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Ligue féminine 8e Journée : ESB Villeneuve d'Ascq - Bourges
Basket, 63-80
C'est tout bon pour la confiance...
Sans jamais trembler, sans le sillage de Bernie Ngoyisa et d'Anete
Jekabsone, le Bourges Basket s'est aisément imposé à Villeneuve d'Ascq.
Convaincant avant Sopron.
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL CHRISTIAN RAGOT
Les Berruyères n'ont laissé que deux minutes aux Nordistes pour croire au
miracle (8-0 après 2'15'' de jeu). Le temps pour l'ex-Tango Iveta Marcauskaite
de montrer qu'elle n'avait rien perdu de son adresse (23 points à 9/13). Deux
minutes ; le temps pour les tango de trouver le rythme, de prendre leur place
dans la peinture et de retrouver leur adresse (0/3 pour commencer). Après, elles
ont passé les Ch'ties à la moulinette ; un 13-0 sans appel. Avec, aux manettes,
une Bernie Ngoyisa intenable qui a fait une véritable razzia au rebond offensif,
offrant autant de deuxièmes chances à son équipe (voir par ailleurs).
Il faut dire aussi qu'en l'absence de Tatum Brown, souffrant d'une contracture
au muscle fessier, la raquette nordiste était fortement démunie. Et pourtant,
Iveta Marcauskaite, qui avait à coeur de flamber devant son ancien club, s'est
battue comme une diablesse mais on sait aussi que la Lituanienne n'est pas une
très grande défenseuse dans l'âme et que face à Bernie mais aussi Elodie Godin
et Sabrina Reghaïssia, ça finirait par craquer ; forcément.
Bon pour la confiance
Vous l'avez compris, Bourges était trop fort pour Villeneuve d'Ascq
samedi soir. Dans ces cas là, le danger est de se déconcentrer et de verser dans
un jeu approximatif. Ça n'a pas été le cas.
Tout en gérant leurs efforts en vue d'échéances futures autrement plus délicates
encore (à Sopron mercredi, devant Valenciennes samedi prochain au Prado et enfin
à Brno la semaine prochaine) les Tango ont toujours mis beaucoup d'intensité
dans tout ce qu'elles ont entrepris. Rigoureuses et appliquées en défense, ultra
dominatrices aux rebonds (45 contre 29 à Villeneuve), capables de belles
accélérations en attaque et adroites sur la zone adverse (7/10 à trois points
pour Anete Jekabsone), elles ont fait le métier en grandes professionnelles pour
la plus grande satisfaction de Pierre Vincent. Les Tango remportèrent ainsi sans
trembler les trois premiers quarts temps, pour compter jusqu'à 23 points
d'avance (29-52 à la 24e minute). Outre l'apport de plus en plus important de
Bernie Ngoyisa, le très perfectionniste coach berruyer salua ainsi la
performance d'Anete Jekabsone (27 points).
C'est, en tout cas, le genre de performance qui devrait mettre la blonde Lettone
en confiance. Anete a ainsi compensé le match moins éclatant de Laia, très
brillantge mercredi contre Ekaterinbourg, mais trop rapidement
pénalisée par les fautes samedi dans le Nord. N'est-ce pas d'ailleurs l'une des
grandes forces du Bourges Basket cette saison d'avoir toujours une ou deux
joueuses capables de sortir du lot pour la différence ? Quand ce n'est pas Laia,
c'est Anete, Céline ou Cathy. Et quand Bernie est moins présente en dessous,
c'est Elodie qui prend brillamment le relais.
Autre joueuse en quête de confiance : Sabrina Reghaïssia. Devant son ancien
public, Sab se montra, comme toujours, très combative mais ne fit pas toujours
les bons choix comme le souligna son coach.
Le déclic pour Sena Pavetic ?
On vit alors Cathy, Anete ou Céline chercher très souvent la jeune Croate dans
le jeu posté. Sans grande réussite. coupe Pierre Vincent. Néanmoins, on veut
voir comme un symbole le dernier panier du match inscrit par Sena sur un service
d'Anete et salué par de chaleureux applaudissements de tout le banc berruyer.
Est-ce enfin le déclic tant attendu propre à faciliter pour de bon l'intégration
de la jeune Croate ? Tout un chacun l'espère au Bourges Basket.
Bernie Ngoyisa (24 points, 11
rebonds en 15 minutes)
Retour gagnant à Villeneuve d'Ascq
Les supporters cht'is étaient béats d'admiration : Ils ne reconnaissaient plus
Bernie. La joueuse qui, il y a deux ans, avait pourtant été meilleure rebondeuse
de la Ligue féminine sous les couleurs de l'ESB Villeneuve d'Ascq.
N'en déplaise aux supporters nordistes, le contexte est tout de même différent.
Ce n'est pas faire injure à l'adversaire de dire qu'à Bourges, Bernie est mieux
entourée, gavée de ballons, qu'elle ne l'était à Villeneuve il y a deux saisons.
Depuis, si l'internationale congolaise n'a rien perdu de ses énormes qualités
physiques, elle a gagné en expérience lors de la saison passée dans le
championnat d'Italie, à Ribera. Et en quelques semaines à Bourges, elle a fait
des progrès énormes, tant sur le plan tactique que technique, comme le souligne
Pierre Vincent.
Une grosse marge de progression
Contre Ekaterinbourg comme devant Gdynia, Bernie avait fait son job. Et même un
peu plus. Même si, depuis le début de la saison, elle commet encore trop de
fautes facilement évitables et pénalisantes pour l'équipe. Mais là aussi, elle
travaille, se corrige et progresse. Ainsi, samedi, à Villeneuve d'Ascq, elle a
tout simplement été celle qui a remis le Bourges Basket dans le droit chemin.
Après le 8-0 initial infligé par les Nordistes, c'est
elle, Bernie, qui prit les choses en mains, marquant six des huit premiers
points berruyers pour la première égalisation (8-8). En l 'espace de 7'32'', son
temps de jeu en première mi-temps dans la mesure où Pierre
Vincent avait à coeur de ménager ses troupes en vue des prochaines échéances
autrement plus délicates encore, Bernie marqua 17 points à 5/7 aux tirs et 7/8
aux lancers, capta 8 rebonds (dont cinq offensifs), et provoqua 3 fautes. Et
elle boucla le match avec une ligne de stats à 24 points (à 8/10), 11 rebonds, 5
fautes provoquées, une note évaluation à 26 et une seule faute seulement à son
compteur personnel (et ça, c'est un sacré progrès, ndlr) en 15'10'' de jeu
seulement. Si Pierre Vincent n'avait pas voulu la ménager un peu avant Sopron
pour lancer Sena Pavetic, qui sait jusqu'au Bernie serait allée ?
Plus les matches passent, plus on se dit que le Bourges Basket a fait une
excellente pioche avec sa Congolaise. Le plus extraordinaire, c'est que sa marge
de progression est encore très importante, tant au plan de la
technique individuelle que collectivement. Ça promet pour la suite de la
saison...
CHRISTIAN RAGOT
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