Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
19/10/2006

 
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LIGUE FÉMININE (2éme journée) : les Tango passent tout près de la victoire (61-59) à Montpellier

Ca s'est joué sur des détails...

A quarante secondes de la fin, les deux équipes étaient encore à égalité et le match a basculé sur des détails en faveur de Lattes. De quoi nourrir une grosse frustration. Mais Bourges a montré, face à l'armada de Montpellier, qu'il serait encore compétitif cette saison... une fois au complet.

MONTPELLIER-BOURGES BASKET : 61-59
Lattes. (Palais des Sports). Lattes Montpellier bat Bourges Basket, 61-58 (16-17, 15-18, 13-9, 17-15). Arbitres : MM. Dominique Carboni et Philippe Creton. Un millier de spectateurs.
Pour Lattes-Montpellier : 21 sur 57 aux tirs dont 7 sur 15 à trois points ; 12 sur 14 aux lancers. 36 rebonds dont 12 d'Elodie Bertal, 19 fautes, 8 interceptions, 5 contres, 11 passes décisives.
Les marqueuses : Miller 7, Perotto 3, Basko 23, G. Bertal 0, Jouandon 5, Dijon 8, Skrela 1, Reghaïssia 3, E. Bertal 11, Podkovalnikova 0.
Pour le Bourges Basket : 19 sur 58 aux tirs dont 3 sur 14 à trois points ; 18 sur 22 aux lancers. 40 rebonds dont 9 de Lepron, 15 fautes (une joueuse sortie, Hall, 39Ó), 9 interceptions, 8 contres (4 de Ndongue), 13 passes décisives (7 de Dumerc), 13 balles perdues
Les marqueuses : Melain 11, Miyem 6, Hall 8, Dumerc 18, Paul 1, Kireta 5, Lepron 6, Ndongue 4.


PAR CHRISTIAN RAGOT
Ceux (et celles) qui, sous le manteau, se gaussaient de la prestation des Tango lors de l'Open de la LFB, où elles avaient eu toutes les peines du monde à prendre la mesure du promu Arras - une victoire obtenue au métier et à l'énergie -, ceux (et celles) là ont rapidement changé d'avis, hier soir à Lattes. Chacun s'accordait à dire que ce serait une grossière erreur que d'enterrer le champion de France en titre. L'équipe a certes été profondément remaniée, puisqu'il ne reste que deux des joueuses couronnées aux dépens de Valenciennes
(Melain et Dumerc NDLR). Mais les nouvelles ont montré qu'elles étaient, jeunes et moins jeunes, de redoutables compétitrices. Et Pierre Vincent, un sacré coach !

Bourges fait la course en tête
Au coup d'envoi, le stratège berruyer lançait ainsi un cinq 100¨% français avec Dumerc, Melain, Lepron, Miyem et Ndongue. Et ça fonctionnait puisque Florence Lepron marquait sur le premier shoot. La suite allait être limpide. Bourges allait faire la course en tête durant tout le quart temps.
Un Bourges qui n'avait rien à voir avec l'équipe balbutiante qui avait lancé la saison à Paris. Les Berruyères mettaient beaucoup d'énergie, de percussion dans leur jeu, en s'appuyant sur des valeurs défensives retrouvées. Dominatrices au rebond, elles se procuraient de belles possibilités de jeu rapide qu'elles ne se faisaient pas faute d'exploiter pour faire un premier petit break à la 7e (9-14).

Une excellente entame des Tango
Cette alternance de jeu intérieur - jeu extérieur faisait plaisir à voir. Et surtout, ça perturbait énormément les
Héraultaises, qui maintenaient l'écart grâce à une belle adresse à trois points (3/3). Montpellier revenait une première fois à égalité (15-15), mais Céline Dumerc s'en allait prendre un rebond offensif, permettant à Bourges de s'adjuger un premier quart temps prometteur : 16-17.
Ce qui avait le don d'agacer des Montpelliéraines qui ne s'attendaient certainement à une telle riposte. Un agacement qui se traduisait par quelques fautes grossières. Et, une fois n'est pas coutume, les Berruyères signaient un joli 8 sur 8 aux lancers, ce qui leur permettait de reprendre le large : 21-25 (15e). Un précieux
rebond offensif gagné par Myem donnait une deuxième chance à Bourges et Cathy Melain en profitait pour marquer le premier panier primé berruyer, signant un joli 9-0 (21-30, 18e).
Montpellier trouvait à nouveau la réplique à trois points, notamment par Basko ; mais c'est à nouveau Bourges qui remportait ce quart temps, 15-18 pour arriver au repos avec une avance de quatre points : 31-35. Et une feuille de stats laissant apparaître une réelle mainmise sur le rebond (24 contre 14 à Montpellier) mais un gros déficit sur les tirs à trois points : 1 sur 4 contre 6 sur 9 aux Héraultaises. Vivement qu'Evanthia Maltsi soit
rétablie...

Montpellier au finish
Mais à déployer autant d'énergie, il fallait s'attendre, à ce stade de la saison, à ce que les Tango piochent un peu à un moment ou à un autre. C'est ce qui se produisit dans le troisième quart temps.
Les Berruyères avaient beau se battre comme des diablesses à l'image de Céline Dumerc, formidable capitaine au four et au moulin, la puissance montpelliéraine commençait à parler. Les joueuses de José Ruiz, boostées par une efficace Gunta Basko sur les pick and roll, signaient un 9-0 pour passer pour la première fois devant : 44-42.
Les Tango ne baissaient pas les bras, au propre comme au figuré. Elles trouvaient même de bonnes positions dessous, mais Vicky Hall - ce qui n'est pas dans son habitude - avait du mal à régler la mire. Néanmoins, les deux équipes abordaient la dernière ligne droite à égalité : 44-44 (30e).
Le dernier quart temps allait être poignant. C'était du "à toi à moi". Il y avait beaucoup d'envie et de coeur côté berruyer ; beaucoup d'engagement côté montpelliérain. Bourges reprenait l'avantage par Melain (46-48 à la 34e), mais Elodie Bertal et Basko inversaient la tendance : 50-48 à la 35e. A ce rythme infernal, on se demandait si Bourges, nettement pénalisé quant aux possibilités de rotations par rapport à l'effectif montpelliérain et ses dix pros, allait tenir jusqu'au bout.
En fait, le match basculait sur des détails. D'abord une balle arrachée dans les mains de Florence Lepron, quelques fautes offertes à Bertal, deux ou trois oublis défensifs sur Basko, deux ou trois shoots en bonne position, mais manqués d'un rien, notamment par Vicky Hall et surtout une interception de Cathy Melain
qui retombait derrière la ligne, rendant la balle à Lattes à 15 secondes du buzzer... alors que les deux équipes étaient toujours à égalité, 58-58. Le final se jouait donc aux lancers francs. Et au bout, une immense tristesse accablait les Tango. Une grosse frustration, avec l'impression d'avoir tout donné et de ne pas être payé
en retour.
"Il va falloir apprendre à faire le dos rond dans la difficulté", avait prédit le président Fosset. On pense plutôt
qu'il faut continuer à relever la tête. Céline, Cathy et les autres ont montré hier que Bourges avait encore de la ressource.

 

battu de deux points seulement à Montpellier (61-59) ‚Le Bourges Basket est sur la bonne voie

Les Tango ont perdu sur le fil un match qu'elles pouvaient - et méritaient tout aussi bien de - gagner. Dans la salle de l'armada montpelliéraine, c'est plutôt encourageant. En attendant le retour de Maltsi, il faut s'armer de patience. Et continuer à bosser...

PAR CHRISTIAN RAGOT

Après leur victoire à l'arraché face au promu arrageois à l'Open de la LFB, d'aucuns ne donnaient pas cher de la peau des Tango à Montpellier. Lattes - Montpellier l'ambitieux ; le LMAB et son recrutement impressionnant, son effectif de dix joueuses pros doublant tous les postes ; Lattes qui, en la circonstance, profitait de la venue du champion pour inaugurer sa nouvelle salle...
Tous les pronostics ou presque étaient donc favorables aux Héraultaises face à une équipe berruyère en pleine reconstruction, qui n'avait su (pu) conserver que deux de ses championnes de France en titre, Céline Dumerc et Cathy Melain. Et, qui plus est, privée de sa shooteuse à longue distance, son internationale grecque Evanthia Maltsi.

Le BB n'est pas mort !
Eh bien! N'en déplaise à ceux qui auraient enterré le Bourges Basket un peu vite, le BB n'est pas mort. Loin de là! Les Tango l'auraient même emporté à Lattes que personne n'y aurait trouvé à redire, tellement ça s'est joué sur des petits riens.
Bourges a, en effet, gagné les deux premiers quart temps. Il a toujours mené au score jusqu'à la 27e minute, juste avant que Basko, "oubliée" par la défense, ne marque son troisième panier primé, le septième pour Montpellier (44-42). Sous l'impulsion d'une Céline Dumerc au four de la défense et au moulin de l'attaque, Bourges reprit même l'avantage au début du quatrième quart (46-48 sur un panier de Cathy Melain).
Et la fin fut épique. Bourges se battit avec coeur et énergie, mais paya au prix fort son manque de rotations et de puissance sous le cercle. Trop juste pour contrôler jusqu'au bout.
Et pourtant, à 15 secondes de la fin, les deux équipes étaient toujours à égalité (58-58). Malheureusement, sur une interception de Cathy, le ballon rebondit derrière la ligne de fond. Balle aux locales, à qui il restait six secondes de possession sur les quinze encore à jouer. Faute de Vicky Hall et Elodie Bertal passe ses deux lancers: 60-58. Huit secondes au chrono. Faute de Miller sur Céline Dumerc. Caps ne met qu'un seul lancer: 60 - 59. Faute de Dumerc sur Skrela, qui fait un sur deux: 61-59, avec six secondes pour arracher la prolongation... ou la victoire.
Comme contre Brno, Cathy tente et rate son dernier shoot. De si peu. Les Tango n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Frustrant, vraiment!
"Je suis déçu pour les joueuses, qui ne méritaient pas ça", lâche Pierre Vincent, dont le coaching a pourtant été excellent.
Ça s'est vraiment joué à rien, répétons-le. Sur des détails. Des erreurs berruyères, certes, tant tout fut loin d'être parfait, il faut le dire. Et, aussi, sur quelques fautes montpelliéraines non sifflées. "C'est vrai que Montpellier a parfois défendu durement, et que toutes les fautes n'ont pas été sifflées. Et quand ça joue dur, qu'on manque de puissance en dessous et que les fautes ne sont pas sifflées, il est difficile de s'exprimer. Il faut vraiment être parfait derrière pour gagner... (à cet instant, le coach tango doit penser très fort à Bernie Ngoyisa,  NDLR). Mais justement, on n'a pas été parfait. On a  commis trop d'erreurs. On a ainsi été trop passif sur les pick and roll de Basko ; on a parfois manqué de lucidité et d'expérience en défense. Et en attaque, l'adresse nous a trop souvent fait défaut sur des tirs ouverts en bonne position..."
Néanmoins, l'entraîneur tango dégageait des points positifs. "En première mi-temps, nous avons plus nettement dominé Montpellier que ne l'indique le score (31-35). Montpellier n'a tenu que grâce à sa grosse réussite à trois points (6 sur 7 en vingt minutes NDLR)."
Jusque-là, en effet, Bourges avait parfaitement maîtrisé son sujet, avec beaucoup de coeur et d'énergie, alternant jeu intérieur et jeu extérieur avec bonheur et en ayant maîtrisé le rebond (24 contre 14).

Un manque de rotations
C'est après que ça s'est gâté, essentiellement en raison d'un manque de rotations. Alors que José Ruiz a pu faire tourner ses dix joueuses, Pierre Vincent a dû faire sur-jouer quelques-unes  des ses cadres (plus de 37' pour Dumerc, 36 pour Melain et 34 pour Lepron). Pas étonnant que sur la fin, elles aient parfois manqué de lucidité sous la pression physique adverse. De son côté, Vicky Hall a dû alterner poste 3 et poste 4. Dans une équipe qui se cherche, même pour une joueuse aussi talentueuse et expérimentée, c'est perturbant... et ça peut expliquer son manque d'adresse générale (4 sur 12). Elle dont le shoot est pourtant si limpide...
Sûr qu'avec Evanthia Maltsi, non seulement Bourges aurait eu d'autres arguments offensifs, mais les rotations et l'utilisation des joueuses auraient été différentes, et forcément plus efficaces. Il ne faut pas non plus oublier que Sonja Kireta avait encore mal au dos.
On notera cependant que les huit joueuses entrées en jeu ont alimenté la marque. Mais aussi que, dans le collectif berruyer, pas une, à l'image de Basko pour Lattes - et malgré les 18 points de Céline - n'a pu faire la différence individuellement au scoring, comme étaient capables de le faire la saison dernière Bernie Ngoyisa, Anete Jekabsone ou Laia Palau. "C'est la preuve qu'on n'a pas,  actuellement, une joueuse fiable en attaque", analyse Pierre Vincent. "Mais ce que je regrette surtout, ce sont tous ces lancers concédés en fin de match. C'est d'autant plus frustrant que ce ne sont pas des fautes provoquées par nos adversaires, mais des cadeaux qu'on leur fait..."
Le tout n'atténuera cependant jamais la déception de Céline Dumerc et de ses copines, pour lesquelles seule la victoire est belle. Il n'empêche! Cette équipe-là nous a fait plaisir. Elle a du coeur, de la volonté et pas mal de talent. Certes, il y a encore du boulot pour arriver au top. Mais en trois jours, ses progrès ont été énormes et ça va continuer. Dès demain contre Saint-Amand-les-Eaux, au Prado.
On a hâte, maintenant, de voir ces Tango-là au complet. Comme l'a dit José Ruiz, Bourges va encore grandir. Et le président héraultais Dufrène d'insister: "Je ne vois que Valenciennes pour contenir Bourges jusqu'au bout..."