Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
19/02/2007

 
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La 21E  journée - Bourges Basket - Clermont-Ferrand 66-61

Des Tango aux visages multiples

HERVÉ LE FELLIC

Le match face à Clermont n’avait pas commencé, samedi soir, que le Bourges Basket était déjà sous le coup d’une mauvaise nouvelle: Vicky Hall, souffrant du dos et qui n’avait pas pu s’entraîner ni la veille, ni le matin, était forfait. "On n’a pas voulu prendre de risque", expliqua le coach tango, Pierre Vincent. "Normalement, il devrait y avoir du mieux pour mardi (et le très attendu quart de finale aller face à Vilnius, ndlr). Mais oui, je suis inquiet, forcément." D’autant que, logiquement, Sonja Kireta, arrêtée pendant un mois, est encore bien loin de sa forme optimale. Du coup, à l’intérieur, il ne restait qu’Emmeline Ndongue et Endy Miyem, qui ont beaucoup donné ces dernières semaines. Bon, face à Clermont au secteur intérieur décimé, c’est logiquement passé. Devant le champion de Lituanie, ce sera une autre paire de manches.

Parquet en feu!
Il faudra aussi aux Berruyères une autre constance. Parce que face aux Auvergnates, ce fut du genre sinusoïdal! On eut même droit à une pièce en trois actes.
Premier acte, et premier quart: le feu sur le parquet! Imaginez, 27-22 après dix minutes, on n’est pas convié à telle orgie tous les jours. "On est à domicile, il y a l’envie de faire plaisir au public et on y va", pesta Pierre Vincent. Qui avait expressément demandé à ce que ses filles ne cherchent pas à suivre le rythme endiablé où excellent les Auvergnates. "On mettait des beaux paniers, mais on en ratait autant. En agissant ainsi, on s’use face à une équipe plus solide que nous dans ce registre de jeu. Et on court à la catastrophe."

Quand Bourges revient aux bases
Pas étonnant que dans les deux quarts suivants, on en revint côté tango à plus de classicisme. À davantage de maîtrise du rythme et à la vertu maison, la défense. "On a su alors avoir une intensité correcte", apprécia le coach tango, qui sait la difficulté qu’il y a à tenir une formation clermontoise privée de taille et qui ne peut miser que sur sa capacité à brouiller les cartes par la vitesse. Privée de munitions, de rebonds, elle perd tout moyen d’action, forcément. "On a fait un troisième quart catastrophique", reconnut l’entraîneur auvergnat, Pascal Delaliaux. "On ne met que deux paniers sur treize tirs. On se bat, bien sûr, mais Bourges confisque le ballon. En plus, Anaël Lardy n’a pas pu jouer après le premier quart. On évolue à cinq joueuses, et c’est notre troisième match de la semaine..."

Et les Tango perdirent le fil conducteur
Alors, oui, le coach clermontois a eu peur, avant d’attaquer le dernier quart, d’en prendre une bonne. "Mais mes joueuses ont su avoir une belle réaction!" Bien aidées en cela par des Berruyères cédant soudainement et de manière assez incompréhensible, à l’affolement. Et ce n’est pas la première fois, cette saison. Certes, déjà privé des services de Vicky Hall, Pierre Vincent voulut logiquement gérer son effectif. Garda Evina Maltsi sur le banc pendant ces dix dernières minutes. Mais tout de même: il y avait pour terminer le travail Cathy Melain (6 minutes), Endy Miyem, Céline Dumerc et Flo Lepron (10) , Emmeline Ndongue (7). Plus Sonja Kireta et Carine Paul. De quoi tenir la route et enfoncer le clou. "On a su avoir cette petite étincelle; en plus, l’adversaire s’est un peu relâché", estima Pascal Delaliaux. "Résultat, on met plus de soixante points au Prado, peu d’équipes en ont fait autant." Avec un seul panier dans le dernier quart, Bourges perdit complètement le fil. Les têtes étaient-elles déjà, inconsciemment, tournées vers Vilnius? Peut-être.
"On a déjoué, on n’a plus pris nos responsabilités", regretta Pierre Vincent. Même le rebond, jusque-là si favorable, tourna en faveur des Auvergnates, c’est dire! Et Bourges prit, dans ces fameuses dernières minutes, la bagatelle de 25 points. Heureusement que l’écart avait été fait. Mais une telle fin de match n’est pas faite pour rassurer. Il n’est pas tout à fait logique que les rotations déstabilisent à ce point l’édifice. L’affaire fut sans conséquence. Mais pas question de renouveler semblable perte de lucidité dans les deux semaines à venir. Il y a ce capital quart de finale d’Euroligue face à Vilnius, ce mardi au Prado, vendredi à Vilnius. Et éventuellement, en cas de belle, mercredi 28 février, en terre berruyère. Et le 3 mars, pour la prochaine journée de championnat, ce sera la venue de Valenciennes. Bourges va jouer gros.
Croisons les doigts pour que Vicky Hall revienne...

 

 

LE FILM DU MATCH - Bourges menait pourtant largement à la 30e minute

Un douloureux dernier quart

On se dirigeait vers une large victoire de Berruyèresprivées de Vicky Hall, face à des Clermontoises elles aussi en manque cruel de rotations et d’intérieures de métier. Mais le dernier quart temps changea tout, et au final, les Auvergnates s’en sortent avec un cours revers.
2e minute: 2-7. Avec Emmeline Ndongue et Endy Miyem placées d’entrée à l’intérieur, le Bourges Basket ouvre bien le score par Cathy Melain. Mais c’est Clermont qui, en mettant du rythme, prend le meilleur départ, par Nikipolskaia à trois points et Paoline Salagnac.
4e minute: 10-9. Les joueuses de Pierre Vincent réagissent aussitôt. Endy Miyem score trois fois de suite, et remet le Bourges Basket en tête.
10e minute: 27-22. Ce premier quart temps est une pure folie. Chaque équipe tente de déborder l’autre en vitesse, pour le plus grand plaisir des spectateurs, tant le spectacle est au rendez-vous.
Bourges, profitant de trois points de Cathy Melain et Evina Maltsi, fait la course en tête, sans pouvoir faire le trou. Et laisse, sur la dernière action, du quart, Paoline Salagnac réaliser un coast to coast.
15e minute: 36-26. Le danger, pour Bourges, c’est de tomber dans le piège clermontois et de se laisser aspirer par l’envie des Auvergnates de mettre du rythme. On revient donc à plus de classicisme, aux fondamentaux comme on dit. Et à Bourges, c’est la défense. Clermont a de plus en plus de mal à trouver l’ouverture, peine logiquement au rebond, et Cathy Melain, toujours à trois points, donne dix points d’avance aux siennes.
30e minute: 59-36. Le troisième
quart est de la même veine, en ce sens où les Tango dressent les chevaux de frise. Clermont s’englue dans la toile adverse, ne trouve plus une position de shoot. Tout au contraire, Bourges contrôle les événements et le rythme, joue juste. Céline Dumerc y va de son tir primé et Sonja Kireta marque ses deux premiers paniers depuis belle lurette, donnant aux siennes plus de vingt points d’avance.
34e minute: 60-47. Le danger, c’est de croire que l’affaire est pliée, et que les Clermontoises vont baisser les bras. Avec Evina Maltsi sur le banc, les Tango se mettent à complètement déjouer. Ne marquent pas un panier en quatre minutes. En face, les Clermontoises, à l’image de Dawn Chriss, jettent leurs dernières forces dans la bataille.
40e minute: 66-61. Le temps mort de Pierre Vincent ne change pas grand-chose. Dans ce dernier quart, Bourges ne trouve plus la faille dans la zone adverse. Ne marque qu’un panier. Et voit l’ancienne Tango, Pauline Krawczyk, aligner les trois points. Heureusement encore que les Tango avaient su prendre une avance suffisante...

HERVÉ LE FELLIC