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LIGUE FÉMININE (15 e
journée)
Trop facile victoire de Bourges
face à Strasbourg, 96-51
Comme attendu, il n’y a pas eu match samedi soir au Prado, entre
un Bourges européen et des Strasbourgeoises courageuses mais trop limitées.
Mercredi soir face à Brno, la musique sera différente.
Une belle promenade de santé
PAR CHRISTIAN RAGOT
A
vaincre sans péril... Un gouffre séparait
les deux équipes, samedi soir, au Prado. D’un côté une équipe berruyère sereine,
sûre de sa force et de son collectif, avec des joueuses comptant parmi les
meilleures en Europe à leur poste respectif ; un Bourges Basket supérieur en
taille et en puissance et qui avait l’avantage d’évoluer dans sa salle ; de
l’autre, une formation strasbourgeoise lanterne rouge de la Ligue féminine,
inexpérimentée, accrocheuse mais extrêmement limitée, notamment dans la
peinture.
Il ne pouvait, à l’arrivée, y avoir photo. Même en cas de grosse décompression
(ce qui aurait été compréhensible entre deux grosses joutes européennes) de la
part des Tango. "Les deux équipes ne luttent pas dans la même catégorie",
reconnaissait, lucide, le coach alsacien Abdel Loucif. "A tous les postes,
Bourges avait un physique bien supérieur au nôtre. Notre seule ambition était de
rester dans le match le plus longtemps possible en essayant de mettre du rythme
et pour ça, on misait sur un manque de concentration ou un souci de s’économiser
de la part de nos adversaires..." Strasbourg a ainsi tenu douze minutes. Il a
même eu le plaisir de mener au score (1-4) jusqu’à la... 2e minute. Après, un
premier panier primé de Céline Dumerc (les Tango vont trouver la cible à 12
reprises à très longue distance avec un joli 5/7 pour Anete Jekabsone) remettait
les deux équipes à égalité avant que Cathy Melain ne donne, définitivement déjà,
l’avantage au Bourges Basket sur un caviar de Bernie. Bourges enchaînait par un
10-0 (11-4) et pour Strasbourg, c’était déjà fini. Mais les
Cigognes, profitant
alors de largesses inhabituelles de la part de la défense tango, d’un manque de
rythme aussi, s’accrochèrent le plus longtemps possible. Avec leur petits
moyens, elles étaient toujours à moins un à la 12e : 22-21. "C’était un peu
inespéré", poursuivait Abdel Loucif. "Quand la machine berruyère s’est vraiment
mise en train, on a forcément lâché prise. Ngoyisa nous a mangés au rebond et
les Berruyères ont, en plus, été d’une grande adresse à l’extérieur. De toute la
Ligue féminine, c’est l’équipe qui dégage la plus grande sérénité. C’est celle
qui sait le mieux dérouler son jeu, que ce soit serré ou non, qui attend les
opportunités pour mieux les saisir (un compliment qui va faire plaisir à Pierre
Vincent, ndlr). Face à ça, Strasbourg n’avait rien à espérer", constatait le
coach alsacien, impuissant "d’autant que Gueye, qui n’a pas encore digéré son
championnat d’Afrique où elle disputa neuf matches en dix jours, n’était pas au
mieux et que nous attendons toujours un renfort à l’intérieur. Mais j’ai peur de
ne jamais rien voir venir."
Les Tango ont déroulé
A partir de la 12e minute, à 22-21, il
n’y eut plus de match. Cela vira même carrément à la démonstration tango quand
Pierre Vincent remit ses cadres sur le parquet (le Bourges basket attaqua le
deuxième quart avec Dumerc, Godin, Melain et Ngoyisa... sur le banc). Mais
ce début de match, disons en demi-teinte, de son équipe, n’inquiéta en rien le
coach tango. On eut même l’impression qu’il s’y attendait un peu. Et pas
seulement parce que son groupe pouvait se sentir un peu moins concerné par ce
match contre la lanterne rouge du championnat, placé entre deux grosses joutes
européennes. "L’équipe a eu le mérite de rester concentrée jusqu’au bout ; c’est
déjà une satisfaction. C’est vrai que notre début de match a été hésitant mais
on avait profité de cette rencontre pour essayer quelques nouvelles formes
tactiques, notamment sur zone et dans le fille à fille. Et forcément, plus on
multiplie les systèmes, plus on perd de la lucidité, notamment sur les choses
qu’on maîtrise habituellement très bien. Cela demande un temps d’adaptation que
l’on n’avait pas, ce qui explique ces hésitations, ce manque de fluidité parfois
dans le jeu. Nous avons effectivement eu un trou au milieu de la première mi
temps, notamment au moment où j’ai effectué beaucoup de rotations (d’où le
retour strasbourgeois à 22-21, ndlr). En revanche, notre deuxième mi-temps a été
très satisfaisante, notamment au plan offensif avec une bonne alternance dans le
jeu et ce, même si tout n’a pas été parfait, notamment dans le jeu rapide."
Et maintenant, Brno !
En clair, la balance tango pencha très
nettement du côté des satisfactions samedi soir. Au plan individuel, Bernie et
Elodie ne trouvèrent personne, en face, avec qui lutter dans la peinture, ni en
taille, ni en puissance ; aussi la domination berruyère au rebond (45 à 18) ne
saurait être un révélateur fiable. En revanche, face à une équipe alsacienne
mobile, les performances individuelles de Céline Dumerc (note évaluation à 27,
avec 16 points à 4 sur 6, 4 interceptions et 7 passes décisives), Anete
Jekabsone et Cathy Melain sont autrement plus significatives. "Cathy a fait un
gros match", acquiesçait Pierre Vincent, "et Anete a eu beaucoup de tirs ouverts
et a eu le mérite de les mettre..." C’est important pour une shooteuse de
marquer régulièrement. En revanche, le coach était plus discret sur la
prestation de Laia Palau mais l’excusait sans tarder : "Ce n’est pas le genre de
match où elle se donne... On le sait !" Gageons que l’Espagnole, magnifique
mercredi dernier contre Sopron, le sera encore mercredi prochain contre Brno.
Idem pour Sena Pavetic : "Tout le monde peut rater un match. Ce n’était pas un
match pour elle. Elle a pris de bonnes positions mais on a eu du mal à lui
envoyer la balle." Soit. Pour Pierre Vincent, "l’idée était surtout de faire
tourner tout le monde tout en gardant de l’intensité pendant tout le match.
Jouer mais pas trop, sans puiser dans ses réserves". Cela en vue du match de
mercredi contre Brno. Le fait est que les temps de jeu (voir notre tableau de
stats) ont été très équilibrés ; les joueuses cadres ayant été ménagées au
maximum. "Mais de là à tirer des enseignements de ce match en vue de celui de
mercredi... Il y a vraiment trop de différence entre Strasbourg et Brno. Brno,
selon moi, est la meilleure équipe en Europe. C’est une formation complète,
athlétique, adroite, plus forte que Samara, sauf sur le poste cinq où Wauters et
Stepanova sont au dessus. Mercredi, on devrait voir un très gros match
d’attaque. On espère que le Prado sera plein..." Il le sera coach, il le sera !
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