Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
06/11/2006

 
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LIGUE FÉMININE (6e journée) : USO Mondeville - Bourges Basket, 79-73

Voies d'eau dans la défense tango

Bourges a laissé échapper hier, à Mondeville, le sommet de la journée, et a perdu l'occasion de revenir en pole. La faute à une défense trop permissive, et à un rebond mal maîtrisé.


LA FICHE TECHNIQUE
Mondeville (halle des sports Pierre-Bérégovoy). USO Mondeville bat Bourges Basket 79-73 (22-19, 16-16, 24-13, 17-25). Arbitrage de Abdel Hamzaoui et Yann Henry, 2.100 spectateurs environ.

Pour Mondeville : 30 sur 69 au tir, dont 7 sur 18 à trois points ; 12 sur 19 aux lancers. Marqueuses : Aubert 15, Futrell 9, Kublina 16, Maïga 16, Pochet 17, Kindoki-Fleury 6, Jannault 0. Rebonds : 47, dont 11 pour Kublina et Maïga. Interceptions : 7, dont 3 pour Aubert. Passes décisives¤: 19 dont 8 pour Aubert. Fautes : 17. Balles perdues : 13.
Pour Bourges : 28 sur 68 au tir, dont 5 sur 18 à trois points ; 12 sur 16 aux lancers. Marqueuses : Melain 5, Miyem 6, Hall 19, Dumerc 11, Kireta 16, Lepron 7, Ndongue 7. Rebonds : 33, dont 8 pour Kireta. Interceptions : 3. Passes décisives : 25 dont 8 pour Melain et 7 pour Lepron. Fautes : 16. Balles perdues : 10.
Temps de jeu à Mondeville : Aubert 40', Futrell 36'15'', Kublina 30'01'', Maïga 33'05'', Pochet 33'42'', Kindoki-Fleury 16'54'', Jannault 10'03.
Temps de jeu à Bourges : Melain 38'34'', Miyem 13'37'', Hall 33'24'', Dumerc 37'49'', Lepron 27'34'', Kireta 28'13'', Ndongue 20'49''.

PAR HERVÉ LE FELLIC ENVOYÉ SPÉCIAL

Aix-en-Provence battue la veille dans la salle de Montpellier, voilà qui pimentait un peu plus encore le sommet d'hier après-midi, entre Mondeville et Bourges. Le vainqueur de ce choc entre vainqueurs français en Euroligue (à Schio pour les Normandes, à Salamanque pour les Berruyères) savait revenir en tête du classement.
Dommage, bien entendu, que pour une telle affiche, les deux camps n'affichent pas complet : Mondeville ne pouvait compter sur l'ancienne intérieure tango Silvia Janostinova, blessée au pied ; Bourges devait une nouvelle
fois faire sans son artilleuse grecque, Evanthia Maltsi.
Devant une bonne quarantaine de supporters berruyers, les Tango malgré un rush final aussi beau que vain, ont chuté, pour avoir laissé bien trop de liberté aux attaquantes normandes. Avant le choc, Mondeville tournait à 81 points de moyenne. Hier, la troupe de Hervé Coudray en a mis 79 : suffisant pour comprendre que les Tango ont échoué dans leur mission première.

Dans les roues malgré les oublis
Le premier quart avait été de ce point de vue un premier signal d'alarme, même si les brèches apparaissant dans
l'arrière garde berruyère fut alors compensée par une belle adresse, et des shoots bien choisis. Les deux équipes commencèrent à se rendre coup pour coup, la combativité d'Amélie Pochet contredisant le trois points de Cathy Melain ou le shoot extérieur de Vicky Hall (7-8, 3é). Dans une formation tango très dominatrice question centimètres, Sonja Kireta n'était servie pour la première fois dessous qu'à la 4é minute. Florence Lepron se trouvait à la conclusion d'une vive action tango, et remettait les siennes aux commandes (18-19, 10é). Mais c'est Mondeville qui terminait le mieux ce premier quart, par Pauline Jannault et un tir extérieur de Caroline Aubert (ex Koechlin).
Le deuxième quart laissa à penser que les Berruyères étaient revenues aux fondamentaux, à leurs fondamentaux, défensifs s'entend. Ainsi, Endy Miyem prenait parfaitement le relais de Vicky Hall au
marquage d'Hamchetou Maïga-Ba, promue au poste quatre en l'absence de Silvia Janostinova. Céline Dumerc
en profitait pour signer un superbe coast to coast, Cathy Melain, d'un shoot en première intention, remettait tout
le monde sur la même ligne, répondant ainsi au trois points de Caroline Aubert (25-25, 13é). Mieux même, sur un trois points dans un fauteuil de Vicky Hall, Bourges repassait en tête (29-32, 17é). Pour la dernière fois du match, mais on ne le savait pas encore.
Les Tango s'échinaient à ne pas mettre un ballon sous le cercle normand, là où en théorie elles avaient une belle carte à jouer. Ce d'autant plus que Ieva Kublina écopait de sa troisième sanction, à la 19é minute. Au vu des oublis défensifs des filles de Pierre Vincent et des rebonds, offensifs surtout, laissés aux Normandes,
on se disait tout de même que virer à la pause à seulement trois longueurs, ce n'était pas mal payé. Et que ça pouvait le faire.

Bourges, larguée revient avec ses grandes
Mais le troisième quart allait ruiné bien des espoirs visiteurs. Céline Dumerc ramassait une technique au passage, et si Bourges revenait à une longueur sur deux lancers de Sonja Kireta (42-41, 24é), ses affaires allaient progressivement se compliquer, face à une formation normande qui avait tout de même eu un jour
de récupération de moins, avant le choc.
Caroline Aubert planta une première flèche, à trois points. Hamchetou Maïga, innarrêtable hier, puis Candice Futrell (à trois points) puis Ieva Kublina lui emboîtèrent le pas décidé. Bourges se retrouva à dix longueurs (58-48, 29é), puis à quatorze (62-48, 30é), ramassant un cinglant 13-1 dans les dernières minutes de ce quart,
perdu 24-13 s'il vous plait.
Rien ne fonctionnait plus, ni d'un côté ni de l'autre du terrain, pour les filles de Pierre Vincent. Qui, certes, attaquèrent la dernière période en serrant de nouveau leur défense, mais ce ne fut qu'un feu de paille. Bien au contraire, Mondeville, malgré les jambes lourdes, trouva le moyen de coller un 9-0 aux champion de
France. Symbole de l'impuissance tango, Vicky Hall et Florence Lepron se gênèrent dans la conquête de la sphère. Caroline Aubert, elle, ne se gêna pas pour en profiter. Et l'écart s'enfla, pour prendre des proportions plus qu'inquiétantes (71-53, 34é).
Alors, bien sûr, il y eut le sursaut final. Qui coïncida, comme par hasard, avec les présence conjointe de Sonja
Kireta et d'Emmeline Ndongue sur le terrain. Avec ses grandes, Bourges tenta de forcer le destin, de s'offrir des positions au plus près du cerle adverse, pour décrocher paniers ou lancers. Vicky Hall participa à l'opération sauvetage, de sa belle gestuelle de tir. Mais le lièvre, comme toujours, était parti de trop loin.
Mondeville, emmené par son quatuor offensif Aubert - Kublina - Maiga - Pochet, en arrachant la bagatelle de 15 rebonds offensifs aux Tango et en coupant toute possibilité de contre-attaque dans les vingt dernières minutes, avait amplement mérité son succès. Bourges n'a pu que limiter la casse, mais il va falloir se remettre au tableau noir.

 

 
A CHAUD

PIERRE VINCENT (entraîneur de Bourges) : "Dans le troisième quart temps, on a raté des shoots, on a eu des absences défensives. Des erreurs individuelles qui donnent confiance à l'adversaire et au contraire nous
plongent dans le doute. Déjà, à Salamanque, j'avais signalé qu'on en commentait trop : c'était passé, mais pas cette fois. Offensivement, on n'a pas été mal, on a trouvé les positions de tir qu'on cherchait. Mais on ne les a
pas forcément mis, et on ne prenait pas les rebonds offensifs derrière. On n'a pas su empêcher Mondeville d'exploiter ses points forts. Le positif, c'est qu'en fin de match, on a su revenir, retrouver notre basket."
FLORENCE LEPRON (Bourges Basket) :"A la mi-temps, même si on faisait des fautes naïves en défense, on était finalement toujours dans le match et on faisait alors un match très correct dans l'ensemble. Mais on fait trop d'erreurs, on donne trop de paniers faciles, et à l'extérieur, ça pardonne encore moins. Dans le troisième quart, on n'y est pas en défense, du coup elles prennent confiance, et nous on n'en met plus un. Ce qui rentrait mercredi à Salamanque ne passait plus, cette fois. C'est assez frustrant."
HERVÉ COUDRAY (entraîneur de Mondeville) :"On a fait, avec ces succès sur Schio et Bourges, une belle semaine, c'est vrai. Mais l'important, c'est qu'on fasse une bonne saison, pas qu'on domine sur un match le champion d'Italie puis le champion de France. Ce match contre Bourges, on l'avait bien préparé. On a répondu présent mentalement, comme on le fait depuis le début de la saison. On sait qu'on a une marge de manoeuvre réduite, en l'absence de Silvia Janostinova. En plus, Ieva (Kublina) prend sa deuxième faute très vite. Heureusement, les joueuses du banc, Isabelle Fleury notamment, ont fait du bien. Offensivement, on a été dans nos clous et on a marqué à Bourges plus de points que tous ses précédents adversaires. On sait très bien que Bourges défend dur, mais on a réussi à imposer notre style. Mais ne nous emballons pas, ce n'est que la victoire d'un jour."
HAMCHETOU MAÏGA-BA (Mondeville) :"On ne peut qu'être satisfaites de notre semaine, d'autant qu'on n'a pas eu des adversaires faciles. En première mi-temps, Bourges a mis la moitié de ses points sur contre-attaque. Logiquement, à la pause, Hervé (Coudray) nous a demandées de soigner le repli défensif, de ne plus laisser de paniers faciles. Du coup, on a pu récupérer beaucoup de ballons, et on en a profité. Dessous, c'est vrai, on avait un déficit en taille, mais on a su y opposer notre agilité et notre vivacité. Les intérieures de Bourges étaient peut-être plus grandes, mais on savait qu'on pouvait aussi les faire souffrir en attaque, et je pense qu'on y est parvenues.