Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
02/05/2006

 
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LIGUE FÉMININE Quart de finale aller : après la large victoire (78-60) de Bourges à Montpellier

Qualification presque en poche


Large vainqueur, pour la troisième fois de suite, dans la salle de Montpellier, le Bourges Basket attaquera sereinement, demain soir, le match retour, au Prado. La demi-finale est en vue.

PAR HERVÉ LE FELLIC

Le seul à pouvoir se plaindre de l'issue du quart de finale aller du championnat, samedi soir entre Montpellier et Bourges, c'est sans doute le trésorier berruyer. Parce qu'avec 18 points d'avance pour les Tango, il ne sera pas facile de faire monter la mayonnaise, pour le match retour de demain soir, qui ne recèle plus grand suspense, même si rien n'est jamais acquis en basket. Et qu'on a déjà vu plus invraisemblable renversement de situation. "Mais non, tranquillisez-vous, on n'a surtout aucune intention de jouer un mauvais tour à Bourges; on ne
veut pas barrer la route de la suite aux Berruyères", assura José Ruiz, le coach montpelliérain. Qui, pour la troisième fois d'affilée, entre phase régulière du championnat, Coupe de France et donc quart aller, a subi la loi du Bourges Basket, en Hérault. "Bon, cette fois, on a pris moins de vingt points", chercha à positiver l'ancienne Berruyère, Elodie Bertal.
Pourtant, quand à la 21é minute, Sabrina Reghaïssia, la future... Montpelliéraine, donna 21 points d'avance au Bourges Basket, on se mit à penser que la valise des locales allait se faire plus lourde encore. Mais Pierre Vincent, le coach tango, dut alors composer avec les fautes sifflées à Bernie Ngoyisa (voir par ailleurs) et avec la nécessité de faire tourner. "Tout ça peut expliquer notre moins bon troisième quart temps", avança le coach tango. "Onsait qu'on est maintenant dans une série de matches aussi rapprochés que délicats et qu'il est nécessaire d'économiser les énergies, de répartir les charges de travail. D'ailleurs, j'ai même sollicité Céline Dumerc, qui avait pourtant reçu une solide béquille à la cuisse (à la 15é minute, NDLR), parce qu'il fallait aussi
que je n'en demande pas trop à Laia Palau."

Montpellier a pu limiter la casse
De toute façon, c'est en première période que le Bourges Basket avait fait, et bien fait, le boulot, devant une formation héraultaise encore diminuée par la blessure au genou de Géraldine Bertal. Et qui n'inscrivit son premier panier qu'à la 7é minute par Flore Perotto, c'est dire. "Dans le premier quart, on a fait de la figuration.
On était à la ramasse", avoua Elodie Bertal. "En plus, Bourges eut une adresse hallucinante à l'extérieur." Vrai
qu'un 73¨% à deux points (contre 33¨% à Montpellier, réduit à 11 sur 31 au tir) à la 20é minute, ça vous construit un solide succès. Et quand en plus l'adversaire vous mange au rebond (20 à 10 à la 20é)...
"On n'a vraiment pas beaucoup gêné les Berruyères", poursuivit Elodie Bertal. "On apeut-être été un peu mieux en deuxième mi-temps. On est encore à 12 points à une minute de la fin, on fait finalement un bon match, en comparaison avec nos précédentes confrontations. On était devant notre public, nos fidèles supporters, et on tenait à présenter un bon visage. Maintenant, je ne sais pas s'il va nous rester beaucoup d'énergie pour le match retour. Qui sera pour nous le dernier de la saison." Quand on vous dit que rayon suspense, c'est rupture
de stock.

Les Tango déterminées
Même si ce retour ne sera pas inutile, notamment parce que les Tango auront là l'occasion de travailler utilement.
Certes, le jeu atypique des Héraultaises qui, comme l'estime Laia Palau, "ont un style vraiment bizarre, défendent... sans défendre, ne mettent pas de rythme, ce qui donne des matches qui ne sont vraiment
pas passionnants à disputer", a peu de rapport avec ceux des prochains adversaires des Tango, Valenciennes dimanche à Bercy pour la défense de la Coupe de France, Mondeville ou Aix ensuite en demi-finale.
A Bourges non seulement d'assurer définitivement, demain soir, la qualification, mais aussi de continuer à donner dans le sérieux qui fut de mise samedi soir. On sent de toute façon la grande détermination du groupe berruyer à aller au bout. Des compétitions, mais aussi de l'aventure commune, avant qu'elles ne soient quelques-unes à donner un tour nouveau à leur carrière. "On ne rigole pas, on joue pour le titre, et personne ne va relâcher l'effort maintenant", assure Laia, meilleure marqueuse de la rencontre samedi. Et qui, avant de retourner au pays (Valence, même éliminé en demi-finale du championnat espagnol, semble toujours tenir la corde pour l'accueillir), tient plus que tout à inscrire la ligne 'championne de France 2006' à son palmarès. Comme toutes
les autres Tango.
 

Avec Bernie Ngoyisa

"Une saison géniale à Bourges"

Franchement, malgré la large victoire des siennes, ce qui augure d'une qualification aisée pour les demi-finales, Bernie Ngoyisa, l'intérieure congolaise du Bourges Basket, avait la mine sombre, quelques minutes après le
coup de sifflet final. Et on comprit rapidement le pourquoi de son mécontentement : "C'était vraiment trop nul, ce match ! "
Bernie le roc, la combattante, n'a que trop rarement pu s'exprimer, dans la salle montpelliéraine. Certes, à la
pause, en à peine moins de onze minutes de présence, elle avait tout de même inscrit 9 points (4 sur 4 à deux points) et pris six rebonds, participant ainsi grandement à l'excellente mi-temps des Tango. Mais déjà nantie de deux fautes à cet instant, elle se vit offrir par un tatillon (enfin, sur ce coup, parce que plus laxiste sur d'autres) duo d'arbitres deux fautes... offensives, à la 22é et à la 25é minutes. Résultat, sur la deuxième mi-temps,
Bernie ne prit qu'un tir (raté) et trois rebonds. Et ne put surtout pas exercer son art. Forcément frustrant...
"Ce n'était vraiment pas un match pour moi. Montpellier ne met jamais de rythme." Les adversaires fuyants, ce n'est pas sa tasse de thé, vraiment. "Bon, on a fait ce qu'on devait ; on gagne, mais on ne prend vraiment pas de plaisir dans de telles rencontres."
N'empêche, Bernie, l'essentiel c'est bien d'avoir la qualification quasiment en poche. Et d'avoir donc la presque totale assurance de pouvoir continuer à jouer le titre national, objectif majeur de cette fin de saison, avec la finale de Coupe de France de dimanche prochain, à Bercy. "On a toutes envie de se donner à fond, sur
cette fin de saison, c'est sûr", prévient Bernie. "Qu'on quitte le club à la fin de la saison, ou qu'on reste, on veut toutes faire notre travail, et aller chercher les deux trophées qui restent."
On le sait, Bernie fait partie de celles qui changeront bientôt de tenue. Ce sera direction l'Italie, et sans doute Schio, même si rien n'est encore signé, officiellement. Après seulement une saison à apporter sa puissance physique et la justesse de son shoot au club tango. "Oui, je sais, mais j'avais encore envie de découvrir autre chose ; c'est aussi ce que le basket me permet de faire. En tout cas, et même s'il reste encore une belle fin de
saison à vivre, je peux déjà dire que j'ai passé une année géniale à Bourges. Vraiment, j'ai vécu un très bon moment de basket, au sein d'un groupe au formidable esprit d'équipe. J'ai trop aimé ! " Nous aussi.
 

HERVÉ LE FELLIC