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LIGUE FÉMININE -
Bourges Basket - ESB Villeneuve d’Ascq Lille Métropole: 76-61
Le Prado, bastion toujours imprenable
Une équipe
berruyère admirable dans le sillage de Maltsi (30 points) a dominé Villeneuve d’Ascq
pour s’emparer de la deuxième place. Du bon travail.
CHRISTIAN RAGOT
À voir le visage tendu des
deux coaches lors de la présentation des équipes, on comprit bien vite que ce
Bourges - Villeneuve d’Acsq n’avait rien d’ordinaire. L’enjeu était, il est
vrai, d’importance: la deuxième place avec effet immédiat et, à plus long terme,
une place quasi assurée dans le Top 4 en fin de parcours.
Pas étonnant que l’on ait senti, d’entrée de jeu, une certaine crispation de
part et d’autre. Et si Villeneuve avait l’honneur d’ouvrir le score sur un lay
up de Kathy Wambe, les Tango ne tardaient pas à réagir de belle façon par un 7-0
(7-2) avec une belle alternance intérieur-extérieur. Le premier panier d’Evina
Maltsi (qui n’avait pas joué à l’aller), à trois points bien sûr, sur son
premier shoot, résonnait comme un avertissement pour les Nordistes, obligées de
durcir le jeu pour contenir l’internationale grecque mais aussi Vicky Hall. Et
comme les arbitres n’hésitaient pas à siffler, justement au demeurant, les
Berruyères pouvaient faire un petit break: 11-4 puis 13 - 4 sur un panier de
Vicky Hall (6e).
La domination tango n’était pas seulement le fait des lancers (8 sur 8 lors du
premier quart-temps!). Non, s’appuyant sur une super-défense, les Berruyères, à
l’image de Cathy Melain qui, avec beaucoup de métier limitait au maximum le
champ d’action de la très tonique Géraldine Robert, déclinaient un basket
sérieux. Avec un rebond bien maîtrisé (ce sera la clé avait prévenu Pierre
Vincent) et la possibilité de développer un peu de jeu rapide.
Cela dit, les Nordistes ne lâchaient rien. Abdou N’Diaye, multipliant les
rotations et les options de jeu, posait quelques problèmes à son alter ego mais
la défense berruyère ne laissait aucun shoot facile. Menées 22-12 à la 9e, les
Nordistes profitaient cependant d’un petit relâchement berruyer pour revenir à
cinq points: 22-17 (10e)
17 sur 18 aux lancers
Le deuxième quart-temps était de la même
veine, avec une équipe berruyère très bien organisée en défense qui maintenait à
distance des Nordistes souvent trop rugueuse et donc sanctionnée. En relançant
Evina Maltsi, Pierre Vincent était lui aussi inspiré puisque la Grecque enfilait
six points à la file pour donner onze points d’avance aux Tango: 32-21 à la 15e.
Ce qui avait le don d’agacer prodigieusement les Villeneuvoises, sinon, comment
expliquer autrement le coup de coude de Tatum Brown sur Emmeline NDongue qui
laissa l’intérieure tango, souffle coupé, étendue sur le parquet? Une
agressivité mal placée et parfaitement exploitée par les tango qui arrivaient au
repos avec un magnifique 17 sur 18 aux lancers et une avance de dix points à la
mi-temps: 41-31
Festival Maltsi
Un avantage intéressant mais la question
était de savoir si les Tango allaient pouvoir tenir ce rythme jusqu’au bout.
Surtout sans Sonja Kireta pour relayer en dessous une admirable Emmeline Ndongue.
Quelle débauche d’énergie déployée en défense par le collectif berruyer; quelle
intensité dans le jeu pour essayer de voler un maximum de ballons; quelle
solidarité aussi dans cette équipe. Avec, au dessus de tout ça, sur son Olympe,
une Evina Maltsi exceptionnelle et impitoyable. Qui alignait trois paniers
primés à la file: 59-38 (28e). Les Nordistes, elles qui étaient pourtant avides
de revanche, ne s’attendaient sans doute pas à ça. A la fin du troisième quart
temps, la Grecque en était déjà à 27 points... Et à l’amorce du dernier quart
temps, Bourges menait 64-43. Décidément, cette équipe nous étonnera toujours...
Il ne restait plus qu’à enfoncer le clou. Surtout, ne pas se relâcher, continuer
à montrer beaucoup d’humilité et essayer de gérer au mieux la fatigue. Ce dont
Pierre Vincent s’acquitta fort bien. Avec beaucoup de maîtrise, d’intelligence,
d’expérience, celle acquise en Euroligue, les Berruyères firent le métier à la
perfection. Certes, les Nordistes revinrent deux fois à treize points (69-56
puis 71-58) mais à la vérité, le public du Prado, conquis, n’a jamais tremblé.
Villeneuve remportait certes ce dernier quart-temps, (12-18) mais depuis
longtemps, la messe était dite. Décidément, le Prado est bien le bastion
imprenable que redoutait Abdou N’Diaye. Hier soir, les Tango ont signé une
performance exceptionnelle, surtout sans Kireta, qui les propulse à la deuxième
place. En attendant mieux?
LA FICHE
BOURGES. (salle du Prado). Bourges
basket bat ESB V.illeneuve d’Ascq: 76 - 61 (les quart temps: 22-17, 19-14,
23-12, 12-18) 2.300 Spectateurs.
Arbitres: Yannick Supiot et Dominique Seureau
Pour BOURGES. 24 tirs réussis sur 51
tentés dont 6 sur 19 à trois points. 22 sur 26 aux lancers. 28 rebonds (8 de
Hall), 2 contres, 7 interceptions, 19 balles perdues, 12 fautes, 14 passes
décisives (4 de Melain et de Dumerc).
Les marqueuses et les temps de jeu. Evina Maltsi 30 points (32’49); Melain 5
(32’31); Miyem 4 (22’05); Hall 11 (29’12); Dumerc 12 (32’26); Lepron 2 (22’20);
Ndongue 12 (28’37)
Pour VILLENEUVE D’ASCQ. 24 tirs réussis sur 63 tentés dont 3
sur 13 à trois points. 10 sur 12 aux lancers, 32 rebonds (9 de Robert), 0
contre, 12 interceptions, 17 balles perdues, 23 fautes, 9 passes décisives.
Les marqueuses et les temps de jeu: Dieme 6 points (20’11); Fombonne 6
(20’27); Marcauskaite 15 (29’30); Brown 2 (27’16); Wambe 13 (28’24); Sacko 8
(22’57); Drljaca 5 (26’45)
Solidement ancré à la deuxième place
Solidement
ancré à la deuxième place, le Bourges Basket, tout en guettant un faux pas de l’USVO,
samedi à Villeneuve d’Ascq, peut maintenant penser à l’Euroligue.
CHRISTIAN RAGOT
Ah ! S’il n’y avait eu ce faux pas d’Arras… Les Tango
occuperaient aujourd’hui une position d’attente idéale après leur belle
victoire, mercredi, face à Villeneuve d’Ascq (76-61). A un petit point du leader
Valenciennois qu’elles auront l’avantage de recevoir dans leur bastion,
imprenable cette saison, du Prado. Elles seraient complètement maîtresses de
leur destin. Mais il y a eu Arras…
Deuxième à deux points de l’USVO qui s’est imposée avec beaucoup de maîtrise à
Clermont, le Bourges Basket devra non seulement battre son “meilleur ennemi” au
Prado, ne rien lâcher par ailleurs et miser sur un faux pas de l’équipe de
Buffard pour terminer à la première place, synonyme de qualification directe
pour la prochaine Euroligue. Cela fait beaucoup de conditions.
Maîtrise, intelligence et combativité
Ce faux pas d’Arras est d’autant plus
regrettable que les Berruyères ont montré face à l’équipe d’Abdou N‘Diaye
pourtant autrement mieux outillée que le promu artésien, un potentiel vraiment
intéressant. Nous devons à la vérité de dire qu’on ne les attendait pas vraiment
à ce niveau. Surtout sans Sonja Kireta, rotation essentielle tant par sa
présence au rebond que par son apport de points. Mettre quinze points à cette
équipe de Villeneuve d’Ascq au grand complet, après avoir compté jusqu’à 24
points d’avance (67-43) à la 32e minute, c’est même une sacrée performance.
Tout y était dans ce match au label européen. La maîtrise, l’énergie,
l’agressivité, la combativité, la solidarité, le talent et l’intelligence.
Certes, il s’en trouvera toujours pour dire que c’était quand même loin d’être
parfait ; qu’il y a eu aussi quelques petits moments de relâchement, un manque
de lucidité en fin de match, trop de pertes de balle (19), quelques mauvais
choix et, si l’on excepte Evina Maltsi (9 sur 15 aux tirs dont 6 sur 8 à trois
points) et Emmeline Ndongue (4 sur 5 aux tirs et 4 sur 4 aux lancers), une
adresse moyenne pour les autres. Mais bon, c’est vraiment ergoter. D’ailleurs,
sportivement, le coach nordiste Abdou N’Diaye a souligné la qualité de la
prestation berruyère tout en estimant que "l’écart est lourd et ne reflète pas
la différence de niveau entre les deux équipes. Mais nous n’avons pas pu
développer notre jeu habituel à cause d’un arbitrage qui nous a trop pénalisés."
Le fait est que Villeneuve d’Ascq a marqué autant de paniers que Bourges (24).
Seulement, les Nordistes ont eu le tort de s’énerver parfois et de durcir le jeu
exagérément ; de trop se jeter aussi "Et cette fois, les arbitres ont sifflé
juste… Sauf peut-être dans le dernier quart temps où, inconsciemment, ils ont
davantage laissé jouer, peut être pour redonner un semblant d’équilibre au
niveau des fautes…" souligne Pierre Vincent. Des fautes parfaitement exploitées
par les Berruyères avec un très bon 22 sur 26 aux lancers (17 sur 18 à la
mi-temps), contre un 10 sur 12 aux Nordistes. Forcément, cet écart se retrouve
dans le score final.
D’abord la défense
En fait, cette victoire, les Berruyères
l’ont d’abord construite en s’appuyant sur une défense de fer. Une défense
intelligente comme celle exercée par Cathy Melain sur Géraldine Robert, scotchée
à six points, alors qu’elle tournait à plus vingt ces dernières semaines. "J’ai
effectivement beaucoup apprécié notre constance en défense et l’énergie que les
filles ont su déployer pendant tout le match. Globalement, on y a mis la manière
; on a été cohérent. Surtout, on a joué comme on avait décidé de la faire,
contenant nos adversaires sur le repli et au rebond, deux secteurs où on avait
ramassé à l’aller. Et ça aussi, c’est vraiment satisfaisant" ajoute le, coach
berruyer par ailleurs ravi de la prestation de Emmeline Ndongue, pourtant
diminuée et, bien sûr, des trente points inscrits par sa shooting machine, Evina
Maltsi. "Qu’elle continue comme ça…"
Grâce à cette victoire, le Bourges Basket est dorénavant solidement ancré à la
deuxième place.. Et supporter de Villeneuve d’Ascq pour son match samedi face à
Valenciennes. VO que Luba Drljaca et ses coéquipières avaient battu à l’aller au
Hainaut. Il s’agit maintenant d’assurer à Nice demain soir et ensuite, les Tango
pourront se concentrer sur les huitièmes de finale d’Euroligue avec, dès mardi
prochain au Prado, un match aller déterminant face à Mondeville.
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