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LIGUE FÉMININE
(12e
journée) : Tarbes Gespe
Bigorre - Bourges Basket, 63-70
Sans jamais céder à l’affolement, même en étant menées, mais au
contraire en haussant constamment leur assise défensive, les Tango ont conquis
hier un succès convaincant, à Tarbes.
Une maîtrise de chaque instant
PAR HERVÉ LE FELLIC ENVOYÉ SPECIAL
T arbes
n’a pas su, et surtout pas pu, sortir de sa mauvaise passe. Les Pyrénéennes ont
encaissé hier leur quatrième défaite de rang, sans qu’il y ait grand-chose à
redire, tant Bourges, au total, a bien maîtrisé les événements. Il est vrai que
la série grise ne s’est pas faite devant les premières venues, Tarbes ayant
croisé la route de Valenciennes, Montpellier et Fenerbahce, avant de recevoir la
réplique des Berruyères.
On pensait même, au coup d’envoi, que les joueuses de Pascal Pisan, rentrées
seulement vendredi dans la nuit après leur périple stambouliote, allaient avoir
les jambes très lourdes. Il n’en fut rien et elles offrirent une très belle
opposition aux Tango.
Un départ de haute volée
D’entrée, elles cherchèrent à indiquer
avec le plus de clarté possible qu’elles entendaient bien ne pas se faire
marcher sur les pieds, dans leur antre. Et on assista à un premier quart temps
où l’adresse fut, de part et d’autre, au rendez-vous. A moins que les défenses
n’aient eu quelques soucis à trouver leurs marques.
On s’expliqua d’abord entre grandes, et ce fut entre Katryna Gaither et Bernie
Ngoyisa un dialogue de haut niveau. Un bon vrai duel. Et bien vite, les autres
se mirent au diapason. Claire Tomasewski, pour Tarbes, fit parler son adresse à
trois points (9-7 pour Bourges, 3e). Chaque équipe avait décidé d’emballer
la rencontre, de prendre l’autre de vitesse. Bourges trouva avec les shoots
extérieurs d’Elodie Godin et de Sabrina Reghaïssia de quoi continuer de mener au
score. Tarbes put, par la précieuse Gunta Basko et par sa nouvelle recrue, Alina
Slabecka, rester à faible distance (20-23, 10e).
Quand, dès le début du deuxième quart temps, Laure Savasta trouva elle aussi la
bonne gestuelle, à trois points, ce fut pour conclure pour ses couleurs un 8-0,
infligé à cheval sur les deux premières périodes (23-23, 11e). Pour la première
fois du match, les Pyrénéennes prirent même les commandes, sur un trois points
de Claire Tomaszewski (28-26, 15e). Sans être décisif, l’instant était
d’importance, les deux formations se rendant alors coup pour coup. Et ce fut
Tarbes qui, toujours à trois points,mais par Gunta Basko cette fois, trouva le
moyen de rentrer au vestiaire en tête (37-35, 20e). Les filles de Pascal Pisan
avaient pu compter sur une impressionnante adresse extérieure (6 sur 10 à trois
points). Pas Bourges (1 sur 4 dans le même exercice) pour qui, fort
heureusement, Elodie Godin avait eu la main heureuse (10 points, à 5 sur 7 à
deux points).
Et Bourges augmenta la pression
A l’évidence, Bourges allait devoir, pour
s’imposer, mieux contenir les actions adverses au large. Car toute la tactique
tarbaise était justement d’écarter au maximum les Tango les unes des autres, de
jouer sur toute la profondeur et la largeur. De créer ainsi des brèches.
Seulement voilà : résoudre un problème défensif, Bourges sait faire. Et le
montra de belle manière, dans un troisième quart temps qui s’avéra crucial. Tout
en utilisant au mieux les munitions ainsi récupérées. Bernie Ngoyisa, Céline
Dumerc puis Laia Palau s’y employèrent d’entrée et successivement, l’Espagnole
replaçant les siennes en tête (41-39, 23e). Tarbes n’allait plus pouvoir
reprendre les rênes . Insensiblement , Bourges augmenta la pression, des deux
côtés du terrain. Et ce malgré un arbitrage qui, d’un coup, devint du genre
curieux. Bernie fit le ménage dessous, Laia s’avéra tranchante en plusieurs
occasions. Tarbes ne trouvait plus un shoot facile, ni dessous où Gaither fut
sevrée de ballons, ni par l’extérieur où ses réactions se firent plus
sporadiques. La défense de Bourges ne délivrait plus aucun bon de sortie. Et ce
fut somme toute tout naturellement, en tout cas en toute logique, que la
formation de Pierre Vincent s’offrit dix points d’avance, sur un nouveau ballon
volé par Laia Palau, qui en profita pour aller à dame (58-48, 31e). Cathy Melain
s’offrit une défense énorme sur Gunta Basko, Anete Jekabsone se retrouva à la
conclusion d’une nouvelle interception. Même le fait que Bourges se retrouva,
sur ce dernier quart temps, à cinq fautes d’équipe en autant de minutes, ne
parut pas outre mesure inquiétant. Bernie Ngoyisa, encore et toujours elle,
amena le plus gros écart du match (+12, 68-56, 37e), et Pascal Pisan ne put pas
faire l’économie d’un temps mort, histoire d’éviter à sa troupe de prendre
définitivement l’eau.
Tarbes, alors, oublia sa fatigue. Donna ses dernières forces pour éviter que
l’écart ne grandisse. Slabecka, dernière venue en Bigorre,montra l’étendue de
son registre offensif. Ramena les siennes à cinq longueurs, à une minute du
terme. Mais Bourges ne s’affola pas un seul instant. Garda son excellence ligne
défensive, fit tourner le ballon au maximum. Jusqu’à ce qu’Elodie Godin s’en
aille cueillir deux lancers, pour clore tout suspense. Et tirer tout le bénéfice
de quarante minutes parfaitement négociées.
TACTIQUE
La clé, ce fut la défense
DÉFENSE. Si elle a très peu scoré, Cathy Melain en revanche a
fait plus que sa part de travail en défense, là où se construisent les
victoires.
De l’importance des duels gagnés
Pierre Vincent avait décrit, dans notre édition d’hier, le
scénario essentiel, incontournable, pour que
Bourges puisse prétendre à la victoire, dans la salle tarbaise : tout passait
par la défense individuelle, par la capacité de chacune à tenir son adversaire
directe. Et on en eut sur le quai de l’Adour la parfaite illustration. Pascal
Pisan, le coach pyrénéen, ne pouvait que le reconnaître : "On fait jeu égal
pendant trois quarts temps. Mais tout s’est joué dans le troisième : et c’est,
comme par hasard, le moment choisi par Bourges pour augmenter encore sa pression
défensive. Les Berruyères en ont l’habitude, elles en ont la capacité. C’est
vraiment là que tout s’est joué." Pendant toute une mi temps, Tarbes avait
parfaitement su mener sa barque. Trouvant dessous Katryna Gaither, curieusement
bien peu servie ensuite par ses partenaires. "Oui,mais elle devait défendre soit
face à Ngoyisa, soit devant Godin, et à force ça use", rappela Pascal Pisan. La
défense, toujours la défense. Pendant les deux premiers quarts temps, Tarbes put
également écarter l’arrière garde tango. Qui devait tout à la fois veiller à
fermer les possibilités de pénétration, mais aussi à sortir assez loin pour
éviter aux artilleuses adverses de trouver la cible à trois points. Le souci,
pour Bourges, fut à cet instant que les Tarbaises connurent une superbe adresse
dans cet exercice. Résultat, six paniers sur dix tentatives pour elles, dans les
deux premiers quarts temps. "Oui, on a su alors trouver les positions
lointaines", admit Pascal Pisan. "Mais on n’a pas su, dans le même temps, créer
suffisamment de points de fixation." Et dans le reste de la partie, Tarbes en
rentra seulement deux sur six à trois points, pour un total de huit
paniers. Bourges avait remis les chevaux de frise.
Bernie Ngoyisa un poison pour les Tarbaises
"On a alors vraiment eu du mal à terminer nos actions, et c’est
sûr que la fatigue, de ce point de vue, s’est faite sentir", soupira Pascal
Pisan. Bourges avait ciblé les dangers, savait qu’il ne fallait pas laisser les
extérieures adverses prendre feu et verser dans l’euphorie. Après la pause, on
vit, insensiblement, se réduire encore la distance entre les Tango et leur
adversaire directe, cette dernière se trouvant encerclée de bras affamés. Au
total, Tarbes perdit dans l’opération une petite vingtaine de ballons. Autant de
munitions en moins, autant de possibilités en plus pour la formation de Pierre
Vincent de partir toutes voiles dehors à l’abordage, ou de servir en jeu posté
Bernie Ngoyisa, qui a encore signé hier après-midi une performance de premier
plan. "Elle nous a vraiment fait très mal", avoua le coach tarbais. "On n’a pas
pu défendre sur elle. On a, en l’absence de Penda Sy, une seule joueuse capable
de le faire : Yacoubou. Mais elle manque encore d’expérience."
Pierre Vincent, le coach berruyer, pouvait lui se réjouir d’un plan de jeu en
grande partie respecté, et d’un match au final bien maîtrisé. "On savait que
tout partait des duels. On avait prévu de tenir Basko et Lepron et dans
l’ensemble, on y est parvenu. En première période, Tarbes a presque tout mis
dedans, à trois points, et c’est bien ce qui a créé l’écart en leur faveur.
Nous, dans le même temps, on n’avait pas une adresse suffisante. On jouait alors
trop sur la périphérie..."
Tout, fort heureusement, s’est remis en place, dans les vingt minutes suivantes.
"On a resserré la défense, c’est vrai, mais on a su également mieux s’appuyer
sur le jeu intérieur. Quand on saura , sur de mêmes périodes, avoir une
meilleure alternance entre les actions offensives extérieures et celles qui
amènent le ballon dessous, on aura une meilleure stabilité encore. On a réussi
aussi à mieux contrôler le rebond, à gagner des ballons pour le jeu rapide. Au
total, on a bien maîtrisé cette rencontre." Il fallait éviter ce piège qu’est
toujours un déplacement à Tarbes, Bourges, parfois chahuté mais jamais en proie
à l’affolement, a su le faire.
HERVÉ LE FELLIC
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