COUPE DE FRANCE Demi-finale : Lattes Montpellier - Bourges
Basket, 42-64.
On ira à Bercy pour tenter le doublé
Déjà victorieuses du Tournoi de la Fédération, les Berruyères
vont retrouver Valenciennes en finale de Coupe de France. Pour un remake de
l'édition 2005 ? On y croit fort !
PAR CHRISTIAN RAGOT ENVOYÉ SPÉCIAL
Voilà une bonne chose de faite. Pour la deuxième année consécutive, le Bourges
Basket s'est qualifié pour la finale de la Coupe de France. Et tout comme en
2005, pour la grande fête de Bercy, il retrouvera son meilleur ennemi,
Valenciennes, difficile vainqueur de sa demi-finale à Mondeville (voir par
ailleurs).
La qualification des Tango, bien décidées à conserver le trophée brillamment
conquis l'année dernière face à l'USVO, n'a jamais fait l'ombre d'un doute,
samedi soir, à Montpellier. Sans la Lettone Ieva Kublina qui a déjà quitté le
club héraultais après une pige de trois matches en championnat, sans Gaëlle
Skrela blessée à un genou (on craint que la saison de Gaëlle ne soit
définitivement terminée, NDLR), sans bien sûr Christelle Jouandon, Montpellier,
malgré sa bonne volonté et les nombreux systèmes mis en place par José Ruiz,
n'avait pas les moyens de lutter.
Heureuses de retourner à Bercy
Et pourtant, les Tango n'étaient pas au mieux samedi soir. Pierre Vincent dut
ainsi "économiser" Bernie Ngoyisa, malade. Sabrina Reghaïssia n'était pas non
plus au mieux (petite angine et maux de tête) tout comme Pauline Krawczyk mais
Montpellier n'a pas su, ni pu en profiter. Une seule fois, à la 4e minute, les
Latto-montpelliéraines ont mené (6-4) durant ce match.
Une autre fois, elles sont revenues à égalité (16-16, 13e) après avoir été
menées 8-15 à la fin de premier quart temps et c'est tout. Pas de quoi perturber
une équipe berruyère qui a pourtant alterné le bon et le moins
bon.
"On n'a peut-être pas livré un grand match, c'est vrai, mais la qualification
est là, c'est l'essentiel" se réjouissait ainsi Sabrina Reghaïssia. "Je suis
vraiment heureuse, comme toute l'équipe, de retourner à Bercy. On va y aller
pour gagner sinon, ça ne servirait à rien d'avoir fait tout ce parcours. Mais
avant, il y a d'autres matches à gagner en quarts de finale du championnat de
France, sans doute contre Montpellier qui devrait se qualifier aux dépens de
Challes. Rejouer les Montpelliéraines, ça sera une bonne préparation avant
Bercy. C'est vrai qu'on a nettement remporté nos deux derniers matches face à
elles (+ 29 et + 22) et que ça peut sembler facile mais c'est une bonne équipe
qui propose beaucoup de choses".
Une bonne équipe qui n'a marqué que 42 points dans sa salle face, il est vrai, à
la meilleure défense de l'hexagone. C'est peu. Mais c'était aussi la conséquence
des choix tactiques de José Ruiz, tout autant qu'en raison de la qualité de la
défense berruyère. "Montpellier n'est déjà pas très agressif mais surtout, c'est
une équipe qui recule beaucoup en défense et qui impose un faux rythme. On ne
peut pas gagner un match en jouant de la sorte. En revanche, ça peut faire
déjouer l'adversaire ; c'est ce qui s'est produit par instant" analysait ainsi
Pierre Vincent.
"C'est vrai qu'on a souvent joué sur un faux rythme" ajoutait Sab'. "mais ça
n'est pas surprenant. Avant le tournoi de la Fédération, on avait disputé quatre
matches en une semaine. Et là, on était resté une semaine
sans jouer. C'est normal que dans le jeu, on se trouve un peu moins bien ;
surtout en début de match. Même en travaillant bien à l'entraînement, ça ne vaut
pas la compétition. De plus, il faisait très chaud dans la salle ; on
manquait d'air. On n'a pas l'habitude.."
Face à leurs meilleures ennemies...
Mais en coupe, seule la qualification compte vraiment. Quand on peut y mettre la
manière, c'est forcément mieux mais même s'il y a eu quelques passages à vide,
notamment lors du deuxième quart temps, on ne leur en
tiendra pas rigueur. Les filles iront à Bercy où elles retrouveront donc leurs
meilleures ennemies valenciennoises et c'est bien la seule chose à retenir. Des
Valenciennoises qui ne font plus vraiment peur depuis le succès tango en finale
de la Coupe de France 2005 à Bercy et plus encore depuis le match gagné en
finale du Tournoi de la Fédération la semaine dernière. "J'espère qu'on aura une
belle finale..." s'est limité à dire Pierre Vincent qui ne veut pas mettre trop
de pression sur un groupe dont on sait qu'il va éclater à la fin de la saison (Jekabsone,
Palau, Godin, Ngoyisa, Krawczyk et peut-être Reghaïssia sont sur le départ comme
annoncé dans notre édition de samedi) mais les filles elles ne le cachent pas.
Elles entendent vivre le plus intensément possible et jusqu'au bout cette belle
aventure commencée pour certaines il y a maintenant trois ans. Et cela passe
forcément par des victoires et des titres...
Le match : du bon et du moins bon
Montpellier a pourtant tout essayé : la zone, l'individuelle, une «boîte», pour
contenir les Tango, notamment en imposant un faux rythme dans lequel les
Berruyères se sont parfois laissées entraîner. Mais le suspense n'a pas duré
bien longtemps. Ainsi, après que Montpellier eut pris pour la première (et la
dernière) fois du match l'avantage (6-4, 4e), Bourges répliqua immédiatement par
un 7-0 pour mener 8-15 à la fin du premier quart
temps malgré pas mal de déchêts dans le jeu. En fait, les joueuses de Pierre
Vincent ont surtout raté le deuxième quart temps, d'ailleurs perdu 15-11. Mais
alors raté de chez raté. Des shoots qui ne rentrent pas, un
rebond légèrement chahuté, des mauvais choix, des excès de précipitation, des
passes qui n'arrivent pas, une adresse presque nulle et même, et c'est plutôt
rare, quelques oublis en défense. "Pris dans le faux rythme imposé par
Montpellier, nous n'avons alors pas développé notre jeu habituel. Un exemple :
dans ce quart temps, nous n'avons eu que deux contre-attaques ; ce n'est pas
nous. On a eu des tirs ouverts faciles qui ne sont pas rentrés et on a offert
autant de ballons de contre-attaque à Montpellier. On a également eu tendance a
jouer trop vite ou alors pas assez..." admettait le coach berruyer qui se
chargea, on l'imagine, de recadrer ses
troupes durant le repos. 26 points marqués seulement en une mi-temps, un triste
1 sur 8 à trois points (3 sur 17 aux shoots extérieurs)... Même si la défense,
face à un adversaire bien timide il est vrai, n'avait lâché que 23 points,
c'était effectivement un peu léger pour un vainqueur du Tournoi de la
Fédération.
Une super Elodie Godin
A la reprise, on n'était donc pas surpris de retrouver une équipe berruyère
autrement plus fringante, bien mieux inspirée. Une équipe plus patiente dans son
jeu, menant ses actions au bout, alternant avec bonheur jeu intérieur, jeu
extérieur et qui retrouva, par la même, une belle adresse. Cela sa traduisit
d'entrée par un sec 0-8 (23-34 à la 23e). Plus agressives, plus en jambes aussi,
les Tango avaient la mainmise sur le jeu. Cathy Melain et Anete Jekabsone
insistaient à trois points (deux fois chacune) avant qu'Elodie Godin ne prenne
le relais (4 paniers consécutifs). Montpellier, malgré les efforts de
Samoroukova et de Mallory, était dans les cordes. Das Neves ? Etouffée (aucun
point). Idem pour Perotto. Un Bourges qui avait pris ses couleurs européennes
s'adjugeait ainsi le troisième quart temps 23-11. Ce fut ensuite un simple
formalité pour les Tango d'aller chercher leur billet pour Bercy dans le sillage
d'une Elodie Godin taille Europe : 20 points, 15 rebonds, 7 fautes provoquées, 4
contres et une note évaluation de 34. C'est cette même Elodie Godin qui eut
le plaisir de franchir la barre des + 20 (38-58) et également l'honneur de
fermer la marque sur deux lancers : 42-64. Au final, les Tango avaient, une fois
de plus, su se faire respecter sans même avoir à puiser dans leurs réserves et
alors que trois d'entre elles (Bernie Ngoyisa, Sabrina Reghaïssia et Pauline
Krawczyk n'étaient pas au mieux). Plutôt rassurant pour la suite, non ?
CHRISTIAN RAGOT
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