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LIGUE FÉMININE
22e
journée : US Valenciennes
Olympic - Bourges Basket, 74-64
Menant pourtant de huit points à la 27 e
minute, les Tango ont
une fois encore chuté sur le parquet valenciennois, pour n’avoir pas su gérer le
dernier quart temps. Et l’USVO occupe seule la première place.
La forteresse est restée imprenable
PAR HERVÉ LE FELLIC ENVOYÉ SPÉCIAL
P our
le Bourges Basket, c’est désormais la quinzaine du résultat blanc, dans la salle
valenciennoise. Depuis près de six ans maintenant, les Nordistes imposent leur
loi dans leur fief, et le nouveau succès de samedi soir leur offre la première
place provisoire de la phase régulière du championnat. Qui, si elle devient
définitive dans quatre journées, leur offrira ticket pour la prochaine Euroligue
et avantage non négligeable pour la suite des événements. Seule chance désormais
pour Bourges de contrecarrer cette mainmise ? Que Valenciennes se prenne d’ici à
la fin les pieds dans le tapis : les Tango, en remportant tous les matches qui
leur restent, passeraient alors devant au bénéfice du point average, raison pour
laquelle elles devancent actuellement Mondeville pour la deuxième place.
En clair, les joueuses de Pierre Vincent n’ont plus leur destin entre les mains,
pour ce qui concerne toujours la phase régulière. Ce qui n’hypothèque en rien la
suite de leur saison. Le destin en mains, elles l’ont eu samedi soir, sans doute
comme jamais depuis trois ans, dans cette marmite qu’est le Hainaut. On ne nous
enlèvera pas de l’idée que cette formation valenciennoise, si forte soit elle
(elle n’est pas pour rien à son cinquième Final four en six ans) était prenable.
A la double condition qu’aucune des Tango ne passe au travers, et de ne pas
commettre trop d’erreurs, défensivement surtout.
Une fin de match bien mal négociée
Ce ne fut malheureusement pas le
cas. Et Pierre Vincent, l’entraîneur berruyer, ne put que fustiger ces bévues,
survenues dans les douze dernières minutes, et qui permirent à Kristy Harrower
et Sonja Kireta, alors fers de lance nordistes, d’emporter la décision. "Sur
trois ou quatre actions, on a eu des coupures de secteur,on n’a pas respecté les
consignes, et c’est bien pour ça que j ’en veux à mon équipe !" Laia Palau,
vraiment peu en réussite (2 sur 12 au tir) ne chercha pas à prétendre le
contraire. "En début de rencontre, on gère bien leur jeu intérieur, on gère bien
le dynamisme d’Harrower. On arrive à prendre huit points d’avance et, à ce
moment-là, on arrête d’appliquer les consignes. On connaît alors des soucis
défensifs, on opère de mauvais choix de shoots. On a manqué de réussite au tir
extérieur, alors qu’on peinait sur les autres formes de jeu offensif. On n’a pas
su stopper la montée en puissance de Valenciennes, qui a alors grandement haussé
son niveau de jeu. On les a laissées jouer. On a finalement été, et j’ai été,
moins présentes, moins consistantes, que d’ordinaire."
Dommage, vraiment, de s’incliner quand à l’extérieur on domine une formation
d’un tel calibre au rebond ; qu’on s’offre par ces prises et les interceptions
des munitions en pagaille ; qu’on tire 64 fois, contre 55 aux Nordistes. Bien
sûr, on ajoutera aux manques berruyers cet arbitrage incohérent (pour les deux
équipes, voir par ailleurs), qui handicapa par exemple lourdement Céline Dumerc,
le garde chiourme d’Harrower, nantie de trois fautes à la 16e minute. "Mais on
s’est trop focalisées sur l’arbitrage", estime Anete Jekabsone, "alors que nous
aurions dû rester concentrées, dans notre jeu. Valenciennes alors a produit un
très bon basket, et nous, on a commis trop d’erreurs en défense, tout en ratant
des shoots faciles." Côté USVO, tout au contraire a baigné, et c’est avec un
surcroît de confiance que les partenaires de Sandra Le Dréan aborderont le Final
four, dans deux petites semaines. "On ne pouvait attendre meilleure préparation"
, put se réjouir la capitaine nordiste. "Bourges nous a vraiment proposé un
excellent basket, et imposé un vrai combat. On s’attendait, bien sûr, à un match
d’un tel niveau. Quand on a été menées, on n’a pas baissé les bras, on a
continué à défendre, on a finalement trouvé les solutions. Ça a été serré
pendant presque toute la rencontre, et chaque perte de balle était presque
automatiquement sanctionnée de deux points. Pour moi, c’est une véritable
victoire d’équipe, acquise avec les tripes, la motivation, et on ne peut qu’être
contentes. Ce ne fut pas de notre part un match parfait,mais on a su aller
ensemble au bout des choses, et c’est très important."
A Bourges désormais de tirer les leçons de cet échec. Des matches au sommet, il
y en aura d’autres, des chocs avec Valenciennes aussi, très certainement. Les
Tango ont perdu un match, sans doute la pole position. Mais la course est encore
longue, qui conduit aux trophées et au titre.
ARBITRAGE : Hors
jeu
N’est-il pas temps de tirer
le sifflet d’alarme ?
Une des dernières actions, samedi soir : une joueuse berruyère
exhibe son avant-bras, bien abîmé dans la
pénétration précédente sans que faute ne soit sifflée, à un des arbitres. "Vous
pourriez intervenir, maintenant que le match est joué, non ?" Et de s’entendre
répondre : "Rien n’est fini, il reste le point average." Troublante réflexion,
tout de même : les hommes en gris, en occurrence M. Gueu et Conderanne,
étaient-ils là pour arbitrer le sommet du championnat, ou le championnat en
lui-même ?
Loin de nous l’idée de leur mettre sur les épaules la responsabilité de la
défaite tango, tel n’est pas le propos. De plus, on sait pertinemment que le
politiquement correct est de ne pas parler de qualité de l’arbitrage. Mais force
est de reconnaître que dans ce clasico, avec de part et d’autre des joueuses de
top niveau, des débats au parfum d’Euroligue, un public passionné, la grosse
pierre d’achoppement, ce fut le niveau des hommes en gris. Tout commença par
cette blessure de Boba Tuvic, retombant lourdement au sol avec un choc avec
Céline Dumerc. Les deux sifflets n’arrêtant pas les débats, alors que c’est
quand même leur rôle de protéger avant tout l’intégrité physique des actrices,
Bourges continua de jouer et scora. Bronca valenciennoise, on s’en doute, et
tout se passa comme si le duo voulut ensuite se rattraper de pareille bévue, et
sortit complètement du match. Marchers vus ou pas, fautes imaginaires ou non
sifflées, et même un retour en zone flagrant pour tous sauf pour eux, tout y
passa. C’est bien simple : ils ont pourri le sommet.
Et si c’était la première fois que semblable chose arrive ! C’est
malheureusement le lot de la Ligue féminine. Une semaine auparavant , pour
Bourges - Villeneuve, on avait eu droit à un arbitrage de niveau régional.
Alors, trop, c’est trop, et il y a un moment où le je-m’en-foutisme, le
désintérêt manifestés à l’idée d’arbitrer des féminines, frôle de trop près
l’incompétence.
"L’arbitrage un problème de fond"
Comment jouer son meilleur basket
avec de tels directeurs de jeu ? On a posé la ja question aux deux coaches
officiant samedi soir. Pierre Vincent, celui de Bourges, l’a jouée soft. "Ce que
je sais, c’est que je prône un basket propre, que je pense qu’on peut bien
défendre sans faire de fautes, et c’est ce que je demande à mes joueuses. Il y a
des règles à respecter, à ce jeu. Maintenant, l’arbitrage, il est là, ce qu’il
est, et il faut faire avec. On doit s’y adapter, faire le dos rond, plutôt que
de s’énerver pour finalement perdre ses moyens." Côté valenciennois, Laurent
Buffard, à notre question, s’est montré plus incisif. "L’arbitrage, c’est un
problème de fond. Si on ne met pas à la même table les techniciens et les
arbitres, ça ne marchera jamais, et j’ai même l’impression que c’est de pire en
pire. On n’est jamais convié, par exemple, à une réunion d’arbitres.On entraîne
à longueur de semaine en fonction d’un règlement dont on s’aperçoit qu’ils ne le
maîtrisent pas. C’est comme s’il y avait un a priori sur le basket féminin, qui
ces dernières saisons a pris du volume physique, se pratique avec de plus en
plus de vitesse et de contacts physiques. Ceux qui y arbitrent touchent quand
même pour cela de l’argent, et leur motivation devrait être la même que quand
ils dirigent un match de masculins. Seulement voilà, les arbitres dirigent tout,
sont partout, et sont de toute façon sûrs d’eux-mêmes."
Partout, cela mérite explication. Dans le basket, à pas mal d’échelons, nombre
de fonctions officielles sont occupées par d’anciens arbitres. Le président de
la Fédération française, Yvan Mainini, est lui même ancien sifflet de dimension
internationale. Raison de plus pour qu’on s’interroge, et pourquoi pas en haut
lieu avec des édiles si compétents en la matière, sur cet écart pour nous
grandissant entre le jeu et l’interprétation qui en est faite. Que tout le monde
connaisse la même partition, c’est encore le meilleur moyen pour que la musique
soit belle, non ? Et en ce moment, c’est plutôt de la cacophonie.
Et le basket au féminin ne mérite pas qu’on enferme ses actrices dans un carcan
pour elles incompréhensible.
HERVÉ LE FELLIC
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