Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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Un « bon bilan » mais quelques aigreurs
BASKET/COUPE DE FRANCE
Retour sur la finale et l'incroyable défaite (64-58) du Bourges Basket face à Arras
La triste histoire d'un sabordage en règle
Au-delà de l'enthousiasme d'Arras, on a assisté, dimanche, à un sabordage en règle. Les Tango avaient le match en main. À la rue dans le quatrième quart-temps, elles l'ont lâché. Tentative d'explication.
L'invraisemblable défaite (64-58) des Tango fait penser à celles de ces clubs de Ligue 1 de foot, sortis de la coupe de France par des formations de divisions inférieures. L'inconscient prend alors le pas sur la hiérarchie. La certitude d'y arriver, à un moment ou à un autre, supplante la réalité du haut niveau. Et puis
le petit s'enflamme, prend l'avantage... et l'équipe censée être la plus forte ne sait plus réagir.
Hier matin, les Berruyères devaient avoir mal à la tête de s'être ainsi sabordées. Le doublé leur semblait promis à la fin du troisième quart-temps, où elles menaient de onze points (52-41). Avant de couler dans le dernier, en encaissant un sidérant... 23 à 6 !
Non seulement elles menaient aux trois-quarts du match, mais elles étaient devant au rebond (29 à 23).
Battues dans l'engagement
Elles n'avaient concédé que quatre rebonds offensifs. Dix minutes plus tard, elles étaient derrière (36 à 37) et en avaient laissé six
de plus à Arras !
Soyons clairs. Les Berruyères ont été battues dans l'engagement, en même temps que leur adresse s'effondrait au fil des minutes. Elles étaient à 63% de réussite en fin de premier quart-temps, et encore à 44% à la fin du troisième. Pour finir à 38% au buzzer...
Durant les trois premiers
quart-temps, il y eut parfois des sourires, dans leurs rangs, après une action ratée. Tranquille, ça allait passer... Au fil du quatrième, leurs visages trahissaient de l'inquiétude. Palpable aussi bien sur le parquet que sur le banc, où les masques en disaient long.
Céline Dumerc essayait bien de rameuter ses troupes. Mais ni la meilleure Berruyère du jour - à 10 points, 9 passes 6 rebonds -, ni ses coéquipières n'arrivaient à rentrer un panier. La pression avait étouffé la sérénité, la peur avait eu raison des certitudes. Un seul panier dans le jeu sur la dernière période, inscrit qui plus est à deux minutes de la fin. Après huit minutes de vains efforts où ne furent marqués que deux lancers-francs... C'est la
stat qui tue. Autant que les quatre lancers ratés.
Bien sûr, les Arrageoises, et plus encore leur coach, ont bien joué le coup. Krissi Bade et Sabrina Reghaïssa ont pourri la vie des Tango et de leurs intérieures, en écartant la défense et en réussissant sept tirs à trois points.
Bien sûr, Ieva Kublina, malade, n'a pas joué. Mais qu'a-t-elle apporté cette saison ?
Bien sûr, sans Stella Kaltsidou, c'est plus compliqué. Mais sans elle, Bourges est devenu champion de France. Et à Arras, il manquait les deux meilleures de la saison (Mitchell et Akonga) !
Pas d'excuse, par conséquent. S'il faut féliciter Arras d'y avoir cru jusqu'au bout, les Tango se sont sabordées dimanche après-midi. En oubliant que le sport de haut niveau exige une intensité de tous les instants.
Pierre Fosset, agacé : « Je n'ai jamais vu ça »
La coache et la meneuse berruyère reconnaissaient hier, dans nos colonnes, un relâchement et un manque d'humilité.
Le président Pierre Fosset, lui, oscille entre incompréhension et
colère froide. « À un moment, je me suis demandé si on ne le faisait
pas exprès ! On maîtrise... et puis on ne maîtrise plus rien. Tout
le monde est à la rue ! Au début, on trouve des tirs, on met Cathy Joens en évidence... et puis plus rien. Avec dix-huit points d'avance, on a cru le match dans la poche. »
Pas de débriefing. Il a regardé un quart-temps de la finale messieurs. Et puis il est parti. « C'était mieux... » Sous-entendu : pour ne pas être trop désagréable. « Mais je n'ai jamais vu ça, et je pense qu'on a mal préparé ce match... »
Philippe Dessaigne