LIGUE FÉMININE (6e journée) : USO Mondeville - Bourges Basket, 79-73
Voies d'eau dans la défense tango
Bourges a laissé échapper hier, à Mondeville, le
sommet de la journée, et a perdu l'occasion de
revenir en pole. La faute à une défense trop permissive, et à un rebond mal
maîtrisé.
LA FICHE TECHNIQUE
Mondeville (halle des sports Pierre-Bérégovoy). USO Mondeville bat
Bourges Basket 79-73 (22-19, 16-16, 24-13, 17-25). Arbitrage de Abdel Hamzaoui
et Yann Henry, 2.100 spectateurs environ.
Pour Mondeville : 30 sur 69 au tir, dont 7 sur 18 à trois points ; 12 sur 19
aux lancers. Marqueuses : Aubert 15, Futrell 9, Kublina 16, Maïga 16, Pochet 17,
Kindoki-Fleury 6, Jannault 0. Rebonds : 47, dont 11 pour Kublina et Maïga.
Interceptions :
7, dont 3 pour Aubert. Passes décisives¤: 19 dont 8 pour Aubert. Fautes : 17.
Balles
perdues : 13.
Pour Bourges : 28 sur 68 au tir, dont 5 sur 18 à trois points ; 12 sur 16
aux lancers.
Marqueuses : Melain 5, Miyem 6, Hall 19, Dumerc 11, Kireta 16, Lepron 7, Ndongue 7. Rebonds : 33, dont 8 pour Kireta. Interceptions : 3. Passes décisives :
25
dont 8 pour Melain et 7 pour Lepron. Fautes : 16. Balles perdues : 10.
Temps de jeu à Mondeville : Aubert 40', Futrell 36'15'', Kublina 30'01'',
Maïga
33'05'', Pochet 33'42'', Kindoki-Fleury 16'54'', Jannault 10'03.
Temps de jeu à Bourges : Melain 38'34'', Miyem 13'37'', Hall 33'24'', Dumerc
37'49'', Lepron 27'34'', Kireta 28'13'', Ndongue 20'49''.
PAR HERVÉ LE FELLIC ENVOYÉ SPÉCIAL
Aix-en-Provence battue
la veille dans la salle de
Montpellier, voilà qui
pimentait un peu plus encore
le sommet d'hier après-midi,
entre Mondeville et Bourges.
Le vainqueur de ce choc entre
vainqueurs français en Euroligue (à Schio pour les Normandes, à Salamanque pour
les Berruyères) savait revenir en tête du classement.
Dommage, bien entendu,
que pour une telle affiche, les
deux camps n'affichent pas
complet : Mondeville ne pouvait compter sur l'ancienne intérieure tango Silvia
Janostinova, blessée au pied ;
Bourges devait une nouvelle
fois faire sans son artilleuse grecque, Evanthia Maltsi.
Devant une bonne quarantaine de supporters berruyers,
les Tango malgré un rush final
aussi beau que vain, ont chuté,
pour avoir laissé bien trop de
liberté aux attaquantes normandes. Avant le choc, Mondeville tournait à 81 points de
moyenne. Hier, la troupe de
Hervé Coudray en a mis 79 :
suffisant pour comprendre
que les Tango ont échoué dans leur mission première.
Dans les roues malgré les oublis
Le premier quart avait été de
ce point de vue un premier signal d'alarme, même si les
brèches apparaissant dans
l'arrière garde berruyère fut
alors compensée par une belle
adresse, et des shoots bien choisis. Les deux équipes
commencèrent à se rendre
coup pour coup, la combativité d'Amélie Pochet contredisant le trois points de Cathy
Melain ou le shoot extérieur de
Vicky Hall (7-8, 3é). Dans une
formation tango très dominatrice question centimètres,
Sonja Kireta n'était servie pour
la première fois dessous qu'à
la 4é minute. Florence Lepron
se trouvait à la conclusion
d'une vive action tango, et remettait les siennes aux commandes (18-19, 10é). Mais c'est
Mondeville qui terminait le
mieux ce premier quart, par
Pauline Jannault et un tir extérieur de Caroline Aubert (ex Koechlin).
Le deuxième quart laissa à
penser que les Berruyères
étaient revenues aux fondamentaux, à leurs fondamentaux, défensifs s'entend. Ainsi,
Endy Miyem prenait parfaitement le relais de Vicky Hall au
marquage d'Hamchetou
Maïga-Ba, promue au poste
quatre en l'absence de Silvia
Janostinova. Céline Dumerc
en profitait pour signer un superbe coast to coast, Cathy
Melain, d'un shoot en première intention, remettait tout
le monde sur la même ligne,
répondant ainsi au trois points
de Caroline Aubert (25-25,
13é). Mieux même, sur un trois
points dans un fauteuil de Vicky Hall, Bourges repassait en
tête (29-32, 17é). Pour la dernière fois du match, mais on ne le savait pas
encore.
Les Tango s'échinaient à ne
pas mettre un ballon sous le
cercle normand, là où en théorie elles avaient une belle carte
à jouer. Ce d'autant plus que
Ieva Kublina écopait de sa troisième sanction, à la 19é minute. Au vu des oublis
défensifs des filles de Pierre Vincent
et des rebonds, offensifs surtout, laissés aux Normandes,
on se disait tout de même que
virer à la pause à seulement
trois longueurs, ce n'était pas
mal payé. Et que ça pouvait le faire.
Bourges, larguée revient avec ses grandes
Mais le troisième quart allait
ruiné bien des espoirs visiteurs. Céline Dumerc ramassait une technique au passage,
et si Bourges revenait à une
longueur sur deux lancers de
Sonja Kireta (42-41, 24é), ses affaires allaient progressivement se compliquer, face à
une formation normande qui
avait tout de même eu un jour
de récupération de moins, avant le choc.
Caroline Aubert planta une
première flèche, à trois points.
Hamchetou Maïga, innarrêtable hier, puis Candice Futrell
(à trois points) puis Ieva Kublina lui emboîtèrent le pas
décidé. Bourges se retrouva à
dix longueurs (58-48, 29é), puis
à quatorze (62-48, 30é), ramassant un cinglant 13-1 dans les
dernières minutes de ce quart,
perdu 24-13 s'il vous plait.
Rien ne fonctionnait plus, ni
d'un côté ni de l'autre du terrain, pour les filles de Pierre
Vincent. Qui, certes, attaquèrent la dernière période en serrant de nouveau leur défense,
mais ce ne fut qu'un feu de
paille. Bien au contraire, Mondeville, malgré les jambes
lourdes, trouva le moyen de
coller un 9-0 aux champion de
France. Symbole de l'impuissance tango, Vicky Hall et Florence Lepron se gênèrent dans
la conquête de la sphère. Caroline Aubert, elle, ne se gêna pas
pour en profiter. Et l'écart
s'enfla, pour prendre des proportions plus qu'inquiétantes
(71-53, 34é).
Alors, bien sûr, il y eut le sursaut final. Qui coïncida,
comme par hasard, avec les
présence conjointe de Sonja
Kireta et d'Emmeline Ndongue sur le terrain. Avec ses
grandes, Bourges tenta de forcer le destin, de s'offrir des positions au plus près du cerle
adverse, pour décrocher paniers ou lancers. Vicky Hall
participa à l'opération sauvetage, de sa belle gestuelle de
tir. Mais le lièvre, comme toujours, était parti de trop loin.
Mondeville, emmené par son
quatuor offensif Aubert - Kublina - Maiga - Pochet, en arrachant la bagatelle de 15
rebonds offensifs aux Tango et
en coupant toute possibilité de
contre-attaque dans les vingt
dernières minutes, avait amplement mérité son succès.
Bourges n'a pu que limiter la
casse, mais il va falloir se remettre au tableau noir.