Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
08/01/2007

 
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LIGUE FÉMININE :14E JOURNÉE - Bourges est tombé chez le promu, Arras (81-69)

Le premier vrai couac de la saison

HERVÉ LE FELLIC

Il y a des soirs, comme ça, où vous sentez confusément que rien ne va rigoler. Prenez le deuxième quart temps du match de samedi soir, entre Bourges, le champion en titre, et Arras, novice à ce niveau. La salle Tételin, forcément, était pleine à craquer, pour la première venue en ces lieux du grand club tango. C’était chaud comme la braise, d’autant que depuis quelques instants, les locales menaient la danse, au prix d’un premier 7-0 conclu par la combinaison Fluker - Shimek.

Il y a des soirs...
Dans les instants suivants, Evina Maltsi, première gâchette chez Pierre Vincent, tout juste revenue sur le parquet, écopa de sa troisième sanction. Et Stéphanie Beuzelin, sacrée numéro trois (si Bourges en cherche une pour l’an prochain...), planta... un trois points. Côté tango, on avait le compteur scotché, Sonja Kireta devant s’y reprendre à trois fois avant d’inscrire le seul panier berruyer en cinq minutes. Le temps de voir Zuzana Klimesova, superbe capitaine artésienne qui la saison dernière bataillait en NF1, planter un panier primé et donner aux siennes dix longueurs d’avance (36-26, 16e), et la si expérimentée Cathy Melain se présenta sur la ligne des lancers. Pour deux échecs. Il y a des soirs comme ça...
Dernier quart temps, maintenant : un moment mené de 18 points, le Bourges Basket, au prix d’une défense individuelle tout terrain et de judicieuses interceptions, est revenu à cinq longueurs, sous l’impulsion de Cathy Melain (un trois points ; une passe décisive pour Emmeline Ndongue dessous, figure bien trop rare samedi soir) et de Céline Dumerc (panier plus lancer, 69-64, 34e). À son tour, Sonja Kireta se présente sur la ligne des lancers : premier échec, second échec, et sur la tentative de récupération, la cheville convalescente de la Croate céde de nouveau. Oui, il y a des soirs comme ça...

Vraiment, rien ne sert de pester
Finalement, les coaches, dans leur présentation de ce qui est maintenant un événement, avaient raison. Pierre Vincent, celui de Bourges, qui soulignait le danger de la trop facile victoire de jeudi à Calais. Bruno Blier, qui avait fixé aux siennes un double objectif: participer aux play off, et signer un exploit sur la phase retour. Des deux côtés, c’était vrai. "On a presque mené tout le temps", put lâcher, heureux et soulagé, le coach artésien."Ça a énervé Bourges, qui s’est mis à rater des shoots faciles, comme souvent dans ces cas-là." Il faut dire qu’à l’inverse des Tango, ses joueuses ont respecté à la lettre le plan de jeu. "On voulait mettre d’abord la balle à l’intérieur, là où on pensait que Bourges avait le plus de problèmes." Shimek en a planté 24, Fluker 15, Klimesova 15. Faites le total des grandes Berruyères, pour voir...
Et quand ce ne fut pas dessous, ce fut de loin, et là encore, les Tango eurent un beau déficit ! "On a su trouver d’autres solutions quand il le fallait", estima Bruno Blier. Pas les Tango. "Défensivement, on n’a plus laissé à Bourges de shoots faciles", rajouta le coach arrageois. Si, mais ils furent manqués. Alors oui, le promu a terrassé le champion, et n’a même pas trop tremblé quand ce dernier revint à cinq petites longueurs, à six minutes de la fin. Parce que jamais les Tango ne purent combler l’écart, ni imposer leur patte. "On a fait de grosses erreurs défensives qui les mettent en confiance", pesta, bouillonnant intérieurement, Pierre Vincent. "Shimek leur apporte énormément, Fluker est une Bernie Ngoyisa bis et on n’a pas les joueuses pour la contrer. Arras est une équipe qui a de l’allure. On n’a pas mis les shoots extérieurs, les fautes ne sont pas tombées dessous et dans ces cas là, tout devient plus difficile. Sur la fin, vu notre retard, on fait des attaques courtes, pour multiplier nos possessions, mais on prend alors des risques." Pas payants, malheureusement. Et voilà Bourges nanti de son premier vrai couac de la saison. Perdre de si peu à Montpellier, Mondeville, Valenciennes, oui, mais à Arras...
"C’est vrai, nous ne faisons vraiment pas une bonne opération; mais nos adversaires directs ont aussi fait des faux pas. La saison est encore longue." Vrai, coach. Mais pour qu’Arras ne soit qu’un accident de parcours, il va falloir que certaines têtes, et non des moindres, se remettent à l’endroit. C’est bien beau de pester contre l’arbitrage, et pourquoi pas, comme dans "Astérix aux jeux Olympiques", contre la nourriture, les terrains lourds ou l’attitude de certains spectateurs. Un, ça ne sert à rien, deux, ça fait perdre de l’énergie, trois, ça fait vraiment désordre quand il y a tellement mieux à faire. Alors, couac, oui. Mais maintenant, réaction !