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LIGUE FÉMININE
10e
journée : Clermont -
Bourges, 68-75
Menées à la mi-temps, les Tango ont dû s’employer pour venir à
bout d’une coriace équipe clermontoise, qui plus est, aidée par une réussite
insolente en première mi-temps.
Elles ont vraiment dû s’employer...
PAR CHRISTIAN RAGOT
C eux
qui pensaient - si, si, on en connaît !- que ce match à Clermont serait une
simple formalité pour les Tango, ceux là devront, à l’avenir, modérer leurs
enthousiasmes. Les Clermont - Bourges n’ont-ils toujours été très serrés ?
Pierre Vincent, lui, n’était pas dupe. "Clermont, avec son jeu atypique, sa
défense agressive, des joueuses mobiles et des intérieures très adroites,
capables de marquer loin du cercle, peut battre nous poser de réels
problèmes"avait-il prévenu. Il craignait aussi que la fatigue, sournoise, ne
vienne perturber le bon rendement de son équipe. Pour avoir énormément donné ces
dernières semaines, tant sur le front européen qu’en Ligue féminine, face à des
cadors (Mondeville, Sopron, Valenciennes, Brno...) avec, à la clé, des
déplacements éreintants, même pour les organismes les mieux entraînés, les Tango
auraient pu éprouver l’envie de lever le pied. Mais les Auvergnates ne leur en
laissèrent pas l’occasion. Au point que Pierre Vincent ne prit même pas le
risque de faire rentrer Pauline Krawczyk, ni Sena Pavetic. Aussi, hier soir,
victoire en poche, le coach berruyer était doublement satisfait : "C’était le
match piège par excellence. Un match compliqué, dans
une période difficile avec la multiplication des matches de haut niveau, que les
filles ont pourtant bien négocié. Physiquement, elles ont été présentes. Et dans
le jeu, elles ont su faire front au plus fort de la réussite clermontoise...".
Insolente réussite clermontoise
Et quelle réussite ! Pensez qu’à la fin
du premier quart temps (24-23), Clermont était à 100 % de réussite sur les
shoots intérieurs et à 88 % à deux points extérieurs. Du jamais vu salle Fleury.
Les Clermontoises étaient sur un nuage . Un peu comme Bourges, rappelez-vous,
l’avait été contre Mondeville au Prado.... Avant de sombrer par la suite pour
s’être grillé les ailes. Comme ça rentrait à tous coups pour le SCAB, Bourges
n’avait que des miettes à se mettre sous la dent (6 rebonds seulement en
première période).
Et sans munitions, il est difficile de marquer. Les Berruyères n’avaient
pourtant guère de déchet dans leur jeu mais face à une Stampalija supersonique
(18 points à 8/9 en première mi-temps), il fallait d’abord tenir pour ne pas se
laisser distancer et mieux attendre son heure. "Clermont est parti très vite et
Bernie a eu du mal à défendre sur Stampalija et Nikipolskaia qui ne jouent pas
comme de véritables pivots" admettait Pierre Vincent. "Face à un des intérieures
capables de marquer de loin, comme à Sopron, on a du mal. Dans ces cas là, il
faut rester concentré, garder la confiance et continuer à jouer sur nos
qualités." C’est sans doute ce que le coach a dit à ses joueuses durant le
repos. "On a juste mis un peu trop de temps à nous adapter au jeu de Clermont"
analysait encore le coach berruyer. "En allant aider trop rapidement en première
mi-temps, on a fragilisé notre jeu défensif. Après le repos, on a corrigé ça ;
on a mieux contrôlé en un contre un..."
Quand la défense va...
Surtout, les Berruyères se sont alors
montrées bien plus agressives en défense. Et quand on défend bien et plus fort
que l’adversaire, forcément, on a des ballons pour attaquer. Et l’adversaire
marque moins. Beaucoup moins. La preuve, Stampajila, intenable en début de
match, dut se contenter de quatre points en deuxième période, bien contenue, il
est vrai par Elodie Godin, plus à l’aise que Bernie pour défendre sur elle.
Bourges, qui avait concédé 44 points — ce qui est énorme pour l’équipe possédant
la meilleure défense du championnat — en première période, n’en lâcha que 24
dans la deuxième après avoir considérablement serré les boulons. Et trouva, en
retour, des solutions en attaque. En dessous avec Bernie Ngoyisa (encore 18
points hier à 8/10) et à l’extérieur avec Anete, Laia et Céline.
Un test probant avant Gdynia
Tout naturellement, les Tango passèrent devant pour la
première fois à la 23e minute (44-46) pour ne plus lâcher la tête. Après, avec
beaucoup de sérénité, les Berruyères surent mettre suffisamment de pression,
d’intensité aussi dans les duels, pour contenir des Clermontoises pourtant
généreuses ô combien au combat. Des Cl ermontoises qui croyaient encore à
l’exploit quand, à trois minutes de la fin, elles revinrent à moins un (68-69)
sur deux lancers de Nikipolskaia mais une contre-attaque de Laia Palau, un
rebond offensif de NGoyisa et un panier main gauche —main droite de Céline
Dumerc renvoyaient définitivement les Auvergnates dans les cordes.
Ce retour de Clermont fut d’ailleurs fustigé par Pierre Vincent : "Nous nous
sommes mis en danger en n’allant pas suffisamment loin dans nos attaques. En
précipitant les shoots, en voulant aller trop vite, on est moins adroit et on
rend le ballon à l’adversaire. C’est comme ça que Clermont est revenu à moins
un. Si l’on veut progresser, il faut être plus réactif sur ces moments de
flottement.." Quoiqu’il en soit, les Tango ont passé un test probant avant
d’aller à Gdynia. "Nous aussi nous manquions de fraîcheur après notre expédition
à Salamanque mais face à Bourges, nous n’avions rien à perdre" analysait, de son
côté le coach clermontois Pascal Delaliaux. "On s’était fixé plusieurs petits
challenges, au rebond ou encore en attaque face à la meilleure défense de
France. Les filles se sont complètement lâchées, elles ont joué avec un cœur
énorme et ça a débouché sur une première mi-temps exceptionnelle de notre part.
Ensuite, Bourges est revenu sur le métier, en grande équipe, avec aussi deux ou
trois coups de sifflet curieux, mais bon... C’est le genre de match qui nous
permet de progresser. L’objectif n’était pas de battre Bourges à tout prix,
encore que... Mais de gagner nos trois prochains matches contre Nice,
Saint-Amand et Strasbourg." En jouant de la sorte, ça devrait être dans les
cordes du club auvergnat.
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