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LIGUE FÉMININE
Premier test probant et victoire
pour les Tango à Nice, 54-67
Il y a encore du pain sur la planche
Les Tango ont passé
victorieusement, à Nice, leur premier véritable test de la saison. Un résultat
satisfaisant même s’il y a encore beaucoup de travail pour être au top.
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL CHRISTIAN RAGOT
iPerre Vincent s’y attendait. Ce match à Nice s’apparentait à un
piège et son équipe allait passer, salle Leyrit, son premier véritable test
depuis le début de la saison. La classe de la championne WNBA, Hamchetou Maïga,
ajoutée à un secteur intérieur alignant les centimètres, pouvaient,
effectivement , poser de réels problèmes à son équipe. Davantage en tout cas que
Saint-Amand les Eaux, Strasbourg ou Challes, les premières victimes des Tango
version 2005-2006.
Il avait d’autant plus de raisons de se méfier de l’équipe
azuréenne que cette dernière, pour être toujours à la recherche d’une première
victoire, avait tenu la dragée tant à Aix qu’à Tarbes et à Montpellier; des
adversaires d’un autre calibre que ceux proposés jusqu’ici aux Berruyères.
Nice à six et sans meneuse
Et le déroulement du match lui a donné
raison (voir notre é d i t i o n du dimanche ) . Jusqu’au repos, les deux
équipes sont restées au coude à coude : 17-18 à la fin du premier quart temps en
faveur des Tango ; 18-18 dans le deuxième. Les Berruyères virèrent en tête grâce
à une faute de Gomis sur un tir à la desperado de Laia Palau, presque sur le
buzzer ; l’Espagnole passant ses deux lancers (35-36 à la mi-temps). Et
pourtant, Nice ne présentait que six joueuses ; ses deux meneuses habituelles,
Beikes et Martinez étant blessées alors que sa capitaine Emilie Petiteau avait
été opérée de l’appendicite en urgence vendredi soir. Avec l’ex-Valenciennoise
Johanne Gomis dans un rôle inhabituel de meneuse, Nice posa quand même bien des
problèmes à l’équipe berruyère, par Gomis elle-même dont l’agressivité et les
centimètres gênèrent Céline Dumerc, mais aussi dans le jeu intérieur où Azace
moissonna au rebond, bien aidée par Barennes et Peltjo. "On n’a pas mis la
densité nécessaire en première mi temps", convenait d’ailleurs Pierre Vincent
"et l’avantage en taille des Niçoises a pesé, notamment dans le jeu posté. On a
laissé Nice imposer son rythme. Heureusement, après le repos, on a su hausser le
ton et obligé les Niçoises à jouer sur les talons. Et quand on avance, on est
forcément meilleurs..."
Du travail à
l’intérieur
C’est justement en avançant, en imposant
son rythme et en resserrant fortement sa défense, notamment sur Maïga qui est
bien la grande joueuse annoncée, que le Bourges Basket, dans le sillage d’une
Laia Palau totalement retrouvée (24 points), a fait le break dans le troisième
quart temps : 8-20. Repoussé alors à treize points (43-56), le Cavigal n’avait
plus les ressources, ni physiques (avec six joueuses seulement) ni mentales pour
renverser la vapeur. D’autant qu’à l’image de Céline Dumerc, qui n’avait pas
trop été dans le rythme jusque là, les Berruyères finirent par se lâcher et à
prendre les shoots (deux paniers primés pour la capitaine tango dans le dernier
quart). Au final, Bourges préservait ses treize points d’avance ce qui était,
somme toute, très satisfaisant.
Les regrets de Maïga
Même si Pierre Vincent ne manquait de
relever quelques faiblesses qui vont forcément être corrigées lors des prochains
entraînements : "D’habitude, nos intérieures tournent à 60 % de réussite ; là on
fait 30 %. La forte opposition niçoise n’explique pas tout et il va falloir
travailler. Face à des joueuses expérimentées et défendant fort, Bernie s’est
trouvée en difficulté. D’autres joueuses sont passées à côté. Cathy Melain,
exceptionnelle contre Challes et qui a encore beaucoup défendu, a cette fois
tout raté en attaque ; les tirs, les lays up... Gagner dans ces conditions,
c’est finalement encourageant."
De son côté, le coach niçois Serge Provillard regrettait que son équipe "n’ait
pas fait tout le nécessaire pour venir aider Johanne Gomis dans sa tâche
inhabituelle de meneuse. Sur ce coup là, et contrairement à ce que j’avais
demandé, on n’a pas joué en équipe. Même si on s’est très bien battu, je suis en
colère par rapport à ça. C’est une question d’état d’esprit. Si on ne joue pas
en équipe, on en peut espérer battre une équipe comme Bourges. On n’a pas non
plus été suffisamment rigoureux. Vingt pertes de balles, c’est beaucoup trop !
C’est vrai qu’on avait trois joueuses en moins mais en respectant les consignes,
il y avait moyen de faire un peu mieux..."
C’est également ce que pensait Hamchetou Maïga, très lucide :
"On aurait peut-être mieux joué avec une vraie meneuse mais même comme ça, on
pouvait davantage inquiéter Bourges. Pour cela, il aurait fallu faire preuve de
plus de constance dans le jeu ; ne pas se relâcher en défense comme on l’a fait
lors du troisième quart temps quand Bourges nous a mises sur le reculoir.
Etquand on recule, il est difficile de scorer (8 points seulement lors de ce
troisième quart, ndlr)."
Au vu de la rencontre, on peut cependant penser que l’absence d’une meneuse dans
les rangs du Cavigal a peut être davantage gêné Bourges que Nice. Les Azuréennes
ont, par la force des choses, insisté sur le jeu intérieur, là où Bourges a eu
des difficultés, au point de céder le rebond (32-36).Heureusement, les
extérieures, Laia mais aussi Anete (à trois points) ont assuré, palliant ainsi
au manque de réussite de Cathy. Et si c’était ça la grande force de Bourges, de
toujours avoir en magasin une solution de rechange pour assurer le résultat ?
Les joueuses détroussées
Les rats d’hôtel sont toujours
très présents sur la Côte d’Azur, plus difficiles à chasser de la Promenade des
Anglais que les "dames qui attendent leurs maris" parce que plus discrets. Les
Tango en ont fait l’amère expérience.
Des personnes indésirables se sont, en effet, introduites dans certaines des
chambres occupées par la délégation berruyère pour y faire main basse sur
quelques effets personnels. Ainsi, Laia Palau s’est fait dérober son téléphone
portable alors que Bernie Ngoyisa s’est fait voler un sac contenant, entre
autres affaires personnelles, son ordinateur portable, des CD et, plus embêtant
son passeport, indispensable pour les déplacements en Euroligue. La police est
venue enquêter sur place mais rien n’a été retrouvé. Bernie a quinze jours,
avant le déplacement à Schio par la voie des airs, pour faire refaire son
passeport. C’est court. Il faudra sans doute se déplacer plusieurs fois à Paris
ce qui n’est pas l’idéal au niveau de la préparation. Déjà samedi soir, les
filles avaient été secouées par ces avatars, ce qui peut expliquer leur entame
de match un rien laborieuse, notamment au niveau de la détermination et de
l’engagement.
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