Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
27/03/2006

 
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LIGUE FÉMININE 23é journée: Bourges Basket - Clermont-Ferrand, 86-69

Treize minutes pour plier l'affaire

Il a fallu un petit quart d'heure aux joueuses de Pierre Vincent (qui reste à Bourges pour trois saisons supplémentaires) pour plier le match, face aux Clermontoises. Soirée tranquille, donc.

Treizième minute: Pauline Krawczyk, la meilleure marqueuse du match côté berruyer, pénètre, et donne vingt points d'avance au Bourges Basket (38-18).
C'est déjà plié. Même si les Auvergnates, en ne concédant au final que 17 points, feront ensuite plus que jeu égal avec leur adversaire, empochant au passage les deux derniers quarts temps.
On comprend mieux pourquoi chacun pouvait avoir des motifs de satisfaction, samedi soir. Pauline Krawczyk, en tout premier lieu, très précieuse par son adresse comme par sa combativité, qui lui valut d'ailleurs une antisportive.
Comme le notait Pascal Delaliaux, le coach clermontois, "on attend Jekabsone, Palau ou d'autres, et c'est Krawczyk qui marque. Je ne l'avais pas prévu sur mes plaquettes. Moi, il m'arrive de chercher une scoreuse sur le parquet, à Bourges elle sort du banc..."


L'adresse de Pauline et des autres...
Pauline, elle, pouvait sourire de son excellent gros quart d'heure de jeu. "L'adresse revient, petit à petit. De toute façon, je ne me prends pas la tête, ça rentre ou ça ne rentre pas. Je suis vraiment dans une attitude très zen..." Comme le fut tout le Bourges Basket, qui a mené les débats à sa guise. "On a rapidement fait l'écart", raconta Pauline. "Ensuite, on s'est peut-être parfois un peu déconcentrées, mais on a su réagir dans les moments un peu plus délicats, pour conserver l'écart. On a fait ce qu'on devait faire, l'important, de tout façon, c'était
la gagne."
Pierre Vincent, le coach berruyer, qui prolonge son bail à la tête du Bourges Basket de trois années supplémentaires (voir par ailleurs) pouvait également tirer des enseignements très positifs de cette tranquille soirée. "On a produit une excellente première mi-temps. En défense, où on ne peut pas faire semblant devant ce type d'adversaire, comme en attaque, face à cette équipe clermontoise qui joue vraiment très large, très loin
du cercle, et qui sait mettre de la vitesse." Tout a réussi au Bourges Basket, dans ces vingt premières minutes, et notamment la réussite, presque insolente : 13 tirs rentrés sur 17 dans les dix premières minutes (avec 100¨% et 10 points pour Bernie Ngoyisa), 21 réussites sur 30 tentatives à la 20é minute. Difficile, franchement, de mieux faire, et on comprend que la formation clermontoise n'y résista pas.
Inévitablement, ce fut moins bon ensuite, côté tango, avec un 12 sur 31 au tir, dans les vingt dernières minutes. Et un 4 sur 19 dans le troisième quart temps. "C'est vrai qu'on a été moins bien en deuxième mi-temps", commenta Pierre Vincent. "Mais c'est souvent le cas, en pareille circonstance. Les rotations (seule Céline Dumerc a dépassé les 30 minutes de jeu, NDLR) ont un peu déstructuré l'équipe, et il fallait bien s'attendre, également, à une réaction clermontoise." On a vu alors les Berruyères rater quelques shoots pourtant ouverts, comme ce fut le cas d'ailleurs une semaine auparavant à Valenciennes. "Il faut qu'on travaille...", poursuivit le coach tango, qui a vu avec satisfaction un nouveau mouvement offensif travaillé dans la semaine à l'entraînement donner sa pleine mesure, en match.


Clermont a su ne pas lâcher
Côté clermontois, on a, malgré le revers, pu trouver également des motifs de satisfaction et des signes
encourageants pour l'avenir, et pour ces play-off où les Auvergnates ont bien l'intention de faire un coup, comme on dit. Certes, le début de rencontre plomba complètement leurs ambitions. "On n'est pas autant en forme qu'en novembre, lors du match aller, où on avait bien résisté à Bourges", expliqua Pascal Delaliaux. "Là, on prend dans le premier quart temps 11 des 13 tirs de Bourges à deux points. Quand tout rentre, ça n'est
vraiment pas simple. On perd trois ballons et à chaque fois cela fit panier..."
On aurait presque compris que devant une telle avalanche, devant la rudesse aussi de la défense berruyère, les
Auvergnates rendent définitivement les armes. Mais ce serait mal connaître les valeurs maison. "Si on lâchait, on en prenait cinquante, à ce rythme là. Franchement, je suis content de la réaction de mes joueuses, qui sont restées dans le match. On remporte même les deux derniers quarts temps. On a fait ce qu'on pouvait, notre maximum même, face à une très belle équipe.
On s'était dit qu'on avait quand même la cinquième attaque de la Ligue féminine, et qu'il fallait qu'on justifie notre rang." En inscrivant près de soixante-dix point à la défense la plus hermétique de France, les Auvergnates se sont offert quelques bons motifs de croire à une bonne fin de saison. Saison qui va maintenant observer une mini trêve, pour cause de Final four. Le prochain match, pour les Tango, est programmé le 6 avril, à Aix-en-Provence...
 

 

Trois ans de plus pour Pierre Vincent

PROLONGATION. Pierre Vincent a décidé de rempiler pour trois saisons supplémentaires à la tête du Bourges Basket. Reste maintenant à savoir avec quelle équipe...

Il était arrivé au Bourges Basket à l ’orée de la saison 2003-2004, pour succéder à Sébastien Nivet, qui lui-même avait assuré l’intérim, après la mise à l’écart d’Olivier Hirsch, survenue en plein Final four 2003. Pierre Vincent, l’ancien sélectionneur des équipes de France junior, s’était alors inscrit dans un projet de trois ans, qui arrive donc à son terme. Et qui est prolongé d’autant, comme l’a annoncé dès samedi soir le président du Bourges Basket, Pierre Fosset : "Notre priorité, c’était de conserver notre coach. On est content de son travail, il a une grosse implication dans le club, notamment sur le plan de la formation. On a donc décidé de prolonger son contrat, pour trois saisons supplémentaires, sauf si dans l’intervalle il reçoit une proposition d’un gros club de Pro A... "
Car Pierre Vincent n’en a jamais fait mystère. Lui dont la seule expérience en club se résume à son parcours berruyer aimerait bien se confronter un jour au haut du panier du basket masculin. "C’est vrai que c’est une volonté, un projet, mais si ça ne se fait pas, tant pis, je n’en ferai pas une maladie." Pourtant, c’est bien dans un autre club féminin que son avenir a failli s’écrire. "Il y a quelques semaines, j’ai reçu une proposition. Une grosse, même, de la part d’un club féminin étranger (Ekaterinbourg, NDLR ?). Et je ne le cache pas, je me suis interrogé. Cela aurait pu être un choix carriériste... mais il n’y a pas que la carrière dans la vie." Non, il y a aussi... la vie, de famille notamment, et on comprend que cela puisse peser.
Pierre Vincent a donc pris l’option de prolonger son séjour berruyer, "dans un club organisé, structuré, où on peut travailler correctement". Sans les moyens financiers des clubs russes, pour ne citer qu’eux, bien sûr. "C’est vrai qu’en matière de recrutement, eux n’ont pas de limites. Je sais la stratégie de Bourges, les moyens sont ce qu’ils sont. Ici, on doit trouver les joueuses, les faire progresser. C’est aussi
un challenge personnel intéressant." Surtout pour un formateur dans l’âme comme Pierre Vincent. Voilà en tout cas posée la première pierre du Bourges Basket futur. "On a commencé par le chef, on va maintenant voir la suite des événements", sourit Pierre Fosset. Qui n’a pas traîné pour annoncer la nouvelle de la prolongation du contrat de son coach, lui qui d’ordinaire communique plus tard dans la saison, en matière de recrutement. On doit sans doute y voir un signal envoyé aux joueuses actuelles du Bourges Basket qui s’interrogent sur leur avenir. Ne sont en effet sous contrat que Cathy Melain, Céline Dumerc et Sena Pavetic. Les autres sont libres de leur choix, ne doivent certainement pas manquer de propositions, de la part de clubs français comme étrangers. Et ont logiquement, pour rester à Bourges, des prétentions à la hausse, ce dont il faut bien tenir compte quand, comme à Bourges, on souhaite avant tout faire tenir la masse salariale dans les cordes budgétaires.
Le fait d’annoncer que Pierre Vincent reste peut peser dans la décision de certaines. Et il paraît clair que les dirigeants berruyers ont envie que celle-ci intervienne assez rapidement, histoire de savoir où ils vont, et éventuellement dans quels axes doivent se tourner leurs nécessités de recrutement.

HERVÉ LE FELLIC