Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
11/05/2006

 
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LIGUE FÉMININE (demi-finale aller): Pays d'Aix Basket 13 - Bourges Basket : 77-80

Une précieuse victoire à l'arrachée

Les Tango, formidables de courage et d'abnégation, se sont arrachées pour l'emporter de trois points, à l'issue d'un gros combat. Un bonus important avant le retour, samedi au Prado.


PAR CHRISTIAN RAGOT ENVOYÉ SPÉCIAL

C'est à peine si les Berruyères ont eu le temps de fêter leur victoire en finale de la coupe de France, à Bercy face à leurs meilleures ennemies valenciennoises, qu'elles devaient déjà remonter dans le bus de l'ami Jean-Paul, direction Aix-en-Provence. Mais si les joueuses de Pierre Vincent veulent aller au bout de leurs idées, à savoir signer un triplé inédit dans l'histoire du club au plan hexagonal (Tournoi de la Fédération, coupe de France, championnat de France NDLR), il leur faudra, en effet, remettre la fête à plus tard. Car un programme démentiel les attend, avec quatre matches au minimum en l'espace de dix jours (celui d'hier soir inclus). Et peut-être cinq en cas de belle lors de la finale du championnat de France...

Sans Cathy Melain
Hier soir, dans l'étuve de la Pioline, au sein de la délégation berruyère, on ne se voulait pourtant pas trop gourmand. En tenant compte des problèmes ayant accablé le groupe ces dernières heures, on souhaitait surtout
préserver intactes ses chances pour le retour de samedi, au Prado. Outre un état de fatigue compréhensible après la grosse bataille de Bercy, Pierre Vincent apprenait, quelques instants avant le match, que Cathy Melain (qui avait tout de même fait le déplacement) ne figurerait pas sur le feuille de match. Dans un choc avec Sandra Le Dréan, l'arrière tango avait lourdement chuté sur le parquet de Bercy, où son dos avait méchamment morflé. Et sans Cathy, on sait que la défense tango n'a pas toujours la même rigueur.
Outre l'absence de Melain, il fallait aussi compter avec les pépins physiques (genou et épaule) de celle qui est considérée comme sa remplaçante naturelle, Pauline Krawczyk. Ou encore ceux de Céline Dumerc (béquille à la cuise). Bref! C'était une équipe tango fatiguée et diminuée qui allait essayer de tracer sa voie face à une formation aixoise reposée et jouant sans pression dans la mesure où elle n'avait pas à endosser le costume de favori, comme ce fut déjà le cas en quarts de finale contre Mondeville.

1er quart: au coude à coude
Le premier quart-temps se résuma à un véritable mano à mano. Dans le sillage d'une Bernie Ngoyisa donnant l'impression de nous refaire le coup de Bercy, les Tango prirent rapidement les devants: 4-7 puis 6-10 (4e)
avant que Pierre Vincent, soucieux sans doute de ne pas trop entamer les réserves physiques de ses joueuses, n'entame le ballet des rotations. Mais les Aixoises, sur une belle inspiration de l'ex et future Berruyère
Emmeline Ndongue, revenaient à 11-11 (6e) avant que Joens ne donne l'avantage aux Provençales : 13-11.
Les Berruyères essayaient, dans la mesure de leurs moyens, de mettre du rythme ; également d'alterner jeu intérieur et jeu extérieur, mais ça ne suffisait pas pour faire ne serait-ce qu'un petit  break. Au contraire, les
drives de Kostaki glissant souvent au poste 2 troublaient une défense orpheline de Cathy Melain.
Jusqu'à la fin du quart-temps, les deux équipes allaient ainsi se livrer à un véritable coude à coude; Laia Palau égalisant à 20-20 sur le buzzer grâce à un panier plus faute.

2e quart: la technique de Vincent
Jusqu'au retour de Bernie sur le parquet, les deux équipes continuèrent à se rendre coup pour coup: 24-24 (12e). Avec sa Congolaise, le Bourges Basket s'imposait en dessous (avec de beaux caviars servis par Céline) et repassait en tête: 25-28. Cinq points consécutifs d'Anete Jekabsone permettaient même aux Tangos de compter jusqu'à six points d'avance : 27-33 (14e) et même huit un shoot de Pauline Krawczyk (27-35).
Sans doute pour la préserver des coups de sifflets intempestifs des arbitres bien peu inspirés et pratiquant de façon agaçante l'art de la compensation, Pierre Vincent rappelait Bernie sur le banc deux minutes seulement après son retour en jeu.  Fallait-il y voir une relation de cause à effet? Toujours est-il qu'Aix enchaîna par un 11-0 lui permettant de repasser en tête: 38-35. Il faut dire que... Pierre Vincent avait bien aidé les Provençales, en récoltant une technique pour avoir dit ses quatre vérités à un arbitrage qui avait omis de siffler une faute pourtant flagrante sur un shoot de Pauline Krawczyk.
Mais les Tango se reconcentrèrent autour de leur capitaine, Anete Jekabsone mettant les deux équipes dos à dos au repos: 44-44.

3e quart: précieuse Bernie
Bourges attaquait la deuxième période avec son meilleur cinq (Dumerc, Palau, Jekabsone, Godin, Ngoyisa) et, avec une Laia Palau inspirée et une défense resserrée, signait un joli 7-0. Mais Aix, libéré et jouant son
va-tout, répliquait part un... 7-0 (51-51). Les fautes continuaient à pleuvoir (Godin, Reghaïssia, Ngoyisa, Palau et Dumerc en étaient à trois chacune) et il allait falloir gérer ça... Au même titre que la fatigue.
Laia et Anete côté berruyer continuaient à alimenter la marque, mais Kostaki et Joens répliquaient du tact au tac... Pour Bourges, la solution allait une fois de plus venir de l'intérieur, avec  Bernie dont les deux derniers paniers donnaient un peu d'air aux Tango: 58-63 (30e).

4e quart: aux lancers...
Le jeu devenait de plus en plus heurté et débridé. Et les arbitres continuaient à siffler tout et le reste (26 lancers pour Bourges et... 39 pour Aix). Dieme récoltait à son tour une technique sévère, mais Aix ne désarmait pas. Au contraire, boostée par une Kostaki faisant le show, l'équipe provençale enchaînait par un cinglant 9-0 (69-66). Ça commençait à devenir difficile pour des Berruyères fatiguées et ne pouvant plus vraiment défendre avec Palau, Dumerc et Ngoyisa toutes à quatre fautes.
Néanmoins, à grands coups de courage, à l'extérieur avec Anete, Laia et Céline, en dessous avec Bernie, les Tango repassaient devant à la 38e minute  (73-75) juste avant que Laia Palau ne sorte pour cinq fautes. Lopez
passait les deux lancers (75-75) et il restait 1'01'' à jouer...
Sur la quatrième faute de Kostaki, Céline ne passait qu'un lancer (75-76). Après un shoot manqué de Ndongue et une récupération berruyère, à 10 secondes, la perle grecque y allait de sa cinquième faute; intelligente
celle-là, même si Céline passait ses deux lancers: 75-78.
Sur la remise en jeu, Caps était sanctionnée d'une technique imaginaire. Le bras de Joens ne tremblait pas: 77-78 avec possession pour Aix. Joens prenait ses responsabilités, mais le ballon ne faisait que toucher le cercle. Sur la relance, l'Américaine «bénéficiait» d'une nouvelle compensation arbitrale. Anete passait ses deux lancers: 77-80. C'était gagné pour Bourges, qui avait su mieux gérer, dans des conditions très délicates, la fin de match.



ANALYSE Avec les entraîneurs, Alain Weisz (Aix) et Pierre Vincent (Bourges)

Quand un arbitrage incohérent gâche toute la fête

On va dire qu'une fois de plus, on tire à boulets rouges sur l'arbitrage. Certes, ce n'est pas la première fois cette saison. Mais ce qu'il nous a été donné de voir hier soir, dans une salle de la Pioline surchauffée, tient tout simplement de l'irrationnel, de l'ubuesque.
On a coutume de dire que le jeu ne peut se dérouler sans arbitres, et c'est tout le temps vrai. Sauf hier soir, où et leur présence, et leurs attitudes ont tout simplement empêché qu'une demi-finale de championnat de France
soit un match de haut niveau. Ce qu'il se doit pourtant d'être, si on veut faire la promotion de ce sport et respecter celles qui le pratiquent.
Et on ne veut pas dire par là qu'une équipe a été plus avantagée que l'autre, en prime. Non! L'incompétence, ça ne choisit pas son bord: ça s'étale, largement.
Il suffisait de regarder le tableau de marque, à la 40e minute, pour s'apercevoir qu'il avait dû être croisé avec un arbre de Noël, tellement il scintillait de mille feux: 22 fautes et deux joueuses sorties côté aixois, 26 fautes et deux joueuses sorties chez les Tango! Les Provençales ont eu près de quarante lancers francs à tenter, les Berruyères 26. Et on s'étonne, après ça, que dans un match haché au possible, on attaque le dernier quart-temps à 21h15 bien sonnées... Du jamais vu, on vous le dit!

Complètement sifflets...
Prenez la fin du match, pour simple exemple: technique à Céline Dumerc, qui a le malheur de signifier à l'arbitre qu'Aix prend son temps pour remettre la balle en jeu; et pour faire bonne mesure, intentionnelle à Joens dans la foulée, pour les deux derniers lancers d'Anete Jekabsone... et le succès, pour quatre points, des filles de Pierre Vincent.
Et aucune des actrices, au coup de sifflet final, ne trouva de joie d'avoir compté, bien involontairement, parmi les figurantes d'une telle pantalonnade. "Je n'ai jamais vu ça de toute ma vie", lâcha Céline Dumerc.
"Ils ne savent pas arbitrer, ce n'est plus possible", expliqua de son côté Emmeline Ndongue, l'«ex- future» Berruyère.
Quand on vous dit que leur nullité a fait l'unanimité.
Chez les coaches, il en allait forcément de même. "On avait face à face deux belles équipes, qui avaient envie de pratiquer leur meilleur jeu, et qui y sont tout de même parvenues, malgré la qualité déplorable de l'arbitrage, expliqua Alain Weisz. C'est vraiment lamentable..."
Pierre Vincent, lui, ne comprenait pas davantage. Il avait pris une technique pour avoir eu le malheur de faire un commentaire, entendu par l'arbitre placé... complètement de l'autre côté du terrain. Un sifflet qui avait visiblement l'ouïe plus acérée que la jugeote. "Il a vraiment fallu qu'on s'adapte. On ne pouvait pas s'exprimer, de toute façon. Ce que je ne comprends pas, c'est que sur l'ensemble de la saison, on est l'équipe qui a
la meilleure défense et qui, dans le même temps, prend le moins de fautes. Et là... Moi, je demande à mes joueuses de défendre proprement. Sur ce match, il y a eu un arbitre à qui je titre mon chapeau, qui a fait son
travail, qui a cherché à compenser, qui était au pôle Nord; et l'autre... au pôle Sud!

Suspense entier avant le retour
Alors, on vous parlerait bien du match, mais les deux hommes en gris l'ont tellement massacré qu'au final, on a l'impression qu'il n'y en a pas eu. Pourtant, Aix a réussi à confirmer que sa place de demi-finaliste n'était
en rien usurpée. A montré que l'élimination de Mondeville, au tour précédent, ne devait vraiment rien au hasard. Bien servies par les lancers, les Provençales ont aussi réussi à dominer le rebond, à trouver en la personne de leur meneuse grecque, Kostaki un vrai leader, dans tous les sens du terme. "Vraiment, on est à la hauteur", a pu se réjouir Alain Weisz. "Bien sûr, Bourges et Valenciennes restent les deux meilleures équipes de France, mais notre résistance, tout comme celle de Tarbes face à l'USVO, montre que d'autres existent. Maintenant, on est à la mi-temps, on est mené de trois points. On a souvent fait de bonnes performances cette saison, à l'extérieur; à Mondeville, mais aussi en Coupe d'Europe. Je ne dis pas qu'on va gagner de plus de trois points à Bourges; je dis simplement que  c'est faisable..."
 Vrai qu'il n'y a rien de joué et que Bourges partira samedi, pour le match retour au Prado, avec le plus petit des avantages. En plus de celui d'évoluer à la maison, devant son public, même si on sait que cette saison
les Provençales ne se sont pas gênées pour ressortir victorieuses du parquet berruyer, en phase régulière. En tout cas, elles ont eu le mérite, malgré l'absence de Cathy Melain, qui aurait été si précieuse dans un tel
contexte, de maîtriser leurs nerfs, de ne pas céder si à l'affolement ni à l'agacement. Et franchement, quand on est massacré à ce point par l'arbitrage (oui, on y revient), il y a de quoi péter les plombs.
"On a quand même fait quelques erreurs, on a laissé des paniers faciles", regretta Pierre Vincent. "On avait une équipe amoindrie, par l'absence de Cathy et les diverses blessures. La finale de coupe de France a laissé des
traces. J'ai dû aussi ménager Bernie dans le deuxième quart, car vu l'arbitrage, c'était trop facile de prendre les joueuses pour cible. Maintenant, la victoire n'est pas très importante. On partira samedi avec un avantage de trois points, voilà. Tout ce que j'espère, c'est que l'arbitrage sera différent." Ça tombe bien, c'est aussi ce que désire Alain Weisz.

HERVE LE FELLIC ENVOYE SPECIAL

Résultat. Dans l'autre demi-finale, Valenciennes s'est imposée à Tarbes 73-69.