Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
22/12/2005

 
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LIGUE FÉMININE (1re journée retour) : Saint-Amand-les-Eaux - Bourges Basket, 34-61

MAÎTRISE. Grâce à une entrée en matière fulgurante, Cathy Melain et les Tango ont disposé de leurs adversaires. Sans verser dans le génie, le Bourges Basket n’a connu aucune inquiétude, hier, à Saint-Amand. Il est vrai que son début de match fut de nature à tuer tout suspense dans l’œuf.

 

Plié dès le premier quart d’heure

PAR HERVÉ LE FELLIC ENVOYÉ SPÉCIAL

C’était hier, pour les Tango, le dernier devoir avant les vacances. Et il s’agissait, dans la ville élue, pour sa catégorie, la plus sportive de France en 2005, de faire honneur à son rang en donnant la réplique au promu amandinois, auteur d’un parcours plus qu’honorable jusque-là. Un promu qui restait ainsi sur un probant succès face à Tarbes. Mais qui  était privé, comme prévu, de l’ex-intérieure strasbourgeoise Teana Miller, insuffisamment remise de son entorse à la cheville.
Par contre, Luba Drljaca, l’ancienne Berruyère, était bien dans le camp d’en face. Et pendant de longues minutes, elle fut un peu l’arbre cachant un petit désastre. Car le début de rencontre fut un vrai calvaire pour les locales de David Thiébault. Bourges, campé sur une défense de fer (Elodie Godin sur Luba Drljaca, Cathy Melain sur Edwina Brown), mit tout de suite la barre très, mais alors très, haut. Cathy et Elodie, justement, y allèrent de leur shoot extérieur, pour un 0-5 acquis en trois minutes.

Entame supersonique des Tango
Le temps pour Luba Drljaca d’inscrire le premier panier du match pour ses nouvelles couleurs et ce fut littéralement l’avalanche sur les têtes nordistes. Tout l’arsenal berruyer y passa, de la maîtrise des airs sous les deux cercles à la parfaite alternance entre jeu rapide et jeu placé. Bernie Ngoyisa, dessous, lança la danse et toutes s’engouffrèrent dans les brèches : Cathy Melain en pénétration, Laia Palau à trois points, Cathy encore bénéficiant d’un caviar de Bernie. Laia eut encore le bon goût de planter un nouveau trois points et le temps de le dire, Saint-Amand se retrouva lesté d’un 14-0 sur la fin du premier quart temps. Et ce ne fut pas l’entrée dans le deuxième qui fut pour rassurer les locales ! Pierre Vincent avait lancé en jeu Pauline Krawczyk et Sabrina Reghaïssia ; et sur la première action, Anete Jekabsone trouva la cible, à trois points. Ce fut ensuite Capitaine Céline Dumerc, sur panier plus lancer, qui offrit à ses couleurs ce qui constitua alors le plus gros écart du match : 2-25, à la 12e minute... Comme son public, l’équipe nordiste était sous le choc, dominée qu’elle était dans tous les compartiments du jeu, et tout spécialement en physique et en rythme. Pierre Vincent put alors multiplier à loisir les rotations. Bientôt, du cinq de départ, il ne resta plus sur le parquet que la seule Céline Dumerc. Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Toujours est-il que Luba Drljaca inscrivit le deuxième panier de son équipe à la... 14e minute ! Et que l’imitèrent l’autre ancienne pensionnaire du Prado, Virginie Delépine, et Aurélie Cibert, en pénétration. Tiens, un 6-0 pour Saint-Amand...
L’arbitrage faussant un peu les débats, par des décisions mal venues - d’un côté comme de l’autre, les débats se durcirent alors quelque peu. Bourges y perdit la fluidité de ses offensives, se montra moins précis. Voilà en tout cas qui permit à l’Espagnole venue cet automne de Cracovie, Alicia Lopez, puis à Edwina Brown en fin de possession, d’offrir le gain du deuxième quart temps à Saint-Amand. Belle réaction des filles de David Thiébault, soit dit en passant, parce qu’il fallait s’en relever, de ce satané départ.

Et maintenant le repos...
Bourges se devait de revenir à plus de sérieux, plus de précision. Pierre Vincent le comprit, qui relança son cinq fétiche dès l ’entame du troisième quart temps. Bernie Ngoyisa pour en planter deux nouveaux, dessous puis au terme d’une belle chevauchée. Céline Dumerc y alla de sa pointe de vitesse, et cela fit 6-0 d’entrée (14-35, 22e). Les Tango remirent la main sur le match, et reprirent la direction des opérations. Laia Palau, puis Anete Jekabsone après rebond, ramenèrent le + 20 pour Bourges,qui plaça un nouveau coup d’accélérateur. Et infligea aux Nordistes un nouveau 10-0, conclu par Cathy Melain. L’affaire était définitivement pliée, d’autant que jamais les Amandinoises ne purent se défaire des griffes berruyères. Elles n’inscrivirent ainsi que vingt points dans toute la deuxième mi-temps. Et sans forcer son talent, Bourges parvint à contrôler parfaitement les opérations. On frôla le + 30 pour les filles de Pierre Vincent, qui fit rentrer la toute jeune Carole Lebouc en fin de match. Il n’arriva jamais. Mais Bourges avait conclu avec sérieux et application ce dernier match de l’année civile, en évitant soigneusement de tomber dans le moindre piège éventuel par un départ canon. Et c’était bien là l’essentiel. Bonnes vacances et bonnes fêtes,mesdemoiselles !

 

ANALYSE : avec les coaches, David Thiébault et Pierre Vincent

Ce fut tout, sauf un grand match

Si les deux entraîneurs, David Thiébault pour Saint-Amand et Pierre Vincent pour Bourges, tombèrent d’accord sur un point, c’est bien sur le petit niveau des débats d’hier soir. "On a payé très cher les efforts consentis dimanche, devant Tarbes, avoua le Nordiste. On n’y était pas en attaque, on n’y était pas dans les rotations défensives..." Et le début de match plomba complètement les quelques espoirs initiaux des Amandinoises. "De toute façon, depuis l’entraînement de la veille, je savais que mes filles n’avaient plus rien dans les jambes", reconnut David Thiébault. Qui regretta quand même "quelques paniers faciles ratés, quelques lancers. Mais le résultat est pleinement logique. Bourges s’est reposé sur ses valeurs, même si je n’ai pas trouvé que la formation berruyère avait fait un grand match. Et nous, on a manqué de fraîcheur et d’agressivité." D’adresse, aussi, mais c’est bien parce que la défense berruyère (et tout particulièrement celle d’Elodie Godin, puis de Sabrina Reghaïssia sur Luba Drljaca) y fut pour quelque chose. Ce fut, pour Pierre Vincent, le coach tango, le gros point positif de la soirée. "Bien sûr, Saint-Amand était privé de Miller, mais on a fait, défensivement, du bon travail ! On a bien pris quelques lay-up évitables dans le deuxième quart temps, mais dans l’ensemble, ce fut sur ce plan satisfaisant." Plus que satisfaisante, aussi, l’entame des Berruyères. Celle qui, à l’évidence, plia le match avant même qu’on ne regagne les vestiaires. Et il le fallait, pour éviter, sur ce dernier match de l’année, de se mettre en danger. "On est bien rentré dans le match, c’est vrai", reconnut l’entraîneur berruyer. Qui goûta vraiment moins la suite des opérations. "Ces matches- là , dans un tel contexte, sont souvent pourris. Là, on part bien, et ensuite on se déconcentre. On rate beaucoup de paniers faciles et comme trop souvent,malheureusement, dans ces cas-là, on se met à rechercher la difficulté, le shoot délicat, au lieu d’attendre sereinement que la période difficile se termine." Ce fut son discours à la mi temps et, de fait, les Tango revinrent sur le parquet plus concernées par leur sujet. "On revient bien, et c’est pour retomber quelques instants plus tard dans les mêmes travers..." Un adversaire vite mis à distance, les vacances qui vous trottent dans la tête : le contexte n’avait rien de facile. L’essentiel, c’est bien que Bourges ait bouclé l’année civile sur un succès. L’année prochaine, dans quelques jours, d’autres défis surviendront...