Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Un collectif solide, mais pas de coach...
« Ce ne fut pas une décision facile... »
C'est une grande et riche page de l'histoire tango qui se tourne : Pierre Vincent, à qui on cherche toujours un successeur, laissera au club une empreinte indélébile.
C'était un secret de Polichinelle, et pourtant, l'affaire n'est devenue officielle qu'hier matin : quand Pierre Vincent a paraphé sa lettre de démission du Bourges Basket.
Après huit saisons tango, et sans aller au bout de sa dernière année de contrat, l'affaire n'est pas anodine. « C'est un pan d'histoire qui se tourne » assure le président Pierre Fosset. « II s'en va un an plus tôt que prévu, mais pas de problème, c'était convenu. Il a fait un choix difficile. Maintenant, s'il veut revenir un jour... »
Son avenir ? Avec Villeurbanne (ProA), rien n'est encore officiellement signé, voilà tout. Si c'est sa destination, on lui souhaite bien du courage. Mais en huit saisons tango, il a fait ses preuves.
Voilà, Pierre, c'est officiel. Ça doit faire drôle, tout de même.
Ce ne fut pas une décision facile à prendre, mais quand c'est fait, c'est fait. J'ai quand même ressenti quelque chose, lors du dernier match, décisif pour le titre. C'était d'autant plus compliqué pour moi.
Pourquoi ce départ presque soudain, alors ?
J'ai eu plusieurs propositions, tant chez les garçons qu'en féminines. La difficulté, c'est de quitter un club où je me sens bien. Ça n'a pas de prix, et peut-être que l'avenir va me le montrer plus encore. En prime, je laisse une équipe qui va être performante. Mais voilà, dans mon projet de carrière, il y a des opportunités. J'ai aussi une vie de famille et j'ai des choix à effectuer pour elle. Mes garçons grandissent...
Te rappelles-tu de ton arrivée à Bourges ?
Surtout quand le président m'a présenté. Moi, j'avais signé avec une belle équipe de Bourges, et une à une, les joueuses sont parties (Cathy Melain, Ilona Korstine,...). Je me suis rendu compte qu'on allait vers une période de transition.
Dans un parcours si long, y-a-t-il des moments particuliers qui ressortent ?
J'ai beaucoup de bons souvenirs, je n'ai même que ça. Le reste, ce sont des frustrations lors de certaines défaites, c'est tout. La première saison, on repart de nulle part et on fait finale du championnat. Et les saisons suivantes, on a toujours gagné quelque chose, et parfois tout. Il y a eu ce Final Four de Brno (2008, NDLR), où on perd en demi-finale parce qu'on ne fait pas la faute qu'on aurait dû commettre. On est passé tellement près de la finale...
Ce long voyage fut l'occasion de belles rencontres.
Oui. Avec les dirigeants du club, les bénévoles, les supporters. Après quelques réticences initiales, j'ai senti que les gens étaient derrière moi. Et il y a eu les joueuses : je suis satisfait de les avoir aidées à devenir meilleures, à l'image de Paoline, Anaël et d'autres, cette saison.
Il faut maintenant trouver celui ou celle qui succédera à un tel monument. Le club privilégie la piste française, et Valérie Garnier (Toulouse) est sur la short list. A suivre... Et vraiment merci, Pierre.
EN CHIFFRES
409 Le nombre total de matches officiels coachés par Pierre Vincent avec Bourges en huit saisons. Ils se décomposent en 320 victoires (78,24 %) pour 89 défaites.
204 Le nombre de matches remportés par Pierre Vincent en championnat. Pour 39 défaites.
33 Le nombre de matches qu'a dirigés en Coupe de France Pierre Vincent. Pour 30 victoires.
79 Comme le nombre de succès de Pierre Vincent en Euroligue. En face, on trouve 44 défaites.
12 Trophées ramenés par les équipes de Pierre Vincent dans les vitrine du club : quatre championnats, cinq Coupes, trois Tournois de la Fédération.
Hervé Le Fellic