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LIGUE FÉMININE (5 e
journée)
Bourges basket - Côte d’Opale
Calais : 83-61
Fini le plat, place à la montagne !
PAR HERVÉ LE FELLIC
U ne
très belle entame de match, un énorme coup de booster dans le troisième quart
temps : il n’en fallut pas plus, samedi soir dans un Prado bien apathique, pour
que les Berruyères mettent Calais à la raison, empochant du même coup leur
cinquième succès d’affilée en championnat de France. Les débats clos, la
sécheresse des chiffres illustrait cruellement, pour les visiteuses, l’écart les
séparant de leurs adversaires : 44 rebonds à 22, 21 sur 22 contre... 4 sur 9 aux
lancers. Et un débours final qui, sans les rotations opérées par le coach
berruyer, Pierre Vincent (pas une Tango à plus de trente minutes de jeu NDLR),
aurait sans doute dépassé les trente unités.
Cyril Sicsic, l’entraîneur calaisien, ne pouvait guère que constater les dégâts.
"Dans le troisième quart temps, on a compris que Bourges sentait que l’Euroligue
approchait, racontait-il. L’intensité des débats, d’un coup, ne fut plus la
même. L’impact physique non plus . On a cédé devant l’adresse revenue de
Bourges, devant sa puissance intérieure aussi. Jamais cette saison nous n’avions
été autant dominés au rebond. La différence dans ce secteur est énorme ! Ainsi
nourri, Bourges a eu beaucoup de deuxièmes chances. Jamais nous n’avons pu
installer notre jeu ; on a balbutié notre basket."
Bourges est dans les temps
Pour autant, l’ancien coach de
Nice avoue "ne pas être plus inquiet que ça", malgré les quatre défaites de rang
subies par les siennes. Il sait que les prochains matches lui apporteront des
adversaires davantage dans les cordes calaisiennes . "Maintenant, résume-t-il,
c’est un autre championnat qui commence pour nous." Pour Bourges aussi, une
nouvelle période s’ouvre. Et elle sera d’une tout autre intensité que le début
de saison, qui a permis aux Tango de s’étalonner face à des adversaires propres
à lui permettre de placer son jeu. Calais n’a pas fait exception, mais a tout de
même obligé la troupe de Pierre Vincent à bosser et à donner dans le sérieux.
Tout ce qu’il fallait, en somme. Une nouvelle fois (il n’y eut qu’à Nice qu’on
nota l’exception), Bourges attaqua pied au plancher, en prenant en six minutes
dix points d’avance (12-2, 10e), par Bernie Ngoyisa, qui n’eut samedi soir que
le tort de tomber dans les provocations de Maksimovic, et donc de se retrouver
trop rapidement lestée de fautes. Avant de sortir pour le compte. Mais c’est
dans le deuxième quart, pour cause de maladresse au tir (aucun trois points sur
cinq tentatives) et d’imprécision, symbolisée par nombre de pertes de balle, que
les Berruyères remirent leurs adversaires dans le coup. "J’avais beaucoup
modifié l’équipe, avec les rotations", expliqua Pierre Vincent. Manière
d’ailleurs de souligner qu’en ce moment, il y a dans l’équipe tango "un cinq
fort", incontournable. Celui que composent Céline Dumerc, Laia Palau, Cathy
Melain, Elodie Godin et Bernie Ngoyisa. Aux autres de se mettre complètement au
diapason de ce quintette : c’est l’un des défis que doit encore relever la
troupe tango, histoire de donner sa pleine mesure. Elle a en tout cas cette
faculté d’accélérer dès que le besoin s’en fait sentir, et Calais l’a appris à
ses dépens, dès le retour des vestiaires. En dix minutes, les Tango plièrent
l’affaire, emmenées qu’elles furent par capitaine Céline et par une rayonnante
Cathy Melain. D’un coup, l’adresse revint, même à grande distance. Et Calais,
saoulé de coups, physiquement mis au supplice, rendit les armes, incapable de
suivre plus longtemps. "On a pu mettre de l’intensité, sans pour autant laisser
trop de gomme", put se réjouir Pierre Vincent, qui s’attacha ensuite à ménager
ses cadres, dans la dernière période, remportée de façon anecdotique par les
visiteuses.
Désormais, c’est une autre histoire qui va s’écrire. Fin des oppositions
tranquilles : dès mercredi, avec la venue des Polonaises de Gdynia, on va
changer d’ère, comme de contexte. Le rythme des deux matches par semaine va
reprendre, les grosses écuries vont se succéder devant les Berruyères. Qui
arrivent en ayant parfaitement respecté, jusque-là, leur feuille de route, comme
l’apprécie leur entraîneur. "Je trouve que physiquement, l’équipe est bien. On
arrive à ce stade dans l’état que l’on désirait. Tactiquement, on travaille
bien, on est assez au point. Il nous reste à affiner les choses, comme les
relations intérieur-extérieur..."
Du boulot de détail, du travail de précision, qui est forcément le plus long à
accomplir. Mais ce sont ces petites choses qui vont permettre à Bourges de jouer
les yeux dans les yeux avec leurs futures redoutables rivales.
Elodie Godin,
maîtresse du rebond
"Une autre histoire,maintenant"
Reçues cinq sur cinq, après leur probante victoire samedi soir
devant Calais, les Berruyères entrent maintenant dans une période autrement plus
délicate. Avec, dès mercredi, Gdynia.
Une nouvelle fois, Elodie Godin a dominé les airs, samedi soir,
face à Calais. Treize rebonds de
mieux : pas de doute, l’internationale est dans son registre préféré. Elle a
largement contribué à l’énorme domination tango dans ce secteur de jeu. Tout en
reconnaissant que l’affaire n’avait pas forcément été simple.
"On a eu, dans le deuxième quart temps, quelques difficultés, notamment sur les
pick and roll de Calais. On a su régler ça en deuxième mi-temps, ce qui nous a
permis de mettre de l’intensité. On a su alors mieux défendre. On savait que
Calais avait des qualités, mais aussi des faiblesses ; on a su en profiter.
Franchement, on n’a pas perdu notre temps."
Manière de dire que les Tango en ont une nouvelle fois
profité pour mettre en place leur jeu. "On a même pu tester en
compétition une nouvelle forme de défense de zone..." Elodie l’affirme, le début
de saison a parfaitement été mis à profit. "On a eu la chance de rencontrer des
équipes de calibre propre à nous permettre de travailler, et on a su trouver les
bonnes solutions." Mais voilà... cette période de calme studieux est maintenant
révolue. Dès mercredi et le début de l’Euroligue, le ton va changer et Bourges
va devoir, d’un coup, faire monter de plusieurs crans son niveau de jeu.
"Maintenant vont venir les gros matches, ce sera une autre histoire, une autre
opposition. A nous d’être performantes, comme on a su le faire lors des trois
quarts du match contre Calais."
HERVÉ LE FELLIC
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