LIGUE FÉMININE (2éme journée) : les Tango passent tout près de la victoire
(61-59) à Montpellier
Ca s'est joué sur des détails...
A quarante secondes de la fin, les deux équipes
étaient encore à égalité et le match a basculé
sur des détails en faveur de Lattes. De quoi
nourrir une grosse frustration. Mais Bourges a
montré, face à l'armada de Montpellier, qu'il
serait encore compétitif cette saison... une fois au complet.
MONTPELLIER-BOURGES BASKET : 61-59
Lattes. (Palais des Sports). Lattes Montpellier bat Bourges Basket, 61-58
(16-17,
15-18, 13-9, 17-15). Arbitres : MM. Dominique Carboni et Philippe Creton. Un
millier de spectateurs.
Pour Lattes-Montpellier : 21 sur 57 aux tirs dont 7 sur 15 à trois points ; 12
sur 14
aux lancers. 36 rebonds dont 12 d'Elodie Bertal, 19 fautes, 8 interceptions, 5
contres, 11 passes décisives.
Les marqueuses : Miller 7, Perotto 3, Basko 23, G. Bertal 0, Jouandon 5, Dijon
8, Skrela 1, Reghaïssia 3, E. Bertal 11, Podkovalnikova 0.
Pour le Bourges Basket : 19 sur 58 aux tirs dont 3 sur 14 à trois points ; 18
sur 22
aux lancers. 40 rebonds dont 9 de Lepron, 15 fautes (une joueuse sortie, Hall,
39Ó), 9 interceptions, 8 contres (4 de Ndongue), 13 passes décisives (7 de Dumerc),
13 balles perdues
Les marqueuses : Melain 11, Miyem 6, Hall 8, Dumerc 18, Paul 1, Kireta 5, Lepron 6, Ndongue
4.
PAR CHRISTIAN RAGOT
Ceux (et celles) qui, sous
le manteau, se gaussaient de la prestation
des Tango lors de l'Open de la
LFB, où elles avaient eu toutes
les peines du monde à prendre
la mesure du promu Arras -
une victoire obtenue au métier
et à l'énergie -, ceux (et celles) là ont rapidement changé
d'avis, hier soir à Lattes. Chacun s'accordait à dire que ce
serait une grossière erreur que
d'enterrer le champion de
France en titre. L'équipe a
certes été profondément remaniée, puisqu'il ne reste que
deux des joueuses couronnées
aux dépens de Valenciennes
(Melain et Dumerc NDLR).
Mais les nouvelles ont montré
qu'elles étaient, jeunes et
moins jeunes, de redoutables
compétitrices. Et Pierre Vincent, un sacré coach !
Bourges fait la course en tête
Au coup d'envoi, le stratège
berruyer lançait ainsi un cinq
100¨% français avec Dumerc,
Melain, Lepron, Miyem et
Ndongue. Et ça fonctionnait
puisque Florence Lepron marquait sur le premier shoot. La
suite allait être limpide.
Bourges allait faire la course en
tête durant tout le quart temps.
Un Bourges qui n'avait rien
à voir avec l'équipe balbutiante qui avait lancé la saison
à Paris. Les Berruyères mettaient beaucoup d'énergie, de
percussion dans leur jeu, en s'appuyant sur des valeurs défensives retrouvées.
Dominatrices au rebond, elles se procuraient de belles possibilités
de jeu rapide qu'elles ne se faisaient pas faute d'exploiter
pour faire un premier petit
break à la 7e (9-14).
Une excellente entame des Tango
Cette alternance de jeu intérieur - jeu extérieur faisait plaisir à voir. Et surtout, ça
perturbait énormément les
Héraultaises, qui maintenaient l'écart grâce à une belle
adresse à trois points (3/3).
Montpellier revenait une première fois à égalité (15-15),
mais Céline Dumerc s'en allait
prendre un rebond offensif,
permettant à Bourges de s'adjuger un premier quart temps
prometteur : 16-17.
Ce qui avait le don d'agacer
des Montpelliéraines qui ne
s'attendaient certainement à
une telle riposte. Un agacement qui se traduisait par
quelques fautes grossières. Et,
une fois n'est pas coutume, les
Berruyères signaient un joli 8
sur 8 aux lancers, ce qui leur
permettait de reprendre le
large : 21-25 (15e). Un précieux
rebond offensif gagné par
Myem donnait une deuxième
chance à Bourges et Cathy Melain en profitait pour marquer le premier panier primé
berruyer, signant un joli 9-0
(21-30, 18e).
Montpellier trouvait à nouveau la réplique à trois points,
notamment par Basko ; mais
c'est à nouveau Bourges qui
remportait ce quart temps,
15-18 pour arriver au repos
avec une avance de quatre
points : 31-35. Et une feuille de
stats laissant apparaître une
réelle mainmise sur le rebond
(24 contre 14 à Montpellier)
mais un gros déficit sur les tirs
à trois points : 1 sur 4 contre 6
sur 9 aux Héraultaises. Vivement qu'Evanthia Maltsi soit
rétablie...
Montpellier au finish
Mais à déployer autant
d'énergie, il fallait s'attendre, à
ce stade de la saison, à ce que
les Tango piochent un peu à
un moment ou à un autre.
C'est ce qui se produisit dans le troisième quart temps.
Les Berruyères avaient beau
se battre comme des diablesses à l'image de Céline Dumerc, formidable capitaine au
four et au moulin, la puissance
montpelliéraine commençait
à parler. Les joueuses de José
Ruiz, boostées par une efficace
Gunta Basko sur les pick and roll, signaient un 9-0 pour passer pour la première fois
devant : 44-42.
Les Tango ne baissaient pas
les bras, au propre comme au
figuré. Elles trouvaient même
de bonnes positions dessous,
mais Vicky Hall - ce qui n'est
pas dans son habitude - avait
du mal à régler la mire. Néanmoins, les deux équipes abordaient la dernière ligne droite
à égalité : 44-44 (30e).
Le dernier quart temps allait
être poignant. C'était du "à toi
à moi". Il y avait beaucoup d'envie et de coeur côté berruyer ; beaucoup d'engagement côté montpelliérain.
Bourges reprenait l'avantage
par Melain (46-48 à la 34e),
mais Elodie Bertal et Basko inversaient la tendance : 50-48 à
la 35e. A ce rythme infernal, on
se demandait si Bourges, nettement pénalisé quant aux
possibilités de rotations par
rapport à l'effectif montpelliérain et ses dix pros, allait tenir jusqu'au
bout.
En fait, le match basculait
sur des détails. D'abord une
balle arrachée dans les mains
de Florence Lepron, quelques
fautes offertes à Bertal, deux
ou trois oublis défensifs sur
Basko, deux ou trois shoots en
bonne position, mais manqués d'un rien, notamment
par Vicky Hall et surtout une
interception de Cathy Melain
qui retombait derrière la ligne,
rendant la balle à Lattes à 15
secondes du buzzer... alors
que les deux équipes étaient
toujours à égalité, 58-58. Le final se jouait donc aux lancers
francs. Et au bout, une immense tristesse accablait les
Tango. Une grosse frustration,
avec l'impression d'avoir tout
donné et de ne pas être payé
en retour.
"Il va falloir apprendre à
faire le dos rond dans la difficulté", avait prédit le président Fosset. On pense plutôt
qu'il faut continuer à relever la
tête. Céline, Cathy et les autres
ont montré hier que Bourges avait encore de la ressource.
battu de deux points seulement à Montpellier (61-59) ‚Le
Bourges Basket est sur la bonne voie
Les Tango ont perdu sur le fil un match qu'elles pouvaient - et méritaient
tout aussi bien de - gagner. Dans la salle de l'armada montpelliéraine, c'est
plutôt encourageant. En attendant le retour de Maltsi, il faut s'armer de
patience. Et continuer à bosser...
PAR CHRISTIAN RAGOT
Après leur victoire à l'arraché face au promu arrageois à l'Open de la LFB, d'aucuns ne donnaient pas cher de la peau des Tango à Montpellier. Lattes
- Montpellier l'ambitieux ; le LMAB et son recrutement impressionnant, son
effectif de dix joueuses pros doublant tous les postes ; Lattes qui, en la
circonstance, profitait de la venue du champion pour inaugurer sa nouvelle
salle...
Tous les pronostics ou presque étaient donc favorables aux Héraultaises face à
une équipe berruyère en pleine reconstruction, qui n'avait su (pu) conserver
que deux de ses championnes de France en titre, Céline Dumerc et Cathy Melain.
Et, qui plus est, privée de sa shooteuse à longue distance, son internationale
grecque Evanthia Maltsi.
Le BB n'est pas mort !
Eh bien! N'en déplaise à ceux qui auraient enterré le Bourges Basket un peu
vite, le BB n'est pas mort. Loin de là! Les Tango l'auraient même emporté à
Lattes que personne n'y aurait trouvé à redire, tellement ça s'est joué sur
des petits riens.
Bourges a, en effet, gagné les deux premiers quart temps. Il a toujours mené
au score jusqu'à la 27e minute, juste avant que Basko, "oubliée" par la
défense, ne marque son troisième panier primé, le septième pour Montpellier
(44-42). Sous l'impulsion d'une Céline Dumerc au four de la défense et au
moulin de l'attaque, Bourges reprit même l'avantage au début du quatrième
quart (46-48 sur un panier de Cathy Melain).
Et la fin fut épique. Bourges se battit avec coeur et énergie, mais paya au
prix fort son manque de rotations et de puissance sous le cercle. Trop juste
pour contrôler jusqu'au bout.
Et pourtant, à 15 secondes de la fin, les deux équipes étaient toujours à
égalité (58-58). Malheureusement, sur une interception de Cathy, le ballon
rebondit derrière la ligne de fond. Balle aux locales, à qui il restait six
secondes de possession sur les quinze encore à jouer. Faute de Vicky Hall et
Elodie Bertal passe ses deux lancers: 60-58. Huit secondes au chrono. Faute de
Miller sur Céline Dumerc. Caps ne met qu'un seul lancer: 60 - 59. Faute de
Dumerc sur Skrela, qui fait un sur deux: 61-59, avec six secondes pour
arracher la prolongation... ou la victoire.
Comme contre Brno, Cathy tente et rate son dernier shoot. De si peu. Les Tango
n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Frustrant, vraiment!
"Je suis déçu pour les joueuses, qui ne méritaient pas ça", lâche Pierre
Vincent, dont le coaching a pourtant été excellent.
Ça s'est vraiment joué à rien, répétons-le. Sur des détails. Des erreurs
berruyères, certes, tant tout fut loin d'être parfait, il faut le dire. Et,
aussi, sur quelques fautes montpelliéraines non sifflées. "C'est vrai que
Montpellier a parfois défendu durement, et que toutes les fautes n'ont pas été
sifflées. Et quand ça joue dur, qu'on manque de puissance en dessous et que
les fautes ne sont pas sifflées, il est difficile de s'exprimer. Il faut
vraiment être parfait derrière pour gagner... (à cet instant, le coach tango
doit penser très fort à Bernie Ngoyisa, NDLR). Mais justement, on n'a pas été
parfait. On a commis trop d'erreurs. On a ainsi été trop passif sur les pick
and roll de Basko ; on a parfois manqué de lucidité et d'expérience en
défense. Et en attaque, l'adresse nous a trop souvent fait défaut sur des tirs
ouverts en bonne position..."
Néanmoins, l'entraîneur tango dégageait des points positifs. "En première
mi-temps, nous avons plus nettement dominé Montpellier que ne l'indique le
score (31-35). Montpellier n'a tenu que grâce à sa grosse réussite à trois
points (6 sur 7 en vingt minutes NDLR)."
Jusque-là, en effet, Bourges avait parfaitement maîtrisé son sujet, avec
beaucoup de coeur et d'énergie, alternant jeu intérieur et jeu extérieur avec
bonheur et en ayant maîtrisé le rebond (24 contre 14).
Un manque de rotations
C'est après que ça s'est gâté, essentiellement en raison d'un manque de
rotations. Alors que José Ruiz a pu faire tourner ses dix joueuses, Pierre
Vincent a dû faire sur-jouer quelques-unes des ses cadres (plus de 37' pour
Dumerc, 36 pour Melain et 34 pour Lepron). Pas étonnant que sur la fin, elles
aient parfois manqué de lucidité sous la pression physique adverse. De son
côté, Vicky Hall a dû alterner poste 3 et poste 4. Dans une équipe qui se
cherche, même pour une joueuse aussi talentueuse et expérimentée, c'est
perturbant... et ça peut expliquer son manque d'adresse générale (4 sur 12).
Elle dont le shoot est pourtant si limpide...
Sûr qu'avec Evanthia Maltsi, non seulement Bourges aurait eu d'autres
arguments offensifs, mais les rotations et l'utilisation des joueuses auraient
été différentes, et forcément plus efficaces. Il ne faut pas non plus oublier
que Sonja Kireta avait encore mal au dos.
On notera cependant que les huit joueuses entrées en jeu ont alimenté la
marque. Mais aussi que, dans le collectif berruyer, pas une, à l'image de
Basko pour Lattes - et malgré les 18 points de Céline - n'a pu faire la
différence individuellement au scoring, comme étaient capables de le faire la
saison dernière Bernie Ngoyisa, Anete Jekabsone ou Laia Palau. "C'est la
preuve qu'on n'a pas, actuellement, une joueuse fiable en attaque", analyse
Pierre Vincent. "Mais ce que je regrette surtout, ce sont tous ces lancers
concédés en fin de match. C'est d'autant plus frustrant que ce ne sont pas des
fautes provoquées par nos adversaires, mais des cadeaux qu'on leur fait..."
Le tout n'atténuera cependant jamais la déception de Céline Dumerc et de ses
copines, pour lesquelles seule la victoire est belle. Il n'empêche! Cette
équipe-là nous a fait plaisir. Elle a du coeur, de la volonté et pas mal de
talent. Certes, il y a encore du boulot pour arriver au top. Mais en trois
jours, ses progrès ont été énormes et ça va continuer. Dès demain contre
Saint-Amand-les-Eaux, au Prado.
On a hâte, maintenant, de voir ces Tango-là au complet. Comme l'a dit José
Ruiz, Bourges va encore grandir. Et le président héraultais Dufrène
d'insister: "Je ne vois que Valenciennes pour contenir Bourges jusqu'au
bout..."
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