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LIGUE FÉMININE : Montpellier Lattes - Bourges
Basket, 51-80
Et maintenant, le Tournoi de la Fédération !
En s'imposant nettement hier soir à Montpellier, les Tango
ont préparé au mieux le Tournoi de la Fédération, ce week-end à Villeneuve d'Ascq.
PAR CHRISTIAN RAGOT ENVOYÉ SPÉCIAL
Qualifié pour une coupe d'Europe (l'Eurocoupe, NDLR) pour la première fois dans
l'histoire du club, Montpellier abordait ce dernier match de la phase régulière
sans pression aucune. Avec la seule ambition, pour les joueuses de José Ruiz, de
se faire plaisir tout en essayant de profiter du moindre relâchement berruyer.
Bref ! Un match bonus, "d'autant que les deux équipes, si la logique est
respectée, sont appelées à se retrouver
plusieurs fois encore cette saison", expliquait la capitaine Flore Perotto,
"notamment en demi-finale de Coupe de France et, sans doute, en quarts de finale
du championnat de France. Et si on doit battre Bourges ne serait-ce qu'une seule
fois, autant que ce soit pour aller en finale de Coupe à Bercy..."
Côté berruyer, le mot d'ordre était clair : gagner bien sûr mais aussi et
surtout préparer les prochaines échéances, celles qui décideront du titre de
champion de France, du Tournoi de la Fédération et de la Coupe de France.
Puissance et maîtrise
Face à des Montpelliéraines grandes par la taille (quatre joueuses à 1,90 m et
plus, NDLR), les Tango, même si elles eurent à peu de mal à se mettre en train,
opposaient une grande maîtrise leur permettant de contenir
aisément des adversaires un rien timorées. Dans la peinture, Bernie Ngoyisa
imposait sa puissance, bousculant tout sur son passage et Bourges signait un 7-0
qui le mettait sur une voie royale (4è). Il fallait attendre 4'30''
pour voir les Héraultaises inscrire leur premier panier par... l'ex-Tango Elodie
Bertal. Pas de quoi cependant inquiéter les coéquipières de Céline Dumerc,
solides en défense et habiles à alterner jeu intérieur, jeu extérieur. Même la
pigiste de luxe montpelliéraine, la Lettone Iena Kublina (ex-Vilnius, club avec
lequel elle a disputé le dernier final four à Brno, NDLR) qui présentait
pourtant une belle ligne de stats depuis son arrivée à Lattes (14,5 points et 11
rebonds de moyenne en deux matches) semblait impuissante, prise qu'elle était
dans la tenaille formée par Elodie Godin et Bernie Ngoyisa.
Montpellier privé de munitions ne pouvait que subir la loi berrichonne. Pierre
Vincent pouvait ainsi tout à loisir multiplier les rotations sans que le
rendement de son équipe s'en ressente. Sur un panier bonifié d'Anete
Jekabsone, l'avance berruyère franchissait ainsi la barre des 10 points (4-14 à
la 7è). Et sur le buzzer marquant la fin du premier quart temps, Laia Palau, sur
un shoot venu d'ailleurs, donnait une confortable avance
aux Tango : 10-21 (10è).
Le deuxième quart temps allait être de la même veine. A savoir une équipe de
Montpellier incapable de trouver de bonnes solutions en attaque, muselée qu'elle
était par une défense berruyère agressive juste ce qu'il faut. Et
de l'autre côté, une formation tango sereine, solide sur ses bases, maîtrisant
parfaitement son sujet et souvent bien inspirée à l'image de Sabrina Reghaïssia
à 5 sur 5 en première mi-temps. Bourges reprenait ainsi
par un 7-0 (12-28, 13è). La barre des +20 était atteinte sur un trois points de
Laia Palau (16-36 à la 16è) avant que Cathy Melain, confirmant l'efficacité
berruyère à longue distance (5 sur 9 à trois points lors de la
première période) ne signe l'écart maximum, +23 (18-41) à la 17è; les Tango
s'adjugeant le deuxième quart temps, 12-23 pour arriver au repos avec 22 points
d'avance, 22-44.
Petit passage à vide
Une avance un peu trop confortable peut-être qui faisait quelque peu verser les
Berruyères dans la facilité à la reprise. En face, il est vrai, les
Héraultaises, voulant éviter une humiliation dans leur salle, avaient retrouvé
toute leur agressivité défensive mais cela n'excusait pas plusieurs paniers
faciles (vu de la table de presse) manqués en dessous, quelques passes mal
ajustées agrémentées de certaines largesses en défense. Bourges avait alors
perdu de son calme et de sa superbe, au point de ne trouver le chemin du panier
qu'une seule fois par Laia Palau, lors des cinq premières minutes. Une misère.
Montpellier revenait ainsi à -16 (32-48).
Heureusement, en fin de quart temps, Sabrina Reghaïssia et Anete Jekabsone (main
gauche à trois points, bien sûr) remettaient les Tango dans le tempo (37-55 à la
30è).
Des Tango qui en remettaient une couche dans le dernier quart temps, histoire de
parachever le travail. Comme lors des deux premiers quarts temps, les
Berruyères, par Cathy et Anete, commençaient par un 7-0. Les
Héraultaises ne baissaient pas les bras mais le courage ne suffisait pas face à
l'adresse d'Anete Jekabsone et à la détermination d'Elodie Godin. Bourges
justifiait son titre honorifique de meilleure défense du championnat sans
cependant pouvoir contenir Montpellier sous la barre des 50 points. Pour un
point ! Mais qu'importe. L'objectif était surtout de ménager les troupes en vue
du Tournoi de la Fédération le week-end prochain. Ainsi, une seule joueuse est
restée plus de 28 minutes sur le parquet (28'15'' pour Laia Palau). C'est ce qui
s'appelle une parfaite gestion de l'effectif. Avec une mention spéciale à
Sabrina Reghaïssia avec 16 points à 7 sur 8, 6 rebonds, 5 passes décisives et
une note d'évaluation à 26.
A CHAUD
José RUIZ (entraîneur de Montpellier) : "Jouer contre Bourges, c'est toujours
très compliqué. C'est évident que nous aurions aimé opposer plus de résistance
mais après une telle saison et notre qualification en Eurocoupe, il était
difficile de mobiliser le groupe pour ce match sans véritable enjeu. Néanmoins,
il va falloir se ressaisir rapidement si l'on veut jouer les quarts et pour
cela, il faudra battre Challes. Et je n'oublie pas la Coupe de France..."
Pierre VINCENT (entraîneur de Bourges) : "Gagner de trente points à Montpellier,
c'est un bon résultat, non ? Outre la victoire, comme toujours, l'objectif
était de continuer à travailler et de jouer un basket cohérent, tant au plan
offensif que défensif. On a eu un peu de mal à se mettre en train mais je suis
satisfait du contenu de la première mi-temps. Lors du troisième quart temps,
Montpellier a bien réagi, se montrant bien plus agressif. C'est vrai que l'on a
péché par excès et parfois joué à l'envers parce qu'on s'est énervé mais il est
difficile, mentalement, de rester au top quand on a une telle avance. Dans le
dernier quart, on a cependant retrouvé un jeu plus cohérent. L'objectif était
aussi de gérer l'effectif en vue du tournoi de la Fédération. J'ai fait tourner
au maximum et même si le score ne nous avait pas été aussi favorable, j'aurais
agi de la même façon."
Elodie GODIN (joueuse de Bourges) : "Il était important de gagner ce match,
même s'il n'avait pas d'enjeu particulier, afin de nous présenter dans les
meilleures dispositions morales au Tournoi de la Fédération. Au
niveau mental, c'est difficile à gérer, surtout quand on a une telle avance. On
a tendance à se relâcher, à se laisser aller. Ce qui explique notre troisième
quart temps difficile. Mais les rotations, nombreuses, nous ont quand même
permis de donner de l'intensité au match. Et ça, c'est bien"
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