Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
article du Berry précédent :
Point d'orgue ou points de suspension ?retour à la liste article du Berry plus récent :
Une fin de Championnat en apothéose
« Je veux en profiter au maximum ! »
Tout comme Anaël Lardy, IIona Burgrova et Maja Miljkovic, Paoline Salagnac pourrait disputer, ce soir, au Prado, son dernier match sous le maillot tango. Séquence émotion !
Depuis un bon mois, Pao bip bip Salagnac pète le feu. Explose ses stats. Pour le plus grand bonheur du Bourges Basket, en mesure de conquérir le dixième titre de champion de France de son histoire dès ce soir.
Pour Pao, ce serait l'apothéose de deux saisons magnifiques passées sous le maillot tango. Avec, on l'espère, pour elle et ses trois coéquipières sur le départ, une formidable ovation de la part du public berruyer. Rencontre.
Paoline, tu vas, peut-être, disputer demain (lire ce soir) ton dernier match sous le maillot tango au Prado. Qu'est-ce que tu ressens, là, à quelques heures de cette étape importante dans ta carrière ?
Jouer une finale, déjà, c'est grand ! En cas de victoire, ce sera beaucoup d'émotion. L'apothéose de deux saisons extraordinaires passées ici et qui resteront à jamais profondément gravées en moi.
Quitter Bourges, c'est une déception ?
Je mentirais si je disais que je n'aurais pas aimé rester ici. J'aime ce club, cette ville, ces supporters. J'aime toujours autant travailler avec Pierre Vincent, avec ce groupe. Alors, oui, quitter Bourges, quelque part, ça fait mal. Je suis plutôt du genre stable. J'aurais pu rester dix ans ici... Si on me l'avait demandé. J'aime m'identifier à un club, à une équipe sur la durée. Mais bon. Il ne me reste plus qu'une finale à jouer. Et à gagner. Pour la plus belle des sorties. Ce serait mon premier titre de championne de France. Et avec Bourges qui plus est. Mon club de cœur. Pour toujours. Même sous d'autres couleurs, j'aurai toujours le cœur tango...
Sais-tu pourquoi le club a pris la décision de ne pas te conserver ?
On m'a bien expliqué les choses et j'ai compris leur décision. Je ne leur en veux pas. On se quittera en très bons termes. J'ai un jeu atypique ; je ne peux doubler deux postes et c'est ce qui m'a coûté ma place dans le cadre de la reconstruction de l'équipe pour la saison prochaine.
... Et pour aller à Tarbes.
Oui, pour deux saisons. Tarbes m'a sollicitée et présenté un projet intéressant. Dans la mesure où mon aventure avec Bourges prenait fin, je n'ai pas hésité. C'était une belle opportunité...
Depuis quelques semaines, tu flambes avec des stats à couper le souffle. Est-ce pour donner des regrets aux dirigeants berruyers ?
Non (rires). De toute façon, on ne peut pas revenir en arrière... En fait, je ne me pose pas de questions. Je me dis, profite au maximum en apportant le plus possible à l'équipe. C'est aussi la conséquence du gros travail effectué avec le staff, notamment sur le shoot, qui paye. J'ai envie de croquer à pleines dents dans tout ce qui reste de mon histoire avec Bourges. Pour ne pas avoir de regrets.... C'est peut-être aussi parce que, quelque part, je n'ai pas vraiment envie que ça s'arrête. Si la saison pouvait durer un mois de plus, je serais la plus heureuse...
Quels souvenirs garderas-tu de tes deux ans à Bourges ?
Pff... Il y en a tellement. Au plan sportif, mon premier trophée avec la Coupe de France 2010. Et peut-être le titre demain... (ses yeux s'arrondissent). Au-delà des résultats, l'atmosphère qui règne ici, au Prado, avec les membres du club. Cette salle, comble, qui sait être si chaude, avec ses bouillants supporters lors des grands matches d'Euroligue. C'est fort. Je n'avais jamais connu ça avant... Ça restera à jamais gravé au plus profond de moi...
De mauvais souvenirs ; des déceptions ?
Comme ça, spontanément, le titre manqué en 2010. Encore le fait d'avoir raté le Final Four cette année... Mais bon, je préfère ne retenir que les côtés positifs de ces deux années...
Cette finale retour, après votre démonstration de dimanche à Tarbes, c'est déjà dans la poche ?
Surtout pas ! Ce serait une erreur de penser ça. Les Tarbaises ont été piquées à vif et il faut s'attendre à une grosse réaction de leur part. Bourges est le favori et le titre serait une juste récompense pour tout ce qu'on a fait jusqu'ici. Mais on n'a pas encore fini le travail. Il reste un match à jouer. Et à gagner !
Christian Ragot