Bourges Basket : l'Américaine Vicky Hall en renfort
La saison prochaine presque dévoilée
Alors que l'actuelle équipe ambitionne de remporter Coupe et
championnat, le club berruyer dévoile la presque totalité de l'effectif de la
saison prochaine. Il y aura de la taille et de l'expérience.
PAR HERVE LE FELLIC
Pierre Fosset, le président berruyer, est sorti de son silence, concernant le
Bourges Basket de la saison prochaine. Un peu contraint et forcé, à ce qu'on a
cru comprendre. "Je suis un peu déçu de devoir présenter déjà l'équipe de la
prochaine saison, alors qu'il nous reste à vivre avec les joueuses actuelles une
fin de championnat qui devrait être passionnante. Mais depuis le Tournoi de la
Fédération, à Villeneuve-d'Ascq,
on s'est fait attaquer, on ne parlait que du pillage dont Bourges serait
victime. Ce fut sans doute fait exprès pour tenter de nous déstabiliser. Ce
n'est pas très fin, ce n'est pas très bien..."
Si on ne parlera pas de pillage, on évoquera quand même bien un exode, qui se
produira dans quelques semaines et démantèlera une des plus belles formations de
l'histoire du club tango. Une formation qui d'ici là saura se couvrir de
lauriers, on ne lui souhaite que ça. Reste qu'avec les départs de Laia Palau
(Espagne et sans doute Valence), Bernie Ngoyisa (Italie et probablement Schio),
Elodie Godin (Valenciennes), Sabrina Reghaïssia (Montpellier) et Pauline
Krawczyk (peut-être Clermont-Ferrand), ça va tourner, comme on dit.
Plus d'expérience et de taille
Depuis l'annonce officielle de ces départs (voir Berry républicain du 22 avril),
les supputations allaient bon train, certains allant même jusqu'à émettre des
doutes sur la capacité du club tango à rester compétitif au plus haut niveau et
à avoir le budget idoine. "En deux saisons, on perdv150.000 euros de partenariat
privé, c'est vrai", admit hier, en conférence vde presse, le président berruyer.
"Ce qui ne nous empêche pas, je le souligne, de disputer des finales et de
remporter des trophées (la Coupe l'an dernier, le Tournoi de la Fédération il y
a peu, NDLR). Le souci est financier, c'est évident et il va falloir que tous
prennent conscience qu'à terme, il va falloir des rentrées financières, si on
veut rester à un haut niveau de compétitivité. En tout cas, pour la saison
prochaine, en l'état actuel des données, je sais qu'on aura une masse salariale
à peu près équivalente à celle de la présente saison. On n'est pas là pour jouer
le milieu de tableau du championnat, sinon on arrête tout. Il y aura encore une
équipe à Bourges, et une équipe pour jouer les premiers rôles."
L'équipe s'articulera bien évidemment autour de sa capitaine, Céline Dumerc,
ainsi que de l'actuelle capitaine de l'équipe de France Cathy Melain, les deux
seules joueuses cadres à rester. "Et avec tous ces départs, il a fallu rebâtir
un effectif en trois semaines, un mois", expliqua le président Fosset. Un
effectif qui intégrera toutes les joueuses dont nous vous avons parlé dans nos
dernières éditions.
Dans le secteur extérieur, outre Céline et Cathy, on trouvera la jeune Tarbaise
Florence Lepron, qui a signé pour trois saisons et qui pourra aider Caps Dumerc
à la mène, ainsi que l'internationale grecque Evanthia
Maltsi, excellente shooteuse qui arrive du club espagnol de Saragosse (elle
s'est engagée pour un an). A l'intérieur, on trouvera au poste de pivot
l'actuelle Valenciennoise Sonja Kireta, Croate de 1,98 m à la belle
expérience qui a donné son accord pour deux saisons. Emmeline Ndongue, formée au
Bourges Basket et qui vient de passer deux saisons à Aix-en-Provence, revient à
la maison, et y passera, au moins, les deux
prochaines saisons. Le club tango cherchait encore une spécialiste du poste 4,
forcément étrangère et forcément scoreuse, pour compenser les départs, question
scoring, de Laia Palau et d'Anete Jekabsone : il a jeté son dévolu sur
l'expérimentée Américaine Vicky Hall, qui a joué un peu partout en Europe et
évoluait cette saison dans le club italien de Côme.
Le casting est donc presque terminé. Le club berruyer va chercher à intégrer
maintenant deux jeunes de l'INSEP : l'intérieure Endene Miyem, l'ailière Carine
Paul et la meneuse Lucie Bouthors sont sur les tablettes.
Et il ressort de tout ce qui précède que le cas de la jeune intérieure Sena
Pavetic, à qui il reste encore deux ans de contrat avec Bourges, est en
discussion : elle pourrait être prêtée ou transférée, ce qui libérerait
automatiquement une place d'étrangère, pour le cas où...
Le Bourges Basket a donc fait au mieux, question rapport qualité - prix, comme
on dit. Tout en s'investissant sur la durée, la plupart des recrues ayant signé
pour plus d'un an. "La performance passe aussi par la stabilité
de l'effectif", expliqua l'entraîneur tango, Pierre Vincent. Pour qui la future
formation berruyère présentera "plus d'expérience, aura peut-être moins de
talent mais des qualités athlétiques fortes à l'extérieur, avec par exemple
Florence Lepron qui défend très fort ; et aura beaucoup de volume et de taille à
l'intérieur. Tout cela amènera forcément un style de jeu différent, mais je
pense que l'équipe ainsi bâtie pourra s'exprimer au plus haut niveau." A sa
devancière, à l'actuel Bourges donc, de lui ouvrir la voie, sur ces derniers
matches.
Cathy Melain a joué un an avec Vicky Hall
Une championne du monde au Prado
Evidemment, pour un coach formateur comme l'est Pierre Vincent, ce n'est sans
doute pas l'idéal, si on peut dire : parce que question expérience, Vicky Hall,
qui portera la saison prochaine le maillot du Bourges Basket, en possède un
sacré rayon. Elle a tout de même vu le jour le 3 octobre 1969, et a pas mal
bourlingué ; en WNBA où elle a mis fin il y a peu à sa collaboration avec les
Sparks de Los Angeles ; mais aussi en Europe où elle a fréquenté les
championnats suisse, israélien, grec (Panathinaïkos) et italien, d'où elle
arrive d'ailleurs.
Et où l'avait côtoyée Cathy Melain, revenue depuis le début de la présente
saison à Bourges. C'était lors de la première saison vénitienne de la capitaine
des Bleues et le moins qu'on puisse dire, c'est que Cathy a gardé
un excellent souvenir de l'Américaine : "Malgré son âge (eh oui, Cathy ne sera
plus la doyenne la saison prochaine), elle est physiquement très bien car c'est
une fille qui s'entretient parfaitement. C'est une joueuse qui
peut évoluer ailière ou au poste 4, mais c'est à ce dernier qu'on l'a utilisée
pendant toute sa carrière européenne. C'est une excellente shooteuse, qui prend
les tirs sans aucune hésitation." Pour Cathy, pas de doute à avoir :
l'Américaine est une pointure, et risque d'impressionner le public du Prado.
De son vrai prénom Victoria, mesurant 1,87 m, championne du monde en 1990 avec
l'équipe américaine, elle a raté les Jeux de 2002 pour une vilaine blessure au
genou pendant la préparation, blessure qui l'a tenue écartée
des parquets pendant un moment. Après Venise, elle a pris la direction de
Tatanto, puis cette saison de Côme. Elle y a tourné à 15 points de moyenne, avec
un beau 54% de réussite à deux points et une solide présence au
rebond. A l'évidence, dans le futur Bourges, elle créera un danger, tout comme
la shooteuse grecque Evanthia Maltsi. Et dans la peinture, entre elle, Emmeline
Ndongue et Sonja Kireta, ça devrait également déménager et
converser à une belle hauteur.
HERVE LE FELLIC
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