|
L’INVITÉ DE LA RÉDACTION
: Pierre Vincent, entraîneur du
Bourges basket
Beau quart de finaliste européen, Bourges a disputé les finales
de championnat et du Tournoi. Et a remporté la Coupe de France. Un bilan qui
parvient à réjouir son éternel insatisfait de coach.
"Très content de notre saison"
ENTRETIEN
HERVÉ LE FELLIC
V ictoire
en Coupe de France, finale du championnat et du Tournoi de la Fédération, quart
de finale en poussant les Hongroises de Pécs à la belle en Euroligue : "Cette
saison, on a fait mieux que la précédente, dans toutes les compétitions. Avec
nos moyens, avec un projet ambitieux, on a été compétitif partout ; devant
Valenciennes en Coupe d’Europe et en Coupe de France", peut se réjouir Pierre
Vincent, l’entraîneur du Bourges basket.
La grosse frayeur de Villeurbanne
Il lui reste bien quelques petites
frustrations, au moment de penser aux vacances. "Ne pas avoir battu une fois
Valenciennes, dans la série des finales du championnat de France. Mais sur ces
trois matches, on a montré qu’on n’était vraiment pas loin, y compris au
Hainaut."
L’autre moment difficile survint lors du Tournoi de la
Fédération, à Villeurbanne. Déjà, le dos de Nina faisait des siennes depuis des
semaines. La cheville de Luba Drljaca n’avait pas tenu le coup. Et il a fallu
qu’un poisson qui n’avait pas dû voir la mer depuis belle lurette mette sur le
flanc les estomacs berruyers. Et que Laia Palau se donne une entorse, lors de la
demi-finale victorieuse face à Mondeville. Résultat : ce fut une infirmerie qui
se présenta en finale face à l’USVO, pour ne tenir qu’une mi-temps.
"J’ai vraiment alors eu peur qu’on ne puisse pas aller au bout de nos ambitions,
de nos intentions. On avait réalisé jusque là une magnifique saison et d’un
coup, au moment de jouer les matches couperet et les titres, on n’allait pas
pouvoir la valoriser . Un peu comme lors de la saison précédente où en perdant à
Aix et à Tarbes, on avait un peu gommé ce qu’on avait accompli précédemment.
Vraiment, ce genre de situations, c’est frustrant."
Mais c’est tout un groupe qui a alors puisé dans les tuiles lui tombant dru sur
le coin de la figure la force de rebondir. En limitant d’abord les dégâts à
Tarbes, pour le début des play-off, en s’imposant dans la foulée à Mondeville :
la clé de l ’accession à la finale du championnat. Là où l’an dernier le Bourges
basket avait un peu pioché dans les dernières longueurs, il n’en fut rien cette
fois, l’intensité et le niveau de jeu restant de mise. "La saison précédente, on
avait moins de marge, une équipe plus limite. Et on est arrivé ciré à la fin.
Cette fois, la différence est que l’état de fraîcheur des joueuses est bien
supérieur. On a aussi tiré les leçons de ce qui devait être amélioré. Et
l’équipe était un peu meilleure..."
Le couronnement de Bercy
Elle sut se remettre en selle, en cause
aussi, après deux défaites face à Valenciennes lors des deux premiers actes de
la finale du championnat, et se sublimer dans le somptueux cadre de Bercy, pour
aller arracher aux Nordistes la Coupe de France. Une prestation de tout premier
ordre, une véritable entreprise de démolition du jeu de la troupe de Laurent
Buffard. "Sur l’ensemble, Valenciennes était plus fort que nous. Mais on a su
avoir une force de caractère supérieure." Depuis le début de saison, Pierre
Vincent ne cessait de répéter que, sur un match, ses joueuses pouvaient dominer
leurs meilleures ennemies. Voir le parquet de Bercy lui donner raison ne put
qu’être une intense satisfaction. "Gagner un trophée, c’est toujours quelque
chose, ce n’est jamais anecdotique. En plus, j’avais appris par la presse que
jamais le club de Bourges n’avait gagné la Coupe de France, celle disputée avec
les clubs de l’élite. Ce fut une grande récompense pour tout le groupe, pour
Luba tout particulièrement qui n’avait jusque là rien remporté avec Bourges. On
ne peut qu’être très content, pour tous les gens dans et autour du club qui nous
soutiennent, et à qui on a pu faire ce cadeau."
Alors, objectif atteint, comment le coach ne pourrait-il pas souffler de
satisfaction ? "Comment pourrait-on être malheureux, quand on sait la pression
qui règne ? L’entraîneur est forcément toujours insatisfait, car on peut
toujours faire mieux. Il reste un goût d’inachevé, mais ce qu’on a accompli est
déjà très bien."
Pour les joueuses, mais aussi pour ce staff élargi (Cédric Binauld son
assistant, Jérôme Baicry le kiné, François Dessus le médecin, et les autres,
ceux que Pierre Vincent n’oublie pas d’inclure dans la réussite). "Parce que
c’est un vrai travail d’équipe. On est tous là pour le même projet, il y a un
dialogue, une confrontation d’idées. On a été meilleur cette année dans
l’organisation du travail en général et si l’équipe est en meilleure forme sur
la fin, c’est aussi pour cela, sans doute." Et l’éternel perfectionniste
s’envole déjà vers de nouveaux horizons. "La seule logique qu’on peut avoir,
c’est de se dire : dans tous les secteurs, qu’est-ce qu’on peut faire de mieux
demain ?" Parce que demain , c ’ est déjà aujourd’hui...
|