Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
04/05/2006

 
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LIGUE FEMININE Quart de finale retour : Bourges - Montpellier 75-69

En demi finale contre Aix-en-Provence

Le Bourges Basket a assuré la gagne, hier soir, dans un match retour sans suspense contre Montpellier. Et jouera en demi-finale contre les Aixoises, qui ont réussi l'exploit de s'imposer à Mondeville.

PAR HERVE LE FELLIC

Franchement, voilà un match qui ne restera pas dans les annales. C'était, bien entendu, écrit d'avance : déjà, à l'aller en Hérault, les Berruyères avaient fait ce qu'il fallait, pour ôter tout espoir d'exploit aux filles de José Ruiz. Il s'agissait juste hier soir de terminer le travail, sans trop puiser dans les réserves, avant la finale de Coupe de
France, dimanche à Bercy contre Valenciennes, et la suite des opérations, dans la quête de la couronne nationale qui échappe au club berruyer depuis 2000.
Alors, oui, il ne fallait pas s'attendre à du haut niveau, et on n'en a pas eu. Ou alors par séquences, comme sur cette superbe passe décisive de Céline Dumerc pour Anete Jekabsone, à la 37e minute. Quelques instants
seulement après que la même Anete ait scoré à trois unités, pour le plus gros écart du match en faveur des Tango (69-50, 34e).

Des Tango à l'économie
Il suffit de savoir que, sur un dernier panier de Samoroukova, Montpellier ne s'est finalement incliné que de six points, pour voir que le Bourges Basket était branché hier soir sur courant alternatif. Au point de prendre
un étonnant 13-23 dans le dernier quart temps. Pas vraiment dans les habitudes maison. Alors oui, le manque de suspense, l'assurance que, quoi qu'il arrive ou presque, la demi-finale était dans la poche avant même le
coup d'envoi, un logique manque de concentration. "Il y a des matches qu'il faut gagner. Celui-là, on ne l'a peut-être pas pris par le bon bout dès le départ, et on sait pertinemment que l'intensité sera tout autre dimanche
face à Valenciennes", avoua bien volontiers l'entraîneur tango, Pierre Vincent. Dont le plus grand souci fut d'économiser les énergies, comme attendu. "On est dans une série de matches difficiles. Celui-là, il ne faisait aucun doute qu'on allait le gagner, c'est vrai. J'ai géré le temps de jeu, en multipliant les rotations, ce qui dérègle forcément les automatismes. Au moins, comme ça, on voit qu'un coach sert à quelque chose, quand il met les bonnes joueuses au bon endroit et au bon moment."
En face, José Ruiz, le coach héraultais, avait bien noté que les Berruyères n'y avaient vraiment pas été à fond, c'est le moins que l'on puisse dire. Réduites à sept, et depuis longtemps résignées, dans l'attente des vacances
où elles se trouvent actuellement, ses joueuses étaient également logiquement libérées. "Par rapport à l'équipe du début de saison, il nous reste actuellement quatre joueuses. Vraiment, on a beaucoup de mal à terminer la saison, avec cette cascade de blessures. On savait qu'on n'avait aucune possibilité de contester la supériorité de Bourges, qui, sur ce match comme sur nos précédentes confrontations, nous a fait mal par son adresse. C'est une grande équipe, tout simplement. Bon, sur ce dernier match, c'est vrai que les Berruyères n'ont pas trop cherché à appuyer où ça fait mal. Nous, de notre côté, on a fait l'effort de présenter un peu agréable, même s'il est vrai que par moments, les débats furent un peu soporifiques. Voilà, maintenant, notre championnat est fini, et on n'espère qu'une chose : avoir été sorti par le futur champion de France. On pourra se dire qu'on a été un peu finaliste, dans ce cas-là..."

Gare au piège provençal en demi
Sûr que Pierre Vincent et ses joueuses signeraient tout de suite pour un tel scénario. Mais avant, il y  encore quelques marches à franchir, et pas des moins hautes. Sans parler de la Coupe de France (mais si, on vous en
causera sous peu, promis), voilà que se profile Aix-en-Provence, qui a réussi l'exploit de sortir Mondeville, longtemps leader des la Ligue féminine mais qui se retrouve sur une voie de garage. "De toute façon, je
rappellerai que Mondeville comme Aix nous ont battu au Prado, cette saison, lors de la phase régulière", souligna Pierre Vincent, pour bien signifier que ce n'est pas parce que les Tango se frotteront les 10 (aller en
Provence) et 13 mai (retour au Prado) aux sixièmes de la phase régulière que l'affaire est déjà entendue.
"Bien sûr qu'Aix a les moyens de nous poser des problèmes. Il y a d'abord Kostaki, la pierre angulaire de cette équipe. Joens est une dangereuse shooteuse, Lacroix peut l'être et on sait qu'Emmeline Ndongue (ex et future
Berruyère, NDLR) a un registre défensif très important, et qu'elle a déjà su réduire Bernie (Ngoyisa, NDLR) au silence, cette saison. Ce qui n'est pas si fréquent, non ?"
Cette place en finale, il faudra aller la chercher, vraiment. Mais on peut faire confiance aux Tango pour présenter une intensité défensive bien supérieure, un autre visage, que celui un peu endormi tout de même d'hier
soir. De toute façon, à l'heure de faire les comptes de la saison, on se souviendra très certainement de beaucoup de choses, mais pas de ce match face à Montpellier, où il n'y avait rien à perdre, et encore moins à
gagner. Les titres, c'est à partir de maintenant qu'il faut aller les cueillir...



LE FILM DU MATCH : tout en s'économisant avant la Coupe de France

Les Tango ont déroulé...

Pas évident de se motiver pour un quart de finale retour après avoir gagné le match aller à l'extérieur avec 18 points d'écart (60-78). Surtout à quatre jours d'une finale de Coupe de France face son meilleur ennemi
valenciennois, dimanche à Bercy. Une Coupe de France que les Tango ont a coeur de garder à la maison. Et pas seulement parce que ce trophée était le premier - et alors unique - remporté sous l'ère Pierre Vincent (depuis, il y a eu le Tournoi de la Fédération 2006, NDLR). Le premier aussi depuis le sacre européen de Messine... En 2001 ! Mais la meilleure façon de préparer cette finale de Coupe de France, n'était-ce pas aussi en se livrant sans retenue pour garder un bon rythme afin d'être prêt, physiquement et mentalement, à affronter une USVO qui sera d'un tout autre calibre ? Sans aucun doute.
C'est en tout cas ce que Pierre Vincent avait demandé à ses joueuses ; restait à mettre ces consignes en application en souhaitant que Montpellier, passablement résigné après le match aller, offre une opposition consistante.

Montpellier a mené...
Etant donné le contexte, on ne s'attendait pas à autre chose qu'à une mise en train, disons laborieuse, des Berruyères. Pas beaucoup de rythme, peu de prises de risques, un engagement calculé... ça ne pouvait que faire le jeu des Héraultaises toutes surprises de tenir le score (8-7 à la 5e) et même de passer devant sur un panier plus faute (de Bernie) signé Maria Samoroukova : 8-10. Pierre Vincent effectuait ses premières rotations mais
Elodie Bertal maintenait Montpellier devant : 11-12 (7e). Pour la dernière fois du match. Il a, en effet, suffi d'un peu plus de concentration pour que les Tango se détachent avec un 8-0 (19-12, 8e). Pierre Vincent en
profitait pour lancer Sena Pavetic qui trouvait le cercle sur son premier shoot ; Bourges enlevant le premier quart temps, 23-19.
Soucieux de ménager ses joueuses cadres avant la finale de Coupe de France, Pierre Vincent lançait un cinq inédit pour le deuxième quart temps avec Dumerc, Jekabsone, Krawczyk, Reghaïssia et Pavetic. La jeune Croate, à défaut d'être intransigeante en défense, se montrait en revanche à son avantage en attaque, prenant de bonnes positions dans la peinture pour signer un joli 3/3 (31-24, 14e). Mais il n'y avait pas de quoi s'enthousiasmer pour autant. Côté berruyer, on n'était pas toujours très concentré alors que la défense ne nous avait pas habitués à de telles largesses. Mais face à des Montpelliéraines usées, où seules l'élégante
Vorackova montrait une belle adresse (11 points en première mi-temps), c'était quand même suffisant pour faire tranquillement la course en tête : 42-33 au repos. Après tout, avec un honnête 18 sur 29 aux tirs (mais 2 sur 10 seulement à trois points) et une nette domination au rebond (20 contre 10), il y avait quand même quelques motifs de satisfaction ; de quoi contre balancer un faible 4 sur 9 aux lancers et surtout 8 pertes de balles.

Laia Palau fait le break
Comme en début de match, à la reprise, les Tango avaient du mal à se remettre en train. Le premier panier n'arriva, en effet, qu'après quatre minutes de jeu, signé Laia Palau, sur un caviar de Cathy Melain. Montpellier avait profité de ces quatre minutes d'errements pour revenir à deux points sur une perte de balle tango et un panier d'Elodie Bertal (43-41, 24e). Juste ce qu'il fallait pour piquer les Berruyères dans leur orgueil. Laia Palau nous gratifia alors de ces petits coups de folie dont elle a le secret, Anete Jekabsone retrouva l'usage de sa 'patte' gauche et Cathy Melain ne manqua pas de prendre part à la fête pour signer un 11-0 berruyer (54-41). Sandrine Ronot, l'ex-Tango trouva bien l'ouverture à trois points mais la réplique d'Anete se fit immédiate (57-44) avant que Laia, toujours à trois points, ne scelle le sort de la rencontre : 62-46 (30e).
Il ne restait plus qu'à gérer dans le dernier quart temps. Gérer tout en essayant de nouvelles tactiques en vue des importantes échéances à venir. Pas question, en effet, de trop tirer sur la corde, au plan physique
notamment, car dimanche, il y a match. Et quel match ! Gérer, les Tango le firent si bien que l'écart grimpa même jusqu'à plus 19 (69-50, 34e). Pierre Vincent ayant choisi de multiplier les rotations, Montpellier revint alors à moins 8 sur un tir primé de Das Neves (75-67, 39e) puis à moins 6 (75-69) grâce à Samoroukova mais ça n'avait plus vraiment d'importance. Les Tango étaient qualifiées pour les demi-finales (contre Aix) depuis longtemps. Et le public, debout, pouvait ovationner cette équipe qui lui donne tant de plaisir.

CHRISTIAN RAGOT