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Bourges Basket : le Berry Républicain 

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22 février 2012  Une si cruelle fin de rencontre

EUROLIGUE FEMININE/8e DE FINALE Hier soir, le Rivas Ecopolis Madrid a battu le Bourges Basket 65 à 59

Une si cruelle fin de rencontre

Les Tango ont pu y croire jusqu'au bout, ou presque. Cruelle issue qui va les obliger à gagner, sous pression, à domicile vendredi pour s'offrir une belle à Madrid.


L'idée générale, avant cette rencontre, était qu'elle s'annonçait très équilibrée. De fait, les premières minutes transformèrent cette prédiction en réalité. Kaltsidou, Miyem et Ndongue répondant à Aguilar, Carson et Jones (6-6).

Bourges défendait bien et, en face, Madrid n'était certes pas l'ogre Valence. Endy Miyem donnait l'avantage aux Tango, 8-6, puis Stella Kaltsidou enfonçait le clou (12-8).

Mais sans être aussi impressionnantes que leurs cons½urs de Valence, les Madrilènes disposent tout de même de quelques jolies solistes. Et si Asjha Jones était plutôt bien tenue, Élisa Aguilar et Anna Cruz s'avéraient pénibles sur la fin du premier quart. Elles permettaient à Madrid de reprendre le score d'autant plus logiquement que les Berruyères rataient quelques tirs.

17 à 13 pour Madrid. Bourges était bien dans le match, malgré une adresse moindre (35,7 contre 46,7 %) et un gros déficit au rebond (cinq à treize). Plus quatre pour Madrid après dix minutes de jeu et plus sept pour... Bourges à la mi-temps !

Les Tango prennent la main
Entre-temps, derrière une belle défense, les Tango avaient infligé un joli 19-8 à leurs adversaires. Elles étaient toujours dominées au rebond (vingt et un à treize) mais, dans les autres secteurs de jeu, Céline Dumerc et ses coéquipières étaient parfaitement dans le match, pour ne pas dire dominatrices.

Asjha Jones était bien tenue (voir ci-dessous), Krivacevic prenait un temps le relais avant de prendre sa troisième faute, mais c'était insuffisant.

Jennifer Digbeu, Stella Kaltsidou et Céline Dumerc plaçaient les Tango nettement devant. Un gros trois points en solo de Céline, sur la tête d'Aguilar, offrait même un plus neuf mérité aux filles de Valérie Garnier. Seul bémol à ce concert de bonnes nouvelles, la troisième faute de la meneuse berruyère.

Au passage, il ne surprendra personne qu'il est plus facile de gagner en étant adroit. Et, à ce titre, Bourges était passé de 35,7 à 48,1 % entre le premier et le deuxième quart-temps, Madrid accomplissant le chemin inverse.

Début de troisième quart-temps. Amaya Valdemoro, la formidable joueuse espagnole à peine de retour de blessure, rentrait ses premiers points, trois puis deux, mais Stella Kaltsidou et Endy Miyem permettaient aux Tango de rester devant dans un quart alors peu prolifique en points (40-36, 26e).

Fin de match irrespirable
Le match se faisait plus physique, le jeu était donc plus haché. Les fautes pleuvaient. À ce jeu, Miss Valdemoro était efficace et plaçait les siennes à deux points (40-42, 28e). Et voilà qu'à une minute de la fin de la troisième période, Gema Garcia ramenait Madrid à hauteur (42-42).

Mais les Berruyères ne s'affolaient pas. Ieva Kublina, après avoir capté un précieux rebond en bout de possession, puis Cathy Joens aux lancers francs redonnant quatre points d'avance à Bourges.

Quatrième quart-temps, atmosphère irrespirable. Pirsic et Cruz signaient le 46 partout. Le Bourges Basket allait-il lâcher une rencontre qu'il semblait pouvoir apprivoiser, alors que Stella Kaltsidou et Céline Dumerc étaient collées au banc plus que de raison avec quatre fautes ?

Jennifer Digbeu et Cathy Joens s'y refusaient, scorant toutes deux à trois points (52-46, 34e). Mais Jones et Pirsic ne voulaient pas céder non plus (52-52, 36e). Bourges ne marquait plus. Madrid reprenait la main grâce à un terrible 10-0 (56-52. 37e).

Cinquième faute de Stella Kaltsidou et trois lancers réussis (59-54) pour les Espagnoles et 1'30" pour repasser devant... Message reçu par Jennifer Digbeu et Cathy Joens : 59-59 à 30" de la fin. Deux lancers francs d'Aguilar plus tard, Madrid a repris la main. 15" à jouer... Deux tirs ratés pour Bourges, quatre lancers francs de Jones. Fin des illusions. Il faudra revenir à Madrid, au mieux...

 Philippe Dessaigne

22 février 2012  En grande joueuse, l'Américaine n'a pas abdiqué

LE FAIT DU MATCH Malgré tous les efforts d'Emmeline Ndongue, Asjha Jones a tenu le choc

En grande joueuse, l'Américaine n'a pas abdiqué

Asjha Jones, l'intérieure américaine de Rivas, était forcément la cible première de la défense tango.


Valérie Garnier avait, à propos de la meilleure marqueuse de Rivas sur cette campagne européenne (18 points), estimé qu'elle était dangereuse « partout, aussi bien sous le cercle qu'à mi-distance ». Valéry Demory, le coach montpelliérain, qui avait croisé la route de Rivas deux fois en première phase européenne, avait vu l'arme madrilène inscrire 21 puis 31 points à sa défense.

À la pause, Bourges s'était pleinement acquitté de cette mission particulière, et Emmeline Ndongue s'y était collée plus souvent qu'à son tour. Rien de plus logique.

Miss Jones avait été tenue comme rarement sinon jamais cette saison. Elle n'avait pourtant attendu que deux minutes pour échapper une première fois à son ange gardien. Faisait le boulot en défense, en se chargeant d'Endy Miyem. Mais sa solide entame fut un leurre. Elle marqua trois paniers sur le premier quart, mais dut regagner le banc, pour avoir concédé une deuxième faute, toujours face à Emmeline Ndongue.

L'Américaine disparut donc un bon moment de la circulation. Et quand coach Mendez la replaça sur le parquet, Valérie Garnier lui remit tout naturellement Emmeline Ndongue dans les jambes.

Elle se joua une fois de la défense tango, en profitant d'une rotation défensive qui la plaça face à... Céline Dumerc. Elle ne se fit pas faute d'en profiter. Mais elle rentra au vestiaire tête basse et statistiques en berne : 6 points, trois sur dix au tir et seulement deux rebonds captés.

Une telle combattante ne baisse pas les bras pour si peu. Et on vit tout naturellement l'Américaine repartir au combat, dès la reprise. Une fois elle échappa à Emmeline Ndongue, mais la Berruyère la stoppa net à deux reprises, dans les secondes suivantes : une grosse pression pour provoquer une perte de balle, une main ferme pour dévier un tir.

Le réveil d'Asjha !
À l'entame des dix dernières minutes, le bilan de l'Américaine était toujours aussi famélique. Mais c'est aussi à ça qu'on reconnaît les grandes joueuses : à leur capacité à faire le dos rond, et à sortir comme une diablesse de sa boîte quand l'équipe en a besoin.

Asjha Jones inscrivit huit points et prit cinq rebonds dans le dernier quart. Bien le bonjour !

 Hervé Le Fellic

22 février 2012  Les Tango n'ont pas dominé l'événement

EUROLIGUE FEMININE/HUITIEME DE FINALE Rivas Ecopolis Madrid a su attendre sa chance

Les Tango n'ont pas dominé l'événement

Un gros trou d'air dans le dernier quart précipita la défaite de Berruyères qui n'ont pas mené leur barque à leur guise. Au contraire des Madrilènes.


On sentit tout de suite, hier soir, qu'on avait changé d'époque et de contexte, question Euroligue. Plus encore que lors de la phase initiale, ça se joua avec les tripes, la hargne mais surtout la volonté de faire mal à l'adversaire, de l'étouffer purement et simplement.

La défense et plus que jamais la défense ! Ça ne pouvait que se jouer sur ce registre, entre deux formations qui n'ont pas pour habitude d'en mettre des ventrées.

Les duels, les oppositions directes, furent légion et sans concession. Un vrai jeu sur demi-terrain, tant les occasions de mettre les jambes furent rares. Et quelle empoignade sous les cercles, mais pas seulement.

On aurait dit comme un combat de poids lourds, chacun cherchant à pousser l'autre dans les cordes, à l'épuiser jusqu'à ce qu'il craque. Longtemps la défense berruyère dicta sa loi et la troupe de Valérie Garnier son rythme. À l'image d'un deuxième quart qui fut un modèle du genre. Seulement voilà : il fut le seul dans son genre et ce furent les Berruyères qui lâchèrent les premières l'emprise, avec un énorme passage à vide sur la dernière période.

Un vrai trou d'air, où les joueuses de Valérie Garnier faillirent disparaître corps et bien. Ce n'est qu'à l'orgueil et à la volonté qu'elles trouvèrent la voie du sursis, du retour de nulle part, sur le deuxième trois points signé Cathy Joens.

Le coup passa près, à l'image de cette attaque de cercle de Jennifer Digbeu, épatante par ailleurs, dans les derniers instants. La chance berruyère était passée, on l'avait vue si belle...

« Oui, c'est une grosse déception », soupira Valérie Garnier. « On a eu du mal à tout tenir, le contexte dans son sens général. »

Les fautes certes mais pas seulement
On pensait, au vu de leurs dernières productions, les Berruyères à l'abri de ce genre de situations, on se trompait. Elles payèrent en premier lieu un lourd tribut aux fautes, réelles ou non, inutiles parfois, qui frappèrent deux de leurs leaders, Céline Dumerc et Stella Kaltsidou. Une entame de dernier quart sans Caps, ce n'est pas la même chose.

Ce ne fut pas la seule explication de l'échec des Berruyères. La défense espagnole ne lâcha rien, et avait bien ciblé son affaire. Et Cathy Joens sentit tout au long du match le souffle d'Anna Cruz. « On a combattu », apprécia coach Mendez. « On savait qu'il était important pour nous de tenir les joueuses extérieures de Bourges, Céline Dumerc, Cathy Joens et Stella Kaltsidou. On y est parvenu, et on a eu le contrôle des événements, au final. On a su prendre les bonnes décisions dans les dix dernières minutes. »

Bourges « a manqué d'agressivité offensive »

Rivas retrouva ses cadres, Amaya Valdemoro, Asjha Jones, au meilleur moment. Histoire de mettre un peu plus la pression sur les épaules tango. « Rivas est une équipe dure en défense, souvent à la limite de la faute », analysa Valérie Garnier. « On a également manqué d'agressivité offensive. »

Une réalité symbolisée par l'écart aux lancers entre les deux formations. Bourges ne parvint pas, non plus, à prendre un seul rebond offensif. Ça faisait trop de manques. Vendredi, ça ne sera plus permis.

 Hervé Le Fellic

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