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CHAMPIONNAT DE FRANCE Finale aller : Bourges Basket - US Valenciennes Olympic :
68-56
A une victoire d'une septième couronne !
Contrat rempli hier soir pour les Tango dans un Prado en liesse.
Victorieuses de Valenciennes au terme d'un gros combat, les Berruyères sont à
une victoire d'un septième titre. A aller chercher vendredi au Hainaut.
PAR CHRISTIAN RAGOT
Avec (éventuellement) deux matches à venir au Hainaut (où l'USVO est
invaincue cette saison, toutes compétitions confondues), la pression était
côté berruyer, incontestablement. Tout faux pas était, en effet, interdit
aux Tango hier soir. Chaque point, chaque panier, vaudrait assurément son
pesant d'or dans un match qu'on imaginait aisément ressembler à un gros
combat. Car dans une finale, seule l'efficacité compte. Et l'efficacité, ça
commence par une défense de fer.
Mais avec le même cinq de départ que contre Aix (Dumerc, Melain, Jekabsone,
Reghaïssia, Ngoyisa), Bourges avait curieusement quelques oublis défensifs
dont Gruda et Le Dréan profitaient opportunément. Sur une bonne inspiration
de Vedrana Grgin-Fonseca, VO faisait même un premier petit break (4-8, 3e)
mais à trois points, Anete Jekabsone ramenait à 7-8. Ce n'était pourtant
pas (encore) le meilleur Bourges tant il donnait l'impression de ne pas
vraiment savoir quelle option de jeu prendre. Pierre Vincent, soucieux de
ne pas trop tirer sur ses joueuses, commençaient ses premières rotations.
Ainsi, après avoir provoqué la deuxième faute de Gruda et donné l'avantage
à son équipe sur ses deux lancers (11-10), Bernie Ngoyisa, qui avait été
l'arme fatale des Berruyères lors de la finale de la Coupe de France à Bercy,
regagnait le banc. Déjà lestée de deux fautes, il est vrai.
Il n'empêche, au prix d'une formidable solidarité, les Tango s'arrachaient
pour tenir en respect des Valenciennoises, emmenées par une Sandra Le Dréan de
gala (4 paniers dans le premier quart temps): 14-14 (10e).
Bourges se détache
Avec Sena Pavetic dans la peinture pour gêner la grande Kireta, avec
surtout une Elodie Godin désireuse de réussir ses adieux au public berruyer
et efficace, avec aussi Céline Dumerc et Cathy Melain se jetant sur « tout
ce qui bougeait », ballon ou joueuse nordiste, Bourges, déjouant la défense
de zone commandée par Laurent Buffard, signait un 7-0 qui l'amenait à plus
7 (25-18 puis 27 - 20 à la 15e). En retrouvant un peu d'adresse extérieure,
par Laia et Anete, Bourges se détachait même nettement : 32-22 à la 16e,
puis 37-22 à la 17e avec un 10-0 à la clé. A moins 15, bien des équipes
auraient alors lâché prise ; par l'USVO ! Il a suffi que Laurent Buffard
g... un grand coup pour que Valenciennes retrouve toute son agressivité
défensive. Et le résultat ne se fit pas attendre... Bousculées, les Tango
lâchaient bonne partie de leur avance pour arriver au repos à 38-30....
... et Valenciennes revient
Il faut dire que Pierre Vincent avait laissé Bernie sur le banc durant
tout le quart temps (5'11'' de temps de jeu seulement en première mi-temps
!). Mais c'était peut-être aussi pour mieux la voir prendre le dessus par
la suite. Eh ! bien , même pas. C'est au contraire VO, qui avait très
nettement resserré sa défense, sentant que le match était peut-être en
train de basculer, qui appuyait là où ça faisait mal par l'intermédiaire
d'une étonnante Sandrine Gruda. La perle martiniquaise provoquait ainsi
rapidement la troisième faute de Bernie avant de se jouer de Sabrina
Reghaïssia en dessous. Et voilà VO revenu à trois points 41-38 puis à deux
: 44-42, toujours par Gruda (27e). En l'espace de neuf minutes, l'avance
berruyère avait fondu, passant de + 15 à + 2. Et surtout, durant ce même
laps de temps, les Tango ne mirent qu'un seul panier, par Sabrina
Reghaïssia, à trois points. A cet instant, Bourges, malgré sa vaillance,
semblait (presque) en perdition. Jusqu'à ce qu'un temps mort judicieux de
Pierre Vincent ne mette la rouleau compresseur berruyer dans le bon sens. Caps Dumerc se
remit aux manettes et Bourges se reconstituait un petit capital de 6 points
avant d'aborder le dernier quart temps : 50-44.
Quand la réussite est là...
Il n'en fallait pas plus pour que les Tango retrouvent la confiance... Et
la réussite qui va avec. Mais une réussite qui ne vient jamais pas harsard
; une réussite (extérieure) que les Tango ont su provoquer. A force de
pilonner l'adversaire en dessous, de le provoquer, de le faire courir.
Alors que durant le troisième quart temps, les Berruyères hésitèrent à
prendre les shoots ouverts, elles se mirent alors à dégaîner, faisant face
à leurs responsabilités. Sabrina, Anete deux fois, Céline et Laia
trouvèrent ainsi le cercle au delà des 6,25m... C'était trop pour VO qui,
saoûlé de coups, finissait par lâcher prise, malgré Gruda et Kireta.
Bourges remportait le dernier quart temps (18-12) et le match. Leur
quatrième cette saison face à VO. Le public pouvait fêter avec beaucoup
d'amour et d'émotion la dernière sortie au Prado, sous le maillot tango, de
Elodie, Anete, Laia, Pauline, Sabrina et Bernie... Leur équipe n'était plus
qu'à une victoire d'un septième titre de champion de France. Une victoire
qu'il faudra aller chercher vendredi (ou dimanche) au Hainaut. Sur ce qu'on a vu
hier soir, c'est possible !
ANALYSE Avec les coaches, Pierre Vincent (Bourges) et Laurent Buffard
(Valenciennes)
Bourges a su provoquer la chance
Cette équipe berruyère est décidément formatée tous terrains, et sa
capacité d'adaptation aux événements fait merveille. On l'avait vu perforer
Valenciennes par l'extérieur, au Tournoi de la Fédération, puis la pilonner
de l'intérieur en finale de Coupe de France. Hier, elle a su trouver
d'autres solutions encore, pour battre son meilleur adversaire pour la
quatrième fois de la saison. Mettant ainsi les joueuses de Laurent Buffard
dos au mur, au moment d'aller au Hainaut chercher le titre, vendredi ou dimanche
si belle il y a.
Un premier quart délicat, avec une adresse en berne, un deuxième
flamboyant, un troisième sinusoïdal, un dernier aux allures miraculeuses,
avec ces trois points venus du ciel, mais récompensant surtout la prise de
risque des Tango, qui ont dû composer avec les fautes tombées sur les
épaules de leur pierre angulaire, Bernie Ngoyisa. On a eu droit à tout,
hier soir, pour ce premier acte... du dernier épisode de la saison. On a eu
surtout la confirmation que ce Bourges là est taillé pour faire la passe de
trois, pour aller décrocher la couronne et la lune, cette fin de semaine, dans
l'antre valenciennoise.
Les limites valenciennoises
Ce n'est certes pas dans la poche, mais ce qui est certain, c'est que
l'USVO a pris hier soir un nouveau coup sur la cafetière, et que le
champion en titre n'a que rarement indiqué qu'il pouvait trouver la
solution. Et le message de Laurent Buffard, au terme de ces quarante
premières minutes, n'est pas du genre à déclencher un optimisme béat dans
les rangs nordistes. "Pour jouer une finale, il faut des gagneuses ! Il
faut défendre, et on ne l'a pas fait. Bien sûr, on ne prend que 68 points, mais
on encaisse surtout 9 paniers à trois points, c'est tout dire !"
Il avait l'air franchement abattu, Laurent. Perplexe aussi, devant
l'incapacité des siennes à renverser le cours des événements. "On a bien
recollé, comme souvent face à Bourges, mais pour passer devant, il faut
avoir plus de tonicité et d'engagement. Ce qu'on n'a pas su faire, tout
simplement parce qu'on n'a pas les joueuses pour. Pour moi, c'est clair, on a
atteint les limites de notre potentiel et on ne pourra pas faire mieux !"
N'allez pas croire pour autant que l'USVO va lâcher ainsi son dernier
sceptre, qu'elle détient depuis 2001. Ce n'est pas le genre de la maison.
L'orgueil a aussi été forgé dans les mines. Certes, il va falloir que le
groupe nordiste panse ses plaies, se creuse les méninges, trouve des
solutions. "Notre gros problème, c'est que Kristi Harrower est au bout du
rouleau, après une telle saison", estime Laurent Buffard. "Elle n'apporte
plus de sérénité dans le jeu, elle perd des ballons. Et quand le chef
d'orchestre ne bat pas la mesure... Alors, bien sûr, Gruda a eu de
l'agressivité, mais ce fut bien tout. Et quand on ne met pas de tirs et qu'on ne
défend pas..."
Et si la chance avait tourné ?
Bourges, tout au contraire, a mis tout son physique, toute son envie, dans
la balance. Profitant de la moindre embellie, cherchant à tenir le coup
dans les vents contraires. Toutes s'y sont employées, jusqu'à Sena Pavetic,
qu'on n'attendait pas si longtemps à pareille fête, et qui a assuré,
pendant que Bernie était clouée sur le banc. "Elle a tenu Kireta, elle a
fait son job. Même quand on est moins brillant, on est utile", estima son coach,
Pierre Vincent.
Qui a vu avec bonheur ses joueuses prendre les risques, provoquer leur
chance, dans les dernières minutes, celles où de toute façon se gagnent les
matches. Oui, il y a eu ces trois points miraculeux, mais comme le dit le
coach berruyer, "on a eu la baraka, mais il n'y a pas eu que cela. On a eu
beaucoup de chance sur ces shoots, mais on n'en avait pas eu contre Brno en
quarts de finale d'Euroligue, je vous le rappelle." Il faut bien que le
vent tourne... "Cette fois, une grande Anete, mais aussi Céline, ont fait
la différence. C'est lors de ces matches que les grandes joueuses se
révèlent. On doit croire en nos chances, respecter les consignes de jeu,
tenir quand les choses deviennent plus difficiles." Mission parfaitement
accomplie, avec la maîtrise, la justesse et l'intelligence qui est la marque des
grands collectifs.
Maintenant, il reste une mission à accomplir : réussir l'exploit de
s'imposer sue le parquet valenciennois, ce que personne n'a fait cette
saison, et que personne n'a réussi en championnat depuis le 10 mai 2000.
C'était déjà Bourges, reste à renouer le fil, vendredi au retour, ou au
pire dimanche pour la belle. "On a encore un ou deux rudes combats. On doit
continuer sur cette voie, prendre nos responsabilités, au tir notamment.
Avoir confiance en nous et en ce que l'on fait. Et si l'on doit mourir
comme ça, eh bien on mourra comme ça", projette Pierre Vincent. Bourges a
déjà trouvé les clés du jeu valenciennois, il lui reste à fracturer le
coffre-fort du Hainaut. Comme elles avaient su le faire à Brno, en
Euroligue...
HERVE LE FELLIC
A CHAUD
Pierre Fosset (président de Bourges) : "On a fait une très bonne
première mi-temps, même si on prend un trois points sur la fin. On a eu
ensuite un moment de flottement, mais on a su se ressaisir. On a fait un
grand match, il y a eu de l'adresse, du physique. Vendredi, on va aller à
Valenciennes pour gagner le titre."
Elodie Godin (Bourges) : "La clé du match ce fut de défendre très fort.
On a su appliquer les consignes. C'est vrai que les fautes de Bernie nous
ont handicapées, parce que moi et Sabrina, on a quand même un problème de
taille devant Tuvic et Kireta. Mais on a su s'adapter. Notre force, c'est
que si une joueuse est moins bien une autre prend le relais. On a un groupe
très soudé, et ça compte beaucoup. Je vais peut-être à Valenciennes l'an
prochain, mais là je suis à Bourges et je veux finir championne de France.
Quand Benoît (Roumet, le speaker) nous a appelé à la fin du match, je me
suis rendue compte que c'était le dernier au Prado, où j'ai passé trois
saisons formidables. Maintenant, il faut gagner à Valenciennes et ce ne
sera pas simple. Mais si on pouvait prendre le titre en deux matches, ce serait
le top !"
Sandra Le Dréan (Valenciennes) : "On veut garder notre titre ! Il va
falloir se ressaisir, surmonter la déception, se ressourcer. Bourges a
beaucoup de points forts, a pu évoluer dans son registre. Quand on ferme à
l'intérieur, on prend à l'extérieur et inversement. Cette équipe nous fait
déjouer, à nous de trouver des solutions offensives pour renverser la vapeur"
Avec deux jeunes de l'INSEP
Le Bourges Basket a bouclé son recrutement
Trois jeunes filles du Centre Fédéral (enfin de l'INSEP) étaient la
semaine dernière à l'essai au Bourges Basket (voir notre édition du 10 mai)
; deux d'entre elles en porteront les couleurs la saison prochaine. Si
Lucie Bouthors, meneuse, devrait prendre la direction de Mondeville ou de
Valenciennes (le club normand tiendrait la corde), la direction technique
du basket a donné son accord pour la signature des contrats d'Endene Miyem
et de Carine Paul, pour trois saisons, avec le club tango.
Qui a déjà abondamment puisé, dans un passé récent, dans ce vivier de la
formation qu'est l'INSEP : Elodie Bertal, Elodie Godin, Pauline Krawczyk y
sont passées, tout comme Florence Lepron, qui rejoindra aussi le Bourges
Basket la saison prochaine. "Si le choix de la destination appartient aux
joueuses et aux familles, on est plusieurs à donner aussi des avis
sportifs", explique François Gomez, entraîneur de l'INSEP mais aussi de
l'équipe de France junior, avec laquelle les deux recrues tango disputeront
l'Euro, en juillet à Tenerife. Et qui est on ne peut mieux placé pour nous
parler du duo.
"Endene Miyem est une intérieure, poste 4, qui a de bonnes qualités
athlétiques et des bases qui lui permettront sans problème de jouer en
Ligue. Elle a un bagage assez complet, un bon shoot extérieur. Elle devrait
pouvoir trouver sa place à Bourges. A l'entraînement, elle rivalisait avec
Sandrine Gruda (la perle arrivée cette saison à Valenciennes, NDLR), on ne
peut que lui souhaiter le même parcours." Médaillée de bronze avec les
juniors l'été dernier, elle a fréquenté toutes les équipes de France
jeunes. Et tournait à 16 points de moyenne cette saison avec l'INSEP, en NF1.
Un championnat où Carine Paul a inscrit 10,7 points par match. La jeune
Guyanaise a un profil différent. "Si on l'a fait ponctuellement évoluer à
la mène, elle est davantage arrière", commente François Gomez. C'est une
joueuse athlétique, explosive, qui a une bonne détente, un tir très
performant à 3-4 mètres et une bonne capacité à jouer en pénétration. C'est
un vrai potentiel, à confirmer. Elle doit progresser dans son shoot à trois
points, mais aussi en maturité et en confiance en elle. En tout cas, on
sait que, pour elle comme pour Endene Miyem, il y a tout à Bourges pour que
ces jeunes joueuses s'épanouissent au plus haut niveau. Mais c'est vrai
qu'elles sont face à un challenge très élevé."
Avec ces deux dernières recrues, qui viennent s'ajouter aux arrivées de
Florence Lepron, Vicky Hall, Sonja Kireta, Evanthia Maltsi et Emmeline
Ndongue, le recrutement berruyer est donc bouclé. Il y a même abondance de
biens, avec dix joueuses. Ce qui pose la question de savoir si Sena Pavetic
restera, ou trouvera un autre club...
HERVE LE FELLIC
Parcours. Nwal-Endene Miyem, 1,88 m, née le 15 mai 1988 à Reims, a joué
à Reims (1994-1999), au SJS Reims (1999-2001), au Centre fédéral de
Toulouse (2001-2004), à l'INSEP (2004-2006). Carine Paul, 1,76 m, née le 11
juillet 1988 à Cayenne, a joué à Saint-Leu d'Esserent (1996-2000),
Nogent-sur-Oise (2000-2001), au Pôle espoirs de Picardie (2000-2003), à
Beauvais (2001-2003), au Centre fédéral de Toulouse (2003-2004), à l'INSEP
(2004-2006).
Ligue féminine : les Tango ont bouclé la saison au Prado sur une
belle victoire face à l'USVO
Nostalgie, reconnaissance et amour...
Dans l'euphorie de la victoire, mardi soir, le public a eu du mal à
réaliser que c'était la dernière fois qu'il voyait cette bien belle équipe sous
le maillot tango. Grande séquence émotion.
PAR CHRISTIAN RAGOT
Il y avait beaucoup d'émotion, d'amour aussi, dans l'ovation faite aux
Tango, mardi soir au Prado. Et pas seulement parce qu' elles venaient de
battre leurs meilleures ennemies valenciennoises en finale aller du
championnat de France (68-56). Non, parce que les 3.000 supporters
berruyers venaient soudain de réaliser que c'était la dernière fois qu'ils
voyaient cette équipe fouler le parquet du Prado. Une équipe magnifique qui
leur a (et nous a) donné tant de moments de bonheur, tant de joies tout au
long d'une saison en tous points réussie. Même s'il lui a manqué un point
pour aller au Final four européen. Une équipe savamment mise en place
depuis trois ans par les deux Pierre (Fosset et Vincent) et qui atteint
normalement sa plénitude en cette fin de cycle programmée. Et les résultats qui
vont avec.
"Ici ou ailleurs, à jamais dans nos coeurs"
Nostalgie, reconnaissance, amour... Il y avait de tout cela dans les
propos des supporters mais aussi sur les banderoles déployées dans les
tribunes. L'une d'elle demandait aux arbitres de ne jamais arrêter le match
pour que les filles ne puissent partir. Une autre, adressée directement aux
joueuses, affirmait "Ici ou ailleurs, à jamais dans nos coeurs...". Preuve
que les mentalités ont bien évolué. Une joueuse pro n'est pas liée à vie à
un club. Même son club de coeur. C'est la loi du milieu, du
professionnalisme, du haut niveau, de l'offre et de la demande, du pouvoir
des agents... Chacun (ou presque) l'a enfin compris. Aujourd'hui, on
apprécie ce qu'une joueuse a pu apporter et on la remercie quand elle part.
Sportivement. Et c'est très bien comme ça tant il est vrai qu'on n'avance
pas avec des regrets et de la rancoeur. On a ainsi fortement apprécié les
bravos qui ont salué la dernière sortie d'Elodie Godin au Prado sous le
maillot tango. Parce qu'elle a toujours été irréprochable dans son
comportement
, Elodie, future valenciennoise pourtant, a reçu, comme toutes les autres,
les larmes aux yeux et la gorge nouée, une ovation méritée lors d'une
cérémonie d'adieux organisée spontanément et avec beaucoup d'émotion par
l'ami Benoît Roumet.
C'est debout et par un tonnerre d'applaudissements que le public a ainsi
dit au revoir à son équipe, avec un hommage appuyé aux six filles qui ne
porteront plus le maillot tango la saison prochaine à savoir Elodie Godin
(Valenciennes), Laia Palau (Valence), Anete Jekabsone (Dynamo Moscou),
Bernie Ngoyisa (Schio), Sabrina Reghaïssia (Montpellier) et Pauline
Krawczyk (Clermont). Une équipe dans toute l'acception du terme, généreuse,
solidaire, talentueuse et le plus souvent spectaculaire. Une équipe qui a
permis au club berruyer de renouer avec son glorieux passé en ajoutant
quelques lignes (Coupe de France 2005 et 2006, Tournoi de la Fédération
2006) à un palmarès déjà riche, notamment, de trois couronnes européennes
et de six titres de champion de France. Et ce n'est peut-être pas fini !
Car si Céline Dumerc et ses copines ont disputé leur dernier match de la
saison au Prado, la saison n'est pas bouclée pour autant. Il y a un travail
à terminer. Qui consiste à aller chercher une septième couronne nationale
vendredi (ou dimanche) au Hainaut.
Terminer le travail
En l'emportant mardi au terme d'un gros combat, les Berruyères ont pris
une belle option sur le titre. Mais le plus difficile reste à venir. Pour
s'en persuader, il suffit de rappeler que l'USVO est invaincue cette saison
au Hainaut, toutes compétitions confondues. Et que la dernière défaite des
Valenciennoises dans leur salle en championnat de France remonte à... mars
2000. Et c'était déjà contre Bourges. Néanmoins, on sent l'exploit
possible. Et pas seulement parce que les Tango, qui ont pris en la
circonstance un net ascendant psychologique, ont déjà dominé VO à quatre
reprises cette saison. C'est plutôt en se référant à la manière dont
Bourges a gagné ces quatres matches qui laisse penser à un exploit tout
proche. A chaque fois, en effet, l'équipe de Pierre Vincent a su user
d'arguments différents pour atteindre son objectif. En mettant tout à
l'intérieur comme à Bercy ; par ses extérieures en finale du Tournoi de la
Fédération ou encore comme mardi soir lors du dernier quart temps. Mais
toujours en s'appuyant sur une défense de fer, une gestion judicieuse de l'effectif avec
des rotations efficaces et un collectif sans faille qui n'empêche pas les
talents individuels de s'exprimer. Face à une équipe nordiste qui a semblé
fatiguée à l'image de sa meneuse de jeu australienne Kristi Harrower (3
points seulement mardi), qui défend moins dur que par le passé et qui n'a
plus dans ses rangs ces joueuses hors normes, telles Ann Wauters ou Allison
Feaster, capables de faire la différence à tout moment, les Tango peuvent,
doivent gagner au Hainaut. Dès vendredi, ce serait même parfait. Il sera
temps, alors, de les remercier du fond du coeur et de leur dire combien on
regrettera de ne pas les retrouver toutes à la rentrée... Avant que
Florence Lepron, Evanthia Maltsi, Vicky Hall, Emmeline Ndongue, Sonja
Kireta, Endene Miyem et Carine Paul ne viennent, près des fidèles Céline
Dumerc, Cathy Melain et (peut-être) Sena Pavetic, écrire à leur tour quelques
belles pages de l'histoire du club.
Réception Mairie. Le maire Serge Lepeltier accueillera l'équipe tango,
staff technique, dirigeants, sponsors, partenaires, supporters pour un pot
d'honneur, lundi à 11 h 30 à l'Hôtel de Ville. L'occasion de remercier une
dernière fois les filles pour leur excellente saison 2005-2006.
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