Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
09/05/2006

 
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COUPE DE FRANCE FINALE : l'agressivité berruyère a étouffé Valenciennes (61-56), dimanche à Bercy, devant 13.000 spectateurs

Les Berruyères ont la Coupe à coeur

Alors qu'on les attendait pilonnant de l'extérieur, c'est bien par l'intérieur, dans le sillage de Bernie Ngoyisa, que les Tango ont ôté toute possibilité à l'USVO de leur reprendre la Coupe.

PAR HERVÉ LE FELLIC ENVOYÉ SPÉCIAL

C'est aussi pour cela qu'on aime ce sport, bataille tactique, jeu d'échecs grandeur nature : parce qu'il sait en chaque occasion proposer des clés différentes, des scénarii sans cesse renouvelés, même quand les actrices se
connaissent par coeur, comme Berruyères et Valenciennoises.
Il y a trois semaines, en finale du Tournoi de la Fédération, à Villeneuve-d'Ascq, Bourges avait battu son meilleur rival en le pilonnant par son jeu extérieur, pour profiter d'une faiblesse défensive nordiste identifiée dans ce secteur. Alors, logiquement, quand ces deux-là se retrouvent un dimanche, Coupe de France en jeu, dans le temple de Bercy et devant une assistance aussi fournie (13.000 spectateurs) que vibrante, vous vous attendez à ce qu'on ressorte la même recette.
Erreur grossière ! Dès l'entame, c'est à l'intérieur, là où l'USVO dispose pourtant d'un sérieux avantage en centimètres comme en kilos, que la troupe de Pierre Vincent avait choisi de porter le fer. Avec comme tête de dispositif Bernie Ngoyisa, qui planta les neuf premiers points tango, écoeura l'adversité et livra un match tout simplement titanesque, arrachant presque la Coupe à elle toute seule (voir par ailleurs), un comble dans un sport si collectif.

Trois clés pour un doublé
Elle en arriva même à faire se rasseoir pour le compte Boba Tuvic, son adversaire directe, nantie de cinq fautes à la 35é minute, juste après que l'ancienne Berruyère ait remis les siennes en tête, à l'attaque du money time. Et c'est toujours en allant défier Valenciennes au coeur même de son dispositif défensif que Bourges trouva les ressources et le moyen de reprendre les commandes, et de conserver la Coupe conquise de si haute volée, au terme d'une démonstration étincelante, face au même adversaire, un an auparavant. On misa alors sur les
pénétrations de Bernie toujours, de Céline Dumerc, impeccable cerveau dans ces instants cruciaux, de Laia Palau ou de Cathy Melain, et les fautes tombèrent dru sur les têtes nordistes. Les lancers aussi, qui sont toujours le meilleur moyen de nourrir la marque dans ces derniers instants, surtout quand, et ce fut dimanche le cas de part et d'autre, les shooteuses sont mises sous le boisseau par des défenses impitoyables.
Bourges, par son agressivité, sa volonté d'avancer même dans la tourmente, alla chercher 29 lancers, en rentra 21, soit dix de plus que la troupe de Laurent Buffard (sur 13 tentatives). Bernie, la ligne des lancers, la défense, ne cherchez pas ailleurs les raisons du deuxième succès berruyer consécutif en Coupe de France.
"On a eu beaucoup trop de passages à vide pendant la rencontre. On a aussi manqué d'agressivité de concentration en défense", lâcha Sandrine Gruda, au sortir de la deuxième finale perdue de sa jeune (et très prometteuse) carrière. "Et je ne pense pas que ce soit dû à une trop grande fatigue chez nous ; normalement, dans un dernier acte, on doit pouvoir passer au dessus de ça..."

La première Coupe de Cathy !
On a senti qu'elles en ont pris un gros coup sur la cafetière, les Valenciennoises, et cela aura peut-être son importance, si d'aventure ces deux-là se retrouvent titre national en jeu (mais gare, il y a avant les demi-finales cette semaine, contre Aix pour Bourges et face à Tarbes pour l'USVO).
On a senti aussi, et ce n'est pas la première fois cette saison, que le Bourges Basket a pris un ascendant psychologique sur un adversaire naguère si sûr de ses forces, à juste titre d'ailleurs. Bourges, pour battre
l'USVO, devait jusqu'à la saison dernière croire en des circonstances très favorables ; désormais, les Tango peuvent poser leur patte sur la rencontre, quel qu'en soit le déroulement.
Céline Dumerc, la capitaine tango, pouvait présenter son plus beau sourire, une fois le devoir accompli : "Cette
Coupe, on voulait la garder. Le Tournoi de la Fédération, c'était complètement autre chose : Valenciennes le détenait, on voulait le conquérir. Mais quand on a un trophée dans sa vitrine et qu'on le perd, c'est autrement plus rageant." Alors, Bourges tout entier s'est révolté, dans les dernières minutes mais pas seulement. La force tango, ce fut aussi de savoir gérer ce qu'en rugby on appelle les temps faibles, ceux où rien ou presque ne vous réussit offensivement (près de huit minutes sans un panier dans le deuxième quart, un 9-0 pour Valenciennes à cheval entre les troisième et dernier) et où il faut s'arc-bouter sur ses valeurs, sur sa défense, en attendant que passe l'orage. Elles ont su le faire à merveille, les filles de Pierre Vincent, et ce n'est pas le moindre signe de
leur progression.
Et voilà comment Cathy Melain, revenue cette saison à la maison, a pu soulever leur seul trophée national qui manquait à son impressionnant palmarès : "Oui, c'est la première fois que je remporte la Coupe de France. Maintenant, je sais à quoi elle ressemble... et ça me plait bien. On a vécu une première mi-temps très fermée, avec une grosse pression défensive de part et d'autre. A certains moments, on a été moins attentives, et
Valenciennes en a profité pour revenir. Mais on a su rester sur nos idées, resserrer notre garde et par là retrouver confiance et rythme."
Et conserver la Coupe de France, deuxième trophée de la saison, après le Tournoi de la Fédération. Quoi qu'il arrive maintenant, cet exercice berruyer est déjà meilleur que ses trois devanciers. Et vu l'appétit de ces filles, il se pourrait bien qu'on n'en reste pas là.



Le film de la finale

La Coupe fermée de l'intérieur

Tiré par une Bernie Ngoyisa irrésistible, appuyé sur une défense rigoureuse, le Bourges basket, malgré un étonnant manque d'adresse, grâce aussi à une bonne gestion de la fin de match, a logiquement conservé la Coupe de France à Bourges.

LA FICHE TECHNIQUE
PARIS (Palais omnisports de Bercy). Finale de la Coupe de France dames :
Bourges Basket bat US Valenciennes Olympic, 61-56 (17-11, 8-10, 18-17, 18-18).
13.000 spectateurs. Arbitres : Nicolas Maestre et Chantal Julien.
Bourges : 19 sur 61 aux tirs dont 2 sur15 à trois points. 21 sur 29 aux lancers. 18 fautes, 38 rebonds (dont 12 de Ngoyisa et 9 de Godin), 12 interceptions (dont 4 de Melain), 1 contre, 10 balles perdues, 12 passes décisives (dont 6 de Dumerc).
Les marqueuses : Dumerc 9, Jekabsone 5, Melain 3, Reghaïssia 0, Ngoyisa 28 puis Palau 8, Godin 5, Krawczyk 3, Pavetic 0.
Temps de jeu : Palau 21'23'' ; Dumerc 32'54'' ; Godin 31'06'' ; Krawczyk 10'55'' ; Pavetic 2'11'' ; Melain 29'05'' ; Ngoyisa 36'38'' ; Reghaïssia 10'05'' ; Jekabsone 25'43''.
Valenciennes : 21 sur 54 aux tirs dont 3 sur 98 à trois points. 11 sur 13 aux lancers. 26 fautes (deux joueuses sorties, Tuvic 35é et Grgin Fonseca 39é), 39 rebonds (dont 9 de Le Dréan et 8 de Tuvic), 7 interceptions, 5 contres, 17 balles perdues, 15 passes décisives (dont 7 de Harrower).
Les marqueuses : Harrower 11, Grgin Fonseca 4, Le Dréan 11, Gruda 12, Tuvic 6 puis Hermouet 5, Kireta 7, Gruszczynski 0.
Temps de jeu : Gruda 29'08'' ; Tuvic 30'13'' ; Gruszczynski 3'10'' ; Hermouet 19'42'' ; Le Dréan 34'45'' ; Kireta 20'39'' ; Grgin-Fonseca 25'33'' ; Harrower 36'50''.

PAR CHRISTIAN RAGOT ENVOYÉ SPÉCIAL
Avec deux équipes qui se connaissent par coeur, capables de jouer aussi bien sur leurs forces que d'insister sur les (rares) faiblesses de l'adversaire, cette finale ne pouvait être que tactique.
Si Valenciennes est le plus vite en action par Gruda et Grgin-Fonseca, la réplique berruyère ne tarde pas. Et alors que Laurent Buffard redoutait surtout l'adresse extérieure des Tango qui avait été fatale à son équipe en finale du Tournoi de la Fédération, c'est par l'intérieur que Pierre Vincent s'en va chercher la clé. Mené 0-4, Bourges revient à 6-6 puis mène 9-6 grâce à un panier plus faute de Bernie Ngoyisa.
Bernie qui prend les bonnes positions dans la peinture pour récupérer les caviars de Céline Dumerc et de Cathy
Melain. Bernie qui marque alors tous les points de son équipe, à 100 % de réussite. Il ne manque d'ailleurs pas
grand-chose pour que Bourges ne tue cette finale dès le premier quart temps. Juste un peu d'adresse extérieure
sur les ballons sortis par Bernie mais avec un triste 1/7 à trois points, c'est insuffisant pour abattre une équipe nordiste en appel et qui s'accroche. Heureusement, sur le buzzer, une spécialité maison cette saison, Anete Jekabsone trouve l'ouverture à trois points ; Bourges remporte ce premier quart temps 17-11 (10é). Une avance qui offre l'opportunité à Pierre Vincent de faire souffler Bernie au profit de Sena Pavetic. Mais sans
sa puissante Congolaise, le jeu berruyer n'est plus le même.
Privé de son point d'ancrage, toujours en panne d'adresse (2 sur 11 aux tirs dans la deuxième période),
Bourges reste ainsi 5'30'' sans marquer le moindre point (deux lancers de Cathy Melain). Heureusement, en défense, les Tango ont dressé les barbelés. Et comme Céline Dumerc réussit à limiter au maximum le champ d'action de Kristi Harrower, le danger numéro pour Pierre Vincent, Bourges, où Bernie a repris sa place, continue à faire la course en tête. Le premier panier berruyer de ce quart temps survient à la 18é minute
et il est signé Elodie Godin avant que Céline Dumerc, en attaquant le cercle, ne maintienne l'avance berruyère à
+ 4 (25-21 à la mi-temps). Il n'empêche, avec un triste 8-10 sur le quart temps, on est loin du basket champagne que ces deux équipes sont capables de distiller...
Dans ce match cadenassé, pour les Tango, la solution pour avancer s'appelle plus que jamais Bernie. Imposant
sa puissance au trio Kireta - Gruda - Tuvic, bien aidée au rebond défensif par Elodie Godin, Ngoyisa marque ainsi onze points consécutivement et provoque la troisième faute de Tuvic puis la quatrième de Gruda. Bourges passe alors la barre des plus 10 (36-26 puis 43-33) juste avant que les choses ne se gâtent sur un panier bonifié contesté d'Harrower. Les Tango doutent un instant... et encaissent un 9-0 entre la 28é et la 32é minutes.
Pire, alors qu'elles mènent depuis la 6é minute, elles voient les Nordistes revenir à leur hauteur sur un trois points de Le Dréan : 45-45. Tout est remis en question.
Sur le parquet de Bercy, le match est de plus en heurté et les contacts plutôt musclés. Dans un choc avec Le Dréan, Cathy Melain reste au sol mais la Bretonne a la tête dure... Il n'empêche, c'est VO qui passe devant sur deux lancers de Gruda (45-49), signant un 7-0 nordiste (35é). C'est chaud pour Bourges. Alors, Bernie s'y
recolle, provoquant la 5é faute de Tuvic, avant d'ajouter deux lancers sur une faute de Kireta (49-49). Le plus dur est fait.
Avec lucidité et intelligence, Laia Palau, Cathy Melain et plus encore Céline Dumerc vont tour à tour provoquer les Nordistes. Le combat est âpre et les Nordistes ont de plus en plus de mal à défendre au point de perdre leur lucidité à l'image de Harrower, coupable d'une antisportive sur Dumerc à 58-56. Céline passe un seul lancer mais la balle reste à Bourges et c'est Laia Palau qui conforte la victoire tango sur les deux lancers
consécutifs à une ultime faute de Grgin-Fonseca : 61-56.
C'est le doublé pour les Berruyères qui peuvent exulter.

Élue MVP (meilleure joueuse) de la finale ‚Bernie Ngoyisa avait très faim
Sacrée Bernie ! Ses premières paroles, après le traditionnel cri de guerre d'après match furent "j'ai faim. Très faim même !"
Et ça s'est vu. Sur le terrain. Bernie, impressionnante de puissance, a tout dévoré. Tuvic, Gruda et Kireta n'ont rien pu faire, sinon constater les dégâts. A elle seule, Bernie a marqué plus de points que les trois intérieures de l'USVO réunies : 28 pour le pivot du Bourges Basket ; 25 pour les trois Nordistes (12 pour Gruda, 7 pour Kireta, 6 pour Tuvic). Elle a également provoqué plus de fautes (9) que ses trois adversaires (7), étant à
l'origine directe de la sortie définitive de Tuvic, à la 35é alors que VO menait 44-49 ; un tournant dans le match.
Bref ! Bernie a sorti une ligne de stats exceptionnelle dans une finale, avec une note évaluation de 29 pour 28 points marqués à 10 sur 17 (preuve qu'elle a quand même été très contestée en dessous), 8 sur 11 aux lancers, une seule faute personnelle, neuf provoquées, douze rebonds (dont neuf offensifs), une interception et
une passe décisive. Enorme ! Ce qui lui valut d'être élue, à l'unanimité, MVP de cette finale qu'elle a éclaboussée de toute sa classe.
Et pourtant, après le match, Bernie (qui avait sauté la collation d'avant-match) n'avait qu'une chose à dire : "J'ai
faim !". On sait que la Congolaise n'est pas du genre à se répandre dans les médias, mais en la poussant un peu, elle finit par avouer "qu'il fallait gagner et on a tout fait pour". Sacrée révélation.
Sur sa performance personnelle, rien ! Ou alors, il faut vraiment insister : "Comme toutes les autres, j'étais très
motivée. Pour une finale, on est toujours motivé... Ça n'a pas été facile, c'est vrai. En face, il y a des filles qui ne se couchent pas devant vous ; qui ont des qualités et qui savent défendre mais moi, j'aime bien quand il y a du répondant, quand ça bastonne un peu... Ça me stimule. Mes 28 points ? Je ne les ai pas marqués toute seule. C'est vrai que j'ai pris de bonnes positions mais c'est aussi parce que Céline, Cathy et les autres ont su
me trouver sous le cercle. Ce soir, c'est toute l'équipe qui a gagné, tout simplement parce qu'elle a été la meilleure..."
Simple, le basket avec Bernie, non ? La grande salle de Bercy, les 13.000 spectateurs ne l'ont pas impressionnée plus ça. "Vous savez, en WNBA, j'ai déjà joué dans des salles beaucoup plus grandes
et avec bien plus de monde." Imperturbable Bernie qui a fait mesurer à tout un chacun combien elle sera difficile à remplacer dans la raquette tango la saison prochaine. De quoi même perturber son adversaire directe de dimanche, Sonja Kireta, qui lui succédera sous le maillot tango la saison prochaine... En l'espace de quelques mois, l'équipe de Pierre Vincent avait appris à jouer, de manière efficace, avec une véritable cinq, se hissant au niveau des meilleures formations européennes. Sans Bernie, ça ne sera plus la même chose ; il va sans doute
falloir tout reprendre de zéro ou presque...
"C'est vrai, je vais partir. Sans doute à Schio, même si je n'ai rien encore signé. J'ai passé une année formidable à Bourges ; je suis même un peu triste de partir mais c'est comme ça. C'est dans mon plan de carrière...", lâche Bernie avec une pointe d'émotion dans la voix. "Mais la saison n'est pas terminée. Il y a encore le championnat de France à gagner et on va continuer à se battre pour ça. Bon, maintenant, ça va. Il faut que je mange (rires)."

CHRISTIAN RAGOT



Avec le président Pierre Fosset

"Gagner le troisième !"

Céline Dumerc venait tout juste de brandir la coupe de France devant les 13.000 spectateurs du POPB que le
président Pierre Fosset, l'oeil légèrement embué, se projetait déjà vers l'avenir ; un avenir à très court terme : "Déjà deux trophées dans la vitrine cette saison. Reste à gagner le troisième."
Que le président se rassure, ce formidable groupe, avant d'éclater dans quelques jours, est bien décidé à aller au bout de sa grande aventure ; à savoir réaliser un grand chelem inédit pour le Bourges Basket : Tournoi de la fédération, Coupe de France et championnat de France.
Et il s'y voit déjà, le président, tout en rappelant qu'avant de penser à la finale "il va déjà falloir éliminer Aix.
Et ça ne sera pas facile !".
Cette finale de Bercy ? "Ça été un match difficile avec une Bernie fantastique, c'est vrai, mais c'est quand même une victoire collective car toute l'équipe, même si on a manqué d'adresse, a défendu très fort." Et le président de dresser un premier bilan : "On s'était donné trois ans pour revenir au sommet ; l'objectif serait complètement atteint avec le titre de champion de France. Mais d'ores et déjà, le bilan est très positif avec deux trophées.
Il manque juste la qualification pour le Final four européen. Pour un point, face au futur vainqueur..."
Un futur vainqueur (Brno) que le Bourges Basket est la seule équipe à avoir battu cette saison. Petite consolation peut-être mais c'est aussi la preuve que les Berruyères n'avaient rien à envier aux autres finalistes et qu'en cas de qualification, elles pouvaient tout aussi bien coiffer la couronne européenne.
"Ce groupe arrive maintenant en fin de cycle", poursuit Pierre Fosset. "Quand je vois ce que Bernie a fait lors de cette finale, forcément, je regrette de ne pas pouvoir la garder. Et même toute l'équipe avec elle car nous avons un groupe formidable, mais ça n'est pas possible. C'est la vie ; question de moyens aussi. C'est le sport professionnel qui veut ça. Mais on va repartir pour un nouveau cycle avec une très bonne équipe..."

CHRISTIAN RAGOT

DECLARATIONS
Pierre Vincent (entraîneur de Bourges) "Les finales, c'est toujours difficile, spécial. Celle-là a bien tourné pour nous. On sait qu'en Bourges et Valenciennes, c'est une opposition de styles. On a avec Bernie un
véritable pivot et à ce jeu, si on ne domine pas à l'intérieur, on ne peut pas être constant dans la performance. On a eu pendant ce match quelques moments de trou ; on s'est alors regardé, on a arrêté de jouer. Mais on a
su aussi ne pas rester planté trop longtemps et réagir."
Elodie Godin (Bourges) "Les consignes étaient claires. Il fallait avant tout défendre dur. En deuxième mi-temps, on a connu plus de difficultés, mais on a su rester dans le match et notre projet de jeu, et c'était le plus important."
Anete Jekabsone (Bourges) "J'ai la Coupe de France, je reçois aussi le trophée de meilleure jeune joueuse européenne, c'est vraiment une très bonne journée pour moi. On a eu la chance, sur cette finale, d'avoir une
Bernie en grande forme, et on l'a servie, bien sûr. On a aussi su tenir en défense et au rebond. Même quand Valenciennes est repassé devant, je n'ai pas eu d'inquiétude. Je ne sais pas pourquoi, je sentais qu'on allait
gagner. On sait comment les jouer. Maintenant, avant de quitter la Ligue féminine (Anete jouera au Dynamo Moscou la saison prochaine, NDLR), je veux conquérir le titre de champion de France. Ce serait si bien de tout gagner..."
Laurent Buffard (entraîneur de Valenciennes) "La défaite résulte de beaucoup de choses. On a eu une longue saison : on a bataillé en France pour terminer à la première place de la phase régulière, en Europe pour
finalement prendre la troisième place du Final Four. Tout cela on le paye, on est vraiment très fatigué en ce moment. Et comme toujours dans ces cas-là, on fait de grosses erreurs en défense. En plus, Bourges a eu une
agressivité supérieure, on le voit aux lancers et aux rebonds offensifs. Offensivement, on a aussi trop de joueuses qui sont passées au travers. La victoire de Bourges est méritée. Nous, maintenant, on doit se concentrer sur la suite, sur la demi-finale face à Tarbes où on aura l'avantage de recevoir pour le match retour. Mais ce sera également très difficile."
Sandra Le Dréan (Valenciennes) "On est forcément déçue de perdre une finale, de perdre tout court. La première mi-temps a été très difficile, avec un jeu très fermé. En deuxième mi-temps, on sait revenir, on repasse
devant, mais on craque sur la fin. Alors, que dire d'autre, sinon que oui, je suis déçue..."