Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
18/05/2005

 
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CHAMPIONNAT DE FRANCE FINALE (3e match) : Bourges basket - US Valenciennes Olympic, 55-59

Elles y ont mis tout leur courage, les Tango. Mais ça n’a pas suffi pour empêcher les Valenciennoises, emmenées par une supersonique Feaster, de remporter leur titre , en trois manches.

La couronne reste à Valenciennes

PAR HERVÉ LE FELLIC

Enorme ambiance, au coup d’envoi, au Prado, pour ce qui de toute façon était le dernier match à domicile de la saison, pour les Tango. Qui exhibèrent fièrement, lors de la présentation des équipes, leur Coupe de France, glanée dimanche sur le parquet de Bercy. Histoire de faire monter un peu plus la température et, peut-être, de rappeler de mauvais et tout frais souvenirs à leurs adversaires.
Mais dans ce championnat, c’est bien Valenciennes qui alors menait le bal, par deux manches à rien. Bourges, pour ne pas mourir, n’avait d’autre salut que la victoire. L’enjeu était de taille, et ça partit tout de suite à fond, côté tango, avec un shoot extérieur de Sabrina Reghaïssia, puis une géniale passe décisive de Céline Dumerc pour Laia Palau. En une minute, Bourges montra à Valenciennes le niveau à atteindre.

Deuxième quart délicat pour les Tango
Et les Nordistes répondirent aussitôt présentes, bien servies par une intenable Allison Feaster, qui inscrivit les trois premiers paniers de son équipe. Ça ne ratait pas grand chose de part et d’autre. Laia planta son trois points et Céline mit un courant d’air à Boba Tuvic. Mais il en fallait plus pour désarçonner les championnes de France en titre, qui trouvèrent en Sandra Le Dréan le relais de Feaster. Et l’USVO revint à hauteur (10-10, 6e). Le sommet annoncé était bien lancé.
Les deux équipes livraient, malgré la fatigue, leur meilleur basket. Laia enrhumait Audrey Sauret, Nina Bjedov, rentrée à la 6e minute sous l’ovation que l’on imagina, donnait sa pleine mesure. Et Bourges parvenait à la 10e minute avec un tout petit avantage (17-15).
Dès l’entame du deuxième quart, Bourges lâcha un peu plus les chevaux. Céline scora depuis la tête de raquette, Luba Drljaca de l’extérieur (21-15, 13e). Mais ce fut alors que de façon un peu incompréhensible, les Tango s’enferrèrent dans les changements défensifs adverses. Pas besoin d’être devin pour penser que les Nordistes, chez qui Tuvic prenait sa 3e faute dès la 14e minute, en profitèrent à plein. Toujours par cette diablesse d’Allison Feaster, mais aussi par Berthieu. Bourges, incapable de nourrir le score, se retrouva lestée d’un 9-0 (21-24, 15e). Il fallut la rage de Sabrina Reghaïssia, puis le sens tactique de Céline Dumerc trouant la zone 2-3, pour que Bourges ne lâche pas plus de lest. Et parvienne à la mi temps avec un tout petit point de retard (31-32). Il allait falloir résoudre le problème Feaster (15 points à cet instant) et retrouver de l’adresse extérieure (1 sur 7 à trois points). Mais il est vrai que les deux défenses ne donnaient pas leur part aux chiens...
Et ça repartait sur les mêmes bases élevées. Laia assénait un magnifique trois points, Allison lui faisait la réponse... de la bergère à la bergère, avant de scorer de nouveau (22 points déjà pour elle, et 34-39, 24e). Pierre Vincent était contraint au temps mort, pour recadrer au plus vite.

L’incroyable et finalement vain retour berruyer
Feaster , c’était bien l’énigme et le danger. Pierre Vincent y passa un deuxième, puis un troisième, temps morts, dès la 27e minute. Valenciennes poussait fort, mettait un rythme fou. Asphyxiant littéralement les Tango, qui perdaient peu à peu le fil. Il leur fallait arracher chaque panier, miser aussi sur l’excellente Nina (41-44, 28e). N’empêche : à l’entame du dernier quart temps, le titre était bien dans les mains valenciennoises (43-48, 30e). Allison, aussitôt, en rajoutait trois de plus, et Berthieu deux, donnant ainsi dix points d’avance aux Nordistes (43-53, 32e). Le Dréan et Tuvic prenaient bien leur quatrième sanction, mais pour les Tango, le problème devenait épineux.
L’USVO tenait sa proie, l’étouffait, la dominant en agressivité. Un nouveau trois points de Laia entretenait l’espoir, mais Bourges forçait trop son jeu et ses shoots. Ne trouvait guère de solutions, ni extérieures, ni dessous et encore moins en jeu rapide. Elles donnèrent tout ce qui leur restait dans les chaussettes. Laia sortait même le nez en sang, Valenciennes était enfin poussée aux 24 secondes. Et l’incroyable se produisit. Par Céline, puis Nina, Bourges revint d’un coup dans la course (53-57, 38e). Laurent Buffard ne pouvait pas faire l’économie d’un temps mort. Le Prado hurla, Le Dréan échoua par deux fois. Berthieu par sa faute offrit trois lancers à Céline : la capitaine tango en rentra deux. Mais Audrey Sauret, à 18 secondes du terme, obtint à son tour deux lancers, convertis (55-59, 10 secondes à jouer). Ce fut le coup de grâce, et Valenciennes s’offrit, dans l’ambiance qu’on imagine, son cinquième titre de rang. Son sixième en tout. Voilà le club nordiste revenu à hauteur de Bourges, au nombre de couronnes. Et sur l’ensemble des trois manches de cette finale, ce n’est pas volé. Mais quelle tristesse de voir Nina mettre ainsi fin à sa carrière.

Merci pour tout, les filles, car la saison a été belle.
 

Le point au Bourges Basket

Laia, Anete, Céline restent

Cathy et Bernie arrivent !

Après être allé féliciter Laurent Buffard et faire la bise à Audrey Sauret, le président Pierre Fosset est revenu sur cette finale dans le calme de la salle de presse : "Nous avons été victimes d’une très grande Allison Feaster. Nos joueuses ont parfois manqué de jus mais les Valenciennoises étaient dans la même situation. En revanche, leur plus grande expérience, leur puissance leur ont permis, avec Feaster, de faire la différence.
Je veux néanmoins féliciter toutes mes joueuses et le staff pour l’ensemble de la saison. Le bilan est très satisfaisant avec un trophée, la Coupe de France, et les places en finale du championnat et du tournoi de la Fédération. Je voudrais aussi rendre un hommage tout particulier à Nina Bjedov qui, à 34 ans, a réalisé une saison exemplaire. C’est une grande professionnelle comme on en a rarement vu à Bourges. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir pu la faire venir plus tôt chez nous. Sa santé, avec un dos en compote et un pouce en bouillie, l’oblige à mettre un terme à sa carrière. Je comprends sa décision. Mais elle restera à jamais une grande dame à Bourges".
Nina Bjedov n’est pas la seule Tango à quitter le navire berruyer. Le président du Bourges basket a confirmé hier soir que Luba Drljaca, après quatre saisons passées en Berry et arrivant en fin de contrat, ne serait pas conservée. Par ailleurs, Elodie Bertal, tout en ayant encore un an de contrat, a demandé à partir. "On ne s’opposera pas à son départ" explique Pierre Fosset. "Elodie souhaite davantage de temps de jeu que nous ne pouvons pas lui offrir. Je comprends qu’elle ait envie d’aller voir ailleurs. Sa dernière année de contrat ne sera pas un problème." Dernière joueuse du groupe fanion à vouloir partir : Elodie Chieze, très peu utilisée par Pierre Vincent et qui souhaite, elle aussi, parfaire son apprentissage dans un club un peu moins huppé que Bourges.

Laia Palau reste !
Autrement, toutes les autres restent. Elodie Godin, Sabrina Reghaïssia et Pauline Krawczyk sont toujours sous contrat. La capitaine Céline Dumerc en a repris pour deux ans et les deux Pierre (Fosset et Vincent) ont décidé de renouveler leur confiance à Anete Jekabsone. La Lettone a connu des hauts et des bas cette saison mais elle a dû assimiler un nouveau basket, apprendre à défendre tout en essayant de conserver son efficacité en périphérie. A 22 ans, elle a encore une belle marge de progression devant elle. La dernière interrogation, parmi les joueuses de cette année, concernait Laia Palau. La meneuse espagnole était, on l’imagine, très sollicitée mais elle a décidé de poursuivre l’aventure à Bourges pour un an encore. Pour la plus grande joie du public berruyer qui a fait de la Barcelonaise sa chouchoute.

Cathy et Ngoyisa arrivent
Dumerc, Jekabsone, Palau, Krawczyk, Godin, Reghaïssia : ça fait six joueuses, auxquelles viendront s’ajouter, c’est maintenant officiel, Cathy Melain (qui a signé pour deux ans) et Bernie Ngoyisa (un an). Après deux saisons à Venise, Cathy retrouvera donc le public du Prado qui la porte toujours dans son cœur. Elle apportera son expérience, sa puissance, son art d’attaquer le cercle et de provoquer les fautes adverses ainsi que sa rigueur défensive, autant de choses qui ont parfois manqué aux Tango cette saison. Idem pour Ngoyisa qui, au poste 5, apportera du poids au secteur intérieur qui s’est parfois fait bousculer et ses qualités de rebondeuse et d’adresse. Avouez que tout cela devrait avoir fière allure. On y reviendra prochainement.

CHRISTIAN RAGOT

 

Elles ont joué leur dernier match sous le maillot berruyer

DÉPARTS. Luba, après quatre années berruyères, et Elodie Bertal ne porteront plus lemaillot tango la saison prochaine.

Mille merci, Nina, Luba, Elodie Bertal

D’un coup, les larmes ont ruisselé sur le visage de l’impassible Nina Bjedov. Tout le Prado savait qu’il la voyait pour la dernière fois comme joueuse, tout le monde espérait que sa carrière durerait un match ou deux de plus. Ça n’est pas passé, mais, une dernière fois, la grande dame d’intérieur a tout donné, terminant même meilleure marqueuse berruyère. Voilà, ce fut le point final d’une carrière exceptionnelle, par sa densité, par sa longévité aussi. "Cela fait vingt ans que je suis joueuse professionnelle", souriait-elle, une fois la magnifique ovation reçue de la part de tous ces fans qui n’ont qu’un regret : ne l’avoir découverte que cette année. Sa dernière. "Mais c’est beau de terminer dans une équipe comme Bourges, devant un tel public, tout ces gens qui m’ont acclamée. Alors, forcément qu’il y a de l’émotion. Je veux vraiment remercier tout le monde. Je n’ai pas eu que des moments faciles, tout au long de la saison, j’ai connu des périodes difficiles, des blessures (le dos, le pouce droit, NDLR). Le président, l’équipe, le staff, tout le monde a continué de croire en moi." Comment aurait-il pu en être autrement, en face d’une telle professionnelle ?
Nina raccroche, définitivement, le maillot. Mais reste dans le basket. Elle retourne dans son club italien de Faenza, "comme manager générale. Et j’espère bien que je reviendrais à Bourges. Tenez, si le club dispute le Final four, je serais là !"
Mille merci, et autant de bravos, Nina. Personnalité attachante au possible. Exemple pour tous et toutes. Pour celles qui restent sous le maillot berruyer, comme Elodie Godin et Sabrina Reghaïssia, qui ont beaucoup appris à son contact. Pour celles aussi qui vont maintenant prendre, comme Nina, une autre direction.

Luba et Elodie Bertal devraient rester en France
A commencer par sa compatriote, Ljubica Drljaca. Luba, arrivée à l’orée de la saison 2001 - 2002 à Bourges, et qui a donc passé quatre saisons en Berry. Elle aussi était triste de mettre fin à son bail sur une défaite. "On a tout fait pour gagner, pour pousser Valenciennes à un autre match. Mais elles nous ont mis beaucoup de pression, notamment dans le dernier quart temps. On a perdu, mais on a vraiment donné tout ce qu’on avait. Et je pense qu’on a quand même fait un bon match." Son dernier sous le maillot tango. "Oui, c’est vrai. J’ai passé ici quatre belles années. J’aurais bien voulu remporter plus de titres. Heureusement, il y a eu le succès de dimanche en finale de Coupe de France, mon premier... et mon dernier avec Bourges. C’est bien de finir sur une bonne note." Luba va bien entendu poursuivre sa carrière, "sans doute en France, mais rien n’est encore signé".
Elodie Bertal devrait elle aussi rester dans l’Hexagone. Elle avait des larmes plein les yeux, à la fin du match. Elle n’avait pas pu prendre part à ce dernier match, elle avait perdu, sans jouer, ce titre national qu’elle avait conquis un an auparavant sous le maillot valenciennois. On parle pour son futur de joueuse de Montpellier, même s’il faut là aussi attendre confirmation. Pourtant, il lui restait un an de contrat, mais, en accord avec le club, elle a choisi une autre voie. "C’est vraiment particulier de se dire que si je reviens au Prado, ce sera, à 90 % de chances, comme adversaire. C’est dur de quitter ce groupe, c’est beaucoup d’émotion. Mais j’ai fait un autre choix de vie. C’est dur de tout donner à l’entraînement et de ne pas jouer plus. Je préfère aller voir ailleurs, ce n’est pas une vie qui me convient. Mais j’ai vraiment passé une superbe saison dans ce groupe."
Le trio aura en tout cas bien contribué à la bonne saison du Bourges basket. Une saison marquée par la superbe victoire de Bercy,mais aussi par une participation à toutes les finales hexagonales. Et on a encore tellement présent à l’esprit ces grands moments, Pécs,Moscou et autres.

Merci à toutes, et bonne route et à bientôt à vous trois.

HERVÉ LE FELLIC