Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
13/11/2006

 
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Ligue féminine (7e journée) : Bourges Basket - Mourenx Basket Club 88-56

Les Tango trouvent de l'assurance

Les Berruyères commencent à posséder un langage commun, qui leur donne désormais une base solide. Mourenx, longtemps réduit au silence et dominé dans tous les compartiments, en a fait les frais.

PAR HERVE LE FELLIC

Et Carine Paul décocha le dernier tir du match, à trois points : bingo ! Le signe du culot de la jeune Guyanaise, la preuve aussi que, depuis longtemps, les Tango avaient fait le boulot et tué tout suspense. Trois jours après avoir passé les Hongroises de Pécs à la moulinette, et malgré le virus affectant Sonja Kireta, largement ménagée, les Berruyères ont su samedi soir ne pas tomber dans le piège qu'est toujours un affrontement face à supposé plus faible que soi. Après huit minutes de réglage, les filles de Pierre Vincent ont complètement étouffé les Béarnaises, incapables de se sortir de la pression adverse et dominées dans tous les secteurs de jeu.
"On espérait quand même contester Bourges plus longtemps", soupira leur coach, l'ancien meneur des Bleus Valéry Demory. "Mais avec 27 pertes de balle, on ne peut pas prétendre à grand-chose. C'est chez nous un problème récurent, depuis le début de la saison." La défense tango y est pour beaucoup, il suffit de voir le petit match de l'artilleuse de Mourenx, Ana Lelas, qui a vu Cathy Melain se charger de son cas. Alors, oui, Mourenx a explosé. "On a bien réussi quelques mouvements, mais quand les mêmes mauvais choix se succèdent, l'écart devient vite insurmontable. Notre calendrier difficile (Mourenx affrontera ensuite Valenciennes, puis Aix, NDLR) n'explique pas tout : l'équipe n'a pas de liant, les joueuses d'expérience devraient fédérer plus qu'elles ne le font. Il nous faut de la confiance, mais on doit aussi comprendre qu'on doit aller la chercher nous-même." Le constat de Demory était sans appel.


Bourges a franchi un cap
Cette confiance, les Tango la possèdent, désormais. Visiblement, et Pierre Vincent, le coach tango, le reconnaît bien volontiers, le Bourges Basket a franchi un nouveau palier, le succès face aux Hongroises de Pécs et la leçon de réalisme et de justesse passée aux Béarnaises en témoignent. "On a fait de bonnes choses, d'autres moins bonnes", tint quand même à nuancer cet éternel perfectionniste. Une fois l'écart fait, par une défense intraitable et une belle clairvoyance offensive, il y a bien eu un peu de déchet, c'est vrai. Mais comment reprocher à Céline Dumerc et aux siennes ces quelques gourmandises, dues à leur volonté de faire le
spectacle ?
"On a maintenant de la solidité, tout le monde est dans son rôle, même s'il faut encore qu'on apprenne à maîtriser le tempo, à vouloir jouer juste plutôt que de chercher le geste exceptionnel", commenta le coach berruyer. Son équipe a désormais un langage commun, un fond culturel, qui lui offre une base solide. Derrière, on ferme les portes, devant, on sélectionne de plus en plus justement les combinaisons, notamment sur jeu placé. Que Mourenx commence en zone ou opte ensuite pour une individuelle ne changea pas grand-chose à l'affaire, samedi soir.


Progressions individuelles, avancée collective
"On voit l'évolution de l'équipe jour après jour, offensivement comme défensivement", reconnut Emmeline Ndongue, qui a fait un match énorme en défense, réduisant au silence les intérieures béarnaises. Neuf rebonds, sept interceptions, la meilleure évaluation du match (24) : Emmeline, le contrecoup du Mondial passé, est de retour. "La défense, ça a toujours été mon truc. Après, comme tout le monde, je veux apporter davantage, offensivement. Je sais les points de mon jeu que je dois travailler, et ça vient, petit à petit." Une envie de progression individuelle qui est partagée par toutes les Tango et qui, forcément, tire l'équipe vers le haut. "On se trouve mieux, le groupe prend forme petit à petit", poursuivit Emmeline. "On arrive désormais à mettre toutes la même intensité, et c'est essentiel, en Euroligue bien sûr, mais aussi dans ce style de matches comme face à Mourenx, qui peuvent toujours être des pièges. Là, on s'est montrées incisives, on a su hausser le ton en défense, et ça donne de très bonnes choses."
Dans une rencontre où toutes les Berruyères ont marqué, le dernier mot revint donc à Carine Paul. Comme le symbole d'une équipe où tout le monde apporte. Certes, l'ex pensionnaire de l'INSEP n'avait pas eu l'honneur d'entrer en jeu, trois jours auparavant, face à Pécs. Mais quand Pierre Vincent lui donne sa chance, comme face aux Béarnaises, elle sait la saisir à pleines mains. "Je sais qu'il faut que je travaille, pour avoir du temps de jeu, en Euroligue notamment. Pierre (Vincent, son entraîneur, NDLR) me demande de mettre de l'agressivité en défense, de jouer juste offensivement, et de prendre les shoots qui se présentent. Même si auparavant je n'avais pas trop l'habitude de tirer à trois points." Elle s'est montrée efficace samedi dans ce domaine, comme dans les autres. Et en semblant rester insensible au contexte, elle qui il y a quelques mois encore évoluait en NF1. "Paradoxalement, je me sens moins stressée à Bourges qu'à l'INSEP. Je sais que j'ai tout à apprendre, mais les joueuses plus expérimentées nous conseillent. En plus, c'est plus facile pour moi, avec la présence d'Endy (Miyem, NDLR) avec qui je joue depuis plusieurs années. Alors, maintenant, la prochaine étape, c'est d'essayer de jouer en Euroligue." Dès mercredi soir, au Prado, face à la formation belge de Namur ?
 

 
 
Le film du match

Mourenx n'a pu échapper aux griffes des Tango


Il n'a guère fallu que huit minutes aux Berruyères pour prendre la mesure de leur adversaire. Ensuite, ce fut pratiquement un cavalier seul des Tango, supérieures dans tous les compartiments de jeu et qui, méthodiquement, creusèrent l'écart. Malgré parfois quelques petites gourmandises offensives au demeurant bien compréhensives : quand on veut faire le spectacle et mettre du rythme, les possibilités d'erreurs sont forcément plus grandes.
1er quart temps : si Pierre Vincent attaque avec un cinq classique, son homologue Valéry Demory préfère le dynamisme aux centimètres, en ne mettant que Nnindjem comme véritable intérieure. D'entrée, Mourenx se met en zone, ce qui n'empêche pas Sonja Kireta d'ouvrir le score de l'intérieur, sur passe décisive de Céline Dumerc. Bourges creuse un premier écart, sur un trois points de sa capitaine, et à 13-8 (5e), Valéry Demory prend un premier temps mort. Utile recadrage puisque, si on ne voit pas Ana Lelas, étouffée par la défense de Cathy Melain, Mourenx revient sur un trois points d'Arrondo laissée seule puis un panier plus lancer de Radunovic (17-16, 8e). Ce qui n'empêche pas Bourges de terminer cette période en trombe, sur deux trois points de Cathy Melain et un panier plus lancer d'Endy Miyem  (26-19, 10e).
2e quart temps :  jouant juste offensivement, les Tango doivent procéder à quelques ajustements en défense. Ce qui est fait, avec dessous la taille de Sonja Kireta et d'Emmeline Ndongue. Résultat, Mourenx encaisse un 14-3 à cheval sur les deux quarts temps. Dommage qu'à cet instant Endy Miyem se retrouve déjà nantie de trois fautes (16e). Vicky Hall se déchaîne (12 points, à 6 sur 7 au tir pour l'Américaine, dans ces vingt premières minutes), Mourenx prend une nouvelle série dans la musette (8-0) et n'inscrit que quatre paniers sur la période (45-30, 20e).
3e quart temps :  et la disette offensive va se poursuivre pour les Béarnaises, qui ne vont inscrire que trois paniers sur ce quart temps. Tout en perdant sous la pression neuf ballons, qui sont autant de munitions pour les Tango. D'ailleurs, ça commence par une interception de Cathy Melain, pour envoyer Céline Dumerc au cercle. L'ancienne capitaine des Bleues se charge elle-même de donner aux siennes vingt longueurs d'avance (50-30, 21e). Malgré les fautes (3e d'Emmeline Ndongue à la 26e, 4e de Vicky Hall à la 29e), Bourges récite son basket  (66-39, 30e).
4e quart temps : il n'y a bien entendu plus de match, à cet instant. D'autant qu'Endy Miyem, puis Emmeline Ndongue, se chargent de corser la note (70-39, 32e). Certes, Mourenx a encore quelques réactions sporadiques, sur ces trois points d'Ana Lelas (qui marque ses deux paniers du match sur la période) ou de Justine Agbatan. Si Bourges, désireux de faire le show, s'expose aux pertes de balle (6 sur ce quart temps), c'est sans conséquence. Et Carine Paul, d'un trois points plein de culot, a l'honneur de clore les débats  (88-56, 40e).

HERVE LE FELLIC