Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
25/01/2007

 
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LIGUE FÉMININE - Bourges Basket - ESB Villeneuve d’Ascq Lille Métropole: 76-61

Le Prado, bastion toujours imprenable

Une équipe berruyère admirable dans le sillage de Maltsi (30 points) a dominé Villeneuve d’Ascq pour s’emparer de la deuxième place. Du bon travail.

CHRISTIAN RAGOT

À voir le visage tendu des deux coaches lors de la présentation des équipes, on comprit bien vite que ce Bourges - Villeneuve d’Acsq n’avait rien d’ordinaire. L’enjeu était, il est vrai, d’importance: la deuxième place avec effet immédiat et, à plus long terme, une place quasi assurée dans le Top 4 en fin de parcours.
Pas étonnant que l’on ait senti, d’entrée de jeu, une certaine crispation de part et d’autre. Et si Villeneuve avait l’honneur d’ouvrir le score sur un lay up de Kathy Wambe, les Tango ne tardaient pas à réagir de belle façon par un 7-0 (7-2) avec une belle alternance intérieur-extérieur. Le premier panier d’Evina Maltsi (qui n’avait pas joué à l’aller), à trois points bien sûr, sur son premier shoot, résonnait comme un avertissement pour les Nordistes, obligées de durcir le jeu pour contenir l’internationale grecque mais aussi Vicky Hall. Et comme les arbitres n’hésitaient pas à siffler, justement au demeurant, les Berruyères pouvaient faire un petit break: 11-4 puis 13 - 4 sur un panier de Vicky Hall (6e).
La domination tango n’était pas seulement le fait des lancers (8 sur 8 lors du premier quart-temps!). Non, s’appuyant sur une super-défense, les Berruyères, à l’image de Cathy Melain qui, avec beaucoup de métier limitait au maximum le champ d’action de la très tonique Géraldine Robert, déclinaient un basket sérieux. Avec un rebond bien maîtrisé (ce sera la clé avait prévenu Pierre Vincent) et la possibilité de développer un peu de jeu rapide.
Cela dit, les Nordistes ne lâchaient rien. Abdou N’Diaye, multipliant les rotations et les options de jeu, posait quelques problèmes à son alter ego mais la défense berruyère ne laissait aucun shoot facile. Menées 22-12 à la 9e, les Nordistes profitaient cependant d’un petit relâchement berruyer pour revenir à cinq points: 22-17 (10e)

17 sur 18 aux lancers
Le deuxième quart-temps était de la même veine, avec une équipe berruyère très bien organisée en défense qui maintenait à distance des Nordistes souvent trop rugueuse et donc sanctionnée. En relançant Evina Maltsi, Pierre Vincent était lui aussi inspiré puisque la Grecque enfilait six points à la file pour donner onze points d’avance aux Tango: 32-21 à la 15e. Ce qui avait le don d’agacer prodigieusement les Villeneuvoises, sinon, comment expliquer autrement le coup de coude de Tatum Brown sur Emmeline NDongue qui laissa l’intérieure tango, souffle coupé, étendue sur le parquet? Une agressivité mal placée et parfaitement exploitée par les tango qui arrivaient au repos avec un magnifique 17 sur 18 aux lancers et une avance de dix points à la mi-temps: 41-31

Festival Maltsi
Un avantage intéressant mais la question était de savoir si les Tango allaient pouvoir tenir ce rythme jusqu’au bout. Surtout sans Sonja Kireta pour relayer en dessous une admirable Emmeline Ndongue. Quelle débauche d’énergie déployée en défense par le collectif berruyer; quelle intensité dans le jeu pour essayer de voler un maximum de ballons; quelle solidarité aussi dans cette équipe. Avec, au dessus de tout ça, sur son Olympe, une Evina Maltsi exceptionnelle et impitoyable. Qui alignait trois paniers primés à la file: 59-38 (28e). Les Nordistes, elles qui étaient pourtant avides de revanche, ne s’attendaient sans doute pas à ça. A la fin du troisième quart temps, la Grecque en était déjà à 27 points... Et à l’amorce du dernier quart temps, Bourges menait 64-43. Décidément, cette équipe nous étonnera toujours...
Il ne restait plus qu’à enfoncer le clou. Surtout, ne pas se relâcher, continuer à montrer beaucoup d’humilité et essayer de gérer au mieux la fatigue. Ce dont Pierre Vincent s’acquitta fort bien. Avec beaucoup de maîtrise, d’intelligence, d’expérience, celle acquise en Euroligue, les Berruyères firent le métier à la perfection. Certes, les Nordistes revinrent deux fois à treize points (69-56 puis 71-58) mais à la vérité, le public du Prado, conquis, n’a jamais tremblé. Villeneuve remportait certes ce dernier quart-temps, (12-18) mais depuis longtemps, la messe était dite. Décidément, le Prado est bien le bastion imprenable que redoutait Abdou N’Diaye. Hier soir, les Tango ont signé une performance exceptionnelle, surtout sans Kireta, qui les propulse à la deuxième place. En attendant mieux?

 

LA FICHE

BOURGES. (salle du Prado). Bourges basket bat ESB V.illeneuve d’Ascq: 76 - 61 (les quart temps: 22-17, 19-14, 23-12, 12-18) 2.300 Spectateurs.

Arbitres: Yannick Supiot et Dominique Seureau

Pour BOURGES. 24 tirs réussis sur 51 tentés dont 6 sur 19 à trois points. 22 sur 26 aux lancers. 28 rebonds (8 de Hall), 2 contres, 7 interceptions, 19 balles perdues, 12 fautes, 14 passes décisives (4 de Melain et de Dumerc).
Les marqueuses et les temps de jeu.
Evina Maltsi 30 points (32’49); Melain 5 (32’31); Miyem 4 (22’05); Hall 11 (29’12); Dumerc 12 (32’26); Lepron 2 (22’20); Ndongue 12 (28’37)

Pour VILLENEUVE D’ASCQ. 24 tirs réussis sur 63 tentés dont 3 sur 13 à trois points. 10 sur 12 aux lancers, 32 rebonds (9 de Robert), 0 contre, 12 interceptions, 17 balles perdues, 23 fautes, 9 passes décisives.
Les marqueuses et les temps de jeu: Dieme 6 points (20’11); Fombonne 6 (20’27); Marcauskaite 15 (29’30); Brown 2 (27’16); Wambe 13 (28’24); Sacko 8 (22’57); Drljaca 5 (26’45)


Solidement ancré à la deuxième place

Solidement ancré à la deuxième place, le Bourges Basket, tout en guettant un faux pas de l’USVO, samedi à Villeneuve d’Ascq, peut maintenant penser à l’Euroligue.

CHRISTIAN RAGOT

Ah ! S’il n’y avait eu ce faux pas d’Arras… Les Tango occuperaient aujourd’hui une position d’attente idéale après leur belle victoire, mercredi, face à Villeneuve d’Ascq (76-61). A un petit point du leader Valenciennois qu’elles auront l’avantage de recevoir dans leur bastion, imprenable cette saison, du Prado. Elles seraient complètement maîtresses de leur destin. Mais il y a eu Arras…
Deuxième à deux points de l’USVO qui s’est imposée avec beaucoup de maîtrise à Clermont, le Bourges Basket devra non seulement battre son “meilleur ennemi” au Prado, ne rien lâcher par ailleurs et miser sur un faux pas de l’équipe de Buffard pour terminer à la première place, synonyme de qualification directe pour la prochaine Euroligue. Cela fait beaucoup de conditions.

Maîtrise, intelligence et combativité
Ce faux pas d’Arras est d’autant plus regrettable que les Berruyères ont montré face à l’équipe d’Abdou N‘Diaye pourtant autrement mieux outillée que le promu artésien, un potentiel vraiment intéressant. Nous devons à la vérité de dire qu’on ne les attendait pas vraiment à ce niveau. Surtout sans Sonja Kireta, rotation essentielle tant par sa présence au rebond que par son apport de points. Mettre quinze points à cette équipe de Villeneuve d’Ascq au grand complet, après avoir compté jusqu’à 24 points d’avance (67-43) à la 32e minute, c’est même une sacrée performance.
Tout y était dans ce match au label européen. La maîtrise, l’énergie, l’agressivité, la combativité, la solidarité, le talent et l’intelligence. Certes, il s’en trouvera toujours pour dire que c’était quand même loin d’être parfait ; qu’il y a eu aussi quelques petits moments de relâchement, un manque de lucidité en fin de match, trop de pertes de balle (19), quelques mauvais choix et, si l’on excepte Evina Maltsi (9 sur 15 aux tirs dont 6 sur 8 à trois points) et Emmeline Ndongue (4 sur 5 aux tirs et 4 sur 4 aux lancers), une adresse moyenne pour les autres. Mais bon, c’est vraiment ergoter. D’ailleurs, sportivement, le coach nordiste Abdou N’Diaye a souligné la qualité de la prestation berruyère tout en estimant que "l’écart est lourd et ne reflète pas la différence de niveau entre les deux équipes. Mais nous n’avons pas pu développer notre jeu habituel à cause d’un arbitrage qui nous a trop pénalisés." Le fait est que Villeneuve d’Ascq a marqué autant de paniers que Bourges (24). Seulement, les Nordistes ont eu le tort de s’énerver parfois et de durcir le jeu exagérément ; de trop se jeter aussi "Et cette fois, les arbitres ont sifflé juste… Sauf peut-être dans le dernier quart temps où, inconsciemment, ils ont davantage laissé jouer, peut être pour redonner un semblant d’équilibre au niveau des fautes…" souligne Pierre Vincent. Des fautes parfaitement exploitées par les Berruyères avec un très bon 22 sur 26 aux lancers (17 sur 18 à la mi-temps), contre un 10 sur 12 aux Nordistes. Forcément, cet écart se retrouve dans le score final.

D’abord la défense
En fait, cette victoire, les Berruyères l’ont d’abord construite en s’appuyant sur une défense de fer. Une défense intelligente comme celle exercée par Cathy Melain sur Géraldine Robert, scotchée à six points, alors qu’elle tournait à plus vingt ces dernières semaines. "J’ai effectivement beaucoup apprécié notre constance en défense et l’énergie que les filles ont su déployer pendant tout le match. Globalement, on y a mis la manière ; on a été cohérent. Surtout, on a joué comme on avait décidé de la faire, contenant nos adversaires sur le repli et au rebond, deux secteurs où on avait ramassé à l’aller. Et ça aussi, c’est vraiment satisfaisant" ajoute le, coach berruyer par ailleurs ravi de la prestation de Emmeline Ndongue, pourtant diminuée et, bien sûr, des trente points inscrits par sa shooting machine, Evina Maltsi. "Qu’elle continue comme ça…"
Grâce à cette victoire, le Bourges Basket est dorénavant solidement ancré à la deuxième place.. Et supporter de Villeneuve d’Ascq pour son match samedi face à Valenciennes. VO que Luba Drljaca et ses coéquipières avaient battu à l’aller au Hainaut. Il s’agit maintenant d’assurer à Nice demain soir et ensuite, les Tango pourront se concentrer sur les huitièmes de finale d’Euroligue avec, dès mardi prochain au Prado, un match aller déterminant face à Mondeville.