Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Le palais des sports rebondit au Prado
EUROLIGUE FEMININE/GROUPE A (12e JOURNEE)
Retour sur la courte défaite du Bourges Basket à Valence (68-61)
Trente-cinq minutes au niveau de Valence
Selon que vous regardez le verre à moitié plein ou celui à moitié vide... Les Tango ont joué trente-cinq minutes au niveau de Valence. Bon, il en manqua cinq pour gagner, mais elles peuvent être fières et les progrès collectifs sont évidents.
« Je suis fière de ce qu'on a fait ce soir.
À l'aller, y'avait pas photo. Trente points dans la vue. ça fait mal aux dents. On avait un peu honte. Là, j'ai un petit pincement au c½ur, car on s'est donné à fond et on n'est pas si loin. »
Sous-entendu pas si loin de créer la surprise. Ainsi s'exprimait Endy Miyem, quelques minutes après la
fin du match, à la fois un peu déçue d'avoir perdu et heureuse d'avoir challenger Valence jusqu'au bout.
Plus du tout la même musique qu'à l'aller
Par rapport à la rencontre au Prado, en novembre, Endy relève avec justesse
« les progrès accomplis » par le Bourges Basket. Du coup, la défaite
lui apparaît « un peu rageante ».
Bourges aurait-il pu gagner ce match ? Sur un coup de folie à la fin, quand les Tango sont revenues à cinq points, pourquoi pas. Mais, de fait, l'armada de Valence reste supérieure. Supériorité du nombre dans le talent. Solutions de rechange multiples. Au final, ça use, forcément.
Pour Céline Dumerc, capitaine au repos pour cause de cheville récalcitrante, Valence reste « le favori de cette Euroligue ».
Elle s'avoue « très, très
fière » de ses coéquipières. Elles n'ont rien lâché, même après l'éclat pris en fin de deuxième quart-temps. Elles sont revenues en deuxième période avec la même envie, la même intensité défensive ».
De fait, rester dans le
match face à une telle armada, après avoir pris une telle claque - un 15 à 0 en l'occurrence - chapeau !
Bourges n'est plus l'équipe irrégulière du début de saison, victime surtout de l'accumulation des blessures touchant presque tout son effectif.
Un superbe premier quart-temps
À cet égard, le premier quart-temps fut très révélateur. « On a vraiment bien déroulé », commentait d'ailleurs Endy Miyem, un grand sourire aux lèvres. Il y avait de quoi, car les Berruyères ont alors produit un superbe jeu d'attaque, avec beaucoup de mouvement et, donc, de solutions offertes au porteur de balle.
« Mais bon, ce n'est pas Noël tout le temps », commente, d'un trait d'humour, Endy Miyem en parlant du trou d'air subi dans le deuxième quart-temps.
« J'ai du mal à l'expliquer », ajoute-t-elle, pensive. « Peut-être une petite baisse physique. À chaque poste, en face, ça saute haut, ça pousse. Et la qualité des rotations finit forcément par user. »
Céline Dumerc, elle, relève une froide raison au coup de moins bien des Tango.
« L'association Murphy-Moore nous a fait du mal »
« Le coach de Valence a tardé à associer Murphy et Moore. Quand il l'a fait, on a souffert en attaque, en raison de leur grosse pression défensive. Leur association nous a fait beaucoup de mal. » Sous-entendu, en défense, Murphy, c'est autre chose que Vesela, sans compter qu'elle a mis quelques paniers importants.
Voilà comment, au final, le Bourges Basket a perdu ce match, de pas-grand-chose et de beaucoup à la fois, mais en regardant son adversaire droit dans les yeux. Le match aller est oublié. Le faible écart concédé peut être important pour la suite de la compétition (voir ci-dessous). Les Tango progressent collectivement. La soirée était (presque) parfaite.
Philippe Dessaigne
PROSPECTIVE
Quel pourrait-être l'adversaire des joueuses du Bourges Basket au tour suivant ?
Le choix est encore très large, de Cracovie à Ekaterinbourg
À deux journées de la fin de la première phase d'Euroligue, on commence à affûter stylos... et calculatrice.
Vu la complexité du système de compétition voulue par la Fiba Europe, il faudrait presque les ordinateurs de la Nasa pour esquisser le prochain tour. Pour lequel sont encore possibles, au milieu d'une foule de variantes, deux grandes hypothèses concernant l'avenir du Bourges Basket, qui, c'est une certitude, tombera sur du lourd, avec match aller et belle éventuelle à l'extérieur.
On rappellera que, pour classer les quinze qualifiés, on ne conservera plus que leurs résultats (victoires, défaites et goal-average) acquis dans les confrontations directes avec les quatre autres formations retenues dans leur groupe.
HYPOTHÈSE N°1. Après une
belle résistance, les Tango s'inclinent la semaine prochaine à Galatasaray.
On pourrait alors retrouver la troupe de Valérie Garnier aux alentours de la treizième place du classement général. Ce qui l'enverrait au tour suivant dans les griffes du troisième du classement européen, qui devrait être la formation polonaise de Cracovie. Bourges pourrait donc, dans ce cas de figure, s'épargner un voyage à hauts risques en Russie. Mais il ne faut pas se leurrer : Cracovie, l'équipe de l'expérimentée belge Anke de Mondt, n'aura rien d'une proie plus facile que les ogres désignés, au tour suivant.
HYPOTHÈSE N°2. Bourges parvient à signer l'exploit dans la capitale turque.
Voilà qui permettrait aux Tango de grignoter quelques places au classement général.
Jusqu'à trois, dans cette hypothèse. Mais est-ce que pour autant elles signeraient une bonne affaire ? C'est toute la
subtilité de cette formule d'Euroligue aussi lisible qu'une sauce à l'encre de sèche dégustée sous le soleil de Valence.
Certes, elles pourraient alors croiser le fer avec les Espagnoles de Salamanque, qui ont (un peu) perdu de leur superbe depuis le titre européen de la saison dernière. Mais la même opération pourrait tout aussi bien les renvoyer dans les pattes d'Ekaterinbourg. Et on sait ce qu'un voyage en Oural signifie, en fatigue notamment.
Foin des calculs !
La prochaine (et avant-dernière) journée d'Euroligue permettra d'affiner beaucoup plus la question de l'avenir des Tango, à n'en pas douter.
Ce qui semble plus que probable, c'est qu'elles éviteront une équipe de Fenerbahçe promise à la pôle position continentale. Le risque s'éloigne également, même s'il existe toujours, de voir Céline Dumerc et les siennes retrouver Valence.
Finalement, les Tango n'auront qu'une attitude à adopter, en se rendant à Galatasaray : rester sur la veine de leur production de mercredi à Valence. Il sera bien temps, ensuite, de tirer des plans sur la comète. De toute façon, aller au Final Eight sera une belle
partie de manivelles.
Hervé Le Fellic