Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
24/04/2006

 
Pages trouvées    
Retour à la liste des articles article plus ancien article plus récent
COUPE DE FRANCE Demi-finale : Lattes Montpellier - Bourges Basket, 42-64.

On ira à Bercy pour tenter le doublé

Déjà victorieuses du Tournoi de la Fédération, les Berruyères vont retrouver Valenciennes en finale de Coupe de France. Pour un remake de l'édition 2005 ? On y croit fort !

PAR CHRISTIAN RAGOT ENVOYÉ SPÉCIAL

Voilà une  bonne chose de faite. Pour la deuxième année consécutive, le Bourges Basket s'est qualifié pour la finale de la Coupe de France. Et tout comme en 2005, pour la grande fête de Bercy, il retrouvera son  meilleur ennemi, Valenciennes, difficile vainqueur de sa demi-finale à Mondeville (voir par ailleurs).
La qualification des Tango, bien décidées à conserver le trophée brillamment conquis l'année dernière face à l'USVO, n'a jamais fait l'ombre d'un doute, samedi soir, à Montpellier. Sans la Lettone Ieva Kublina qui a déjà quitté le club héraultais après une pige de trois matches en championnat, sans Gaëlle Skrela blessée à un genou (on craint que la saison de Gaëlle ne soit définitivement terminée, NDLR), sans bien sûr Christelle Jouandon, Montpellier, malgré sa bonne volonté et les nombreux systèmes mis en place par José Ruiz, n'avait pas les moyens de lutter.

Heureuses de retourner à Bercy
Et pourtant, les Tango n'étaient pas au mieux samedi soir. Pierre Vincent dut ainsi "économiser" Bernie Ngoyisa, malade. Sabrina Reghaïssia n'était pas non plus au mieux (petite angine et maux de tête) tout comme Pauline Krawczyk mais Montpellier n'a pas su, ni pu en profiter. Une seule fois, à la 4e minute, les Latto-montpelliéraines ont mené (6-4) durant ce match.
Une autre fois, elles sont revenues à égalité (16-16, 13e) après avoir été menées 8-15 à la fin de premier quart temps et c'est tout. Pas de quoi perturber une équipe berruyère qui a pourtant alterné le bon et le moins
bon.
"On n'a peut-être pas livré un grand match, c'est vrai, mais la qualification est là, c'est l'essentiel" se réjouissait ainsi Sabrina Reghaïssia. "Je suis vraiment heureuse, comme toute l'équipe, de retourner à Bercy. On va y aller pour gagner sinon, ça ne servirait à rien d'avoir fait tout ce parcours. Mais avant, il y a d'autres matches à gagner en quarts de finale du championnat de France, sans doute contre Montpellier qui devrait se qualifier aux dépens de Challes. Rejouer les Montpelliéraines, ça sera une bonne préparation avant Bercy. C'est vrai qu'on a nettement remporté nos deux derniers matches face à elles (+ 29 et + 22) et que ça peut sembler facile mais c'est une bonne équipe qui propose beaucoup de choses".
Une bonne équipe qui n'a marqué que 42 points dans sa salle face, il est vrai, à la meilleure défense de l'hexagone. C'est peu. Mais c'était aussi la conséquence des choix tactiques de José Ruiz, tout autant qu'en raison de la qualité de la défense berruyère. "Montpellier n'est déjà pas très agressif mais surtout, c'est une équipe qui recule beaucoup en défense et qui impose un faux rythme. On ne peut pas gagner un match en jouant de la sorte. En revanche, ça peut faire déjouer l'adversaire ; c'est ce qui s'est produit par instant" analysait ainsi Pierre Vincent.
"C'est vrai qu'on a souvent joué sur un faux rythme" ajoutait Sab'. "mais ça n'est pas surprenant. Avant le tournoi de la Fédération, on avait disputé quatre matches en une semaine. Et  là, on était resté une semaine
sans jouer. C'est normal que dans le jeu, on se trouve un peu moins bien ; surtout en début de match. Même en travaillant bien à l'entraînement, ça ne vaut pas la compétition. De plus, il faisait très chaud dans la salle ; on
manquait d'air. On n'a pas l'habitude.."


Face à leurs meilleures ennemies...
Mais en coupe, seule la qualification compte vraiment. Quand on peut y mettre la manière, c'est forcément mieux mais même s'il y a eu quelques passages à vide, notamment lors du deuxième quart temps, on ne leur en
tiendra pas rigueur. Les filles iront à Bercy où elles retrouveront donc leurs meilleures ennemies valenciennoises et c'est bien la seule chose à retenir. Des Valenciennoises qui ne font plus vraiment peur depuis le succès tango en finale de la Coupe de France  2005 à Bercy et plus encore depuis le match gagné en finale du Tournoi de la Fédération la semaine dernière. "J'espère qu'on aura une belle finale..." s'est limité à dire Pierre Vincent qui ne veut pas mettre trop de pression sur un groupe dont on sait qu'il va éclater à la fin de la saison (Jekabsone, Palau, Godin, Ngoyisa, Krawczyk et peut-être Reghaïssia sont sur le départ comme annoncé dans notre édition de samedi) mais les filles elles ne le cachent pas. Elles entendent vivre le plus intensément possible et jusqu'au bout cette belle aventure commencée pour certaines il y a maintenant trois ans. Et cela passe forcément par des victoires et des titres...


Le match : du bon et du moins bon
Montpellier a pourtant tout  essayé : la zone, l'individuelle, une «boîte», pour contenir les Tango, notamment en imposant un faux rythme dans lequel les Berruyères se sont parfois laissées entraîner. Mais le suspense n'a pas duré bien longtemps. Ainsi, après que Montpellier eut pris pour la première (et la dernière) fois du match l'avantage (6-4, 4e), Bourges répliqua immédiatement par un 7-0 pour mener 8-15 à la fin du premier quart
temps malgré pas mal de déchêts dans le jeu. En fait, les joueuses de Pierre Vincent ont surtout raté le deuxième quart temps, d'ailleurs perdu 15-11. Mais alors raté de chez raté. Des shoots qui ne rentrent pas, un
rebond légèrement chahuté, des mauvais choix, des excès de précipitation, des passes qui n'arrivent pas, une adresse presque nulle et même, et c'est plutôt rare, quelques oublis en défense. "Pris dans le faux rythme imposé par Montpellier, nous n'avons alors pas développé notre jeu habituel. Un exemple : dans ce quart temps, nous n'avons eu que deux contre-attaques ; ce n'est pas nous. On a eu des tirs ouverts faciles qui ne sont pas rentrés et on a offert autant de ballons de contre-attaque à Montpellier. On a également eu tendance a jouer trop vite ou alors pas assez..." admettait le coach berruyer qui se chargea, on l'imagine, de recadrer ses
troupes durant le repos. 26 points marqués seulement en une mi-temps, un triste 1 sur 8 à trois points (3 sur 17 aux shoots extérieurs)... Même si la défense, face à un adversaire bien  timide il est vrai, n'avait lâché que 23 points, c'était effectivement un peu léger pour un vainqueur du Tournoi de la Fédération.

Une super Elodie Godin
A la reprise, on  n'était donc pas surpris de retrouver une équipe berruyère autrement plus fringante, bien mieux inspirée. Une équipe plus patiente dans son jeu, menant ses actions au bout, alternant avec bonheur jeu intérieur,  jeu extérieur et qui retrouva, par la même, une belle adresse. Cela sa traduisit d'entrée par un sec 0-8 (23-34 à la 23e). Plus agressives, plus en jambes aussi, les Tango avaient la mainmise sur le jeu. Cathy Melain et Anete Jekabsone insistaient à trois points (deux fois chacune) avant qu'Elodie Godin ne prenne le relais (4 paniers consécutifs). Montpellier, malgré les efforts de Samoroukova et de Mallory, était dans les cordes. Das Neves ? Etouffée (aucun point). Idem pour Perotto. Un Bourges qui avait pris ses couleurs européennes s'adjugeait ainsi le troisième quart temps 23-11. Ce fut ensuite un simple formalité pour les Tango d'aller chercher leur billet pour Bercy dans le sillage d'une Elodie Godin taille Europe : 20 points, 15 rebonds, 7 fautes provoquées, 4 contres et une  note évaluation de 34.  C'est  cette même Elodie Godin qui eut le plaisir de franchir la barre des + 20  (38-58) et également l'honneur de fermer la marque sur deux lancers : 42-64. Au final, les Tango avaient, une fois de plus, su se faire respecter sans même avoir à puiser dans leurs réserves et
alors que trois d'entre elles (Bernie Ngoyisa, Sabrina Reghaïssia et Pauline Krawczyk n'étaient pas au mieux). Plutôt rassurant pour la suite, non ?

CHRISTIAN RAGOT