Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
03/10/2006

 
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MATCHES AMICAUX : après deux succès du Bourges Basket face à Aix-en-Provence

Autorisation d'ouvrir le chantier

Apparu pour la première fois au complet samedi face à Aix, le Bourges Basket peut réellement commencer sa préparation. Il ne lui reste qu'un peu moins de deux semaines.

LA FICHE
Saint-Germain-du-Puy (gymnase Yannick-Souvré). Bourges Basket bat Aix-en-Provence 79-75 (16-19,
22-15, 26-25, 15-16).
Pour Bourges :  34 sur 59 au tir (dont 1 sur 10 à trois points), 10 sur 18 aux lancers : Maltsi 2, Melain 15, Myelm 12, Paul 4, Kireta 8, Lepron 9, Ndongue 4, Hall 20, Dumerc 5. 30 rebonds (10 pour Hall), 5 interceptions, 4 contres, 18 passes décisives (9 pour Lepron), 16 balles perdues.
Pour Aix-en-Provence :  31 sur 64 au tir (dont 6 sur 17 à trois points), 7 sur 10 aux lancers : Sharp 18,
Joens 22, Sène 6, Lacroix 7, Lopez 7, Maloca 15, Zubak 0. 26 rebonds, 8 interceptions, 15 passes décisives, 16 balles perdues.

PAR HERVÉ LE FELLIC

Le terrain est défriché, balisé, viabilisé. La troupe des constructeurs est désormais au complet, avec la représentation de tous les corps de métier, des architectes (le staff technique) aux spécialistes des parties hautes (les intérieures), en passant par celles qui sont chargées de coordonner l'ensemble (à la mène) et celles qui ont la responsabilité de la rentabilité et de la solidité de l'ouvrage (scoreuses et remparts défensifs).
L'équipe berruyère est apparue dans sa véritable composition, samedi après-midi, dans une salle Yannick Souvré de Saint-Germain forcément prise d'assaut, chacun voulant voir à quoi le futur édifice pouvait bien ressembler. Enfin, après trois matches amicaux pour autant de succès, Céline Dumerc et Emmeline Ndongue, les deux Tricolores encore en lice au Mondial brésilien il y a quelques jours, ont revêtu la tunique tango.

Dans le sillage de Vicky Hall
On n'accordera qu'une valeur très relative au résultat brut : après avoir dominé la veille les Aixoises à La Chaussée Saint-Victor (72-57), les Berruyères ont remis ça samedi, mais avec une marge de manoeuvre plus réduite (79-75). Pour le plus grand soulagement du coach provençal, Alain Weisz, qui n'a conservé que trois joueuses du précédent exercice. "Pour des raisons budgétaires, on sait qu'on va vivre cette fois une saison de transition", rappela-t-il, soulignant ainsi que les départs de la meneuse grecque Kostaki (pour Samara) et de l'internationale Emmeline Ndongue (pour Bourges donc) n'avaient pas été qualitativement compensés.
"On redoute donc ce championnat, mais ces deux matches face à Bourges montrent qu'on a une équipe qui
peut exister." Qui manquera forcément d'arguments de poids et de taille sous les cercles, mais qui peut trouver
des solutions alternatives, avec l'adresse de la nouvelle meneuse américaine Sharp, de sa compatriote Kathy Joens ou de l'intérieure croate Maloca.
Le trio a permis à Aix de n'échouer qu'à quatre points, samedi. "Et on n'était quand même pas face à une petite
opposition", souligna Alain Weisz. "Même si je sais très bien que cette équipe de Bourges est en rodage et sera
forcément plus forte par la suite. C'est en tout cas une équipe nouvelle mouture, avec les arrivées de Hall et de
Maltsi, qui sont de sacrées joueuses de basket. Bourges aura forcément un style très différent de celui de la saison dernière, mais ce sera encore très fort."
On a eu samedi quelques indices en ce sens. Certes, il reste encore à mettre en place l'essentiel, l'indispensable, l'incontournable : la défense, secteur même pas ébauché. "De toute façon, sur ces matches amicaux, je ne coache pas défensivement", souligna l'entraîneur berruyer, Pierre Vincent. Qui va maintenant s'appliquer à installer solidement ce socle.
Et qui fait tout pour que dans une équipe renouvelée à près de 80%, chacune puisse prendre ses marques. Apprenne à connaître l'autre, le style de jeu, les systèmes. "Il y a beaucoup d'informations à enregistrer, offensivement. On est maintenant dans le cognitif (sic)."
Et on a vu face à Aix quelques futures lignes de force. On n'insistera pas trop sur les performances de Céline
Dumerc et d'Emmeline Ndongue, laissées sur le banc pendant tout le premier quart et qui, en débarquant ainsi en pleine préparation, n'ont forcément pas toutes leurs sensations. Leurs qualités, on les connaît de toute façon.
Tout comme on sait celles de Cathy Melain, qui semble en forme quasi olympique, en prime. Ce qui intéressait surtout le public germinois et les supporters tango, c'était de voir le comportement des nouvelles.
Difficile, pour l'heure, de juger la Grecque Evanthia Maltsi. Elle n'est arrivée en Berry qu'en milieu de semaine, doit tout apprendre. Mais à l'évidence sa gestuelle (plus que sa réussite samedi) indique la shooteuse. Le scoring, voilà aussi l'un des atouts de l'Américaine Vicky Hall. Que ceux qui nourrissent quelque inquiétude en raison de son âge se rassurent immédiatement. Face à Aix, l'ancienne joueuse de Venise a enquillé 20 points (à 9 sur 11 au tir), tout en captant la bagatelle de dix rebonds. Par son style, elle rappelle une certaine... Odile Santaniello, on vous l'assure. Le physique est là, la justesse de jeu aussi. Mention bien aussi à l'ex-Valenciennoise Sonja Kireta, qui en impose véritablement sous le cercle, et qui donnera certainement sa pleine mesure quand on la servira en position préférentielle. On a bien aimé aussi le match de l'ancienne Tarbaise Florence Lepron, qui a délivré la moitié des passes décisives tango (9), tout en prenant quelques shoots judicieux. Les plus jeunes recrues, Endeme Myem (5 sur 8 au tir) et Carine Paul, montrent déjà qu'elles n'ont rien à redouter du niveau de la Ligue féminine.
Reste maintenant à mettre en musique la partition. Alors, au boulot : il reste une dizaine de jours avant l'ouverture du championnat. Et deux matches amicaux, le week-end prochain au Tournoi de Mézidon-Canon, près de Caen.