Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
20/03/2006

 
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LIGUE FÉMININE 22e journée : US Valenciennes Olympic - Bourges Basket, 74-64

Menant pourtant de huit points à la 27e minute, les Tango ont une fois encore chuté sur le parquet valenciennois, pour n’avoir pas su gérer le dernier quart temps. Et l’USVO occupe seule la première place.

 

La forteresse est restée imprenable

PAR HERVÉ LE FELLIC ENVOYÉ SPÉCIAL

Pour le Bourges Basket, c’est désormais la quinzaine du résultat blanc, dans la salle valenciennoise. Depuis près de six ans maintenant, les Nordistes imposent leur loi dans leur fief, et le nouveau succès de samedi soir leur offre la première place provisoire de la phase régulière du championnat. Qui, si elle devient définitive dans quatre journées, leur offrira ticket pour la prochaine Euroligue et avantage non négligeable pour la suite des événements. Seule chance désormais pour Bourges de contrecarrer cette mainmise ? Que Valenciennes se prenne d’ici à la fin les pieds dans le tapis : les Tango, en remportant tous les matches qui leur restent, passeraient alors devant au bénéfice du point average, raison pour laquelle elles devancent actuellement Mondeville pour la deuxième place.
En clair, les joueuses de Pierre Vincent n’ont plus leur destin entre les mains, pour ce qui concerne toujours la phase régulière. Ce qui n’hypothèque en rien la suite de leur saison. Le destin en mains, elles l’ont eu samedi soir, sans doute comme jamais depuis trois ans, dans cette marmite qu’est le Hainaut. On ne nous enlèvera pas de l’idée que cette formation valenciennoise, si forte soit elle (elle n’est pas pour rien à son cinquième Final four en six ans) était prenable. A la double condition qu’aucune des Tango ne passe au travers, et de ne pas commettre trop d’erreurs, défensivement surtout.

Une fin de match bien mal négociée
Ce ne fut malheureusement pas le cas. Et Pierre Vincent, l’entraîneur berruyer, ne put que fustiger ces bévues, survenues dans les douze dernières minutes, et qui permirent à Kristy Harrower et Sonja Kireta, alors fers de lance nordistes, d’emporter la décision. "Sur trois ou quatre actions, on a eu des coupures de secteur,on n’a pas respecté les consignes, et c’est bien pour ça que j ’en veux à mon équipe !" Laia Palau, vraiment peu en réussite (2 sur 12 au tir) ne chercha pas à prétendre le contraire. "En début de rencontre, on gère bien leur jeu intérieur, on gère bien le dynamisme d’Harrower. On arrive à prendre huit points d’avance et, à ce moment-là, on arrête d’appliquer les consignes. On connaît alors des soucis défensifs, on opère de mauvais choix de shoots. On a manqué de réussite au tir extérieur, alors qu’on peinait sur les autres formes de jeu offensif. On n’a pas su stopper la montée en puissance de Valenciennes, qui a alors grandement haussé son niveau de jeu. On les a laissées jouer. On a finalement été, et j’ai été, moins présentes, moins consistantes, que d’ordinaire."
Dommage, vraiment, de s’incliner quand à l’extérieur on domine une formation d’un tel calibre au rebond ; qu’on s’offre par ces prises et les interceptions des munitions en pagaille ; qu’on tire 64 fois, contre 55 aux Nordistes. Bien sûr, on ajoutera aux manques berruyers cet arbitrage incohérent (pour les deux équipes, voir par ailleurs), qui handicapa par exemple lourdement Céline Dumerc, le garde chiourme d’Harrower, nantie de trois fautes à la 16e minute. "Mais on s’est trop focalisées sur l’arbitrage", estime Anete Jekabsone, "alors que nous aurions dû rester concentrées, dans notre jeu. Valenciennes alors a produit un très bon basket, et nous, on a commis trop d’erreurs en défense, tout en ratant des shoots faciles." Côté USVO, tout au contraire a baigné, et c’est avec un surcroît de confiance que les partenaires de Sandra Le Dréan aborderont le Final four, dans deux petites semaines. "On ne pouvait attendre meilleure préparation" , put se réjouir la capitaine nordiste. "Bourges nous a vraiment proposé un excellent basket, et imposé un vrai combat. On s’attendait, bien sûr, à un match d’un tel niveau. Quand on a été menées, on n’a pas baissé les bras, on a continué à défendre, on a finalement trouvé les solutions. Ça a été serré pendant presque toute la rencontre, et chaque perte de balle était presque automatiquement sanctionnée de deux points. Pour moi, c’est une véritable victoire d’équipe, acquise avec les tripes, la motivation, et on ne peut qu’être contentes. Ce ne fut pas de notre part un match parfait,mais on a su aller ensemble au bout des choses, et c’est très important."
A Bourges désormais de tirer les leçons de cet échec. Des matches au sommet, il y en aura d’autres, des chocs avec Valenciennes aussi, très certainement. Les Tango ont perdu un match, sans doute la pole position. Mais la course est encore longue, qui conduit aux trophées et au titre.

 

ARBITRAGE : Hors jeu

N’est-il pas temps de tirer

le sifflet d’alarme ?

Une des dernières actions, samedi soir : une joueuse berruyère exhibe son avant-bras, bien abîmé dans la pénétration précédente sans que faute ne soit sifflée, à un des arbitres. "Vous pourriez intervenir, maintenant que le match est joué, non ?" Et de s’entendre répondre : "Rien n’est fini, il reste le point average." Troublante réflexion, tout de même : les hommes en gris, en occurrence M. Gueu et Conderanne, étaient-ils là pour arbitrer le sommet du championnat, ou le championnat en lui-même ?
Loin de nous l’idée de leur mettre sur les épaules la responsabilité de la défaite tango, tel n’est pas le propos. De plus, on sait pertinemment que le politiquement correct est de ne pas parler de qualité de l’arbitrage. Mais force est de reconnaître que dans ce clasico, avec de part et d’autre des joueuses de top niveau, des débats au parfum d’Euroligue, un public passionné, la grosse pierre d’achoppement, ce fut le niveau des hommes en gris. Tout commença par cette blessure de Boba Tuvic, retombant lourdement au sol avec un choc avec Céline Dumerc. Les deux sifflets n’arrêtant pas les débats, alors que c’est quand même leur rôle de protéger avant tout l’intégrité physique des actrices, Bourges continua de jouer et scora. Bronca valenciennoise, on s’en doute, et tout se passa comme si le duo voulut ensuite se rattraper de pareille bévue, et sortit complètement du match. Marchers vus ou pas, fautes imaginaires ou non sifflées, et même un retour en zone flagrant pour tous sauf pour eux, tout y passa. C’est bien simple : ils ont pourri le sommet.
Et si c’était la première fois que semblable chose arrive ! C’est malheureusement le lot de la Ligue féminine. Une semaine auparavant , pour Bourges - Villeneuve, on avait eu droit à un arbitrage de niveau régional. Alors, trop, c’est trop, et il y a un moment où le je-m’en-foutisme, le désintérêt manifestés à l’idée d’arbitrer des féminines, frôle de trop près l’incompétence.

"L’arbitrage un problème de fond"
Comment jouer son meilleur basket avec de tels directeurs de jeu ? On a posé la ja question aux deux coaches officiant samedi soir. Pierre Vincent, celui de Bourges, l’a jouée soft. "Ce que je sais, c’est que je prône un basket propre, que je pense qu’on peut bien défendre sans faire de fautes, et c’est ce que je demande à mes joueuses. Il y a des règles à respecter, à ce jeu. Maintenant, l’arbitrage, il est là, ce qu’il est, et il faut faire avec. On doit s’y adapter, faire le dos rond, plutôt que de s’énerver pour finalement perdre ses moyens." Côté valenciennois, Laurent Buffard, à notre question, s’est montré plus incisif. "L’arbitrage, c’est un problème de fond. Si on ne met pas à la même table les techniciens et les arbitres, ça ne marchera jamais, et j’ai même l’impression que c’est de pire en pire. On n’est jamais convié, par exemple, à une réunion d’arbitres.On entraîne à longueur de semaine en fonction d’un règlement dont on s’aperçoit qu’ils ne le maîtrisent pas. C’est comme s’il y avait un a priori sur le basket féminin, qui ces dernières saisons a pris du volume physique, se pratique avec de plus en plus de vitesse et de contacts physiques. Ceux qui y arbitrent touchent quand même pour cela de l’argent, et leur motivation devrait être la même que quand ils dirigent un match de masculins. Seulement voilà, les arbitres dirigent tout, sont partout, et sont de toute façon sûrs d’eux-mêmes."
Partout, cela mérite explication. Dans le basket, à pas mal d’échelons, nombre de fonctions officielles sont occupées par d’anciens arbitres. Le président de la Fédération française, Yvan Mainini, est lui même ancien sifflet de dimension internationale. Raison de plus pour qu’on s’interroge, et pourquoi pas en haut lieu avec des édiles si compétents en la matière, sur cet écart pour nous grandissant entre le jeu et l’interprétation qui en est faite. Que tout le monde connaisse la même partition, c’est encore le meilleur moyen pour que la musique soit belle, non ? Et en ce moment, c’est plutôt de la cacophonie.
Et le basket au féminin ne mérite pas qu’on enferme ses actrices dans un carcan pour elles incompréhensible.

HERVÉ LE FELLIC