Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
20/02/2006

 
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LIGUE FÉMININE Après Bourges Basket - Mourenx BC : 94-57
 

Face à Mourenx décimé, Pierre Vincent a pu gérer les temps de jeu de ses joueuses cadres en vue du choc de demain contre Brno en quarts de finale de l’Euroligue. Là, ce sera une autre histoire...

Place aux choses sérieuses !

PAR CHRISTIAN RAGOT

Quand on a su que Mourenx se présenterait sans sa star américaine Tamika Whitmore (meilleur marqueuse avec 22,4 points et meilleure rebondeuse, avec 10,2 rebonds, de la Ligue féminine) ni ses deux autres étrangères, la grande (1,92m) intérieure russe Elena Vishnyakova et l’ailière moldave Olga Nachminovitch, on comprit qu’il n’y aurait pas vraiment match. D’autant que l’étonnante Polina Tzekova (37 ans) se plaignait de douleurs récurrentes au dos et se présentait diminuée, pour rendre service au club en grande professionnelle qu’elle est.
Le fait est que les Tango, avec leur traditionnel cinq de départ, ne laissèrent pas planer le doute. En deux minutes, Mourenx avait déjà encaissé un 9-0 sans appel. Valery Demory grilla alors un premier temps mort pour changer de tactique défensive mais rien n’y fit. Après 6’30’’ de jeu, le tableau affichait 17-0 en faveur de Bourges. Quinze secondes plus tard, Mourenx, par l’intermédiaire de l’... ex-Tango Elodie Gérard marquait enfin ses premiers points.
La suite ne fut qu’une tranquille promenade berruyère, avec des temps forts et quelques petites erreurs de concentration face à une très jeune équipe pyrénéenne (Valery Demory fit même rentrer deux cadettes lors du dernier quart temps) qui eut cependant le mérite de ne jamais se décourager. Bourges remporta ainsi sans trembler les quatre quarts temps (24-7, 19-10, 23-19, 28-21) faisant dans le sérieux, sans jamais chercher à humilier son adversaire. Un match finalement très utile pour les Tango en vue des deux (ou trois en cas de belle) prochaines échéances européennes contre Brno. Certes, il aurait peut-être été préférable de se frotter à un adversaire plus consistant avant de retrouver les Tchèques mais comme le concède Pierre Vincent, "ne pas avoir eu à forcer contre Mourenx va nous permettre d’arriver assez frais contre Brno." Ce qui est loin d’être négligeable.

Les joueuses cadres ménagées
Le coach berruyer en a effectivement profité pour ménager ses joueuses cadres. Ainsi, Céline Dumerc, Cathy Melain et Elodie Godin n’ont joué que vingt minutes (deux quarts temps entiers chacune). Anete Jekabsone, Bernie Ngoyisa, Sabrina Reghaïssia et Laia Palau ont joué vingt-cinq minutes ou moins. Cette gestion des temps de jeu a ainsi profité à Pauline Krawczyk qui, avec 25 points en trente minutes et cinq rebonds (voir ci-dessous), a montré qu’elle pouvait être une rotation intéressante contre les Tchèques. Même la jeune Loraine Lokoka (6 points en 14’17’’) a pu participer à la fête.
"J’ai volontairement fait jouer les filles sur des séquences longues (10 minutes). C’est mieux pour gérer la fatigue et pour avoir un rythme correct dans le jeu. Ce que je peux retirer d’un tel match ? Par exemple, l’excellent premier quart temps de Cathy Melain et la belle efficacité montrée par Pauline Krawczyk et Sabrina Reghaïssia. Contre Brno, on aura besoin de tout le monde, de toutes les énergies, celles du public y compris, pour réaliser un exploit. Car battre Brno à ce stade de la compétition relève de l’exploit; i l faut bien en être conscient... Après un match comme ça, Pauline et Sab vont être prêtes, notamment dans leurs têtes. C’est vrai que Mourenx était faible, mais les paniers, il faut quand même les mettre. Je retiens surtout qu’elles ont bien fait ce qu’elles savent faire et n’ont pas hésité à se livrer physiquement, notamment face à Polina Tzekova" Tout n’a certes pas été parfait. Tout en restant très pros, les Tango ont parfois eu des petits moments de déconcentration qui ont entraîné quelques pertes de balles surprenantes ou encore des fautes facilement évitables à l’image de celles concédées par Bernie (trois fautes en quinze minutes) mais rien de bien grave. "Il y avait une volonté d’aller loin dans le jeu de passes, de faire tourner le ballon parfois à l’excès au point de perdre des balles ; c’est vrai, on a parfois péché par excès d’altruisme. Quant à Bernie, elle a fait de gros efforts en défense face à Tzekova, et forcément, il est plus facile de faire faute. Cela dit, c’est vrai aussi que Bernie a toujours un peu de mal à contrôler ses émotions..." admet le coach. Des petits défauts qui n’auront pas cour devant Brno ; on en est persuadé. En fait, le seul véritable regret de la soirée vint de Tarbes... où Mondeville s’imposa après pro-longation, préservant ainsi son fauteuil de leader. Il faudra donc aller gagner à Mondeville et à Valenciennes !

 

25 points et une note évaluation de 29 pour Pauline Krawczyk

"J’en ai profité à fond..."

Félicitée de toutes parts à la fin du match, Pauline Krawczyk, rouge de plaisir, ne s’appartenait plus. Ses yeux étaient encore plus rieurs que d’habitude et son sourire fendu jusqu’aux oreilles. Celle que ses copines appellent affectueusement «Paupau» était sur un nuage. Déjà,mercredi, contre Aix, elle avait bien fait son job, ce qui lui avait valu un compliment appuyé de la part de Pierre Vincent qui pensait déjà à Brno : "Elle n’a fait d’erreurs en défense et elle a mis ses shoots ouverts. On aura besoin d’elle pour défendre contre les grandes Tchèques...".

Sensations retrouvées
Et samedi, contre Mourenx, profitant de circonstances très favorables, le coach lui a offert un temps de jeu comme elle n’en avait encore jamais eu cette saison. Trente minutes ! Et Pauline a su saisir cette chance à bras le corps pour rendre une copie très propre : 25 points, 5 rebonds, 1 interception, 1 contre, 2 passes décisives et une disponibilité constante. Pierre Vincent a apprécié. Hier matin, après avoir confié ses impressions à Dieu (Pauline, d’origine polonaise, manque rarement la messe du dimanche matin) avait retrouvé toute sa sérénité pour revenir sur sa performance de la veille : "Un match comme ça, c’est vraiment génial. J’ai retrouvé des sensations que je n’avais pas eues depuis longtemps. Ça fait vraiment plaisir. Mais il faut relativiser. Mourenx était très affaibli. Dans un autre match, ça n’aurait pas été la même chose. Il n’empêche, j’en ai profité à fond...".
Et elle a bien eu raison, Pauline, d’en profiter. De se servir sans retenue car, en basket comme dans la vie, on ne passe pas toujours les plats deux fois. "Ma performance, je la dois d’abord au travail de l’équipe" tempère-t-elle. "Les passes ont été faites au bon moment, j’ai eu des shoots ouverts et les ballons sont rentrés.."

"Etre à cent pour cent mentalement..."
Simple le basket, non ? Il n’empêche,marquer 25points en un seul match, son record en Ligue féminine, c’est tout bon pour la confiance. Surtout quand on sait d’où Pauline revient, avec de grosses blessures au genou qui lui ont pourri son début de saison. Mais «Paupau» ne se laisse pas griser pour autant : "J’ai fait mon job, en respectant au mieux les consignes de l’entraîneur, notamment au plan défensif. Quand on défend bien, on retrouve de la sérénité dans son jeu, on prend confiance et forcément, après, ça va mieux en attaque... Maintenant, il faut continuer à travailler. Je dois me tenir prête, être à cent pour cent, mentalement surtout, au cas où le coach ferait appel à moi pour les matches à venir. Bien sûr que j’aimerais avoir un peu de temps de jeu contre Brno. Mais c’est au coach d’en décider, d’estimer si je peux apporter quelque chose à l’équipe, notamment dans un registre défensif, pour contrer les grandes ailières tchèques. Je me tiendrai prête. Mais si je dois rester sur le banc, je ne me prendrai pas la tête pour autant. Il y aura d’autres occasions, d’autres matches... Je continuerai à travailler."
On ne sait pas ce que fera Pierre Vincent mais une chose est sûre : une Pauline Krawczyk revenue à un bon niveau physique, en confiance, disciplinée et adroite devient une possibilité de rotation très intéressante pour le collectif berruyer. Et dans les dures joutes européennes, tout comme en Ligue féminine, ça peut faire la différence.

CHRISTIAN RAGOT