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LIGUE FÉMININE 23é journée: Bourges Basket - Clermont-Ferrand,
86-69
‚Treize minutes pour plier l'affaire
Il a fallu un petit quart d'heure aux joueuses de Pierre Vincent
(qui reste à Bourges pour trois saisons supplémentaires) pour plier le match,
face aux Clermontoises. Soirée tranquille, donc.
Treizième minute: Pauline Krawczyk, la meilleure marqueuse du match côté
berruyer, pénètre, et donne vingt points d'avance au Bourges Basket (38-18).
C'est déjà plié. Même si les Auvergnates, en ne concédant au final que 17
points, feront ensuite plus que jeu égal avec leur adversaire, empochant au
passage les deux derniers quarts temps.
On comprend mieux pourquoi chacun pouvait avoir des motifs de satisfaction,
samedi soir. Pauline Krawczyk, en tout premier lieu, très précieuse par son
adresse comme par sa combativité, qui lui valut d'ailleurs une antisportive.
Comme le notait Pascal Delaliaux, le coach clermontois, "on attend Jekabsone,
Palau ou d'autres, et c'est Krawczyk qui marque. Je ne l'avais pas prévu sur mes
plaquettes. Moi, il m'arrive de chercher une scoreuse sur le parquet, à Bourges
elle sort du banc..."
L'adresse de Pauline et des autres...
Pauline, elle, pouvait sourire de son excellent gros quart d'heure de jeu.
"L'adresse revient, petit à petit. De toute façon, je ne me prends pas la tête,
ça rentre ou ça ne rentre pas. Je suis vraiment dans une attitude très zen..."
Comme le fut tout le Bourges Basket, qui a mené les débats à sa guise. "On a
rapidement fait l'écart", raconta Pauline. "Ensuite, on s'est peut-être parfois
un peu déconcentrées, mais on a su réagir dans les moments un peu plus délicats,
pour conserver l'écart. On a fait ce qu'on devait faire, l'important, de tout
façon, c'était
la gagne."
Pierre Vincent, le coach berruyer, qui prolonge son bail à la tête du Bourges
Basket de trois années supplémentaires (voir par ailleurs) pouvait également
tirer des enseignements très positifs de cette tranquille soirée. "On a produit
une excellente première mi-temps. En défense, où on ne peut pas faire semblant
devant ce type d'adversaire, comme en attaque, face à cette équipe clermontoise
qui joue vraiment très large, très loin
du cercle, et qui sait mettre de la vitesse." Tout a réussi au Bourges Basket,
dans ces vingt premières minutes, et notamment la réussite, presque insolente :
13 tirs rentrés sur 17 dans les dix premières minutes (avec 100¨% et 10 points
pour Bernie Ngoyisa), 21 réussites sur 30 tentatives à la 20é minute. Difficile,
franchement, de mieux faire, et on comprend que la formation clermontoise n'y
résista pas.
Inévitablement, ce fut moins bon ensuite, côté tango, avec un 12 sur 31 au tir,
dans les vingt dernières minutes. Et un 4 sur 19 dans le troisième quart temps.
"C'est vrai qu'on a été moins bien en deuxième mi-temps", commenta Pierre
Vincent. "Mais c'est souvent le cas, en pareille circonstance. Les rotations
(seule Céline Dumerc a dépassé les 30 minutes de jeu, NDLR) ont un peu
déstructuré l'équipe, et il fallait bien s'attendre, également, à une réaction
clermontoise." On a vu alors les Berruyères rater quelques shoots pourtant
ouverts, comme ce fut le cas d'ailleurs une semaine auparavant à Valenciennes.
"Il faut qu'on travaille...", poursuivit le coach tango, qui a vu avec satisfaction
un nouveau mouvement offensif travaillé dans la semaine à l'entraînement donner
sa pleine mesure, en match.
Clermont a su ne pas lâcher
Côté clermontois, on a, malgré le revers, pu trouver également des motifs de
satisfaction et des signes
encourageants pour l'avenir, et pour ces play-off où les Auvergnates ont bien
l'intention de faire un coup, comme on dit. Certes, le début de rencontre plomba
complètement leurs ambitions. "On n'est pas autant en forme qu'en novembre, lors
du match aller, où on avait bien résisté à Bourges", expliqua Pascal Delaliaux.
"Là, on prend dans le premier quart temps 11 des 13 tirs de Bourges à deux
points. Quand tout rentre, ça n'est
vraiment pas simple. On perd trois ballons et à chaque fois cela fit panier..."
On aurait presque compris que devant une telle avalanche, devant la rudesse
aussi de la défense berruyère, les
Auvergnates rendent définitivement les armes. Mais ce serait mal connaître les
valeurs maison. "Si on lâchait, on en prenait cinquante, à ce rythme là.
Franchement, je suis content de la réaction de mes joueuses, qui sont restées
dans le match. On remporte même les deux derniers quarts temps. On a fait ce
qu'on pouvait, notre maximum même, face à une très belle équipe.
On s'était dit qu'on avait quand même la cinquième attaque de la Ligue féminine,
et qu'il fallait qu'on justifie notre rang." En inscrivant près de soixante-dix
point à la défense la plus hermétique de France, les Auvergnates se sont offert
quelques bons motifs de croire à une bonne fin de saison. Saison qui va
maintenant observer une mini trêve, pour cause de Final four. Le prochain match,
pour les Tango, est programmé le 6 avril, à Aix-en-Provence...
Trois ans de plus pour Pierre Vincent
PROLONGATION. Pierre Vincent a décidé de rempiler pour trois
saisons supplémentaires à la tête du Bourges Basket. Reste maintenant à savoir
avec quelle équipe...
Il était arrivé au Bourges Basket à l ’orée de la saison
2003-2004, pour succéder à Sébastien Nivet,
qui lui-même avait assuré l’intérim, après la mise à l’écart d’Olivier Hirsch,
survenue en plein Final four 2003. Pierre Vincent, l’ancien sélectionneur des
équipes de France junior, s’était alors inscrit dans un projet de trois ans, qui
arrive donc à son terme. Et qui est prolongé d’autant, comme l’a annoncé dès
samedi soir le président du Bourges Basket, Pierre Fosset : "Notre priorité,
c’était de conserver notre coach. On est content de son travail, il a une grosse
implication dans le club, notamment sur le plan de la formation. On a donc
décidé de prolonger son contrat, pour trois saisons supplémentaires, sauf si
dans l’intervalle il reçoit une proposition d’un gros club de Pro A... "
Car Pierre Vincent n’en a jamais fait mystère. Lui dont la seule expérience en
club se résume à son parcours berruyer aimerait bien se confronter un jour au
haut du panier du basket masculin. "C’est vrai que c’est une volonté, un projet,
mais si ça ne se fait pas, tant pis, je n’en ferai pas une maladie." Pourtant,
c’est bien dans un autre club féminin que son avenir a failli s’écrire. "Il y a
quelques semaines, j’ai reçu une proposition. Une grosse, même, de la part d’un
club féminin étranger (Ekaterinbourg, NDLR ?). Et je ne le cache pas, je me suis
interrogé. Cela aurait pu être un choix carriériste... mais il n’y a pas que la
carrière dans la vie." Non, il y a aussi... la vie, de famille notamment, et on
comprend que cela puisse peser.
Pierre Vincent a donc pris l’option de prolonger son séjour berruyer, "dans un
club organisé, structuré, où on peut travailler correctement". Sans les moyens
financiers des clubs russes, pour ne citer qu’eux, bien sûr. "C’est vrai qu’en
matière de recrutement, eux n’ont pas de limites. Je sais la stratégie de
Bourges, les moyens sont ce qu’ils sont. Ici, on doit trouver les joueuses, les
faire progresser. C’est aussi un challenge
personnel intéressant." Surtout pour un formateur dans l’âme comme Pierre
Vincent. Voilà en tout cas posée la première pierre du Bourges Basket futur. "On
a commencé par le chef, on va maintenant voir la suite des événements", sourit
Pierre Fosset. Qui n’a pas traîné pour annoncer la nouvelle de la prolongation
du contrat de son coach, lui qui d’ordinaire communique plus tard dans la
saison, en matière de recrutement. On doit sans doute y voir un signal envoyé
aux joueuses actuelles du Bourges Basket qui s’interrogent sur leur avenir. Ne
sont en effet sous contrat que Cathy Melain, Céline Dumerc et Sena Pavetic. Les
autres sont libres de leur choix, ne doivent certainement pas manquer de
propositions, de la part de clubs français comme étrangers. Et ont logiquement,
pour rester à Bourges, des prétentions à la hausse, ce dont il faut bien tenir
compte quand, comme à Bourges, on souhaite avant tout faire tenir la masse
salariale dans les cordes budgétaires.
Le fait d’annoncer que Pierre Vincent reste peut peser dans la décision de
certaines. Et il paraît clair que les dirigeants berruyers ont envie que
celle-ci intervienne assez rapidement, histoire de savoir où ils vont, et
éventuellement dans quels axes doivent se tourner leurs nécessités de
recrutement.
HERVÉ LE FELLIC
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