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LIGUE FÉMININE Quart de finale aller : après la large victoire (78-60) de
Bourges à Montpellier
Qualification presque en poche
Large vainqueur, pour la troisième fois de suite,
dans la salle de Montpellier, le Bourges Basket
attaquera sereinement, demain soir, le match retour, au Prado. La demi-finale
est en vue.
PAR HERVÉ LE FELLIC
Le seul à pouvoir se
plaindre de l'issue du
quart de finale aller du
championnat, samedi soir
entre Montpellier et Bourges,
c'est sans doute le trésorier
berruyer. Parce qu'avec 18
points d'avance pour les
Tango, il ne sera pas facile de
faire monter la mayonnaise,
pour le match retour de demain soir, qui ne recèle plus
grand suspense, même si rien
n'est jamais acquis en basket.
Et qu'on a déjà vu plus invraisemblable renversement de situation. "Mais non,
tranquillisez-vous, on n'a surtout
aucune intention de jouer un
mauvais tour à Bourges; on ne
veut pas barrer la route de la
suite aux Berruyères", assura
José Ruiz, le coach montpelliérain. Qui, pour la troisième fois
d'affilée, entre phase régulière
du championnat, Coupe de
France et donc quart aller, a
subi la loi du Bourges Basket,
en Hérault. "Bon, cette fois,
on a pris moins de vingt
points", chercha à positiver
l'ancienne Berruyère, Elodie
Bertal.
Pourtant, quand à la 21é minute, Sabrina Reghaïssia, la future... Montpelliéraine, donna
21 points d'avance au Bourges
Basket, on se mit à penser que
la valise des locales allait se
faire plus lourde encore. Mais
Pierre Vincent, le coach tango,
dut alors composer avec les
fautes sifflées à Bernie Ngoyisa
(voir par ailleurs) et avec la nécessité de faire tourner. "Tout
ça peut expliquer notre moins
bon troisième quart temps",
avança le coach tango. "Onsait qu'on est maintenant dans
une série de matches aussi
rapprochés que délicats et
qu'il est nécessaire d'économiser les énergies, de répartir
les charges de travail. D'ailleurs, j'ai même sollicité Céline Dumerc, qui avait
pourtant reçu une solide béquille à
la cuisse (à la 15é minute,
NDLR), parce qu'il fallait aussi
que je n'en demande pas trop
à Laia Palau."
Montpellier a pu limiter la casse
De toute façon, c'est en première période que le Bourges
Basket avait fait, et bien fait, le
boulot, devant une formation
héraultaise encore diminuée
par la blessure au genou de Géraldine Bertal. Et qui n'inscrivit son premier panier qu'à
la 7é minute par Flore Perotto,
c'est dire. "Dans le premier
quart, on a fait de la figuration.
On était à la ramasse", avoua
Elodie Bertal. "En plus,
Bourges eut une adresse hallucinante à l'extérieur." Vrai
qu'un 73¨% à deux points
(contre 33¨% à Montpellier, réduit à 11 sur 31 au tir) à la
20é minute, ça vous construit
un solide succès. Et quand en plus l'adversaire vous mange
au rebond (20 à 10 à la 20é)...
"On n'a vraiment pas beaucoup gêné les Berruyères",
poursuivit Elodie Bertal. "On apeut-être été un peu mieux en
deuxième mi-temps. On est
encore à 12 points à une minute de la fin, on fait finalement un bon match, en
comparaison avec nos précédentes
confrontations. On était devant notre public, nos fidèles
supporters, et on tenait à présenter un bon visage. Maintenant, je ne sais pas s'il va nous
rester beaucoup d'énergie
pour le match retour. Qui sera
pour nous le dernier de la saison." Quand on vous dit que
rayon suspense, c'est rupture
de stock.
Les Tango déterminées
Même si ce retour ne sera
pas inutile, notamment parce
que les Tango auront là l'occasion de travailler utilement.
Certes, le jeu atypique des Héraultaises qui, comme l'estime
Laia Palau, "ont un style vraiment bizarre, défendent...
sans défendre, ne mettent pas
de rythme, ce qui donne des
matches qui ne sont vraiment
pas passionnants à disputer",
a peu de rapport avec ceux des
prochains adversaires des
Tango, Valenciennes dimanche à Bercy pour la défense de la Coupe de France,
Mondeville ou Aix ensuite en demi-finale.
A Bourges non seulement
d'assurer définitivement, demain soir, la qualification,
mais aussi de continuer à donner dans le sérieux qui fut de
mise samedi soir. On sent de
toute façon la grande détermination du groupe berruyer à
aller au bout. Des compétitions, mais aussi de l'aventure
commune, avant qu'elles ne
soient quelques-unes à donner un tour nouveau à leur carrière. "On ne rigole pas, on
joue pour le titre, et personne
ne va relâcher l'effort maintenant", assure Laia, meilleure
marqueuse de la rencontre samedi. Et qui, avant de retourner au pays (Valence, même
éliminé en demi-finale du
championnat espagnol,
semble toujours tenir la corde
pour l'accueillir), tient plus que tout à inscrire la ligne 'championne de France 2006' à
son palmarès. Comme toutes
les autres Tango.
Avec Bernie Ngoyisa
"Une saison géniale à Bourges"
Franchement, malgré la large
victoire des siennes, ce qui
augure d'une qualification aisée pour les demi-finales, Bernie Ngoyisa, l'intérieure
congolaise du Bourges Basket,
avait la mine sombre,
quelques minutes après le
coup de sifflet final. Et on comprit rapidement le pourquoi
de son mécontentement : "C'était vraiment trop nul, ce
match ! "
Bernie le roc, la combattante, n'a que trop rarement
pu s'exprimer, dans la salle
montpelliéraine. Certes, à la
pause, en à peine moins de
onze minutes de présence, elle
avait tout de même inscrit 9
points (4 sur 4 à deux points) et
pris six rebonds, participant
ainsi grandement à l'excellente mi-temps des Tango.
Mais déjà nantie de deux
fautes à cet instant, elle se vit
offrir par un tatillon (enfin, sur ce coup, parce que plus laxiste
sur d'autres) duo d'arbitres
deux fautes... offensives, à la
22é et à la 25é minutes. Résultat, sur la deuxième mi-temps,
Bernie ne prit qu'un tir (raté) et trois rebonds. Et ne put surtout pas exercer son art.
Forcément frustrant...
"Ce n'était vraiment pas un
match pour moi. Montpellier
ne met jamais de rythme." Les
adversaires fuyants, ce n'est
pas sa tasse de thé, vraiment. "Bon, on a fait ce qu'on devait ; on gagne, mais on ne
prend vraiment pas de plaisir dans de telles rencontres."
N'empêche, Bernie, l'essentiel c'est bien d'avoir la qualification quasiment en poche. Et
d'avoir donc la presque totale
assurance de pouvoir continuer à jouer le titre national,
objectif majeur de cette fin de
saison, avec la finale de Coupe
de France de dimanche prochain, à Bercy. "On a toutes
envie de se donner à fond, sur
cette fin de saison, c'est sûr",
prévient Bernie. "Qu'on quitte
le club à la fin de la saison, ou
qu'on reste, on veut toutes faire notre travail, et aller chercher les deux trophées qui
restent."
On le sait, Bernie fait partie
de celles qui changeront bientôt de tenue. Ce sera direction
l'Italie, et sans doute Schio,
même si rien n'est encore signé, officiellement. Après seulement une saison à apporter
sa puissance physique et la
justesse de son shoot au club
tango. "Oui, je sais, mais
j'avais encore envie de découvrir autre chose ; c'est aussi ce
que le basket me permet de
faire. En tout cas, et même s'il
reste encore une belle fin de
saison à vivre, je peux déjà dire
que j'ai passé une année géniale à Bourges. Vraiment, j'ai
vécu un très bon moment de
basket, au sein d'un groupe au
formidable esprit d'équipe.
J'ai trop aimé ! " Nous aussi.
HERVÉ LE FELLIC
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