Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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La maîtrise berruyère a étouffé Tarbes
Bien mieux qu'une option sur le titre
Des Tango irrésistibles ont pris hier soir une belle option sur le titre de champion de France, en allant s'imposer à Tarbes (53-71). Couronnement possible dès jeudi au Prado !
Depuis la mise à mort de l'USVO en 2007, le basket féminin s'est trouvé un nouveau clasico avec les duels Bourges-Tarbes. Des matches souvent serrés, toujours passionnés, chargés d'émotion. Avec, forcément, des trophées en jeu.
C'était hier soir, au Quai de. l'Adour, la troisième finale consécutive (hormis en coupe de France) où Bigourdanes et Berrichonnes étaient face à face. Pour la première manche d'une belle puisque les Tango avaient été titrées en 2009 (c'était leur 9e couronne nationale) et les Tarbaises en 2010. Et on sait l'importance du premier match. Qui met forcément une énorme pression sur le perdant, qui n'a plus ensuite le moindre droit à l'erreur...
Tarbes prend un premier éclat
L'enjeu était donc d'importance, ce qui pouvait expliquer une certaine fébrilité générale en tout début de match. Mais après trois shoots manqués, Bourges trouvait rapidement des solutions en attaque, grâce à une belle alternance dans le jeu. En dessous avec Nongue ; à l'extérieur par Lardy (2-5, 3e). Il n'en fallait pas plus pour titiller les Tarbaises, qui repassaient devant grâce à Hodges (2 points plus faute de Salagnac, surprise sur son entrée en jeu) : 7-5 (5e).
Mais ce n'était que feu de paille. On sentit les Tango vexées. Pierre Vincent envoyait du sang neuf et Tarbes payait aussitôt la note : un 0-9 ponctué par un panier primé de Digbeu (7-14, 8e).
Les locales avaient du mal. Car Bourges défendait fort, en faisant très peu de fautes et de bons choix en attaque. Quand Tarbes fermait la raquette, Bourges shootait extérieur. Et quand Tarbes serrait sa défense sur Joens ou Salagnac, Ndongue et Miyem trouvaient des solutions dessous. Du très bon Bourges, vraiment : juste, propre, avec du rythme et une bonne agressivité. Beaucoup de maîtrise aussi. À la fin du premier quart-temps, le break était fait: 11-18.
Les rotations s'avéraient judicieuses (au repos, le banc avait déjà apporté 17 des 36 points NDLR). L'écart grimpa trois fois à + 13 dans le deuxième quart (17-30 à la 15e, 19-32, puis 21-34 à la 18e) avant que Smith et Dubljevic ne ramènent l'espoir dans les rangs tarbais (26-36, 20e).
Plus dix au repos : une belle marge. Restait à terminer le travail...
Bourges irrésistible
Ce que les Berruyères firent de la plus belle façon, sans jamais se désunir. Parfois, ça virait même à la démonstration tant Pierre Vincent semblait disposer de solutions au niveau des rotations. À l'exception de Cathy Joens (31'), toutes les autres sont restées entre 15 et 25'sur le parquet ; le banc apportant en tout 34 des 71 points. Un luxe dans une finale !
Ça aide à maintenir un rythme élevé et à garder de la lucidité. Ainsi, après avoir rejeté les locales à 18 longueurs (26-44, 23e) par un 0-8 et un très bon passage d'Emmeline Ndongue, Pierre Vincent se permettait de gérer tout en demandant de maintenir une grosse pression, notamment défensive. Du coup, Tarbes n'avait guère de paniers faciles, ni même de bonnes positions de shoot. Au mieux, l'équipe de Jardel revint à -11 dans le troisième quart 35-46 (28e).
Mais chaque fois, les Tango, par Burgrova, Salagnac ou Miyem, en remettaient une couche, et avec brio : en dessous, en attaquant le cercle, en périphérie. Ou aux lancers (10 sur 10), tant les Tarbaises finissaient par s'agacer. Plus 16 (41-57, 32e) sur un panier primé de Pao. Et plus 18 pour finir (53-71), sur deux inspirations de Miyem...
La démonstration avait été parfaite. Et ce avec quatre points seulement des gâchettes habituelles (Joens et Kaltsidou) ; lourd de sens, non ?
Tarbes devra vraiment être costaud, mentalement et physiquement, pour espérer inverser la tendance, jeudi soir au Prado.
Christian Ragot