Ligue féminine (2e journée) : Strasbourg - Bourges basket 49-104
Une démonstration réellement implacable
Plus de cent points inscrits, plus de cinquante d'écart.
Bourges n'a pas fait de détail, samedi soir, dans le sillage d'une précieuse
Bernie Ngoyisa. Une démonstration de force.
PAR HERVE LE FELLIC
Deux rebonds ! C'est, en tout et pour tout, ce qu'ont capté les Strasbourgeoises
dans les vingt dernières minutes, samedi soir. C'est dire le fossé, le gouffre,
qui les séparait du Bourges basket qui, comme la
saison dernière, a passé la barre des cent points en Alsace. Par qui ? Par
Bernie Ngoyisa, qui a vraiment éclaboussé la rencontre.
Il faut dire que, sous les cercles, l'équipe d'Abdel Loucif, à qui il manque
Nadrowska, sa recrue polonaise out pour la saison, sans doute, est
particulièrement mal outillée. Manière de relativiser la performance berruyère,
qu'il faut quand même qualifier d'exemplaire de sérieux. On ne signe pas un tel
écart, on ne termine pas avec 69% de réussite à deux points, à 30 interceptions
et à 27 passes décisives, sans cela.
Bourges par l'intérieur, mais pas seulement
Bernie, donc... On se demandait à quelle vitesse elle allait s'intégrer à sa
nouvelle équipe, la question n'est déjà plus de mise. A la pause, la Congolaise
avait déjà inscrit 17 points, ouvrant le score, multipliant les tirs primés de
lancers. Provoquant les fautes adverses, moissonnant les rebonds. Il y avait la
faiblesse de l'opposition, certes, mais c'est tout le Bourges basket qui,
profitant de la faiblesse adverse tout autant que de la nécessité d'intégrer ses
grandes au plus vite, les a souvent recherchées dans le jeu placé. Avec
réussite, Sena Pavetic, l'autre cinq tango, marquant elle aussi son nouveau
territoire, malgré quelques pertes de balle.
Bernie pouvait se réjouir, et de l'ampleur de la victoire berruyère, et de sa
propre performance : "C'est tout le travail effectué à l'entraînement qui paye.
On a bien abordé ce match et fait ce qu'il fallait. Pour ma part, signer un
match comme celui-là est forcément très utile quand on arrive dans une nouvelle
équipe : ça donne de la confiance." Ne comptez pas sur Bernie pour de plus longs
discours, visiblement ce n'est pas (encore) sa
tasse de thé. Mais du moment qu'elle s'exprime sur le terrain. Tenez, elle ne
s'était même pas aperçue qu'elle avait mis le centième...
Autour d'elle, c'est tout Bourges qui a récité sa partition. Victoire et
manière, tout était parfait, samedi soir. Pierre Vincent, le coach berruyer,
tenait tout de même à remettre la performance dans son contexte. "Strasbourg
n'avait pas les mêmes arguments, par exemple, que Saint-Amand-les-Eaux, notre
premier adversaire. Mais c'est vrai qu'on a su présenter un jeu très équilibré,
face à la zone alsacienne." Qui a explosé
tant par l'intérieur que sur les missiles de Laia Palau, Anete Jekabsone ou
Céline Dumerc. La perf de Bernie, coach ? "Ce n'est pas encore parfait, mais
elle progresse bien. Là, elle a mit beaucoup de points en finalement
peu de temps de jeu, mais c'est sur les grosses rencontres qu'on l'attendra." Et
qu'on jaugera le niveau du Bourges nouveau.
Strasbourg, en tout cas, a senti le vent du boulet, Abdel Loucif ne pouvait s'en
cacher. "Et encore, elles auraient pu nous faire plus mal, sur certaines actions
où elles ont préféré rechercher un jeu collectif. Nous, on n'a pas été assez
agressif en défense, surtout sous les cercles. Maintenant, on n'a jamais été
complètement aux abois." Les Alsaciennes ont même trouvé les ressources pour
coller un 10-0 à leurs adversaires, au début du deuxième quart temps. Pour mieux
reprendre une avalanche sur le coin du visage, ensuite, n'ayant ni les moyens
physiques ou techniques pour endiguer les assauts adverses. "C'est vrai que
l'écart ressemble à celui de la saison dernière", soulignait le coach alsacien.
"Mais pour moi, on n'a pas été ridicule, cette fois." Bourges était tout
bonnement trop fort et trop appliqué.
Le premier panier d'Anissa Perrussel
Elles ont à elles deux 31 ans, soit l'âge de Cathy Melain qui nous pardonnera ce
calcul mesquin. Elsa Martins et Anissa Perrussel, qui peuplent habituellement
les rangs du centre de formation berruyer, en NF3 ou en cadettes, complétaient
samedi soir le dix tango, toujours privé de Pauline Krawczyk.
Aidé par la défense de zone alsacienne, et surtout par l'ampleur du score,
Pierre Vincent put les lancer dans le grand bain de la Ligue féminine, pour
quelques minutes qu'elles n'oublieront jamais. Ecoutez donc Anissa
Perrusel, qui dès le lendemain rejoignait l'équipe cadette : "Cathy Melain, je
la regardais jouer à la télé quand j'étais petite. Quand j'ai su qu'elle
revenait à Bourges, ce fut un grand bonheur. Alors, m'entraîner avec elle,
et maintenant avoir joué à ses côtés ! Jamais je n'aurais imaginé cela." Elle en
est à sa deuxième saison tango, mais c'était son premier déplacement avec les
grandes. Et son premier match au plus haut niveau, forcément. "Ça fait tellement
plaisir. Je suis vraiment très contente. En plus, les filles m'ont super bien
accueillie, m'ont mise en confiance. Quand je suis rentrée en jeu, elles m'ont
toutes dit de me donner à fond."
Anissa a même marqué son premier panier en Ligue, vous imaginez ! "Le premier
shoot, je ne l'ai pas pris. Alors, Bernie m'a dit d'y aller... et j'ai marqué.
J'ai encore plus envie de bosser ; être basketteuse, c'est mon
rêve, c'est ce que je veux faire !" Devenu réalité samedi soir, pendant un peu
plus de trois minutes.
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