Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
13/04/2006

 
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LIGUE FÉMININE : Montpellier Lattes - Bourges Basket, 51-80

Et maintenant, le Tournoi de la Fédération !

En s'imposant nettement hier soir à Montpellier, les Tango ont préparé au mieux le Tournoi de la Fédération, ce week-end à Villeneuve d'Ascq.


PAR CHRISTIAN RAGOT ENVOYÉ SPÉCIAL


Qualifié pour une coupe d'Europe (l'Eurocoupe, NDLR) pour la première fois dans l'histoire du club, Montpellier abordait ce dernier match de la phase régulière sans pression aucune. Avec la seule ambition, pour les joueuses de José Ruiz, de se faire plaisir tout en essayant de profiter du moindre relâchement berruyer. Bref ! Un match bonus, "d'autant que les deux équipes, si la logique est respectée, sont appelées à se retrouver
plusieurs fois encore cette saison", expliquait la capitaine Flore Perotto, "notamment en demi-finale de Coupe de France et, sans doute, en quarts de finale du championnat de France. Et si on doit battre Bourges ne serait-ce qu'une seule fois, autant que ce soit pour aller en finale de Coupe à Bercy..."
Côté berruyer, le mot d'ordre était clair : gagner bien sûr mais aussi et surtout préparer les prochaines échéances, celles qui décideront du titre de champion de France, du Tournoi de la Fédération et de la Coupe de France.

Puissance et maîtrise
Face à des Montpelliéraines grandes par la taille (quatre joueuses à 1,90 m et plus, NDLR), les Tango, même si elles eurent à peu de mal à se mettre en train, opposaient une grande maîtrise leur permettant de contenir
aisément des adversaires un rien timorées. Dans la peinture, Bernie Ngoyisa imposait sa puissance, bousculant tout sur son passage et Bourges signait un 7-0 qui le mettait sur une voie royale (4è). Il fallait attendre 4'30''
pour voir les Héraultaises inscrire leur premier panier par... l'ex-Tango Elodie Bertal. Pas de quoi cependant inquiéter les coéquipières de Céline Dumerc, solides en défense et habiles à alterner jeu intérieur, jeu extérieur. Même la pigiste de luxe montpelliéraine, la Lettone Iena Kublina (ex-Vilnius, club avec lequel elle a disputé le dernier final four à Brno, NDLR) qui présentait pourtant une belle ligne de stats depuis son arrivée à Lattes (14,5 points et 11 rebonds de moyenne en deux matches) semblait impuissante, prise qu'elle était dans la tenaille formée par Elodie Godin et Bernie Ngoyisa.
Montpellier privé de munitions ne pouvait que subir la loi berrichonne. Pierre Vincent pouvait ainsi tout à loisir multiplier les rotations sans que le rendement de son équipe s'en ressente. Sur un panier bonifié d'Anete
Jekabsone, l'avance berruyère franchissait ainsi la barre des 10 points (4-14 à la 7è). Et sur le buzzer marquant la fin du premier quart temps, Laia Palau, sur un shoot venu d'ailleurs, donnait une confortable avance
aux Tango : 10-21 (10è).
Le deuxième quart temps allait être de la même veine. A savoir une équipe de Montpellier incapable de trouver de bonnes solutions en attaque, muselée qu'elle était par une défense berruyère agressive juste ce qu'il faut. Et
de l'autre côté, une formation tango sereine, solide sur ses bases, maîtrisant parfaitement son sujet et souvent bien inspirée à l'image de Sabrina Reghaïssia à 5 sur 5 en première mi-temps. Bourges reprenait ainsi
par un 7-0 (12-28, 13è). La barre des +20 était atteinte sur un trois points de Laia Palau (16-36 à la 16è) avant que Cathy Melain, confirmant l'efficacité berruyère à longue distance (5 sur 9 à trois points lors de la
première période) ne signe l'écart maximum, +23 (18-41) à la 17è; les Tango s'adjugeant le deuxième quart temps, 12-23 pour arriver au repos avec 22 points d'avance, 22-44.

Petit passage à vide
Une avance un peu trop confortable peut-être qui faisait quelque peu verser les Berruyères dans la facilité à la reprise. En face, il est vrai, les Héraultaises, voulant éviter une humiliation dans leur salle, avaient retrouvé toute leur agressivité défensive mais cela n'excusait pas plusieurs paniers faciles (vu de la table de presse) manqués en dessous, quelques passes mal ajustées agrémentées de certaines largesses en défense. Bourges avait alors perdu de son calme et de sa superbe, au point de ne trouver le chemin du panier qu'une seule fois par Laia Palau, lors des cinq premières minutes. Une misère. Montpellier revenait ainsi à -16 (32-48).
Heureusement, en fin de quart temps, Sabrina Reghaïssia et Anete Jekabsone (main gauche à trois points, bien sûr) remettaient les Tango dans le tempo (37-55 à la 30è).
Des Tango qui en remettaient une couche dans le dernier quart temps, histoire de parachever le travail. Comme lors des deux premiers quarts temps, les Berruyères, par Cathy et Anete, commençaient par un 7-0. Les
Héraultaises ne baissaient pas les bras mais le courage ne suffisait pas face à l'adresse d'Anete Jekabsone et à la détermination d'Elodie Godin. Bourges justifiait son titre honorifique de meilleure défense du championnat sans cependant pouvoir contenir Montpellier sous la barre des 50 points. Pour un point ! Mais qu'importe. L'objectif était surtout de ménager les troupes en vue du Tournoi de la Fédération le week-end prochain. Ainsi, une seule joueuse est restée plus de 28 minutes sur le parquet (28'15'' pour Laia Palau). C'est ce qui s'appelle une parfaite gestion de l'effectif. Avec une mention spéciale à Sabrina Reghaïssia avec 16 points à 7 sur 8, 6 rebonds, 5 passes décisives et une note d'évaluation à 26.


A CHAUD
José RUIZ (entraîneur de Montpellier) : "Jouer contre Bourges, c'est toujours très compliqué. C'est évident que nous aurions aimé opposer plus de résistance mais après une telle saison et notre qualification en Eurocoupe, il était difficile de mobiliser le groupe pour ce match sans véritable enjeu. Néanmoins, il va falloir se ressaisir rapidement si l'on veut jouer les quarts et pour cela, il faudra battre Challes. Et je n'oublie pas la Coupe de France..."

Pierre VINCENT (entraîneur de Bourges) : "Gagner de trente points à Montpellier, c'est un bon résultat,  non ? Outre la victoire, comme toujours, l'objectif était de continuer à travailler et de jouer un basket cohérent, tant au plan offensif que défensif. On a eu un peu de mal à se mettre en train mais je suis satisfait du contenu de la première mi-temps. Lors du troisième quart temps, Montpellier a bien réagi, se montrant bien plus agressif. C'est vrai que l'on a péché par excès et parfois joué à l'envers parce qu'on s'est énervé mais il est difficile, mentalement, de rester au top quand on a une telle avance. Dans le dernier quart, on a cependant retrouvé un jeu plus cohérent. L'objectif était aussi de gérer l'effectif en vue du tournoi de la Fédération. J'ai fait tourner au maximum et même si le score ne nous avait pas été aussi favorable, j'aurais agi de la même façon."

Elodie GODIN (joueuse de Bourges) : "Il était important de gagner ce match,  même s'il n'avait pas d'enjeu particulier, afin de nous présenter dans les meilleures dispositions morales au Tournoi de la Fédération. Au
niveau mental, c'est difficile à gérer, surtout quand on a une telle avance. On a tendance à se relâcher, à se laisser aller. Ce qui explique notre troisième quart temps difficile. Mais les rotations, nombreuses, nous ont quand même permis de donner de l'intensité au match. Et ça, c'est bien"