|
Euroligue féminine Bourges Basket - UMMC Ekaterinbourg : 77-53
La révolte que le Prado attendait Ekaterinbourg a payé au prix
fort le grand sentiment de révolte qui animait les Tango après leur défaite, la
première de la saison, de samedi contre Mondeville. Récit d'une victoire qui
fera date.
PAR CHRISTIAN RAGOT
Il est faut croire que la défaite de samedi, contre Mondeville, était encore
dans toutes les têtes. Celles des
joueuses et aussi celles des supporters. L'atmosphère était lourde au moment du
coup d'envoi, pesante même.
Comme une sorte de crispation générale. Et même si les Berruyères étaient les
premières en action avec deux paniers signés Laia Palau, on ne les sentait pas
libérées pour autant. On était loin de l'entame de feu de samedi dernier.
D'ailleurs, Ekaterinbourg ne tardait pas à mettre sa patte sur le match,
notamment par Batkovic qui pesait, dans tous les sens du terme, dans la
peinture. L'équipe de Zoran Visic concluait ainsi un 0-9 sur un panier bonifié
de Sytnyak face à des Berruyères tétanisées. Face à Batkovic, Bernie Ngoyisa
n'était pas à la fête et l'agressivité (dans le bon sens du terme) de la Serbe
Milica Dabovic posait des problèmes aux extérieures berrichonnes.
Quand Batkovic éprouva le besoin de souffler, après avoir marqué son septième
point sur un panier primé, à la 6e minute (6-12), on revit alors Ngoyisa à son
avantage. Même face à l'immense Zakalyuzhnaya (1,99 m). Du coup, Bourges se mit
à rivaliser au rebond, et commença à trouver des solutions en attaque au fur et
à mesure que la confiance revenait. En bonne capitaine, Céline Dumerc égalisait
à 14-14 (9e) parachevant un joli
8-0 des Berruyères. Un trois points d'Anete Jekabsone sur son premier shoot
permettait même aux Berruyères de repasser devant pour la première fois depuis
la 2e minute (18-16) juste avant que Batkovic, sur deux lancers sanctionnant une
troisième faute personnelle de Bernie, ne remette les deux équipes à égalité à
la fin du premier quart temps.
Malgré les trois fautes de Bernie, les deux d'Elodie Godin qu'il allait falloir
gérer... et les rotations supérieures du
côté de l'équipe russe, on avait la douce impression que Bourges était
dorénavant bien dans le match. Prêt au combat.
Elodie Godin déchaînée
Certes, les Russes n'allaient pas subitement se mettre à regarder jouer leurs
adversaires. D'ailleurs, la blonde Firsova, à trois points, en apportait la
preuve immédiate. Mais avec une énergie et un coeur admirable,
beaucoup de talent aussi, les Tango (les nôtres, ndlr) remettaient aussitôt
l'ouvrage sur le métier. En s'appuyant
sur sa défense de fer qui poussait l'équipe de Sauret aux 24 secondes. Pierre
Vincent prenait fort opportunément d'un temps mort pour corriger quelques
détails... et les effets étaient immédiats.
Malgré des arbitres dont les coups de sifflets n'étaient pas toujours bien
compris. Une épatante Elodie Godin, déchaînée, avec une belle fiabilité dans ses
shoots et une présence énorme au rebond tenait alors la baguette. Bien relayée
par Laia Palau. C'est d'ailleurs Laia Palau qui donnait à Bourges son plus gros
avantage (+5) sur un tir excentré (34-29, à la 18e). De quoi énerver Batkovic
qui écopait d'une deuxième faute pour avoir râlé trop fort auprès des arbitres.
C'était là les derniers soubresauts de l'équipe de l'Oural, un deux points de
l'Australienne qui ne laissait qu'un court avantage à Bourges au repos : 37-35.
Mais on sentait bien que la victoire berruyère était bien amorcée...
La fiesta de Laia
D'un panier main gauche, Laia Palau donnait le signal de la grande révolte
berruyère. Malgré Zaka, malgré Batko, qui jetaient leurs derniers feux, Bourges
n'allait pas tarder à s'envoler. Défense de fer, rebond
dominateur, jeu rapide, adresse... le récital pouvait commencer : 44-41 (22e).
Pendant sept longues minutes,
Ekaterinbourg allait rester scotché à 41 points. Souvent sur les deuxièmes
options, Bourges se jouait de la zone
russe et passait un 14-0 sans appel : 58-41. L'occasion pour Laia Palau de
régaler le public du Prado avec quelques passes que les toreros les plus
spectaculaires n'auraient pas reniées.
Même la troisième faute de Céline Dumerc ne pouvait venir perturber le bon
fonctionnement de la machine
berruyère, forte dans sa tête, comme dans ses jambes et dans son coeur. Sabrina
Reghaïssia, qui n'a pourtant pas encore retrouvé toute sa sérénité sur ses
shoots, participait activement à la fête alors qu'au rebond, Elodie Godin
finissait par écoeurer Zaka et Batkovic.
Les filles de l'Oural, prises dans le rythme infernal des locales, étaient au
bord de la rupture et pour elles, la fin du troisième quart temps, arrivait au
bon moment (63-47, 30e). Zoran Visic avait beau multiplier les rotations, ça
n'allait pas suffire pour contrarier des Berruyères survoltées et poussées par
un public conquis. La leçon de Mondeville avait été retenue. Pas question de se
relâcher, ne serait-ce qu'une minute, pour souffler un peu.
Cette fois, il fallait enfoncer le clou jusqu'au bout. Ne pas laisser à l '
adversaire le moindre espoir de relever la
tête. Et Ekaterinbourg, au collectif défaillant contrairement à celui de
Bourges, allait payer la note. Cash ! Bernie amenait le plus 20 dans l'
escarcelle berruyère au moment où Batkovic était sanctionnée pour la quatrième
fois. L'écart grimpait même à plus 26 (77-51). Pierre Vincent pouvait bien
lancer Sena Pavetic à 2'16'' de la fin, la victoire était dans la poche. Et le
public debout. Qui chantait les louanges de "ses" Tango. La révolte a été belle.
77-53 au final (14 - 6 dans le dernier quart temps). Qui l'eut cru après les
cinq premières minutes ? Oublié Mondeville.
Place aux grosses échéances à venir. Villeneuve samedi dans le nord, puis Sopron
en Hongrie, VO samedi en huit au Prado et ensuite Brno... Quel programme ! On
s'en délecte à l'avance. |