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LIGUE FÉMININE
25e
journée : Bourges Basket -
Tarbes Gespe Bigorre, 81-64
Après une première mi-temps tout juste correcte, les joueuses de
Pierre Vincent ont franchement haussé le ton. Et Tarbes a petit à petit perdu
pied, laissant un succès somme toute aisé aux Berruyères.
Les Berruyères ont assuré le coup
PAR HERVÉ LE FELLIC
S ’il
est bien une joueuse qui a symbolisé le match d’hier après-midi, côté berruyer,
c’est bien Elodie Godin, une de celles dont tout le monde attend de savoir ce
qu’elle fera la saison prochaine.
Tout comme l’intéressée, d’ailleurs, qui entend pour autant ne pas mélanger les
genres : "Je pense à cette fin de saison, à ces matches importants qui vont
arriver. Chaque chose en son temps." Le match d’Elodie donc ? Une première
mi-temps tout juste honnête, à l’image de celle de tout le Bourges Basket : un
tir, un panier, quatre rebonds, on a déjà vu l’internationale française plus à
son affaire. "Quand on joue comme cela, à 16 heures, on n’a pas nos repères
habituels d’avant match, on a du mal à entrer dans la partie. Je me suis
réveillée en deuxième mi temps."
L’efficacité retrouvée d’Élodie Godin
Et quel réveil ! Dans les vingt dernières
minutes, Elodie planta 16 points, ne ratant pas un shoot, raflant la bagatelle
de 7 rebonds en prime, histoire de faire bonne mesure et de signer un double -
double. Et dans son sillage, c’est tout le Bourges Basket qui soudain haussa le
rythme et le ton, retrouva le sens de son jeu, devint forcément du coup plus
efficace. Coller 48 points à Tarbes en vingt minutes, il faut tout de même le
faire...
Elodie donc y contribua grandement, tout en montrant à la jeune et solide
Yacoubou de quel bois elle se chauffait. Il est vrai que la Tarbaise n’avait
guère ménagé la mâchoire de la Tango... "Ça m’a un peu énervé, c’est vrai",
sourit Elodie, qui eut hier bien des motifs de satisfaction, elle qui avait
connu des moments plus délicats, lors des matches précédents : "J’étais moins
bien en attaque, c’est vrai ; alors là, ça fait du bien de retrouver des
sensations. A moi maintenant d’être constante, jusqu’à la fin de la saison. Il
nous reste encore un match en championnat (mercredi soir à Montpellier, NDLR),
avant le Tournoi de la Fédération du week-end et les matches à enjeu, ceux pour
lesquels on a travaillé jusque là. On se prépare bien, on commence à trouver nos
marques. Et je trouve vraiment que le groupe est bien..."
Tarbes n’a pas tenu la distance
On se doute que Pierre Vincent, le
coach berruyer, a apprécié de voir son intérieure retrouver son efficacité
offensive. Tout comme il a apprécié la deuxième mi-temps, à défaut de la
première. "Moi, je ne sais pas si c’est le fait de jouer le dimanche après-midi.
Ce que je pense, c’est qu’à domicile, on a du mal à contrôler le tempo, alors
qu’on y parvient mieux à l’extérieur. On court pour rien, on joue trop vite,
comme si vouloir offrir un spectacle de qualité à notre public nous faisait
perdre de vue ce qu’on doit réaliser. Résultat, on perd des ballons, on
s’énerve, on perd confiance." Résultat, Bourges fut incapable, dans les vingt
premières minutes, de creuser l’écart, de se mettre définitivement à l’abri. Ce
que les Tango parvinrent à accomplir, dans les vingt premières minutes,
s’offrant un succès indiscutable. "On a accepté de relancer mieux les ballons,
de prendre notre temps en attaque, de peser sur l’adversaire jusqu’à trouver la
bonne solution pour scorer", commenta Pierre Vincent. "Défensivement, on a
également mieux joué, en évitant d’aller trop aider On a tout mieux contrôler,
on a réussi à mettre en place les options que l’on recherchait." Et les
Pyrénéennes cédèrent du terrain, cédèrent tout court, inexorablement. "C’est
toujours pareil, on a une équipe qui ne croit pas en elle", déplora leur
entraîneur, Pascal Pisan. "Dès que ça va moins bien, dès qu’on ne marque plus,
on doute, et on ne défend plus. On a livré un match sans vie, sans âme. Le seul
point positif, c’est que j’ai pu faire jouer tout le monde..." C’est dire.
Venu pour tenter de contesterle jeu berruyer le plus longtemps possible, le TGB
n’a tenu qu’une vingtaine de minutes, et certaines de ses joueuses cadre sont
complètement passé au travers, il faut bien le reconnaître. "On n’a vraiment pas
fait un grand match, et surtout pas dans les intentions affichées", poursuivit
Pascal Pisan, un peu désabusé, et on le comprend. "On savait qu’il ne faut pas
regarder Bourges jouer, laisser cette équipe mettre le ballon où elle le désire,
lui permettre de contrôler les événements. Il y a deux façons de voir : soit on
se recroqueville sous son cercle, et on dit amen en prenant les tirs ; soit on
avance, on a de l’ambition, on monte en défense, on est agressif. Quand on a été
dans ce deuxième registre, quand on a gêné les relations de passes, on a été
dans le match, au contact." Pas assez longtemps pour pouvoir contester la
suprématie et l’emprise des Berruyères.
A qui il reste donc un match, mercredi soir, à Montpellier (qui sera aussi leur
adversaire en demi-finale de Coupe de France) pour boucler cette phase
régulière, très certainement à la deuxième place. Ce qui fait qu’elles ont
toutes les chances, samedi prochain, d’affronter Mondeville, en demi-finale du
Tournoi de la Fédération, à Villeneuve d’Ascq. Là, ce sera déjà une autre
histoire : une histoire à enjeu.
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