Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
16/01/2006

 
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LIGUE FÉMININE (15e journée) Trop facile victoire de Bourges face à Strasbourg, 96-51
 

Comme attendu, il n’y a pas eu match samedi soir au Prado, entre un Bourges européen et des Strasbourgeoises courageuses mais trop limitées. Mercredi soir face à Brno, la musique sera différente.

Une belle promenade de santé

PAR CHRISTIAN RAGOT

A vaincre sans péril... Un gouffre séparait les deux équipes, samedi soir, au Prado. D’un côté une équipe berruyère sereine, sûre de sa force et de son collectif, avec des joueuses comptant parmi les meilleures en Europe à leur poste respectif ; un Bourges Basket supérieur en taille et en puissance et qui avait l’avantage d’évoluer dans sa salle ; de l’autre, une formation strasbourgeoise lanterne rouge de la Ligue féminine, inexpérimentée, accrocheuse mais extrêmement limitée, notamment dans la peinture.
Il ne pouvait, à l’arrivée, y avoir photo. Même en cas de grosse décompression (ce qui aurait été compréhensible entre deux grosses joutes européennes) de la part des Tango. "Les deux équipes ne luttent pas dans la même catégorie", reconnaissait, lucide, le coach alsacien Abdel Loucif. "A tous les postes, Bourges avait un physique bien supérieur au nôtre. Notre seule ambition était de rester dans le match le plus longtemps possible en essayant de mettre du rythme et pour ça, on misait sur un manque de concentration ou un souci de s’économiser de la part de nos adversaires..." Strasbourg a ainsi tenu douze minutes. Il a même eu le plaisir de mener au score (1-4) jusqu’à la... 2e minute. Après, un premier panier primé de Céline Dumerc (les Tango vont trouver la cible à 12 reprises à très longue distance avec un joli 5/7 pour Anete Jekabsone) remettait les deux équipes à égalité avant que Cathy Melain ne donne, définitivement déjà, l’avantage au Bourges Basket sur un caviar de Bernie. Bourges enchaînait par un 10-0 (11-4) et pour Strasbourg, c’était déjà fini. Mais les
Cigognes, profitant alors de largesses inhabituelles de la part de la défense tango, d’un manque de rythme aussi, s’accrochèrent le plus longtemps possible. Avec leur petits moyens, elles étaient toujours à moins un à la 12e : 22-21. "C’était un peu inespéré", poursuivait Abdel Loucif. "Quand la machine berruyère s’est vraiment mise en train, on a forcément lâché prise. Ngoyisa nous a mangés au rebond et les Berruyères ont, en plus, été d’une grande adresse à l’extérieur. De toute la Ligue féminine, c’est l’équipe qui dégage la plus grande sérénité. C’est celle qui sait le mieux dérouler son jeu, que ce soit serré ou non, qui attend les opportunités pour mieux les saisir (un compliment qui va faire plaisir à Pierre Vincent, ndlr). Face à ça, Strasbourg n’avait rien à espérer", constatait le coach alsacien, impuissant "d’autant que Gueye, qui n’a pas encore digéré son championnat d’Afrique où elle disputa neuf matches en dix jours, n’était pas au mieux et que nous attendons toujours un renfort à l’intérieur. Mais j’ai peur de ne jamais rien voir venir."

Les Tango ont déroulé
A partir de la 12e minute, à 22-21, il n’y eut plus de match. Cela vira même carrément à la démonstration tango quand Pierre Vincent remit ses cadres sur le parquet (le Bourges basket attaqua le deuxième quart  avec Dumerc, Godin, Melain et Ngoyisa... sur le banc). Mais ce début de match, disons en demi-teinte, de son équipe, n’inquiéta en rien le coach tango. On eut même l’impression qu’il s’y attendait un peu. Et pas seulement parce que son groupe pouvait se sentir un peu moins concerné par ce match contre la lanterne rouge du championnat, placé entre deux grosses joutes européennes. "L’équipe a eu le mérite de rester concentrée jusqu’au bout ; c’est déjà une satisfaction. C’est vrai que notre début de match a été hésitant mais on avait profité de cette rencontre pour essayer quelques nouvelles formes tactiques, notamment sur zone et dans le fille à fille. Et forcément, plus on multiplie les systèmes, plus on perd de la lucidité, notamment sur les choses qu’on maîtrise habituellement très bien. Cela demande un temps d’adaptation que l’on n’avait pas, ce qui explique ces hésitations, ce manque de fluidité parfois dans le jeu. Nous avons effectivement eu un trou au milieu de la première mi temps, notamment au moment où j’ai effectué beaucoup de rotations (d’où le retour strasbourgeois à 22-21, ndlr). En revanche, notre deuxième mi-temps a été très satisfaisante, notamment au plan offensif avec une bonne alternance dans le jeu et ce, même si tout n’a pas été parfait, notamment dans le jeu rapide."

Et maintenant, Brno !
En clair, la balance tango pencha très nettement du côté des satisfactions samedi soir. Au plan individuel, Bernie et Elodie ne trouvèrent personne, en face, avec qui lutter dans la peinture, ni en taille, ni en puissance ; aussi la domination berruyère au rebond (45 à 18) ne saurait être un révélateur fiable. En revanche, face à une équipe alsacienne mobile, les performances individuelles de Céline Dumerc (note évaluation à 27, avec 16 points à 4 sur 6, 4 interceptions et 7 passes décisives), Anete Jekabsone et Cathy Melain sont autrement plus significatives. "Cathy a fait un gros match", acquiesçait Pierre Vincent, "et Anete a eu beaucoup de tirs ouverts et a eu le mérite de les mettre..." C’est important pour une shooteuse de marquer régulièrement. En revanche, le coach était plus discret sur la prestation de Laia Palau mais l’excusait sans tarder : "Ce n’est pas le genre de match où elle se donne... On le sait !" Gageons que l’Espagnole, magnifique mercredi dernier contre Sopron, le sera encore mercredi prochain contre Brno. Idem pour Sena Pavetic : "Tout le monde peut rater un match. Ce n’était pas un match pour elle. Elle a pris de bonnes positions mais on a eu du mal à lui envoyer la balle." Soit. Pour Pierre Vincent, "l’idée était surtout de faire tourner tout le monde tout en gardant de l’intensité pendant tout le match. Jouer mais pas trop, sans puiser dans ses réserves". Cela en vue du match de mercredi contre Brno. Le fait est que les temps de jeu (voir notre tableau de stats) ont été très équilibrés ; les joueuses cadres ayant été ménagées au maximum. "Mais de là à tirer des enseignements de ce match en vue de celui de mercredi... Il y a vraiment trop de différence entre Strasbourg et Brno. Brno, selon moi, est la meilleure équipe en Europe. C’est une formation complète, athlétique, adroite, plus forte que Samara, sauf sur le poste cinq où Wauters et Stepanova sont au dessus. Mercredi, on devrait voir un très gros match d’attaque. On espère que le Prado sera plein..." Il le sera coach, il le sera !