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LIGUE FÉMININE
21e
journée : Bourges Basket -
Villeneuve-d’Ascq, 90-60
Les Tango n’ont pas laissé une chance aux Nordistes de
Villeneuve-d’Ascq. Après un détour par la Coupe de France, elles remettront cap
au Nord et sur... Valenciennes, samedi prochain.
Il faut conserver le cap au Nord
PAR HERVÉ LE FELLIC
C es
deux-là ne peuvent pas s’éviter ! Vous changez, de par et d’autre, les
effectifs, au fil des saisons, Bourges se lançant avec son rival valenciennois
dans l’opération rajeunissement. Vous leur glissez dans les pattes un troisième
larron, Mondeville, qui à son tour a craqué. Vous leur
opposez même quelques chausse trappes, Challes-les-Eaux pour les Nordistes,
Aix-en-Provence pour les Berruyères. Et que croyez-vous qu’il arrive ? Comme
d’habitude, ou presque, Valenciennes et Bourges se disputeront samedi prochain,
au Hainaut, la première place de la phase régulière.
Inséparables, au plus haut niveau. Encore fallait-il être présent au
rendez-vous. Valenciennes a connu, vingt minutes durant, quelques difficultés
samedi en terre strasbourgeoise, mais Bourges n’a guère mis que dix minutes pour
prendre la mesure de Villeneuve-d’Ascq, pourtant prétendant à la quatrième place
du championnat et restant sur une série de
bonnes performances. Seulement voilà : comme Mondeville une semaine auparavant,
Villeneuve est passé sous le rouleau compresseur.
La déferlante berruyère
Abdou N’Diaye, le coach nordiste,
qui n’a pas dû souvent repartir avec une telle valise du Prado, en onze saisons
de présence en Ligue féminine, ne cherchait pas à se voiler la face : sa troupe
est tout simplement tombé sur trop fort, beaucoup trop fort ! "La victoire est
revenue à l’équipe la plus physique, la plus adroite, la plus rapide, la plus
présente dans les duels, les un contre un. Et en plus, il y a eu une grande
Céline Dumerc. Voilà, il n’y a rien à dire, bravo Bourges...
On a pris une leçon, en agressivité, en vivacité ; à nous de la retenir, pour
les cinq matches qui nous restent dans cette phase régulière, si on veut
conquérir la quatrième place." Celle qui qualifiera son détenteur pour le
Tournoi de la Fédération... qu’organise le club nordiste.
Discours réaliste, aux accents d’aveu d’impuissance, que celui d’Abdou N’Diaye.
Villeneuve a tenu neuf minutes, parvenant à 19-19 suite à un début de match un
peu fou, et sur un rebond offensif gagnant de sa nouvelle Américaine, Octavia
Blue, l’une des rares satisfactions de la soirée, côté Villeneuve. "Oui, c’est
la seule bonne nouvelle. C’est une joueuse inconnue en France, mais je pense
qu’elle a un registre qu’on va pouvoir utiliser" estima Abdou N’Diaye.
Mais ensuite, ce fut la déferlante berruyère, et elle fut définitive : les
Tango,emmenées à cet instant par le duo de scoreuses Céline Dumerc - Sabrina
Reghaïssia, passèrent, à cheval sur les deux premiers quarts temps, un 17-0 à
leurs adversaires médusées et soudain scotchées. Imparable !
Que voulez-vous que les Nordistes fassent, devant telle avalanche ? Au retour
aux vestiaires, elles avaient subi un 5 sur 8 à trois points, un 14 sur 27 à
deux points et une domination sans partage (25 à 11) au rebond. Malgré l’apport
d’Octavia Blue, elles étaientétouffées, prises par le rythme tango, privées de
munitions, et leurs affaires n’allaient pas s’arranger dans les vingt minutes
suivantes,même si une petite décélération tango leur permit de faire jeu égal
dans le troisième quart et même de revenir à quatorze longueurs sur un trois
points de l’Américaine (66-52, 31e). Mais toutes les Berruyères s’appliquèrent
alors à remettre le couvercle sur la marmite, histoire d’éviter tout
bouillonnement intempestif.
Quand l’intérieur sert l’extérieur
"Bon, l’équipe est plutôt bien,
c’est vrai", consentit à lâcher cet avare d’envolées lyriques qu’est le coach
berruyer, Pierre Vincent. Qui doit composer avec le pied encore douloureux de
Sena Pavetic ; qui a pu samedi soir économiser Anete Jekabsone, dont la cheville
va mieux ; qui n’a pas été sans noter que Laia Palau, au retour du All Star Game
féminin de mercredi, accusait un peu de fatigue. "On n’est pas encore au beau
fixe,mais c’est vrai qu’on n’en est pas loin." Vrai aussi que les Tango, en deux
matches, ont fait le plein de confiance, remisant définitivement leur déception
européenne. Samedi, tout y passa, de la puissance de feu dessous au tir de
missiles extérieurs, les deux options n’étant pas, bien entendu, incompatibles.
"On voulait face à Villeneuve mettre le ballon à l’intérieur , jouer posté .
Pour marquer au plus près du cercle, mais pas seulement. Cela permet aussi de
provoquer un resserrement de la défense adverse, les aides défensives. Et donc
de libérer les shooteuses en périphérie. On l’a plutôt bien réalisé." C’est le
moins qu’on puisse dire. "Villeneuve a bien essayé de nombreux changements de
stratégies défensives,mais..." Mais rien n’y a fait, les Tango ayant su "réagir
et mettre les paniers qu’il fallait" dans le dernier quart, quand les Nordistes
firent mine de remettre le nez à la fenêtre. La manière fut impressionnante,
l’écart imposant, même si pour Pierre Vincent "il n’y a pas trente points entre
les deux formations".
Alors, nous y voilà, à ce fameux choc Valenciennes - Bourges. Enfin presque,
parce que Pierre Vincent, continuant de prendre les matches les uns après les
autres, a d’abord à l’esprit le déplacement de mercredi en Coupe de France à
Challes-les-Eaux, "où on avait connu quelques difficultés en championnat". Signe
tout de même que la grande affiche approche : les Berruyères auront droit à une
séance d’entraînement au lendemain de leur retour de Savoie, alors qu’en
général, le jeudi, c’est plutôt récupération...
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