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CHAMPIONNAT DE FRANCE
FINALE (3e
match) : Bourges basket -
US Valenciennes Olympic, 55-59
Elles y ont mis tout leur courage, les Tango. Mais ça n’a pas
suffi pour empêcher les Valenciennoises, emmenées par une supersonique Feaster,
de remporter leur titre , en trois manches.
La couronne reste à Valenciennes
PAR HERVÉ LE FELLIC
E norme
ambiance, au coup d’envoi, au Prado, pour ce qui de toute façon était le dernier
match à domicile de la saison, pour les Tango. Qui exhibèrent fièrement, lors de
la présentation des équipes, leur Coupe de France, glanée dimanche sur le
parquet de Bercy. Histoire de faire monter un peu plus la température et,
peut-être, de rappeler de mauvais et tout frais souvenirs à leurs adversaires.
Mais dans ce championnat, c’est bien Valenciennes qui alors menait le bal, par
deux manches à rien. Bourges, pour ne pas mourir, n’avait d’autre salut
que la victoire. L’enjeu était de taille, et ça partit tout de suite à fond,
côté tango, avec un shoot extérieur de Sabrina Reghaïssia, puis une géniale
passe décisive de Céline Dumerc pour Laia Palau. En une minute, Bourges montra à
Valenciennes le niveau à atteindre.
Deuxième quart délicat pour les Tango
Et les Nordistes répondirent aussitôt
présentes, bien servies par une intenable Allison Feaster, qui inscrivit les
trois premiers paniers de son équipe. Ça ne ratait pas grand chose de part et
d’autre. Laia planta son trois points et Céline mit un courant d’air à Boba
Tuvic. Mais il en fallait plus pour désarçonner les championnes de France en
titre, qui trouvèrent en Sandra Le Dréan le relais de Feaster. Et l’USVO revint
à hauteur (10-10, 6e). Le sommet annoncé était bien lancé.
Les deux équipes livraient, malgré la fatigue, leur meilleur basket. Laia
enrhumait Audrey Sauret, Nina Bjedov, rentrée à la 6e minute sous l’ovation que
l’on imagina, donnait sa pleine mesure. Et Bourges parvenait à la 10e minute
avec un tout petit avantage (17-15).
Dès l’entame du deuxième quart, Bourges lâcha un peu plus les chevaux. Céline
scora depuis la tête de raquette, Luba Drljaca de l’extérieur (21-15, 13e). Mais
ce fut alors que de façon un peu incompréhensible, les Tango s’enferrèrent dans
les changements défensifs adverses. Pas besoin d’être devin pour penser que les
Nordistes, chez qui Tuvic prenait sa 3e faute dès la 14e minute, en profitèrent
à plein. Toujours par cette diablesse d’Allison Feaster, mais aussi par Berthieu.
Bourges, incapable de nourrir le score, se retrouva lestée d’un 9-0 (21-24,
15e). Il fallut la rage de Sabrina Reghaïssia, puis le sens tactique de Céline
Dumerc trouant la zone 2-3, pour que Bourges ne lâche pas plus de lest. Et
parvienne à la mi temps avec un tout petit point de retard (31-32). Il allait
falloir résoudre le problème Feaster (15 points à cet instant) et retrouver de
l’adresse extérieure (1 sur 7 à trois points). Mais il est vrai que les deux
défenses ne donnaient pas leur part aux chiens...
Et ça repartait sur les mêmes bases élevées. Laia assénait un magnifique trois
points, Allison lui faisait la réponse... de la bergère à la bergère, avant de
scorer de nouveau (22 points déjà pour elle, et 34-39, 24e). Pierre Vincent
était contraint au temps mort, pour recadrer au plus vite.
L’incroyable et finalement vain retour berruyer
Feaster , c’était bien l’énigme et le
danger. Pierre Vincent y passa un deuxième, puis un troisième, temps morts, dès
la 27e minute. Valenciennes poussait fort, mettait un rythme fou. Asphyxiant
littéralement les Tango, qui perdaient peu à peu le fil. Il leur fallait
arracher chaque panier, miser aussi sur l’excellente Nina (41-44, 28e).
N’empêche : à l’entame du dernier quart temps, le titre était bien dans les
mains valenciennoises (43-48, 30e). Allison, aussitôt, en rajoutait trois de
plus, et Berthieu deux, donnant ainsi dix points d’avance aux Nordistes (43-53,
32e). Le Dréan et Tuvic prenaient bien leur quatrième sanction, mais pour les
Tango, le problème devenait épineux.
L’USVO tenait sa proie, l’étouffait, la dominant en agressivité. Un nouveau
trois points de Laia entretenait l’espoir, mais Bourges forçait trop son jeu et
ses shoots. Ne trouvait guère de solutions, ni extérieures, ni dessous et encore
moins en jeu rapide. Elles donnèrent tout ce qui leur restait dans les
chaussettes. Laia sortait même le nez en sang, Valenciennes était enfin poussée
aux 24 secondes. Et l’incroyable se produisit. Par Céline, puis Nina, Bourges
revint d’un coup dans la course (53-57, 38e). Laurent Buffard ne pouvait pas
faire l’économie d’un temps mort. Le Prado hurla, Le Dréan échoua par deux fois.
Berthieu par sa faute offrit trois lancers à Céline : la capitaine tango en
rentra deux. Mais Audrey Sauret, à 18 secondes du terme, obtint à son tour deux
lancers, convertis (55-59, 10 secondes à jouer). Ce fut le coup de grâce, et
Valenciennes s’offrit, dans l’ambiance qu’on imagine, son cinquième titre de
rang. Son sixième en tout. Voilà le club nordiste revenu à hauteur de Bourges,
au nombre de couronnes. Et sur l’ensemble des trois manches de cette finale, ce
n’est pas volé. Mais quelle tristesse de voir Nina mettre ainsi fin à sa
carrière.
Merci pour tout, les filles, car la saison a été belle.
Le point au
Bourges Basket
Laia, Anete, Céline restent
Cathy et Bernie arrivent !
Après être allé féliciter Laurent Buffard et faire la bise à
Audrey Sauret, le président Pierre Fosset
est revenu sur cette finale dans le calme de la salle de presse : "Nous avons
été victimes d’une très grande Allison Feaster. Nos joueuses ont parfois manqué
de jus mais les Valenciennoises étaient dans la même situation. En revanche,
leur plus grande expérience, leur puissance leur ont permis, avec Feaster, de
faire la différence.
Je veux néanmoins féliciter toutes mes joueuses et le staff pour l’ensemble de
la saison. Le bilan est très satisfaisant avec un trophée, la Coupe de France,
et les places en finale du championnat et du tournoi de la Fédération. Je
voudrais aussi rendre un hommage tout particulier à Nina Bjedov qui, à 34 ans, a
réalisé une saison exemplaire. C’est une grande professionnelle comme on en a
rarement vu à Bourges. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir pu la faire venir
plus tôt chez nous. Sa santé, avec un dos en compote et un pouce en bouillie,
l’oblige à mettre un terme à sa carrière. Je comprends sa décision. Mais elle
restera à jamais une grande dame à Bourges".
Nina Bjedov n’est pas la seule Tango à quitter le navire berruyer. Le président
du Bourges basket a confirmé hier soir que Luba Drljaca, après quatre saisons
passées en Berry et arrivant en fin de contrat, ne serait pas conservée. Par
ailleurs, Elodie Bertal, tout en ayant encore un an de contrat, a demandé à
partir. "On ne s’opposera pas à son départ" explique Pierre Fosset. "Elodie
souhaite davantage de temps de jeu que nous ne pouvons pas lui offrir. Je
comprends qu’elle ait envie d’aller voir ailleurs. Sa dernière année de contrat
ne sera pas un problème." Dernière joueuse du groupe fanion à vouloir partir :
Elodie Chieze, très peu utilisée par Pierre Vincent et qui souhaite, elle aussi,
parfaire son apprentissage dans un club un peu moins huppé que Bourges.
Laia Palau reste !
Autrement, toutes les autres restent.
Elodie Godin, Sabrina Reghaïssia et Pauline Krawczyk sont toujours sous contrat.
La capitaine Céline Dumerc en a repris pour deux ans et les deux Pierre (Fosset
et Vincent) ont décidé de renouveler leur confiance à Anete Jekabsone. La
Lettone a connu des hauts et des bas cette saison mais elle a dû assimiler un
nouveau basket, apprendre à défendre tout en essayant de conserver son
efficacité en périphérie. A 22 ans, elle a encore une belle marge de progression
devant elle. La dernière interrogation, parmi les joueuses de cette année,
concernait Laia Palau. La meneuse espagnole était, on l’imagine, très sollicitée
mais elle a décidé de poursuivre l’aventure à Bourges pour un an encore. Pour la
plus grande joie du public berruyer qui a fait de la Barcelonaise sa chouchoute.
Cathy et Ngoyisa arrivent
Dumerc, Jekabsone, Palau, Krawczyk,
Godin, Reghaïssia : ça fait six joueuses, auxquelles viendront s’ajouter, c’est
maintenant officiel, Cathy Melain (qui a signé pour deux ans) et Bernie Ngoyisa
(un an). Après deux saisons à Venise, Cathy retrouvera donc le public du Prado
qui la porte toujours dans son cœur. Elle apportera son expérience, sa
puissance, son art d’attaquer le cercle et de provoquer les fautes adverses
ainsi que sa rigueur défensive, autant de choses qui ont parfois manqué aux
Tango cette saison. Idem pour Ngoyisa qui, au poste 5, apportera du poids au
secteur intérieur qui s’est parfois fait bousculer et ses qualités de rebondeuse
et d’adresse. Avouez que tout cela devrait avoir fière allure. On y reviendra
prochainement.
CHRISTIAN RAGOT
Elles ont joué leur dernier match
sous le maillot berruyer
DÉPARTS.
Luba, après quatre années
berruyères, et Elodie Bertal ne porteront plus lemaillot tango la saison
prochaine.
Mille merci, Nina, Luba, Elodie Bertal
D’un coup, les larmes ont ruisselé sur le visage de l’impassible
Nina Bjedov. Tout le Prado savait qu’il la
voyait pour la dernière fois comme joueuse, tout le monde espérait que sa
carrière durerait un match ou deux de plus. Ça n’est pas passé, mais, une
dernière fois, la grande dame d’intérieur a tout donné, terminant même meilleure
marqueuse berruyère. Voilà, ce fut le point final d’une carrière exceptionnelle,
par sa densité, par sa longévité aussi. "Cela fait vingt ans que je suis joueuse
professionnelle", souriait-elle, une fois la magnifique ovation reçue de la part
de tous ces fans qui n’ont qu’un regret : ne l’avoir découverte que cette année.
Sa dernière. "Mais c’est beau de terminer dans une équipe comme Bourges, devant
un tel public, tout ces gens qui m’ont acclamée. Alors, forcément qu’il y a de
l’émotion. Je veux vraiment remercier tout le monde. Je n’ai pas eu que des
moments faciles, tout au long de la saison, j’ai connu des périodes difficiles,
des blessures (le dos, le pouce droit, NDLR). Le président, l’équipe, le staff,
tout le monde a continué de croire en moi." Comment aurait-il pu en être
autrement, en face d’une telle professionnelle ?
Nina raccroche, définitivement, le maillot. Mais reste dans le basket. Elle
retourne dans son club italien de Faenza, "comme manager générale. Et j’espère
bien que je reviendrais à Bourges. Tenez, si le club dispute le Final four, je
serais là !"
Mille merci, et autant de bravos, Nina. Personnalité attachante au possible.
Exemple pour tous et toutes. Pour celles qui restent sous le maillot berruyer,
comme Elodie Godin et Sabrina Reghaïssia, qui ont beaucoup appris à son contact.
Pour celles aussi qui vont maintenant prendre, comme Nina, une autre direction.
Luba et Elodie Bertal devraient rester en France
A commencer par sa compatriote,
Ljubica Drljaca. Luba, arrivée à l’orée de la saison 2001 - 2002 à Bourges, et
qui a donc passé quatre saisons en Berry. Elle aussi était triste de mettre fin
à son bail sur une défaite. "On a tout fait pour gagner, pour pousser
Valenciennes à un autre match. Mais elles nous ont mis beaucoup de pression,
notamment dans le dernier quart temps. On a perdu, mais on a vraiment donné tout
ce qu’on avait. Et je pense qu’on a quand même fait un bon match." Son dernier
sous le maillot tango. "Oui, c’est vrai. J’ai passé ici quatre belles années.
J’aurais bien voulu remporter plus de titres. Heureusement, il y a eu le succès
de dimanche en finale de Coupe de France, mon premier... et mon dernier avec
Bourges. C’est bien de finir sur une bonne note." Luba va bien entendu
poursuivre sa carrière, "sans doute en France, mais rien n’est encore signé".
Elodie Bertal devrait elle aussi rester dans l’Hexagone. Elle avait des larmes
plein les yeux, à la fin du match. Elle n’avait pas pu prendre part à ce dernier
match, elle avait perdu, sans jouer, ce titre national qu’elle avait conquis un
an auparavant sous le maillot valenciennois. On parle pour son futur de joueuse
de Montpellier, même s’il faut là aussi attendre confirmation. Pourtant, il lui
restait un an de contrat, mais, en accord avec le club, elle a choisi une autre
voie. "C’est vraiment particulier de se dire que si je reviens au Prado, ce
sera, à 90 % de chances, comme adversaire. C’est dur de quitter ce groupe, c’est
beaucoup d’émotion. Mais j’ai fait un autre choix de vie. C’est dur de tout
donner à l’entraînement et de ne pas jouer plus. Je préfère aller voir ailleurs,
ce n’est pas une vie qui me convient. Mais j’ai vraiment passé une superbe
saison dans ce groupe."
Le trio aura en tout cas bien contribué à la bonne saison du Bourges basket. Une
saison marquée par la superbe victoire de Bercy,mais aussi par une participation
à toutes les finales hexagonales. Et on a encore tellement présent à l’esprit
ces grands moments, Pécs,Moscou et autres.
Merci à toutes, et bonne route et à bientôt à vous trois.
HERVÉ LE FELLIC
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