Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
13/03/2006

 
Pages trouvées    
Retour à la liste des articles article plus ancien article plus récent

LIGUE FÉMININE 21e journée : Bourges Basket - Villeneuve-d’Ascq, 90-60

Les Tango n’ont pas laissé une chance aux Nordistes de Villeneuve-d’Ascq. Après un détour par la Coupe de France, elles remettront cap au Nord et sur... Valenciennes, samedi prochain.

 

Il faut conserver le cap au Nord

PAR HERVÉ LE FELLIC

Ces deux-là ne peuvent pas s’éviter ! Vous changez, de par et d’autre, les effectifs, au fil des saisons, Bourges se lançant avec son rival valenciennois dans l’opération rajeunissement. Vous leur glissez dans les pattes un troisième larron, Mondeville, qui à son tour a craqué. Vous leur opposez même quelques chausse trappes, Challes-les-Eaux pour les Nordistes, Aix-en-Provence pour les Berruyères. Et que croyez-vous qu’il arrive ? Comme d’habitude, ou presque, Valenciennes et Bourges se disputeront samedi prochain, au Hainaut, la première place de la phase régulière.
Inséparables, au plus haut niveau. Encore fallait-il être présent au rendez-vous. Valenciennes a connu, vingt minutes durant, quelques difficultés samedi en terre strasbourgeoise, mais Bourges n’a guère mis que dix minutes pour prendre la mesure de Villeneuve-d’Ascq, pourtant prétendant à la quatrième place du championnat
et restant sur une série de bonnes performances. Seulement voilà : comme Mondeville une semaine auparavant, Villeneuve est passé sous le rouleau compresseur.

La déferlante berruyère
Abdou N’Diaye, le coach nordiste, qui n’a pas dû souvent repartir avec une telle valise du Prado, en onze saisons de présence en Ligue féminine, ne cherchait pas à se voiler la face : sa troupe est tout simplement tombé sur trop fort, beaucoup trop fort ! "La victoire est revenue à l’équipe la plus physique, la plus adroite, la plus rapide, la plus présente dans les duels, les un contre un. Et en plus, il y a eu une grande Céline Dumerc. Voilà, il n’y a rien à dire, bravo Bourges... On a pris une leçon, en agressivité, en vivacité ; à nous de la retenir, pour les cinq matches qui nous restent dans cette phase régulière, si on veut conquérir la quatrième place." Celle qui qualifiera son détenteur pour le Tournoi de la Fédération... qu’organise le club nordiste.
Discours réaliste, aux accents d’aveu d’impuissance, que celui d’Abdou N’Diaye. Villeneuve a tenu neuf minutes, parvenant à 19-19 suite à un début de match un peu fou, et sur un rebond offensif gagnant de sa nouvelle Américaine, Octavia Blue, l’une des rares satisfactions de la soirée, côté Villeneuve. "Oui, c’est la seule bonne nouvelle. C’est une joueuse inconnue en France, mais je pense qu’elle a un registre qu’on va pouvoir utiliser" estima Abdou N’Diaye.
Mais ensuite, ce fut la déferlante berruyère, et elle fut définitive : les Tango,emmenées à cet instant par le duo de scoreuses Céline Dumerc - Sabrina Reghaïssia, passèrent, à cheval sur les deux premiers quarts temps, un 17-0 à leurs adversaires médusées et soudain scotchées. Imparable !
Que voulez-vous que les Nordistes fassent, devant telle avalanche ? Au retour aux vestiaires, elles avaient subi un 5 sur 8 à trois points, un 14 sur 27 à deux points et une domination sans partage (25 à 11) au rebond. Malgré l’apport d’Octavia Blue, elles étaientétouffées, prises par le rythme tango, privées de munitions, et leurs affaires n’allaient pas s’arranger dans les vingt minutes suivantes,même si une petite décélération tango leur permit de faire jeu égal dans le troisième quart et même de revenir à quatorze longueurs sur un trois points de l’Américaine (66-52, 31e). Mais toutes les Berruyères s’appliquèrent alors à remettre le couvercle sur la marmite, histoire d’éviter tout bouillonnement intempestif.

Quand l’intérieur sert l’extérieur
"Bon, l’équipe est plutôt bien, c’est vrai", consentit à lâcher cet avare d’envolées lyriques qu’est le coach berruyer, Pierre Vincent. Qui doit composer avec le pied encore douloureux de Sena Pavetic ; qui a pu samedi soir économiser Anete Jekabsone, dont la cheville va mieux ; qui n’a pas été sans noter que Laia Palau, au retour du All Star Game féminin de mercredi, accusait un peu de fatigue. "On n’est pas encore au beau fixe,mais c’est vrai qu’on n’en est pas loin." Vrai aussi que les Tango, en deux matches, ont fait le plein de confiance, remisant définitivement leur déception européenne. Samedi, tout y passa, de la puissance de feu dessous au tir de missiles extérieurs, les deux options n’étant pas, bien entendu, incompatibles. "On voulait face à Villeneuve mettre le ballon à l’intérieur , jouer posté . Pour marquer au plus près du cercle, mais pas seulement. Cela permet aussi de provoquer un resserrement de la défense adverse, les aides défensives. Et donc de libérer les shooteuses en périphérie. On l’a plutôt bien réalisé." C’est le moins qu’on puisse dire. "Villeneuve a bien essayé de nombreux changements de stratégies défensives,mais..." Mais rien n’y a fait, les Tango ayant su "réagir et mettre les paniers qu’il fallait" dans le dernier quart, quand les Nordistes firent mine de remettre le nez à la fenêtre. La manière fut impressionnante, l’écart imposant, même si pour Pierre Vincent "il n’y a pas trente points entre les deux formations".
Alors, nous y voilà, à ce fameux choc Valenciennes - Bourges. Enfin presque, parce que Pierre Vincent, continuant de prendre les matches les uns après les autres, a d’abord à l’esprit le déplacement de mercredi en Coupe de France à Challes-les-Eaux, "où on avait connu quelques difficultés en championnat". Signe tout de même que la grande affiche approche : les Berruyères auront droit à une séance d’entraînement au lendemain de leur retour de Savoie, alors qu’en général, le jeudi, c’est plutôt récupération...