Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
17/10/2005

 
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LIGUE FÉMININE Premier test probant et victoire pour les Tango à Nice, 54-67

Il y a encore du pain sur la planche

Les Tango ont passé victorieusement, à Nice, leur premier véritable test de la saison. Un résultat satisfaisant même s’il y a encore beaucoup de travail pour être au top.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL CHRISTIAN RAGOT

iPerre Vincent s’y attendait. Ce match à Nice s’apparentait à un piège et son équipe allait passer, salle Leyrit, son premier véritable test depuis le début de la saison. La classe de la championne WNBA, Hamchetou Maïga, ajoutée à un secteur intérieur alignant les centimètres, pouvaient, effectivement , poser de réels problèmes à son équipe. Davantage en tout cas que Saint-Amand les Eaux, Strasbourg ou Challes, les premières victimes des Tango version 2005-2006.

Il avait d’autant plus de raisons de se méfier de l’équipe azuréenne que cette dernière, pour être toujours à la recherche d’une première victoire, avait tenu la dragée tant à Aix qu’à Tarbes et à Montpellier; des adversaires d’un autre calibre que ceux proposés jusqu’ici aux Berruyères.

Nice à six et sans meneuse
Et le déroulement du match lui a donné raison (voir notre é d i t i o n du dimanche ) . Jusqu’au repos, les deux équipes sont restées au coude à coude : 17-18 à la fin du premier quart temps en faveur des Tango ; 18-18 dans le deuxième. Les Berruyères virèrent en tête grâce à une faute de Gomis sur un tir à la desperado de Laia Palau, presque sur le buzzer ; l’Espagnole passant ses deux lancers (35-36 à la mi-temps). Et pourtant, Nice ne présentait que six joueuses ; ses deux meneuses habituelles, Beikes et Martinez étant blessées alors que sa capitaine Emilie Petiteau avait été opérée de l’appendicite en urgence vendredi soir. Avec l’ex-Valenciennoise Johanne Gomis dans un rôle inhabituel de meneuse, Nice posa quand même bien des problèmes à l’équipe berruyère, par Gomis elle-même dont l’agressivité et les centimètres gênèrent Céline Dumerc, mais aussi dans le jeu intérieur où Azace moissonna au rebond, bien aidée par Barennes et Peltjo. "On n’a pas mis la densité nécessaire en première mi temps", convenait d’ailleurs Pierre Vincent "et l’avantage en taille des Niçoises a pesé, notamment dans le jeu posté. On a laissé Nice imposer son rythme. Heureusement, après le repos, on a su hausser le ton et obligé les Niçoises à jouer sur les talons. Et quand on avance, on est forcément meilleurs..."

Du travail à l’intérieur
C’est justement en avançant, en imposant son rythme et en resserrant fortement sa défense, notamment sur Maïga qui est bien la grande joueuse annoncée, que le Bourges Basket, dans le sillage d’une Laia Palau totalement retrouvée (24 points), a fait le break dans le troisième quart temps : 8-20. Repoussé alors à treize points (43-56), le Cavigal n’avait plus les ressources, ni physiques (avec six joueuses seulement) ni mentales pour renverser la vapeur. D’autant qu’à l’image de Céline Dumerc, qui n’avait pas trop été dans le rythme jusque là, les Berruyères finirent par se lâcher et à prendre les shoots (deux paniers primés pour la capitaine tango dans le dernier quart). Au final, Bourges préservait ses treize points d’avance ce qui était, somme toute, très satisfaisant.

Les regrets de Maïga
Même si Pierre Vincent ne manquait de relever quelques faiblesses qui vont forcément être corrigées lors des prochains entraînements : "D’habitude, nos intérieures tournent à 60 % de réussite ; là on fait 30 %. La forte opposition niçoise n’explique pas tout et il va falloir travailler. Face à des joueuses expérimentées et défendant fort, Bernie s’est trouvée en difficulté. D’autres joueuses sont passées à côté. Cathy Melain, exceptionnelle contre Challes et qui a encore beaucoup défendu, a cette fois tout raté en attaque ; les tirs, les lays up... Gagner dans ces conditions, c’est finalement encourageant."
De son côté, le coach niçois Serge Provillard regrettait que son équipe "n’ait pas fait tout le nécessaire pour venir aider Johanne Gomis dans sa tâche inhabituelle de meneuse. Sur ce coup là, et contrairement à ce que j’avais demandé, on n’a pas joué en équipe. Même si on s’est très bien battu, je suis en colère par rapport à ça. C’est une question d’état d’esprit. Si on ne joue pas en équipe, on en peut espérer battre une équipe comme Bourges. On n’a pas non plus été suffisamment rigoureux. Vingt pertes de balles, c’est beaucoup trop ! C’est vrai qu’on avait trois joueuses en moins mais en respectant les consignes, il y avait moyen de faire un peu mieux..."

C’est également ce que pensait Hamchetou Maïga, très lucide : "On aurait peut-être mieux joué avec une vraie meneuse mais même comme ça, on pouvait davantage inquiéter Bourges. Pour cela, il aurait fallu faire preuve de plus de constance dans le jeu ; ne pas se relâcher en défense comme on l’a fait lors du troisième quart temps quand Bourges nous a mises sur le reculoir. Etquand on recule, il est difficile de scorer (8 points seulement lors de ce troisième quart, ndlr)."
Au vu de la rencontre, on peut cependant penser que l’absence d’une meneuse dans les rangs du Cavigal a peut être davantage gêné Bourges que Nice. Les Azuréennes ont, par la force des choses, insisté sur le jeu intérieur, là où Bourges a eu des difficultés, au point de céder le rebond (32-36).Heureusement, les extérieures, Laia mais aussi Anete (à trois points) ont assuré, palliant ainsi au manque de réussite de Cathy. Et si c’était ça la grande force de Bourges, de toujours avoir en magasin une solution de rechange pour assurer le résultat ?

Les joueuses détroussées
Les rats d’hôtel sont toujours très présents sur la Côte d’Azur, plus difficiles à chasser de la Promenade des Anglais que les "dames qui attendent leurs maris" parce que plus discrets. Les Tango en ont fait l’amère expérience.
Des personnes indésirables se sont, en effet, introduites dans certaines des chambres occupées par la délégation berruyère pour y faire main basse sur quelques effets personnels. Ainsi, Laia Palau s’est fait dérober son téléphone portable alors que Bernie Ngoyisa s’est fait voler un sac contenant, entre autres affaires personnelles, son ordinateur portable, des CD et, plus embêtant son passeport, indispensable pour les déplacements en Euroligue. La police est venue enquêter sur place mais rien n’a été retrouvé. Bernie a quinze jours, avant le déplacement à Schio par la voie des airs, pour faire refaire son passeport. C’est court. Il faudra sans doute se déplacer plusieurs fois à Paris ce qui n’est pas l’idéal au niveau de la préparation. Déjà samedi soir, les filles avaient été secouées par ces avatars, ce qui peut expliquer leur entame de match un rien laborieuse, notamment au niveau de la détermination et de l’engagement.