Articles du Berry Républicain, avec l'aimable autorisation du journal et des journalistes
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L'effet JO se mesure chez les Tango
LIGUE FEMININE/AMICAL
En battant Trunov (74-71), Bourges a pris la troisième place du tournoi d'Amboise
Des absences, des manques... du boulot
Battu samedi par Mondeville, Bourges a su dominer les Tchèques de Trutnov hier. Reste que le poids des absences et le manque de travail sont flagrants.
Le premier constat de cet open Nadou-Bonnet, disputé tout ce week-end à Amboise, est tout sauf réjouissant, pour le Bourges Basket. Car c'est côté infirmerie que l'actualité s'est déroulée : si Frida Eldebrink a profité de ce séjour en bord de Loire pour faire ses premiers pas sous le maillot tango, Endy Miyem est toujours clouée par une douleur au mollet récoltée aux Jeux de Londres ; Cathy Joens est restée sur le banc deux jours durant, pour cause de douleur au pied droit qui nécessitera des investigations médicales ; et hier, c'est Romane Bernies qui a fait défaut : la jeune meneuse a ressenti une douleur à la cuisse gauche, à l'occasion du match perdu samedi soir face à Mondeville (56-65).
Voilà qui ressemble furieusement au début de la saison dernière et il faut souhaiter que la série va s'arrêter là.
Le deuxième constat, bien moins important, est que le club tango a perdu un premier trophée : celui
récompensant ce tournoi amboisien, qu'il avait empoché il y a une petite année. Anecdotique ? Oui, bien sûr, mais le revers subi face à la formation normande a amené ses enseignements : Bourges, en manque de rotations, est aussi à court de préparation. Manque logiquement de temps de travail et de langage commun, en
attaque comme en défense. Face à Mondeville, qui a repris l'entraînement quinze jours plus tôt et qui n'a fait que retoucher son effectif, ça n'a pas pardonné.
L'urgence, c'est vraiment la défense
Et c'est avec seulement sept joueuses que la troupe de Valérie Garnier a affronté les Tchèques de Trutnov, troisièmes de leur championnat la saison dernière, et qui elles aussi travaillent pour l'intégration de leurs nouvelles venues, toutes deux américaines.
Si le départ berruyer fut idéal (9-0, 3e), avec de l'intensité défensive et de bonnes intentions sur les lignes de passe, le deuxième quart fut bien moins convaincant. Surtout défensivement, et c'est bien le manque le plus criant de ce début de saison. Retards, imprécisions, manque de tenue dans les duels, il n'en fallut pas plus pour que Trutnov se mette à y croire. Et ce en dépit de la belle implication de Christelle Diallo, aux justes mouvements offensifs.
La reprise fut beaucoup plus incisive, du côté de Céline Dumerc et de ses coéquipières.
Le beau réveil offensif de Stephany Skrba
On continua de voir l'apport qui sera celui de Frida Eldebrink, appliquée derrière, capable de bonnes prises de décisions devant, tout en pouvant suppléer Céline Dumerc à la mène. Encouragée à se lâcher par sa coache dans le vestiaire, Stephany Skrba sut s'inscrire dans le registre qui lui convient le
mieux : le jeu d'attaque en mouvement, les prises de shoot à quatre mètres du cercle. De ce point de vue, la Canadienne livra vingt minutes très intéressantes.
Ce fut le lot de ce tournoi d'Amboise. Oui, les Tango ont montré de belles choses, à l'image de Christelle Diallo qui enchaîna contre, course, panier et lancer (64-59, 34e).
Mais ce fut souvent trop individualiste, pas assez collectif. D'ailleurs, Trutnov ne se retrouva qu'une seule fois poussé à la limite des vingt-quatre secondes, c'est dire.
Il faudra attendre, pour se faire une juste idée de la valeur de cette nouvelle formation berruyère. Attendre le retour des blessées, en espérant que l'absence ne dure pas trop, pour les unes et les autres. Attendre aussi que les niveaux de forme physique et de capacité de concentration soient plus homogènes.
Oui, il va falloir prendre patience. Tout en ayant à l'esprit qu'il ne reste pas deux semaines, avant l'Open.
Hervé Le Fellic
Valérie Garnier : « On a besoin d'un langage collectif en défense »
Pas sûr que cet Open d'Amboise a servi à grand-chose, finalement.
Côté berruyer, s'entend. L'équipe tango a été bien trop amoindrie lors de son séjour ligérien pour qu'elle puisse travailler dans la sérénité. Et pour qu'on puisse émettre une première estimation de son niveau.
Avec seulement deux rotations, Valérie Garnier a remisé, contrainte et forcée, ses envies de tester telle ou telle combinaison de joueuses. On imagine le danger que peut représenter offensivement Cathy Joens, qui devrait être le pendant d'une Frida Eldebrink bien plus à son aise hier que lors de son premier match sous ses nouvelles couleurs, la veille. Avec deux pointes de cet acabit, on oblige n'importe quelle défense à ouvrir ses lignes, et on se crée des pistes un peu partout. On attendra pour voir.
Tout comme on attendra de voir à l'œuvre Endy
Miyem. On connaît ses capacités par cœur, mais c'est son association avec la dynamique Stephany skrba qu'on aimerait bien découvrir. Là encore, c'est partie remise.
Approximatif partout
On comprend mieux la frustration affichée hier, au moment de regagner le Berry, par Valérie Garnier. D'autant qu'elle se couple avec des manques rendus plus criants encore par une préparation minimaliste. « On a repris quinze jours après les autres... » La fête olympique n'a pas que de belles conséquences.
Résultat logique, Bourges est encore approximatif partout. Dans les niveaux de forme individuels : quand certaines (les médaillées) ont besoin de souffler, de récupérer dans les corps et dans les têtes, d'autres vont devoir bosser pour acquérir de la caisse.
Collectivement, ce n'est
guère mieux. En attaque, on sent bien que ce nouveau groupe a plus de possibilités que son devancier. Hier, les apports de Frida Eldebrink, de Stephany Skrba (quel troisième quart !) et de Christelle Diallo (qui va devoir progresser en défense) ont été patents.
La défense, c'est la grande priorité
Mais c'est bien en défense que le chantier est le plus important, le plus urgent aussi.
« C'est vraiment la priorité », martèle Valérie Garnier, à moins de deux semaines de la reprise de la compétition. « Ce qui était notre force s'est un peu envolé pendant l'été. On n'a pas de réseau défensif, on n'est pas juste dans les aides. On doit travailler ! Il nous faut un langage collectif, derrière. »
Le tournoi de Mondeville, le week-end prochain, sera la dernière occasion de répéter les gammes. Après...
Hervé Le Fellic
LIGUE FEMININE/BOURGES BASKET
Une foule monstre a accueilli les médaillées olympiques en mairie
Le rêve de Londres ne s'estompe pas
Un accueil digne des championnes qu'elles sont ! Les médaillées d'argent de Londres ont été fêtes dans leur ville, au cours d'une réception municipale qui avait attiré la foule des grands jours. Pas étonnant, vu le retentissement qu'ont eu les exploits de Céline Dumerc et de l'équipe de France. Il ne manquait que la parade... en petit train.
Des salves d'applaudissements à en faire trembler les parois vitrées, un escalier et des coursives bondées. Vendredi, sur le coup de midi en mairie de Bourges, il y avait une foule impressionnante pour accueillir les filles en argent du Bourges Basket.
Photos, autographes, soupesage de médaille... Céline Dumerc, Emmeline Ndongue, Endy Miyem et leur coache, Valérie Garnier, ont pu une nouvelle mesurer, en présence de toute l'équipe tango, combien leur performance de Londres avait marqué les esprits et ravi les cœurs.
Ce n'est pas tous les jours que la population berruyère peut s'associer ainsi aux cinq anneaux. Serge Lepeltier, le maître des lieux, n'eut qu'à surfer sur la vague d'enthousiasme. « On en a tous retiré
une grande fierté ! » Le premier magistrat n'oublia personne dans ses louanges. « Quel formidable témoignage pour les enfants et les jeunes de Bourges ! »
« Bourges était bien présent à Londres »
Rappelant, clin d'œil à Céline Dumerc, « la tension ressentie avant quelques paniers à trois points », Serge Lepeltier a loué la fidélité de la capitaine des Bleues, d'Emmeline Ndongue et d'Endy Miyem, aux couleurs du Bourges Basket. Il n'a pas oublié une autre médaillée d'argent, Jennifer Digbeu, partie depuis pour Villeneuve-d'Ascq. A rendu un bel hommage à Pierre Vincent, l'ex-entraîneur de Bourges et sélectionneur national, à Valérie Garnier, la coache des Tango qui était son assistante à Londres ; au gymnaste Gaël Da Silva, lui aussi de la fête olympique.
Même Yannick Souvré,
qui en commentant à la télé les matches des Bleues a tellement parlé de cette cité berruyère qui lui est chère, fut associée à la fête, par la pensée. « Bourges était bien présente à Londres ! »
Le temps d'un petit coup de pression au président Fosset (« Maintenant, il faut viser le record de Clermont (*)), d'un appel du pied au préfet du Cher, Nicolas Quillet (« on aura besoin de vous pour le Palais des sports »), et le maire libérait la ruée sur le buffet. Oui, parce que les émotions, ça creuse, surtout quand elles sont olympiques !
(•) Le CUC détient treize titres nationaux, Bourges onze.
Hervé Le Fellic