Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
16/10/2006

 
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Open féminin à Coubertin: Bourges vainqueur de justesse du promu (68-66)

Pratiquement terrassé par Arras...

Pour son premier match de la saison, Bourges a dû batailler dans les derniers instants et faire parler l'expérience pour venir à bout du promu arrageois. Il y a beaucoup de boulot à accomplir.

PAR HERVE LE FELLIC ENVOYE SPECIAL

Un trois points de... l'intérieure américaine, Tye'sha Flucker, un autre de la meneuse hongroise Orsolya Englert et voilà Arras, le petit poucet de Ligue féminine, le promu, à un point du champion de France berruyer (65-64). Et à moins de deux minutes du coup de sifflet final. Voilà qui se suffit à lui-même: comme l'an dernier au même Open féminin parisien, le Bourges Basket est passé, et c'est l'essentiel. Mais par la plus étroite des portes de la renommée, salle Coubertin.
D'ailleurs, sur l'action suivant ce tir de missiles arrageois, quand le Bourges Basket vendangea complètement une remise en jeu, on se prit à penser à la mauvaise blague. Au premier gros casse de la saison, à cette sensation qu'aurait été la chute du prestigieux club tango devant le petit nouveau. Certes, c'est là que s'exprima l'expérience: celle de l'Américaine Vicky Hall en l'occurrence, qui réalisa la décisive interception (la seule que lui accordent les stats du match), pour envoyer sa capitaine Céline Dumerc au lay up. Une dernière possession tango façon passe à cinq, histoire de ne prendre aucun risque de hold up adverse - ce qui déclencha les sifflets d'une bonne partie de la salle parisienne - et l'honneur, comme l'essentiel, étaient saufs.

Encore trop d'approximations
Pourtant, on s'était dit, au terme du premier quart temps (24-12, 10e), que la mauvaise surprise était exclue. Bourges avait lancé sérieusement les débats, avec une Cathy Melain n'hésitant pas à prendre les shoots ouverts, ou une Sonja Kireta faisant le meilleur usage de sa haute stature, avec la précieuse rotation d'Endene Miyem, certainement la meilleure Tango samedi soir (12 points, 6 sur 7 au tir, 5 rebonds). Avec surtout une défense donnant dans le sérieux.
Seulement voilà : ça ne dura pas, et le manque de préparation collective explique largement que le jeu berruyer ne fut efficace qu'en de courtes périodes. Deux fois ensuite les Tango reprirent dix longueurs d'avance (28-18, 16e, sur le deuxième panier de rang de Vicky Hall ; 44-34 à la 26e). Mais jamais elles ne purent enfoncer le clou, parce que laissant beaucoup trop de liberté aux shooteuses adverses, qui ne se privèrent pas de profiter de l'occasion. A l'arrivée, Arras signa un 9 sur 17 à trois points (7 sur 11 en 2e mi-temps, 4 sur 6 pour la grande Stéphanie Beuzelin). Quand en face, au tir extérieur, le Bourges Basket ne put opposer qu'un 7 sur 25. L'absence de la shooteuse désignée, Evanthia Maltsi, pesa évidemment très lourd, d'autant que le 15 sur 22 aux lancers est tout juste correct.
Alors oui, Bourges, malgré une supériorité au rebond (43 à 33), souffrit dans tous les compartiments de jeu. On comprend qu'il n'y eut dans cette affaire pas grand-chose pour rassurer la capitaine berruyère, Céline Dumerc, qui évoquait avant tout le contexte particulier de ces premiers matches, face à un promu n'ayant à l'évidence rien à perdre, puisque donné perdant d'avance : "Quand on n'a rien à prouver, à craindre, on shoote les yeux fermés, et ça rentre..." Surtout quand on manque en face d'ajustement défensif, qu'on propose, avec la meilleure bonne volonté, des aides aux copines, qui créent malheureusement autant de brèches. "A un moment, Arras nous a donné une leçon de basket et quand on est champion de France, ce n'est pas facile à accepter..."


Céline Dumerc : "Je sens qu'on va en perdre"
La compétition officielle est un juste, et parfois cruel, révélateur. Céline Dumerc, la seule <survivante>, avec Cathy Melain, de la saison des trois glorieuses (titre, coupe, Tournoi de la Fédé), se doutait bien qu'il y avait du pain sur la planche, on a l'impression que cette première sortie l'amène à penser que la boulangerie est encore plus <achalandée> que prévu. "On a beaucoup de travail à accomplir, avec tant de joueuses arrivant d'horizons différents. On a tout un nouveau style de jeu à mettre en place. Alors, je sens qu'on va perdre des matches. Il faut se préparer à des échecs ! Et mercredi on va à Montpellier."
Pas forcément optimisme, ce qui est normal quand il faut tout reconstruire, la capitaine berruyère a-t-elle versée dans le pessimisme ? "Il n'y a en tout cas pas à avoir confiance, je me rends vraiment compte du long travail à accomplir. Je ne suis pas pessimiste, mais pas optimiste non plus."
Déception malgré le succès côté berruyer, sentiment identique à Arras, malgré cette superbe résistance. "Oui, je suis déçu", affirma le coach arrageois, Bruno Blier. "Bourges n'était pas au top et si on fait un match courageux, si on s'accroche en défense, on  a eu sur la fin deux trois pertes de balle, quelques mauvais choix de shoots, qui nous coûtent la gagne." La gestion des moments importants était forcément côté berruyer. Mais pour nécessaire qu'elle soit, ce ne sera pas toujours un argument suffisant pour passer entre les gouttes.


 

Bourges Basket - ASPTT Arras : 68-66
Paris. - Salle Pierre de Coubertin. Bourges Basket bat ASPTT Arras, 68-66 (24-12, 8-15, 21-17, 15-22). Arbitres : MM. Hamzaoui et Milliot. 2500 spectateurs.
A Bourges : 26 sur 59 aux tirs dont 1 sur 7 à trois points ; 15 sur 22 aux lancers. 43 rebonds, 5 interceptions, 14 passes décisives, 14 pertes de balles. Note évaluation équipe : 77 (meilleure note : Miyem et Dumerc 15).
Les marqueuses : Melain 9, Miyem 12, Hall 10, Dumerc 13, Paul 2, Kireta 11, Lepron 3, Ndongue 8.
A Arras : 24 sur 63 aux tirs dont 9 sur 19 à trois points ; 9 sur 15 aux lancers. 33 rebonds dont 8 pour Klimesova, 5 interceptions, 14 passes décisives, 12 balles perdues. Note évaluation équipe : 61 (meilleure note : Beuzelin, 22).
Les marqueuses : Bertin 0, Klimesova 9, Englert 9, Cousin 9, Charton 2, Arnaud 2, Yanni 0, Deas 2, Beuzelin 18, Fluker 15.
 

 

Toujours pas de joker en vue...
Comme les quelque deux cents supporters tangos présents samedi soir à Coubertin, le président Pierre Fosset a souffert en constatant les difficultés rencontrées par son équipe pour mettre le promu arrageois à la raison. Une victoire acquise dans la douleur et au métier, "mais il n'y a quand même pas de quoi paniquer", analyse le président berruyer avec le recul d'une bonne nuit de sommeil. "L'an dernier, on avait eu le même genre de match contre un autre promu (Saint-Amand-les-Eaux NDLR)..."
Ce qui n'avait pas empêché son équipe de décrocher le titre quelques mois plus tard. "Aussi, il faut relativiser. On a pris deux points, c'est l'essentiel! Avec le retour de Céline Dumerc et d'Emmeline Ndongue, le groupe n'a que quinze jours de travail derrière lui; c'est trop peu pour mettre un collectif en place. Ajoutons la blessure de Maltsi..."
Le tout s'est vu samedi. Un seul shoot à trois points réussi sur sept tentés; une misère... Le plus faible bilan des quatorze équipes présentes à l'Open. "On avait recruté Evanthia Maltsi pour ça; pour prendre les tirs extérieurs comme le faisait Anete Jekabsone. Dans le groupe, il n'y a pas une autre joueuse ayant le même registre", concède le président qui ne pouvait, dès lors, éluder la question du recrutement d'un joker médical.
"Nous y avons pensé, mais c'est toujours non. Essentiellement pour des raisons financières. Nous n'en avons pas les moyens. Il n'est pas davantage question de prendre une joueuse qui ne corresponde pas au profil recherché; cela ne servirait à rien. Maintenant, si on trouve la joueuse ad hoc  à un prix très raisonnable (c'est quoi, président, un prix très raisonnable NDLR?), on fera l'effort. Mais on préfèrerait que Maltsi revienne très vite dans le groupe..."
Chez les agents, le message doit déjà être reçu cinq sur cinq. Et Pierre Fosset d'enchaîner: "On sait qu'il y a un gros travail à faire pour élever notre niveau de jeu. Il faut apprendre à être patient. Samedi, à 34-34, l'équipe a mis un  petit coup d'accélérateur pour repasser devant; c'est la preuve que le potentiel est là. Il manque seulement la constance. Franchement, il ne fallait pas s'attendre à autre chose contre Arras. Quand un promu défie le champion, il n'a rien à perdre et tout lui réussit. Il ne faut pas non plus oublier que Sonja Kireta était très diminuée en raison de problèmes au dos. A Montpellier, mercredi, on sait que ce sera difficile. Tant qu'on ne sera pas au complet, il va falloir courber l'échine."

CHRISTIAN RAGOT