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LIGUE FÉMININE (3e journée) : le Bourges Basket a dominé Saint-Amand-les-Eaux
(58-43)
Maintenant, travaillez l'attaque !
S'il n'a jamais été inquiété par l'équipe amandinoise, samedi soir, le Bourges Basket a dû
patienter longtemps pour prendre ses aises.
Parce que la défense, très efficace, n'est pas tout.
PAR HERVÉ LE FELLIC
Trois sur quatorze à trois
points mercredi soir à
Montpellier, deux sur
onze samedi, pour le premier
match au Prado, face à Saint-Amand les Eaux. Si l'adresse
au-delà des 6,25 m ne fait pas
tout, elle est sur ces deux sorties révélatrice du chemin qu'
il reste à parcourir au Bourges
Basket. Certes, il est, par la
blessure de son internationale
grecque Evanthia Maltsi, privé
de sa seule shooteuse naturelle. Mais il a aussi encore du
mal à dérouler son jeu offensif.
Face aux Amandinoises, les
Tango ont dû patienter seize
minutes pour compter dix longueurs d'avance, et vingt de
plus pour doubler cet avantage.
La défense des filles de Fabrice Courcier en est la première responsable, bien sûr.
Côté visiteur, la consigne était
claire : ne pas permettre à
Bourges d'installer son jeu rapide.
Saint-Amand a cassé le rythme
"On ne voulait pas se retrouver largué, et sur ce plan,
quand on regarde le score,
l'objectif est atteint", estima
justement l'ancien coach de
Pro A (à Gravelines - Dunkerque). "On sait qu'au vu de
notre potentiel offensif, il nous
est difficile de marquer 65
points à une équipe du calibre
de Bourges. Il fallait donc
qu'on tienne les Berruyères à
moins de soixante points, et
on y est parvenu." La défense
de zone, que les Amandinoises
pratiquèrent pendant quarante minutes ou peu s'en
faut, se trouva être la méthode la plus adaptée. Et Saint-Amand contrecarra ainsi
grandement les envies de grands
espaces tango, le troisième
quart temps en étant une parfaite illustration. "On ne voulait pas avoir à courir",
expliqua Fabrice Courcier. "Car en
jouant vite, on prenait le
risque de redonner rapidement le ballon à l'adversaire. Il
fallait tenir le rythme, ne pas
laisser Bourges emballer le
match." Evidemment, le
risque était, à ne pas appuyer
sur l'accélérateur, de se heurter de plein fouet à la défense
tango, dont la réputation
d'étanchéité n'est plus à faire.
Et là, Saint-Amand s'est enfermé. "Le basket reste quand
même un jeu d'adresse", soupira le coach nordiste. "On finit à 31 % de réussite au tir, et
avec un 10 sur 24 aux lancers.
Dans ces conditions, on ne peut
pas gagner un match ! On peut
avoir quand même quelques
regrets, surtout dans le deuxième quart où on aurait pu
être davantage au contact.
Mais on a perdu quelques ballons, qui ont aussitôt permis à
Bourges de mettre du rythme.
Enfin, de toute façon, on ne
joue pas dans la même catégorie." Non, Saint-Amand vise
avant tout son maintien dans
l'élite, et pour cela, Fabrice
Courcier a sa recette. Qu'il
compte bien imposer à sa
troupe. "Garder notre place
dans l'élite passe par la volonté
de chacune de progresser,
d'élever son propre niveau. Or,
de ce point de vue, on a des faiblesses inacceptables, notamment de la part de mes
joueuses étrangères, qui sont
sensées apporter davantage.
Et elles le savent." Et vont le
comprendre rapidement, visiblement...
Une partition à assimiler
Il est vrai que Mandisa Stevenson n'a guère été en réussite. Qu'il a fallu attendre
longtemps pour que Teana Miller
se défasse de l'emprise de
Sonja Kireta. Qu'Hana Peljto
n'a brillé que lorsque Cathy
Melain se trouva sur le banc.
Bourges, qui a toujours mené
au score, avait bien ciblé les
forces adverses et ne leur a pas
permis de peser sur la rencontre. "Défensivement, on
n'a pas fait trop d'erreurs, c'est
vrai", admit Pierre Vincent, le
coach berruyer. "On a mis en
place quelques stratégies audacieuses, notamment sur les pick and roll, et on les maîtrise
de mieux en mieux. Les schémas défensifs deviennent plus
clairs pour tout le monde, ça
aide, évidemment."
Ça ne suffira pas, bien évidemment. Face à des adversaires plus huppés, plus
outillés aussi (à Villeneuve-d'Ascq
dès mercredi), il faudra non
seulement ne rien laisser passer, mais aussi faire monter
son propre compteur plus
haut. L'adresse est par essence
fluctuante, mais il convient
aussi que chacune, surtout en
l'absence de Maltsi, prenne
toutes ses responsabilités, et
ne refuse pas les shoots ouverts.
"Face à Saint-Amand, on n'a pas été si mal que ça en attaque", plaide Pierre Vincent.
"En première mi-temps, on a
beaucoup raté (12 paniers inscrits sur 30 tirs, NDLR) ; en
deuxième, on a davantage
joué dedans, près du cercle, on
a aussi provoqué les fautes. On
a plus été dans l'esprit ; on a su
trouver des paniers faciles... pas assez à mon goût."
Il est vrai que les offensives
demandent une précision extrême dans les mouvements,
et donc l'assimilation des
nombreuses données tactiques, et donc de la pratique
et du temps. D'ailleurs, face à
la zone adverse, Bourges a su
trouver les bonnes clés. A l'évidence, dans ce secteur, les choses se travaillent au
quotidien. Samedi soir, Pierre Vincent a, pendant presque trois
quarts temps, choisi d'utiliser
séparément ses deux grandes,
Sonja Kireta et Emmeline
Ndongue. Histoire que
l'équipe apprenne à mieux les
trouver, et que les intéressées
trouvent leurs sensations et
leur placement. Ce n'est pas
un hasard si dans le 4e quart,
Bourges tua définitivement le
match avec ses deux grandes
dessous, Vicky Hall et Cathy
Melain aux ailes, et Céline Dumerc à la baguette. Ce qui
n'enlève rien aux mérites des
autres, d'ailleurs. On a ainsi
apprécié la partie d'Endene
Miyem. Mais d'une manière générale, il faudra encore du
temps et du travail, pour que
tout l'orchestre joue la même
partition les yeux fermés. Patience...
Au jeu de la défense Bourges était supérieur
LA FICHE TECHNIQUE
BOURGES (palais des sports du Prado). Bourges Basket bat Saint-Amand
les Eaux
58-43 (17-8, 16-14,
7-8, 18-13). Arbitrage tatillon de Grégory Dubois et Yann
Henry, 2.700 spectateurs environ.
Pour Bourges : 21 sur 53 au tir, dont 2 sur 11 à trois points ; 14 sur 20
aux lancers. Marqueuses : Melain 12, Miyem 7, Hall 11, Dumerc 1, Paul 2, Kireta 14, Lepron 2,
Ndongue
9. Rebonds : 37 (9 pour Miyem, 8 pour Kireta, 7 pour Melain). Interceptions :
16 (8
pour Melain). Passes décisives : 16 (6 pour Melain). Fautes : 21 (deux
joueuses sorties : Ndongue à la 39e, Dumerc à la 40e). Balles perdues : 21. Evaluation
équipe : 69.
Pour Saint-Amand les Eaux : 15 sur 49 au tir, dont 3 sur 9 à trois points ;
10 sur 24
aux lancers. Marqueuses : Fouteret 6, Lopez Verdu 4, Stevenson 5, Cibert 3,
Ploegaerts 3, Peljto 8, Miller 6, El Gargati 7, Mijoule 1. Rebonds : 32 (8 pour
Stevenson et
El Gargati, 7 pour Peljto). Interceptions : 12. Passes décisives : 7. Fautes :
25 (une
joueuse sortie, Lopez Verdu, 35e). Balles perdues : 23. Evaluation équipe :
25.
Les temps de jeu pour Bourges : Melain 27'20 ; Miyem 23'22 ; Hall 25'29
; Dumerc
30'59 ; Paul 18'47 ; Kireta 26'36 ; Lepron 28'19 ; Ndongue 19'08.
Les temps de jeu à Saint-Amand : Fouteret 22'32 ; Lopez Verdu 21'14 ;
Stevenson
30'04 ; Cibert 22'14 ; Ploegaerts 5'39 ; Peljto 34'32 ; Miller 22'08 ; El Gargati 23'51
;
Mijoule 17'46.
Si on n'eut pas droit, samedi
soir, à un match spectaculaire, c'est parce que parole
fut donnée aux défenses. Et à
ce jeu, Bourges disposait
d'atouts supérieurs à son opposant amandinois.
3e minute : d'entrée, la formation nordiste affiche la couleur : la zone. Hana Peljto, avec
Cathy Melain sur le dos, est réduite au silence, quand la Rennaise de Bourges ouvre le
score. Vite imitée en jeu rapide
par Vicky Hall. 5-0.
Les Berruyères dominatrices au rebond
10e minute : dominateur au
rebond (10 à 5 sur ce 1er quart),
efficace en défense (2 sur 11 au
shoot à cet instant pour Saint-Amand), le Bourges Basket fait
preuve, parfois, de gourmandise en attaque. Mais garde le
contrôle, sur un trois points de
Cathy Melain, et une belle entrée d'Endene Miyem. 17-8.
13e minute : Pierre Vincent
fait souffler Céline Dumerc et
Cathy Melain. Du coup, on revoit Hana Peltjo, qui inscrit six points de suite.
17-14.
20e minute : le retour de Cathy et Céline paie immédiatement, avec un trois points de
la première, et un beau jeu à
deux des complices. Emmeline Ndongue, entrée en jeu à
la 11e, enfonce le clou sous le
cercle adverse, et Vicky Hall
l'imite. 33-20.
30e minute : c'est le quart
temps de l'ennui, avec un 7-8
sur la période. La néo Amandinoise Teana Miller inscrit ses
premiers points, son adversaire directe Sonja Kireta provoque les fautes. Bourges, sur
cette période, butte sur la zone
adverse, et multiplie les pertes
de balle (9). 40-30.
36e minute : de part et
d'autre, les fautes pleuvent,
distribuées par deux sifflets tatillons. Pierre Vincent choisit
les centimètres, en associant
dessous Emmeline et Sonja, et
en installant Vicky à l'aile. Le
trio ne se fait pas prier, l'Américaine donnant à Bourges
vingt points d'avance, tuant
complètement le match. Malgré les changements défensifs
adverses, Saint-Amand se risquant par exemple à aller
chercher très haut les Berruyères. Sans grande réussite
donc. 53-33.
HERVÉ LE FELLIC
Une joueuse dans le match ‚ Première et bougies
pour Sonja Kireta
Bon anniversaire, Sonja ! Les
jeunes supporters tango
n'avaient pas manqué de relever que l'intérieure croate
soufflait samedi soir les bougies, et avaient même souligné
l'événement, en confectionnant des pancartes, dans la
langue maternelle de l'intéressée. Qui, comme quelques
autres, jouait pour la première
fois sous la tunique tango dans
une salle qu'elle avait fréquentée sous les maillots aixois et
valenciennois."C'était forcément un peu spécial pour
moi", expliqua la souriante
Sonja. "Mais j'aime cette salle,
le public y est vraiment excellent." Et la victoire comme cadeau, ça ne se refuse pas.
"Oui, on a gagné, et c'est bien
le plus important. Ce ne fut
pas facile, d'autant que c'était
notre premier match ici. Pour
mon anniversaire, c'est parfait."
Pas de tout repos, l'anniversaire en question ! Pierre Vincent a offert, en guise de
cadeau, de longues séquences de
jeu à sa joueuse, histoire
qu'elle trouve pleinement sa
place dans les schémas, et que l'équipe apprenne à évoluer
avec ses 198 centimètres. On a
ainsi vu Sonja, d'entrée, s'occuper du cas Teana Miller, qui
n'a inscrit son premier panier
qu'à la 22e minute. La grande
Croate, meilleure marqueuse
de la partie (14 points, à 4 sur 7
au tir), a pesé sur les débats,
captant huit rebonds, provoquant surtout neuf fautes, par
la pression constante qu'elle
imposa sous le cercle amandinois. De la belle ouvrage !
"Il fallait d'abord qu'on
s'impose, défensivement,
parce que c'est forcément très
important", commenta Sonja,
visiblement satisfaite de cette
première au Prado. Et lucide,
sur le jeu berruyer. "On doit
apprendre à se connaître, notamment dans le secteur intérieur. En défense, mais aussi
en attaque, où on a encore besoin de savoir se trouver, d'acquérir de la confiance. Mais
j'espère, et je crois, que nous
sommes sur la bonne voie. On
progresse petit à petit, on le
voit à chaque match, à chaque
entraînement. On s'améliore."
HERVÉ LE FELLIC
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