a fait un très bon match, n'a rien à perdre. »
Et a même décroché le gros lot. « Nous, on n'avait pas la sensation qu'on pouvait perdre. C'est vrai, on a fait une très belle saison régulière, comme en Euroligue. Mais en même temps, ça nous limite. On a perdu de vue qu'il fallait se battre tous les jours. Pourtant, j'avais alerté sur ce point : maintenant, c'est autre chose. »
Sous entendu, tous les compteurs sont remis à zéro : le déroulement linéaire du championnat, c'est une chose. « Mais maintenant, les matches à enjeu, c'est complètement différent », rappelle Pierre Vincent. Qui ne se voile pas la face : toutes ces joueuses ne sont pas aptes à surmonter cette pression inhérente aux matches couperets. « Certaines sont confrontées à leurs limites. Quand on rentre dans les rotations, certaines ne sont pas justes et efficaces. »
Qu'elles prennent donc modèle sur une Paoline Salagnac qui, elle, ne semble pas se poser de questions existentielles. De toute façon, la victoire ne reviendra pas sans l'apport de toutes !
Hervé Le Fellic