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LIGUE FÉMININE
LA 19E
JOURNÉE - Une
nouvelle fois, le Bourges Basket a dominé Mondeville, 79-60
Mondeville va finir par nourrir un sacré complexe. Après deux
matches de huitième d’Euroligue, c’est en championnat que les Normandes ont subi
la loi berruyère.
L’habituel coup du trou normand
HERVÉ LE FELLIC
Le
public du Prado, qui avait pris d’assaut les travées samedi soir, a pu constater la force des habitudes. Des bonnes comme des mauvaises. Mauvaise, comme la piètre qualité de l’arbitrage en championnat de France. Pour ce troisième round en moins de deux semaines, entre Bourges et Mondeville, Olivier Gavart et Dominique Carboni ont une nouvelle fois montré ce que pouvait donner une direction de jeu incohérente.
On siffle à tort et à travers (22 fautes en première mi-temps, 38 au total). Histoire sans doute de prolonger les fêtes en décorant le tableau d’affichage comme un sapin de Noël. On se loupe d’un côté, on compense de l’autre, additionnant ainsi les injustices. On énerve tout le monde, on casse le spectacle en empêchant les actrices de s’exprimer.
Heureusement encore que les joueuses savent calme garder. "C’est un peu difficile avec un tel arbitrage... mais ils font ce qu’ils peuvent, non?", a préféré se contenter de déclarer l’Américaine de Bourges, Vicky Hall.
Mondeville n’a pas tenu la distance
Heureusement, il y eut d’autres habitudes, et des bonnes. Enfin, côté tango s’entend. Euroligue, championnat, même constat: le basket se joue à cinq et à la fin c’est Bourges qui gagne. Et Mondeville qui, quel que soit le scénario, ne tient pas la distance. Le trou normand, c’est vraiment une spécialité locale. Lors du match aller du huitième d’Euroligue, l’USOM avait failli dans les premier et troisième quarts. Au retour, Bourges avait imposé sa loi dans les vingt dernières minutes.
Samedi soir, Mondeville prit certes le meilleur départ (0-8, 4e). Mena presque dix minutes, resta dans le bon wagon jusqu’à la 28e et ce jeu rapide pour Pauline Jannault (49-46). Mais ce fut pour prendre ensuite un 21-14 et surtout encaisser un rédhibitoire 12-0 d’entrée de dernier quart, sous les coups de boutoir de Cathy Melain, Endy Miyem (12 points à 4 sur 4) et Céline Dumerc. Et Hervé Coudray, le coach normand, n’est sans doute pas près de faire sienne la thèse de son collègue berruyer Pierre Vincent, qui veut que sur une série de confrontations, les écarts entre deux équipes se resserrent.
"Sur nos trois matches, ce dernier est sans doute celui où nous avons le mieux joué. Et c’est là qu’on prend au final le plus gros écart, c’est
vraiment une déception!" Vrai que Mondeville avait su redresser la barre, au rebond (catastrophique au huitième aller), dans l’agressivité et l’envie, en berne au huitième retour. Seulement, cette fois, c’est en lisant parfaitement la défense normande que le Bourges Basket construit son succès. Et quand les Tango en mettent 79, il est bien difficile de venir les chercher.
"On n’a pas seulement perdu le match sur le terrain", a estimé le coach mondevillais.
"En amont, Pierre Vincent avait également fait un bon travail sur nos formes de défense. En plus, on lâche dans le dernier quart temps. On ne tient pas le rythme, le niveau de combativité et de concentration requis pendant quarante minutes. Pourtant, tout n’est pas à jeter, de notre côté, sur ce match. Il y a vraiment eu des passages intéressants. Même si au score, l’écart ne
se réduit pas vraiment..."
L’explication tient aussi au fait que Mondeville souffre toujours des mêmes carences. Et notamment de l’inefficacité de ses deux Américaines Futrell et Ferdinand. Caroline Aubert, Ieva Kublina, Silvia Janostinova (gênée par les fautes) et Amélie Pochet donnent tout, mais sans pouvoir être décisives. Au Bourges Basket, c’est tout le contraire. Samedi, Evina Maltsi était
"dans un jour sans", comme l’estime son coach. "Mais une équipe est d’autant plus difficile à contrôler quand le danger peut
venir de partout."
Bourges et les gâchettes multiples...
Et samedi soir, ce fut le cas. Cathy Melain fut dans ce domaine constante. Endy Miyem termina en boulet de canon. Vicky Hall fut une rampe de lancement idéale. Céline Dumerc eut les choix justes et Flo Lepron aligna bons shoots et passes décisives.
Cinq joueuses à douze points et plus, c’était trop pour Mondeville. "Sur cette série de matches, on a progressé sur un certain nombre de choses", estima Pierre Vincent.
"Comme sur cette défense en double boîte qui nous avait posé des problèmes lors du huitième retour, mais qu’on avait travaillée
spécifiquement cette fois." Et quand une équipe allie intelligence de jeu, capacité d’adaptation, défense de fer et justesse des options offensives, elle est forcément très délicate à stopper. Mondeville en a encore fait les frais.
LA FICHE TECHNIQUE
BOURGES. (Palais des sports du Prado).
Bourges Basket bat USO
Mondeville 79-60 (22-20, 14-14, 21-17, 22-9). Arbitrage inadapté de
Dominique Carboni et Olivier Gavart, 2.900 spectateurs environ.
BOURGES BASKET.
33 sur 56 au tir, dont 6 sur 8 à trois
points; 7 sur 12 aux lancers. Rebonds: 23 dont 6 pour Hall. Passes décisives: 17 dont
7 pour Lepron. Interceptions: 12. Fautes: 18. Balles perdues: 18.
Marqueuses et temps de jeu. Evina Maltsi 3 (25’04), Cathy Melain 19 (33’41), Endy Miyem 12 (16’51), Vicky Hall 14 (28’35), Céline
Dumerc 14 (31’10), Carine Paul 0 (3’17), Sonja Kireta 0 (7’30), Flo Lepron 12
(26’48), Emmeline Ndongue 5 (27’04).
USO MONDEVILLE. 23 sur 54 au tir, dont 1 sur 4 à trois
points; 13 sur 15 aux lancers. Rebonds: 31 (10 pour Kublina). Passes décivives: 5
(dont 3 pour Aubert). Interceptions: 7 (dont 3 pour Janostinova). Fautes: 20
(Janostinova sortie à la 39e). Balles perdues: 22.
Marqueuses et temps de jeu. Caroline Aubert 9 (36’06), Candace Futrell
0 (8’37), Ingrid Tanqueray 0 (3’54), Ieva Kublina 12 (35’46),
Marie Ferdinand 10 (31’23), Amélie Pochet 13 (31’40), Marie-Laure Fleury-Kindoki 0
(17’22), Silvia Janostinova 12
ÉVÉNEMENT - Sonja Kireta a enfin fait son retour en compétition
"Ce fut une belle sensation"
Arras, 36e minute: en luttant pour récupérer un lancer franc
raté, Sonja Kireta reste au sol. Et regagne le banc berruyer sur une jambe,
avant que les Tango n’encaissent, chez le promu, un cuisant revers. On était
alors le 6 janvier. Déjà, la grande Croate avait vu sa fin d’année 2006 gâchée
par une entorse de la cheville. La rechute n’avait pas tardé, mais cette fois,
le diagnostic fut plus délicat. La cheville n’avait pas de nouveau morflé; cette
fois, c’était la voûte plantaire. Et si les examens ne décelèrent aucune lésion,
le mal était là, sournois, constant. Et à évolution imprévisible.
Retrouver la forme
Côté berruyer, on passa
toutes ces semaines avec en tête cette obsédante interrogation: quand est-ce que
l’ancienne Valenciennoise allait-elle pouvoir revenir sur les parquets? Combien
de temps allait durer son indisponibilité? Quelle attitude adopter d’ici là? Sur
le terrain, les copines de l’ex Valenciennoise n’eurent guère le loisir de
cogiter. Huit matches à disputer sans leur presque double mètre, sans tour de
contrôle et avec une rotation de moins. Et non des moindres: des chocs européens
(Prague, Samara, Mondeville), des sommets du championnat (Montpellier,
Villeneuved’Ascq). "Pendant tout ce mois, les filles ont fait un travail
formidable", put se rassurer, depuis le banc, la blonde Sonja. "Elles ont par
exemple battu Mondeville en huitièmes d’Euroligue, et en deux manches, ce qui
n’était pas simple du tout." Chacune donna un peu plus, et notamment Emmeline
Ndongue, Vicky Hall et Endy Miyem, les autres responsables du nettoyage des
peintures. Elles durent pousser un sacré soupir de soulagement quand samedi
soir, après 14’20 minutes de jeu, Pierre Vincent renvoya Sonja au combat.
Bourges, alors, ne menait que de cinq longueurs. Pas vraiment les conditions
idéales pour signer son retour. "Mais c’est une telle sensation de revenir en
match", soupira Sonja, qui n’a que quelques petites heures d’entraînement dans
les jambes.
"Je vais mieux, même si j’ai encore une petite douleur au pied. C’est un peu
normal dans les premiers jours. Je touche du bois!" Bien sûr, Sonja connut
quelques soucis pour s’exprimer. On ne stoppe pas toute activité si longtemps
sans conséquence. "Physiquement, c’est difficile, mais c’est normal." Un rebond
décidé, quelques mots lancés à Kublina, histoire de lui dire sa façon de penser
l’impact physique, deux voyages à vide sur la ligne des lancers (19e). Il reste
encore bien du chemin à accomplir, avant qu’on ne retrouve la vraie Sonja, celle
qui depuis le début de saison fait montre de qualités qu’elle exprimait moins
sous le maillot valenciennois, la saison dernière. "Je pense qu’il va me falloir
une semaine, dix jours. Après ça va aller." Pierre Vincent préfère parler de
vigilance.
Mais Sonja is back. Et c’est bien l’essentiel.
HERVÉ LE FELLIC
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