Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
23/10/2006

 
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LIGUE FÉMININE (3e journée) : le Bourges Basket a dominé Saint-Amand-les-Eaux (58-43)

Maintenant, travaillez l'attaque !

S'il n'a jamais été inquiété par l'équipe amandinoise, samedi soir, le Bourges Basket a dû patienter longtemps pour prendre ses aises. Parce que la défense, très efficace, n'est pas tout.

PAR HERVÉ LE FELLIC

Trois sur quatorze à trois points mercredi soir à Montpellier, deux sur onze samedi, pour le premier match au Prado, face à Saint-Amand les Eaux. Si l'adresse au-delà des 6,25 m ne fait pas tout, elle est sur ces deux sorties révélatrice du chemin qu' il reste à parcourir au Bourges Basket. Certes, il est, par la blessure de son internationale grecque Evanthia Maltsi, privé de sa seule shooteuse naturelle. Mais il a aussi encore du mal à dérouler son jeu offensif. Face aux Amandinoises, les Tango ont dû patienter seize minutes pour compter dix longueurs d'avance, et vingt de plus pour doubler cet avantage.
La défense des filles de Fabrice Courcier en est la première responsable, bien sûr. Côté visiteur, la consigne était claire : ne pas permettre à Bourges d'installer son jeu rapide.

Saint-Amand a cassé le rythme
"On ne voulait pas se retrouver largué, et sur ce plan, quand on regarde le score, l'objectif est atteint", estima
justement l'ancien coach de Pro A (à Gravelines - Dunkerque). "On sait qu'au vu de notre potentiel offensif, il nous est difficile de marquer 65 points à une équipe du calibre de Bourges. Il fallait donc qu'on tienne les Berruyères à moins de soixante points, et on y est parvenu." La défense de zone, que les Amandinoises
pratiquèrent pendant quarante minutes ou peu s'en faut, se trouva être la méthode la plus adaptée. Et Saint-Amand contrecarra ainsi grandement les envies de grands espaces tango, le troisième quart temps en étant une parfaite illustration. "On ne voulait pas avoir à courir", expliqua Fabrice Courcier. "Car en jouant vite, on prenait le risque de redonner rapidement le ballon à l'adversaire. Il fallait tenir le rythme, ne pas laisser Bourges emballer le match." Evidemment, le risque était, à ne pas appuyer sur l'accélérateur, de se heurter de plein fouet à la défense tango, dont la réputation d'étanchéité n'est plus à faire. Et là, Saint-Amand s'est enfermé. "Le basket reste quand même un jeu d'adresse", soupira le coach nordiste. "On finit à 31 % de réussite au tir, et
avec un 10 sur 24 aux lancers. Dans ces conditions, on ne peut pas gagner un match ! On peut avoir quand même quelques regrets, surtout dans le deuxième quart où on aurait pu être davantage au contact. Mais on a perdu quelques ballons, qui ont aussitôt permis à Bourges de mettre du rythme. Enfin, de toute façon, on ne
joue pas dans la même catégorie." Non, Saint-Amand vise avant tout son maintien dans l'élite, et pour cela, Fabrice Courcier a sa recette. Qu'il compte bien imposer à sa troupe. "Garder notre place dans l'élite passe par la volonté de chacune de progresser, d'élever son propre niveau. Or, de ce point de vue, on a des faiblesses inacceptables, notamment de la part de mes joueuses étrangères, qui sont sensées apporter davantage. Et elles le savent." Et vont le comprendre rapidement, visiblement...

Une partition à assimiler
Il est vrai que Mandisa Stevenson n'a guère été en réussite. Qu'il a fallu attendre longtemps pour que Teana Miller se défasse de l'emprise de Sonja Kireta. Qu'Hana Peljto n'a brillé que lorsque Cathy Melain se trouva sur le banc. Bourges, qui a toujours mené au score, avait bien ciblé les forces adverses et ne leur a pas
permis de peser sur la rencontre. "Défensivement, on n'a pas fait trop d'erreurs, c'est vrai", admit Pierre Vincent, le coach berruyer. "On a mis en place quelques stratégies audacieuses, notamment sur les pick and roll, et on les maîtrise de mieux en mieux. Les schémas défensifs deviennent plus clairs pour tout le monde, ça
aide, évidemment."
Ça ne suffira pas, bien évidemment. Face à des adversaires plus huppés, plus outillés aussi (à Villeneuve-d'Ascq dès mercredi), il faudra non seulement ne rien laisser passer, mais aussi faire monter son propre compteur plus haut. L'adresse est par essence fluctuante, mais il convient aussi que chacune, surtout en
l'absence de Maltsi, prenne toutes ses responsabilités, et ne refuse pas les shoots ouverts.
"Face à Saint-Amand, on n'a pas été si mal que ça en attaque", plaide Pierre Vincent. "En première mi-temps, on a beaucoup raté (12 paniers inscrits sur 30 tirs, NDLR) ; en deuxième, on a davantage joué dedans, près du cercle, on a aussi provoqué les fautes. On a plus été dans l'esprit ; on a su trouver des paniers faciles... pas assez à mon goût."
Il est vrai que les offensives demandent une précision extrême dans les mouvements, et donc l'assimilation des
nombreuses données tactiques, et donc de la pratique et du temps. D'ailleurs, face à la zone adverse, Bourges a su trouver les bonnes clés. A l'évidence, dans ce secteur, les choses se travaillent au quotidien. Samedi soir, Pierre Vincent a, pendant presque trois quarts temps, choisi d'utiliser séparément ses deux grandes, Sonja Kireta et Emmeline Ndongue. Histoire que l'équipe apprenne à mieux les trouver, et que les intéressées
trouvent leurs sensations et leur placement. Ce n'est pas un hasard si dans le 4e quart, Bourges tua définitivement le match avec ses deux grandes dessous, Vicky Hall et Cathy Melain aux ailes, et Céline Dumerc à la baguette. Ce qui n'enlève rien aux mérites des autres, d'ailleurs. On a ainsi apprécié la partie d'Endene
Miyem. Mais d'une manière générale, il faudra encore du temps et du travail, pour que tout l'orchestre joue la même partition les yeux fermés. Patience...
 

Au jeu de la défense Bourges était supérieur

LA FICHE TECHNIQUE
BOURGES (palais des sports du Prado).  Bourges Basket bat Saint-Amand les Eaux 58-43 (17-8, 16-14,
7-8, 18-13). Arbitrage tatillon de Grégory Dubois et Yann Henry, 2.700 spectateurs environ.
Pour Bourges :  21 sur 53 au tir, dont 2 sur 11 à trois points ; 14 sur 20 aux lancers. Marqueuses : Melain 12, Miyem 7, Hall 11, Dumerc 1, Paul 2, Kireta 14, Lepron 2, Ndongue 9. Rebonds : 37 (9 pour Miyem, 8 pour Kireta, 7 pour Melain). Interceptions : 16 (8 pour Melain). Passes décisives : 16 (6 pour Melain). Fautes : 21 (deux joueuses sorties : Ndongue à la 39e, Dumerc à la 40e). Balles perdues : 21. Evaluation équipe : 69.
Pour Saint-Amand les Eaux : 15 sur 49 au tir, dont 3 sur 9 à trois points ; 10 sur 24 aux lancers. Marqueuses : Fouteret 6, Lopez Verdu 4, Stevenson 5, Cibert 3, Ploegaerts 3, Peljto 8, Miller 6, El Gargati 7, Mijoule 1. Rebonds : 32 (8 pour Stevenson et El Gargati, 7 pour Peljto). Interceptions : 12. Passes décisives : 7. Fautes : 25 (une joueuse sortie, Lopez Verdu, 35e). Balles perdues : 23. Evaluation équipe : 25.
Les temps de jeu pour Bourges : Melain 27'20 ; Miyem 23'22 ; Hall 25'29 ; Dumerc 30'59 ; Paul 18'47 ; Kireta 26'36 ; Lepron 28'19 ; Ndongue 19'08.
Les temps de jeu à Saint-Amand : Fouteret 22'32 ; Lopez Verdu 21'14 ; Stevenson 30'04 ; Cibert 22'14 ; Ploegaerts 5'39 ; Peljto 34'32 ; Miller 22'08 ; El Gargati 23'51 ; Mijoule 17'46.


Si on n'eut pas droit, samedi soir, à un match spectaculaire, c'est parce que parole fut donnée aux défenses. Et à ce jeu, Bourges disposait d'atouts supérieurs à son opposant amandinois.
3e minute : d'entrée, la formation nordiste affiche la couleur : la zone. Hana Peljto, avec Cathy Melain sur le dos, est réduite au silence, quand la Rennaise de Bourges ouvre le score. Vite imitée en jeu rapide par Vicky Hall. 5-0.

Les Berruyères dominatrices au rebond
10e minute : dominateur au rebond (10 à 5 sur ce 1er quart), efficace en défense (2 sur 11 au shoot à cet instant pour Saint-Amand), le Bourges Basket fait preuve, parfois, de gourmandise en attaque. Mais garde le
contrôle, sur un trois points de Cathy Melain, et une belle entrée d'Endene Miyem. 17-8.
13e minute : Pierre Vincent fait souffler Céline Dumerc et Cathy Melain. Du coup, on revoit Hana Peltjo, qui inscrit six points de suite. 17-14.
20e minute : le retour de Cathy et Céline paie immédiatement, avec un trois points de la première, et un beau jeu à deux des complices. Emmeline Ndongue, entrée en jeu à la 11e, enfonce le clou sous le cercle adverse, et Vicky Hall l'imite. 33-20.
30e minute : c'est le quart temps de l'ennui, avec un 7-8 sur la période. La néo Amandinoise Teana Miller inscrit ses premiers points, son adversaire directe Sonja Kireta provoque les fautes. Bourges, sur cette période, butte sur la zone adverse, et multiplie les pertes de balle (9).  40-30.
36e minute : de part et d'autre, les fautes pleuvent, distribuées par deux sifflets tatillons. Pierre Vincent choisit
les centimètres, en associant dessous Emmeline et Sonja, et en installant Vicky à l'aile. Le trio ne se fait pas prier, l'Américaine donnant à Bourges vingt points d'avance, tuant complètement le match. Malgré les changements défensifs adverses, Saint-Amand se risquant par exemple à aller chercher très haut les Berruyères. Sans grande réussite donc. 53-33.

HERVÉ LE FELLIC
 

 
Une joueuse dans le match ‚ Première et bougies pour Sonja Kireta

Bon anniversaire, Sonja ! Les jeunes supporters tango n'avaient pas manqué de relever que l'intérieure croate
soufflait samedi soir les bougies, et avaient même souligné l'événement, en confectionnant des pancartes, dans la
langue maternelle de l'intéressée. Qui, comme quelques autres, jouait pour la première fois sous la tunique tango dans une salle qu'elle avait fréquentée sous les maillots aixois et valenciennois."C'était forcément un peu spécial pour moi", expliqua la souriante Sonja. "Mais j'aime cette salle, le public y est vraiment excellent." Et la victoire comme cadeau, ça ne se refuse pas. "Oui, on a gagné, et c'est bien le plus important. Ce ne fut pas facile, d'autant que c'était notre premier match ici. Pour mon anniversaire, c'est parfait."
Pas de tout repos, l'anniversaire en question ! Pierre Vincent a offert, en guise de cadeau, de longues séquences de jeu à sa joueuse, histoire qu'elle trouve pleinement sa place dans les schémas, et que l'équipe apprenne à évoluer avec ses 198 centimètres. On a ainsi vu Sonja, d'entrée, s'occuper du cas Teana Miller, qui n'a inscrit son premier panier qu'à la 22e minute. La grande Croate, meilleure marqueuse de la partie (14 points, à 4 sur 7
au tir), a pesé sur les débats, captant huit rebonds, provoquant surtout neuf fautes, par la pression constante qu'elle imposa sous le cercle amandinois. De la belle ouvrage !
"Il fallait d'abord qu'on s'impose, défensivement, parce que c'est forcément très important", commenta Sonja,
visiblement satisfaite de cette première au Prado. Et lucide, sur le jeu berruyer. "On doit apprendre à se connaître, notamment dans le secteur intérieur. En défense, mais aussi en attaque, où on a encore besoin de savoir se trouver, d'acquérir de la confiance. Mais j'espère, et je crois, que nous sommes sur la bonne voie. On
progresse petit à petit, on le voit à chaque match, à chaque entraînement. On s'améliore."

HERVÉ LE FELLIC