Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
10/10/2005

 
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Ligue féminine (2e journée) : Strasbourg - Bourges basket 49-104

Une démonstration réellement implacable

Plus de cent points inscrits, plus de cinquante d'écart. Bourges n'a pas fait de détail, samedi soir, dans le sillage d'une précieuse Bernie Ngoyisa. Une démonstration de force.
 

PAR HERVE LE FELLIC
Deux rebonds ! C'est, en tout et pour tout, ce qu'ont capté les Strasbourgeoises dans les vingt dernières minutes, samedi soir. C'est dire le fossé, le gouffre, qui les séparait du Bourges basket qui, comme la
saison dernière, a passé la barre des cent points en Alsace. Par qui ? Par Bernie Ngoyisa, qui a vraiment éclaboussé la rencontre.
Il faut dire que, sous les cercles, l'équipe d'Abdel Loucif, à qui il manque Nadrowska, sa recrue polonaise out pour la saison, sans doute, est particulièrement mal outillée. Manière de relativiser la performance berruyère, qu'il faut quand même qualifier d'exemplaire de sérieux. On ne signe pas un tel écart, on ne termine pas avec 69% de réussite à deux points, à 30 interceptions et à 27 passes décisives, sans cela.

Bourges par l'intérieur, mais pas seulement
Bernie, donc... On se demandait à quelle vitesse elle allait s'intégrer à sa nouvelle équipe, la question n'est déjà plus de mise. A la pause, la Congolaise avait déjà inscrit 17 points, ouvrant le score, multipliant les tirs primés de lancers. Provoquant les fautes adverses, moissonnant les rebonds. Il y avait la faiblesse de l'opposition, certes, mais c'est tout le Bourges basket qui, profitant de la faiblesse adverse tout autant que de la nécessité d'intégrer ses grandes au plus vite, les a souvent recherchées dans le jeu placé. Avec réussite, Sena Pavetic, l'autre cinq tango, marquant elle aussi son nouveau territoire, malgré quelques pertes de balle.
Bernie pouvait se réjouir, et de l'ampleur de la victoire berruyère, et de sa propre performance : "C'est tout le travail effectué à l'entraînement qui paye. On a bien abordé ce match et fait ce qu'il fallait. Pour ma part, signer un match comme celui-là est forcément très utile quand on arrive dans une nouvelle équipe : ça donne de la confiance." Ne comptez pas sur Bernie pour de plus longs discours, visiblement ce n'est pas (encore) sa
tasse de thé. Mais du moment qu'elle s'exprime sur le terrain. Tenez, elle ne s'était même pas aperçue qu'elle avait mis le centième...
Autour d'elle, c'est tout Bourges qui a récité sa partition. Victoire et manière, tout était parfait, samedi soir. Pierre Vincent, le coach berruyer, tenait tout de même à remettre la performance dans son contexte. "Strasbourg n'avait pas les mêmes arguments, par exemple, que Saint-Amand-les-Eaux, notre premier adversaire. Mais c'est vrai qu'on a su présenter un jeu très équilibré, face à la zone alsacienne." Qui a explosé
tant par l'intérieur que sur les missiles de Laia Palau, Anete Jekabsone ou Céline Dumerc. La perf de Bernie, coach ? "Ce n'est pas encore parfait, mais elle progresse bien. Là, elle a mit beaucoup de points en finalement
peu de temps de jeu, mais c'est sur les grosses rencontres qu'on l'attendra." Et qu'on jaugera le niveau du Bourges nouveau.
Strasbourg, en tout cas, a senti le vent du boulet, Abdel Loucif ne pouvait s'en cacher. "Et encore, elles auraient pu nous faire plus mal, sur certaines actions où elles ont préféré rechercher un jeu collectif. Nous, on n'a pas été assez agressif en défense, surtout sous les cercles. Maintenant, on n'a jamais été complètement aux abois." Les Alsaciennes ont même trouvé les ressources pour coller un 10-0 à leurs adversaires, au début du deuxième quart temps. Pour mieux reprendre une avalanche sur le coin du visage, ensuite, n'ayant ni les moyens physiques ou techniques pour endiguer les assauts adverses. "C'est vrai que l'écart ressemble à celui de la saison dernière", soulignait le coach alsacien. "Mais pour moi, on n'a pas été ridicule, cette fois." Bourges était tout bonnement trop fort et trop appliqué.

Le premier panier d'Anissa Perrussel
Elles ont à elles deux 31 ans, soit l'âge de Cathy Melain qui nous pardonnera ce calcul mesquin. Elsa Martins et Anissa Perrussel, qui peuplent habituellement les rangs du centre de formation berruyer, en NF3 ou en cadettes, complétaient samedi soir le dix tango, toujours privé de Pauline Krawczyk.
Aidé par la défense de zone alsacienne, et surtout par l'ampleur du score, Pierre Vincent put les lancer dans le grand bain de la Ligue féminine, pour quelques minutes qu'elles n'oublieront jamais. Ecoutez donc Anissa
Perrusel, qui dès le lendemain rejoignait l'équipe cadette : "Cathy Melain, je la regardais jouer à la télé quand j'étais petite. Quand j'ai su qu'elle revenait à Bourges, ce fut un grand bonheur. Alors, m'entraîner avec elle,
et maintenant avoir joué à ses côtés ! Jamais je n'aurais imaginé cela." Elle en est à sa deuxième saison tango, mais c'était son premier déplacement avec les grandes. Et son premier match au plus haut niveau, forcément. "Ça fait tellement plaisir. Je suis vraiment très contente. En plus, les filles m'ont super bien accueillie, m'ont mise en confiance. Quand je suis rentrée en jeu, elles m'ont toutes dit de me donner à fond."
Anissa a même marqué son premier panier en Ligue, vous imaginez ! "Le premier shoot, je ne l'ai pas pris. Alors, Bernie m'a dit d'y aller... et j'ai marqué. J'ai encore plus envie de bosser ; être basketteuse, c'est mon
rêve, c'est ce que je veux faire !" Devenu réalité samedi soir, pendant un peu plus de trois minutes.